Rage against the Racing

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© Karim Chergui

"L'Alsace est à la France ce que la baleine est aux poissons". Le Racing et le championnat de France c'est un peu pareil. Et, à l'instar de Godwin Okpara, c'est dans les profondeurs qu'il est le meilleur.

(NDLR : cet article fait partie d'une série d'articles au ton décalé et résolument second degré. A lire avec précaution et humour !)

Le Racing est un club dont on aime dire que c'est l'OM de l'Est comme si ce club ne pouvait avoir sa propre image. Pourtant il en a bien une, mais il faut pouvoir l'accepter. Cette identité, c'est celle d'un club que les gens aimeraient voir plus grand qu'il ne l'est réellement avec des résultats plus mauvais qu'il ne le mérite vraiment. Cette identité c'est celle d'un club qui repart constamment à zéro au point de se demander s'il ne l'est jamais resté, à zéro. Cette identité c'est celle d'un club qui aligne les entraîneurs comme Rocco Siffredi peut allonger les centimètres mais avec au final la débandade assurée et le fondement éclaté comme un Ulrich Le Pen tombant d'une civière.
Bien sûr, les anciens vous parleront bien d'une année 79 où Raymond Domenech gagnait quelque chose, mais restons sérieux un moment, nous parlons de football.

Alors que reste-il aujourd'hui ? Toujours autant de gens qui parlent du Racing mais toujours plus qui n'y vont plus, un Racing altruiste qui sait relancer les équipes bien mieux qu'une bonne mise au vert, un public frappé d'un syndrome Hans Im Schnokeloch toujours aussi vivace avec cette manière de se plaindre de ne pas jouer l'Europe et quand Glasgow ou Liverpool débarque, la Meinau sonne creux ; mais un public paradoxal aussi qui est présent quand on ne l'y attend pas. C'est à se demander si c'est lui qui n'a rien compris et si c'est nous qui ne comprenons plus rien. C'est flou, c'est punk, c'est tragique, ça en devient ridicule.
Bienvenue à Strasbourg que les Romains appelaient Argentoratum, et que les plus lucides surnommaient Argentorectum : l'argent c'est pour les autres, le rectum c'est pour nous autres.


Le Racing et le droit si vil


L'Alsace revendique depuis des lustres son droit local, le Racing n'échappe pas à la règle et, avec le temps, de nombreux cas ont fait jurisprudence octroyant par la même occasion des droits divins à des divas qui ne courent même plus.

Comme chacun le sait, le Racing c'est un club où tu n'as pas besoin de savoir jouer au football pour signer un contrat (jurisprudence Haykel Gmandia). On ne t'en voudra pas si tu ne joues pas bien puisque c'est le cas de tout le monde, sauf grossière erreur de recrutement ( jurisprudence Stéphane Cassard) mais ça n'arrive pas souvent, c'est qu'après autant d'années de galère le système commence à être bien rôdé. Mais attention si tu te mets à mouiller le maillot on risque de te montrer du doigt, et en représailles tu risques de te faire transférer illico presto à l'OM (jurisprudence Mamadou Niang). Faut surtout pas rigoler avec ça !
Heureusement tout est fait pour que cela n'arrive jamais : des entraîneurs qui s'en mettent plein les fouilles sur le dos des joueurs africains (jurisprudence Claude Leroy), des buteurs qui ne sont pas vraiment des buteurs (jurisprudence Per Pedersen, Cyril Chapuis, De Gea, Nemeth, Moukouri, Pierre Laurent, Kamanan, Paateleinen, Mbodji, Jacques Remy, Belloso, etc.), des droits illimités comme celui d'insulter les supporters « je m'en fous, moi je gagne 50 000 euros, et toi ? » (jurisprudence Johansen), « ! » (ceci est un majeur levé vers les cieux) (jurisprudence Mamadou Bagayoko), « bande de connards !» (jurisprudence Papa Abdessaki) », « rien à foutre des mecs qui vont se faire licencier à cause de la descente, écoute plutôt le bruit moteur de ma Audi R8 » (jurisprudence fils de l'autre d'avant), « fils de pute ! » (jurisprudence Grégory Paisley), « je vouloir jouait » (jurisprudence Abou).

En plus au Racing tu as des belles voitures toutes gratuites du sponsor et si tu les prêtes à des amis qui font des excès de vitesse, les amendes sont envoyées au club qui les règlent sans rien te reprocher (jurisprudence Habib Beye). Mais tu peux aussi très bien venir avec ta propre voiture et payer à chaque entraînement une amende conséquente (jurisprudence Christophe Kinet). C'est le prix à payer pour frimer devant tes collègues de boite de nuit, ton entraîneur et toutes les filles présentes à l'entraînement qui n'ont pas vu le sexe d'un homme depuis la dernière sortie de Pascal Nouma dans la boîte de nuit du Colysée (à moins qu'il y ait dans le tas la femme de Frank Leboeuf auquel cas il se peut que Sauzée s'en soit réoccupé).

