Nuno Da Costa, première recrue offensive

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Par athor
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© amalinho

Après avoir engagé deux défenseurs, le Racing renforce son secteur offensif avec la signature de Nuno Da Costa, ancien amateur qui sort de deux saisons de qualité à Valenciennes.

Si on s'en tenait à son bilan de 19 buts en 45 matchs, pour ses deux premières saisons professionnelles, Nuno Da Costa serait considéré comme un petit jeune plein de promesses. Et pourtant, l'attaquant valenciennois a fêté ses 26 ans en février dernier. Cette éclosion tardive s'explique par un parcours loin des centres de formation, forgé au niveau amateur. Avant de rejoindre Valenciennes, Da Costa, né au Cap Vert, a grandi au Portugal, à Sintra, dans la région de Lisbonne, où sa mère, alors étudiante, et son beau-père, maçon, sont, comme bien d'autres, allé chercher une vie meilleure. De l'âge de deux ans jusqu'à ses treize ans, il vit une enfance heureuse, un ballon de foot jamais loin des pieds. Jouant dans le petit club de l'Uniao Merces, il est repéré par le Sporting Portugal, où un autre ailier, de six ans son ainé, commence à faire son trou avec les professionnels. Sans jamais vraiment croiser Cristiano Ronaldo (au cas où vous n'aviez pas deviné de qui il s'agissait), le jeune Cap-Verdien fait de lui une référence et un modèle. Mais plutôt que de suivre le même cursus dans les équipes de jeunes des Leões, il suit ses parents dans le sud de la France en 2004. A 13 ans, le rêve de devenir pro n'est pas vraiment présent : «  j’ai repris le foot à Auriol, un village près d’Aubagne. Pour le plaisir. Ça m’a aidé à me faire des potes et apprendre la langue. Dans la famille, on ne m’a jamais poussé à devenir pro. À 18 ans, on pensait tous que c’était trop tard pour moi. » A cet âge, il rejoint le club d'Aubagne, en DH, et commence à y faire son trou, jusqu'à une fracture de la jambe. De retour dans l'équipe, tout juste promue en CFA2, il trouve son équilibre, d'abord sur le terrain où son entraîneur en fait un titulaire régulier, mais aussi dans sa vie privée, avec sa compagne Margaux et ses études de langues étrangères appliquées à Marseille.

Le 4 janvier 2014, Aubagne dispute un 32ème de finale de coupe de France, face à Dijon, alors en L2. Comme souvent, c'est l'occasion d'un coup de projecteur sur le club amateur, encore plus lorsque celui-ci bouscule le professionnel. A la 13ème minute, parfaitement lancé en profondeur par son coéquipier Zenafi, Nuno Da Costa trompe Florent Perraud d'un subtil lob et ouvre le score. Hyper actif durant ses 79 minutes sur la pelouse, le jeune attaquant commence à susciter la curiosité de clubs plus huppés, dont les observateurs garnissent le petit stade de Lattre de Tassigny. Dès lors, c'est le déclic. Lors de la saison 2014/2015, il explose ses statistiques personnelles en inscrivant 14 buts et en délivrant 7 passes décisives. En fin de saison, il part réaliser des essais à Dijon, à Évian Thonon-Gaillard, au FC Eindhoven, mais sans réussite. C'est lors de son test aux Pays-Bas qu'un agent le contacte pour participer à quelques entraînements à Valenciennes.

Cette fois-ci, l'expérience est concluante et le VAFC lui propose un contrat amateur, à 800€ par mois. Une rémunération inférieure à ce qu'il touchait à Aubagne mais « je n’ai pas hésité. Je préférais jouer en Ligue 2, avoir la possibilité de signer pro à court terme en faisant de bonnes performances plutôt que de gagner plus d’argent en restant en CFA 2. Il faut être logique et savoir faire des sacrifices. » L'entraîneur de l'équipe première, David Le Frapper, qui a validé sa venue, ne tarit pas d'éloge sur son nouvel attaquant («  Un mec combatif, qui ne lâche rien, plein de bonnes intentions, bosseur et surtout qui a un très bon jeu de tête. Un mec qui sait aller au duel, à la pipe. ») et n'hésite pas l'intégrer rapidement à son groupe. Il dispute ses premières minutes en L2 dès la quatrième journée de championnat, face à Bourg-en-Bresse, et est titulaire à Créteil lors de la septième. Peu à peu, son talent devient incontournable et son club lui propose son premier contrat professionnel dès le mois de mars. Bien lui en a pris car Da Costa explose en cette fin de saison, inscrivant sept buts dans les dix dernières journées. En une saison, le joueur a donc parfaitement géré la transition entre les mondes amateur et professionnel : « je n’avais rien à perdre. Il m’a juste fallu un peu d’adaptation. On m’a toujours dit que j’avais le potentiel, le profil, les qualités athlétiques. Après, il fallait que le corps supporte les entraînements, les changements de rythme, de vie. C’est le cas. Je savais déjà répéter les courses en CFA 2. Et j’ai une qualité, la vitesse, qui est très demandée et peut vite faire mouche en L2. »

