Lettre à un ami absent

12/01/2008 13:54
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Cher NV,
Je ne me souviens plus les solides raisons qui ont causées votre absence à mes côtés, mais je les regrette vigoureusement. Samedi dernier, je pense que votre compagnie aurait été bien appréciée à Gand, vous l'anglophile amateur de peinture. S'y tenait une exposition, British Vision, qui n'attendait que notre manie à changer les titres des oeuvres présentées. Ainsi, foin des titres sévères de peintres paysagistes tels que Constable ou Talbot, non, pour nous, les magnifiques cieux et arbres auraient dû se nommerJacques Lockwood and The Unforgiveness,les dérives de l'Erasmus écossais ou encore Mort ou "mais où sont passés mes crédits?". C'est d'ailleurs, je crois, le but des organisateurs de l'exposition que de nous faire passer au cours de l'histoire de l'art britannique de l'observation à l'allégorie, à la vision, comme il est dit ici (à peu près) :
Citation:

Cette exposition est centrée sur deux aspects parmi les plus typiques de l'art britannique : l'observation et l'imagination. Au départ de ces deux particularités, elle explore non seulement le caractère unique de l'art britannique, mais également sa contribution au développement des arts plastiques et à l'évolution du modernisme au cours de cette période.
Le sens britannique de l'observation s'exprime dans la peinture paysagiste - dont les grands maîtres sont John Constable et William Turner -, dans la tradition de l'aquarelle, dans les représentations réalistes et détaillées des Préraphaélites, ainsi que dans le réalisme provocateur d'artistes modernes comme Walter Sickert, Stanley Spencer, Francis Bacon et Lucian Freud. Mus par leur talent d'observation minutieuse, les artistes britanniques ont documenté avec rigueur l'émergence de la première société moderne en Europe - marquée par le développement de l'industrie et l'apparition de la ville moderne. Ce talent d'observation est aussi à la base du sens de l'humour et du grotesque que l'on retrouve dans l'art britannique et dans l'oeuvre des grands artistes satiriques anglais, comme William Hogarth, James Gillray ou Thomas Rowlandson. Par conséquent, ce volet de l'exposition illustre non seulement l'attitude pragmatique et objective de l'art britannique et le dialogue entre l'art et la science, mais aussi le sens britannique de la satire et de la critique sociale.


Je pense que nous serons restés longuement devant cette oeuvre de Bacon :
http://francis-bacon.cx/portraits/blake55.jpg
Portrait of Guilbeak ou l'enfer des notes


En sortant du musée, nous pouvons traverser le parc de la citadelle, et je vous prie de croire que nous voyons, après cela, les arbres différemment.


http://www.vam.ac.uk/images/image/18315-large.jpg


Pour ceux qui contrairement à NV ne sont pas adeptes du faux bond, je vous convie à aller voir cette exposition, nonobstant son bruit de fond de salle d'attente de gare de province et son amas de gens qui bouche la ou les contemplations.

A vous,
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