Allo Maman Bobos !


C'est bien parce que ce tableau du Racing n'est pas très brillant mais terriblement réel que les dirigeants ont tenté de redorer un peu le blason en se tournant vers ce qui est très « trendy », « fashion » ou « à la mode » en ce moment : le développement durable, c'est-à-dire « un mode de développement économique cherchant à concilier le progrès économique et social et la préservation de l'environnement ».

Si sportivement le développement durable peut vouloir signifier rester deux saisons de suite dans la même division, en interne c'est bien plus subtil que ça. Pour l'environnement, la pollution olfactive, visuelle et auditive s'est bien estompée depuis que Claude Leroy et Patrick Proisy ne font plus partie du paysage. D'un point de vue économique rien de bien nouveau puisque cela fait déjà un bon bout de temps que le Racing, et le foot français dans sa globalité, verse dans la mode écolo-bobo du commerce équitable, c'est-à-dire un commerce où tout le monde est gagnant : clubs, joueurs, agents et Frank Ribery.

Mais c'est dans les efforts pour le social que s'est amélioré le RCS. Dans les années 96-97 on en sentait déjà des prémices avec Godwin Okpara, notre Michael Jackson noir, qui quotidiennement s'impliquait dans la jeunesse du pays : intégration par le travail (forcé), visite des caves de la région et accompagnement des enfants vers l'âge adulte sans passer par la case adolescence. Mais ce n'est que plus récemment que le commerce équitable par exemple prit un véritable essor au Racing : avec le recrutement d'un Colombien pour le café équitable que boit Furlan tous les matins accompagné de farine du pays qui se retrouve maladroitement dans ses narines et qui fait dire des trucs pas bien du genre « Grosso n'a pas renié son génie et sa rage » ou quelque chose s'y approchant. Il se dit d'ailleurs qu'il aurait emmené pour les vacances le fabuleux chef d'oeuvre de Thierry Roland,« Ce que je pense de l'arbitrage tunisien », la saison promet d'être lyrique...

Dans tout le côté développement durable il y a aussi le service à la personne et en particulier les personnes grabataires comme Pascal Camadini grassement nourri et hébergé aux frais de la princesse (vous savez, celle qui est passée deux fois à la DNCG au mois de juin), ou bien l'aide humanitaire pour les personnes frappées de maladies et blessures chroniques comme Ulrich Le Pen et ses os de verre, Romain Gasmi et ses gastro-entérites, Emil Gargarov et ses muscles qui craquent tel le genou de Gameiro. Et ce qui est beau et fort à la fois c'est que le Racing réussit cet exploit d'avoir autant de blessés qu'un génocide de tequilas paf perpétré par Edgar Loué au Miroir, sans même avoir recours aux compétences du staff médical de l'Equipe de France. Cela mérite que nous levions nos verres, non Ulrich pas tes os, non Bagayoko tu peux baisser ton doigt, les autres relevez donc Emil.

Changer de Krimmeri


« Parce qu'on ne change pas une équipe qui perd » (Francis Lalanne, expert football et communication avec les arbres, 16/06/08 à 100% Foot), on va plutôt changer de stade. La bonne vieille Meinau ne deviendra plus qu'une légende urbaine et nous passerons pour des anciens complètement séniles quand nous évoquerons le but de Keshi contre Rennes, de celui d'Yvon Pouliquen contre Metz en demi-finale ou bien du pétard qui a décapité Nelly Viennot. C'en est fini des sièges en plastique non recyclables aux couleurs douteuses et psychédéliques, c'en est fini des WC sans lunettes, des urinoirs sans chasse d'eau, des toilettes sans savon, des files d'attentes au guichet où prendre un billet prenait autant de temps que de réserver une Traban à l'époque de l'ex-RDA.
Dans l'Eurostadium, tout sera luxe, calme et volupté pour toujours plus de divas qui divaguent avec toujours plus de jurisprudences. Avant, trouver la boutique du Racing à la Meinau relevait un peu de la chasse au trésor, avec l'Eurostadium on ne ratera plus aucun magasin, soyez en certain. Le porte monnaie va être sollicité aussi souvent que le nom de Gilbert Gress peut resurgir après chaque match perdu du Racing. Un Eurostadium aussi plus sécuritaire pour éliminer le hooliganisme et surtout le grand hamster d'Alsace.
Bref, un nouveau défi à perdre pour le club, et beaucoup d'argent aussi, mais au Racing c'est un peu comme 11 défaites de suite : quand on aime, on ne compte pas.

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