C'est donc dans un nouveau rôle de titulaire indiscutable que l'attaquant débute la saison 2016/2017. Au milieu d'un effectif jeune mais prometteur (Angelo Fulgini, Moussa Niakhaté, Adrien Tameze), Da Costa poursuit sur sa lancée, avec un total de neuf buts en une demi saison et quelques prestations très remarquées, dont celle à la Meinau face au Racing. Évidemment, des écuries plus huppées ont flairé le bon coup, et une demi douzaine de clubs de L1, dont Toulouse, Angers et Lorient, est déjà à l'affut. C'est également le cas de Reims, qui a fait face à l'inflexibilité du président valenciennois Eddy Zdziech, qui aura repoussé toutes les propositions champenoises, au grand dam de Jean-Pierre Caillot «  le joueur souhaitait nous rejoindre et nous étions d’accord. Il est déçu, nous aussi.  » Le patron du VAFC avait fixé la barre à 3 millions d'euros, somme jamais atteinte. Déçu, le joueur semble alors partir dans un bras de fer avec sa direction. Pour ne rien arranger, il se blesse aux adducteurs, une blessure que certains jugent diplomatique. Le joueur dément : « je pense que c’était davantage due à un état de stress. La situation était tendue pour moi et mes proches. Cela se ressentait involontairement au moment de la blessure. » Revenu en fin de saison, certes sans marquer, il est cette fois-ci clairement sur le départ, d'autant que Valenciennes est en proie à quelques difficultés financières, comme souvent. Après plusieurs semaines de discussions plus ou moins poussées, son transfert à Strasbourg s'est concrétisé. La somme mise sur la table, environ 1,2 millions d'euros, semble se justifier par le potentiel du garçon qui, à 26 ans, aura à cœur de rattraper le temps perdu.

Le joueur en détail


Évoluant parfois au poste de milieu récupérateur durant ses jeunes années, Nuno Da Costa s'est fixé au poste d'ailier droit durant ses premières années en sénior, à Aubagne. Ses entraîneurs ont ainsi chercher à exploiter sa vitesse de course et sa capacité à éliminer. Ce n'est qu'à Valenciennes qu'il s'est imposé dans l'axe. Aligné tantôt dans un schéma à deux pointes (avec N'Dao, Butin ou Faustin notamment), tantôt seul en pointe dans un 4-2-3-1, il a démontré qu'il était un pur joueur d'espace, très fort dans la profondeur, occupant une grande surface du terrain pour se montrer disponible pour ses partenaires :

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Son premier entraîneur à Valenciennes, David Le Frapper confirme cette qualité : «  Avec lui, tu peux jouer les deuxièmes ballons. Il te soulage quand l’équipe adverse joue haut. Il a des déplacements intéressants et il est toujours actif à la perte de balle. » Avec le ballon, l'attaquant ne se cache pas et cherche sans cesse à provoquer. La saison dernière, il tournait ainsi à 9,9 duels offensifs par match (68% de réussite) et tentait 4,3 dribbles par match (74% de réussite). Surtout, Da Costa était très actif face au but, avec 2,5 tirs par match et était directement impliqué dans 2,9 occasions en moyenne. Comme l'a souligné Le Frapper, le joueur est également impliqué défensivement, n'hésitant pas à gêner la relance adverse, parfois jusqu'au milieu de terrain (5,3 duels défensifs, 2,4 interceptions).

Il sait également qu'il doit progresser dans son jeu: « je dois me poser, être plus tranquille parfois. Ça vient avec les matchs et l’expérience. Dos au jeu, même si ça va mieux. Je veux être le plus complet possible et je travaille beaucoup pour ça. Sur coups de pied arrêtés, je peux faire beaucoup mieux. Dégager plus de sérénité. Et surtout être à l’écoute de mes équipiers. » De par son profil, Nuno Da Costa présente des caractéristiques différentes de celles des attaquants encore en place au Racing. Capable d'éliminer en un contre un et surtout, de prendre la profondeur, il offrira une alternative très intéressante à Thierry Laurey dans un jeu de transition.

Citations issues de La Voix du Nord et de So Foot. Données issues de Wyscout

athor

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