October 2008



Gâcher la fête

En dépit des efforts pathétiques des organisateurs du match sans enjeu, opposant la sélection française et sélection tunisienne pour se concilier clémence, neutralité et retenue d'un public qu'on soupçonnait hostile, la fête a tourné à la consternation. Seul le placide Domenech, qui dans une phrase d'évitement "je suis sourd" traduisible par un "je baisse la tête" qu'on imagine assez bien dans d'autres circonstances historico-dramatiques, a échappé à la sensation douloureuse d'être, comme l'a pensé le courageux capitaine Thierry Henri, étranger en son pays ("on a l'impression de jouer à l'extérieur"). Ce minuscule incident parmi tant d'autres remet en question une nouvelle fois l'idéal multiculturel portée par nos élites (une sélection black-blanc-beur méprisée par des français déracinés). C'est dans ce contexte lourd de sens qu'intervient le jovial président de l'association organisatrice de compétitions internationales de foot-business dans ce qu'il advient être une tentative de gain du prix Lilian Thuram. Michel Platini est intervenu dans un quotidien français pour expliquer sa "pensée"
(appréciez la syntaxe du titre). Comme souvent, il va préciser ou corriger ses propos dans des communiqués nuancés, désolés qui suivront, nous nous garderons de critiquer ce débonnaire ancien footballeur. Mais, tout de même, après le silence gêné répondant aux sifflets de France-Maroc, la machine médiatique s'est rattrapée avec toute sa balourdise coutumière. Ces incidents sont retentissants, des personnes vivant en France, sans doute avec la nationalité française sifflent l'hymne de leur propre identité. Pendant ce temps, il nous explique que c'est juste bon pour la motivation.
Le football est l'industrie du rêve, surtout ne gâchez pas la fête.

La première défaite fait toujours un peu mal

J'étais en train de réfléchir sur un petit texte nimbé de la gloire strasbourgeoise après la correction de lundi, lorsque ce matin regardant le site, j'ai vu le triste résultat d'hier soir en terre angevine. J'ai réfléchi trois minutes, puis m'est revenu en mémoire les sages paroles d'Harlington Shéreni, en sueur, passant à la tv. Quelque chose d'approchant :
"A Nantes, on caracolait en tête, on enchaînait les victoires, on s'est vu trop beau... Puis, on a pris une gifle contre Boulogne (5-0) qui nous a ramené sur terre. J'ai cette expérience en tête, je suis un gagneur et je tâcherai de mettre en garde mes coéquipiers". Avec un peu de mauvaise pensée et de schadenfreude, il nous est permis de ricaner sur le leadership ou le charisme du bonhomme, pion indispensable sur le terrian par ailleurs.

Je pense depuis longtemps que Furlan n'est pas un entraîneur des équipes qui jouent la relégation. Par son côté esthète à sa façon, il l'avait prouvé à Troyes, notamment, rappelez-vous du match couperet à la Meinau, lorsque cette saleté de Kouassi avait blessé Gameiro, il n'a pas montré de capacité particulière à transformer ses joueurs en guerriers. On va voir si c'est l'homme de la situation des jours faciles.

L'élégance française

Cher K.,

Des millions de passionnés de football ignorent le travail que tu accomplis quotidiennement pour le développement de ce sport. Je ne doute pas que ces bienfaits soient multiples, mais pour ma part, cher K., je ne vois qu'un méfait, il a dévasté ma famille. Le football et ses dérivés ont détruit l'élégance à la française.

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