Rosheim


La ville à la rose

30/09/2013 19:40
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Aux parfums nocturnes de Rosheim, le passage, par une nuit respirante,
De vieux maîtres à l'écorce pliée par les ombres des hivers et de l'été
M'étoilait ; la sève est en moi et je la parcours jusqu'à la voir s'échapper
Devant, sous une forme ou l'autre, et me revenir à chaque pas, au défi

Ici, là, ressentant la noble nostalgie des vingt-deux tavernes disparues, j'erre,
Et le rempart abattu, et la porte sans barbacane, et la ville nouvelle me guident ;
Sous un marronnier les silhouettes d'un jeune amour tendent à se confondre
Et pourtant distinctes se laissent encore doucement parler ;

Lorsque plus aucun mot ne suffira, le silence les enlacera
Pour les glisser dans le frémissement de l'attente
Comme si la langue vidée trouvait sa limite à nouveau
L'espace d'un instant, face au territoire sans passé

Et passant rue Coty, côté gauche, droit dans les deux fenêtres éclairées
Au premier étage, je jette un regard plus profond que mes yeux
A te savoir vaquer, chère Martine, aux trésors délicats, irrévélés
Que le temps accumule où dieu sait qui regarde

C'est un accordéon, d'abord très lointain, qui m'appelle alors
Et qui m'en va franchir la fente vide de herse sous la porte du Lion ;
Par le soupirail, dans une cave, j'entends Vierzon et les doigts qui la jouent
Sont ceux d'une virtuose d'un soir, quand personne ne sait plus la chanter
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