Debès, le plus corse des Strasbourgeois

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Né à Strasbourg puis naturalisé Corse, Thierry Debès, ancien portier du Racing, est aujourd’hui entraîneur des gardiens à l’AC Ajaccio. Retour sur la carrière d’un gardien qui aura finalement plus marqué l’histoire ajaccienne que strasbourgeoise.

Passé par Dingsheim-Griesheim puis par Brumath, Thierry Debès est repéré à 17 ans par le Sporting Club de Schiltigheim avec qui il réalise ses grands débuts en 1991. Le club évolue alors en 4ème division/Nationale2 (équivalent CFA), termine 1er du groupe C à l’issu de la saison et remporte la coupe d’Alsace. Tout laisse à croire que Debès est promis à une brillante carrière.

Les années Racing : « un bon gardien, sans plus »


Après 4 ans passés en amateur, le jeune gardien est repéré par le RC Strasbourg en 1996, année où le SC Schiltigheim est rétrogradé en Nationale 3 (équivalent CFA2). Il signe au Racing en tant que stagiaire pour une durée d'un an. Son premier match officiel a lieu le 28 janvier 1997, sous l’ère Duguépéroux 1er. Il s’agit d’un ¼ de finale de Coupe de la Ligue remporté en prolongation 5-1 contre Louhans-Cuiseaux, pensionnaire de 2ème division. Il restera toutefois sur le banc pour la ½ finale, gagnée 2-1 contre Monaco puis la finale gagnée contre Bordeaux. Malgré tout, il gagne son premier (vrai) trophée : tout laisse à croire que Debès est promis à une brillante carrière.

Debès devient la doublure officielle de Vencel. Durant la saison 97-98, il dispute 3 matches officiels. Son premier match en division 1 se solde par une défaite du Racing à Cannes 1-0. La saison suivante, il dispute 4 matches dans l’élite entre la 12ème et la 15eme journée et n’encaisse que 2 buts. Mais c’est au début des années 2000 que Thierry Debès s’impose comme titulaire au Racing (en grande partie grâce à Claude Le Roy). Il profite de la blessure de Vencel pour être titulaire de la 21ème à la dernière journée. La deuxième moitié de saison, plus que correcte permet au Racing de terminer 9ème. La demi-saison de Debès est qualifiée de « très haut calibre » par L’Alsace. Tout laisse à croire que Debès est vraiment promis à une brillante carrière.

Malheureusement, la saison suivante est nettement moins aboutie et débute avec une série de 6 revers consécutifs. Thierry Debès sera titulaire jusqu’à la 14ème journée encaissant des cartons à la Meinau (0-4 contre Lille, 0-5 contre Nantes (qui sera champion)). La rouste subie contre Nantes est marqué par la présence pour la toute première fois de votre humble serviteur dans les travées de la Meinau. Finalement, Debès perd sa place de numéro 1 au profit d’un certain Chilavert ce qui n’empêchera pas le Racing d’être relégué à la fin de la saison. Notons que Debès occupera pour la deuxième fois le banc des remplaçants du Stade de France lors de la victoire en finale de la Coupe de France contre des Amiénois rancuniers.

Thierry Debès déclarera par ailleurs : « L’épisode Chilavert ne m’a pas aidé. Je me devais de partir. Je suis très heureux de l’avoir fait. » (L’Alsace). Il sera qualifié rétrospectivement de « bon gardien, sans plus » par les stubistes. Tout laisse à croire que Debès est promis à une brillante carrière…en D2.

Debès découvre ensuite (et pour un temps certain) les joutes de la D2. Après une dernière année de disette au Racing agrémentée de 5 matches épars de 2ème division, Debès est prêté pour la saison 2002/2003 à Grenoble (D2) où il brillera en tant que titulaire. Il y est finalement définitivement transféré et disputera une deuxième saison dans l’Isère tout aussi concluante. En 2004, le gardien file à Guingamp où il sera dans un premier temps la doublure de Cédric Carasso avant de devenir titulaire de 2005 à 2007. Il sera rétrospectivement classé dans le top 5 des plus grands traîtres de l'EAG (SO EAG) pour avoir gardé les cages de l'ACA lors du match EAG 2-1 ACA. Ce match condamnera l'EAG (malgré la victoire) à une descente en National, comme traître j'ai quand même vu pire. A la fin de son contrat, Debès s’envole pour l’Ile de beauté. Il s’y trouve encore aujourd’hui.

Les années corses : l’ACA son amour


C’est à l’AC Ajaccio que Debès poursuit et termine sa carrière de gardien de but professionnel. Toujours en L2, il est titulaire pendant 4 saisons de 2007 à 2011, année au cours de laquelle le club accède en L1. A l’issu de la saison, Debès est même élu meilleur gardien de L2 par France Football. Ainsi, 11 ans après, Debès retrouve (enfin) l’élite. Tout laisse à croire que Debès est (enfin) promis à une brillante carrière.

Malheureusement pour lui on lui préfère Ochoa et il ne dispute que 2 petits matches (dont un pour 3 minutes) lors de la saison 2011/2012, avant de raccrocher définitivement les gants. A sa décharge il était le doyen de la L1 lors de cette saison (37 ans) et avait déclaré vouloir arrêter dans un premier temps avant de se laisser tenter par une dernière saison dans l’élite. Il dispute son dernier match à François Coty contre Caen (2-2).

A partir de la saison 2012/2013, Thierry Debès occupe le poste d’entraineur des gardiens. Il dirige notamment Anthony Scribe, Guillermo Ochoa ou encore Riffi Mandanda. Par deux fois, Debès va même être nommé entraineur de l’ACA. En décembre 2012, il assure l’intérim entre Alex Dupont et Albert Emon et en octobre 2014 il assure l’intérim entre Christian Bracconi et Olivier Pantaloni.
Aujourd’hui, alors que le club se perd dans les méandres de la L2 jouant même parfois à se faire peur, Thierry Debès occupe encore et toujours sa place d’entraîneurs des gardiens. Car après avoir souvent joué à l’ascenseur entre la L1 et son antichambre, le club lutte depuis quelques saisons pour survivre en L2 dans un stade en voie de désertification. Malgré cela, tout laisse à croire qu… oh et puis merde !!

Difficile de résumer en un mot la carrière de ce portier. S’il n’a jamais réellement su s’imposer dans l’élite, il a par ailleurs parfaitement tenu son rang à l’échelon inférieur. Au Racing il a été pris en étau entre Alexender Vencel et José Luis Chilavert et n’a réellement brillé que l’espace d’une demi-saison. Aujourd’hui il semble très attache à l’AC Ajaccio et, plus que tout encore, à la L2.

L'interro surprise (j'en connais qui ont pas tout lu) :

- Qui a été élu meilleur gardien de L2 par FF en 2011 ? A – Thierry Debès ; B – Luis Suarez
Réponse: A. Suarez a été élu meilleur gardien des ¼ de finale du mondial 2010, pas de L2.

- Où Debès part-il skier l’hiver ? : A – à Deux Bès ; B – à Super Bès
Aucune des deux bandes d’ignorants, il fait du ski nautique en Corse.

- Quel membre du stub a déclaré à propos de Debès : « Propagande du lobby Schilickois » ?


Sources :
- Le stub et sa base de données
- L’Alsace
- Wikipedia (pas très sérieux mais utile pour se plonger dans les 90’s schilickoise)
- Rossubiancu.com (forum de l’Ac Ajaccio)
- SO Roudourou (http://www.sofoot.com/blogs/soroudourou/top-5-les-traitres-de-roudourou-151338.html)

sigur

Commentaires (9)

Flux RSS 9 messages · 2.074 lectures · Premier message par racing2009 · Dernier message par teddy95

  • "Né à Strasbourg puis naturalisé Corse":
    la Corse n'est plus française ????
  • Selon Jean-Guytou T'as-mal-au-nez, la France est une nation amie de la Corse.
  • Un gardien qui ne concède aucun tirs aux buts lors d'une séance contre Metz aura toujours mon estime
  • Thierry DEBES est un garçon charmant qui avec mon fils faisait partie de l'équipe championne d'Alsace de Division d'honneur junior avec le Sporting devant le Racing Colmar et le FCM
    Mon plus beau souvenir en temps que dirigeant
    Respect devant ce joueur très apprécié par Roland Weller le président et tout le staff de Schiltigheim
    C'est vrai qu'avec son physique il est autant corse qu'alsacien.......
  • Excellent article, forcément.

    Il est possible de compléter l'avalanche d'informations avec ce détail : à la fin des 90's il était surnommé dans certains milieux "Le Rocco de l'Apollo". Hé oui.

    Blourg

    JPDarky
  • Bravo Sigur, belle initiative !

    ALLEZ RACING !!!
  • Coup d'essai, coup de maître :)
  • Merci.
    @racing2009, l'emploi du mot "naturalisé" doit être pris sur le ton de l'humour. :) Je suis certains que nos amis corses si nombreux sur le forum ne m'en voudront pas.
  • chrisneudorf a écrit, le 15/04/2017 23:17 :
    Un gardien qui ne concède aucun tirs aux buts lors d'une séance contre Metz aura toujours mon estime


    L'image que je garderai de lui également : intraitable dans les TAB et les penaltys, un vrai cauchemar pour les tireurs adverses.

    Après, il avait les défauts inhérents aux "géants", à savoir peu à l'aise sur les frappes à ras de terre.

    Il a eu sa chance dans les périodes où notre défense prenait vraiment l'eau. Dommage pour lui...

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