Urinothérapie : dix huitres sur vin !

30/10/2006 19:30
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Allez hop ! Je me lance ! Voici notre rapport de controverse sur l'urinothérapie ou amaroli que j'avais promis à mes fidèles lecteurs (si si, il y en a) il y a bien quatre mois. Nous venons d'avoir notre note : 18/20. Honnorable. Bon, c'est peut-être difficilement lisible sans la mise en forme (stublog oblige) mais si ça interesse vraiment quelqu'un, envoyez-moi un MP et je vous mailerai le rapport.

Bonne lecture et bon courage !
Ayez l'estomac solide ! :o)
Introduction

Janvier 2005. Maud Fontenoy part affronter le Pacifique à la rame et en solitaire. Aventure largement médiatisée, occasion également de rappeler les épreuves qu'elle avait du traverser lors de son périple sur l'Atlantique deux ans auparavant, et notamment le fait que, son dessalinisateur étant tombé en panne, elle « s'était forcée à boire son urine pour survivre », selon ses dires.( www.linternaute.com)
Mars 2006. Dominique Courteille, ressortissante belge de 57 ans, dérive durant cinq jours au large de Phuket. Elle est retrouvée à plusieurs centaines de kilomètres de la côte par un bateau de pêcheurs. « Pour éviter la déshydratation et survivre, j'ai bu mon urine » confie-t-elle à un journaliste de l'association Salvanos (Association de recherche européenne pour la recherche, la sécurité et le sauvetage en milieu aquatique).
Deux exemples qui nous ont conduits sur la piste de l'urinothérapie. Nous avons alors entrepris des recherches sur le sujet et trouvé, dans le journal Courrier International (numéro 801 du 9 au 15 mars 2006), faisant état de la controverse actuelle sur l'urothérapie, cet article reprenant un propos de Maxime Frith paru dans The Independent à Londres qui prend, pour illustrer le débat, deux exemples : celui d'un randonneur britannique, Paul Beck, qui pour survivre alors qu'il était perdu dans les montagnes espagnoles, s'était résigné à boire son urine pour, dit-il, « ne pas souffrir de déshydratation ». Et celui d'un professeur en médecine Helen Andews, travaillant pour l'Association de Diététique britannique qui explique que boire son urine est nuisible et que « perdu en montagne, boire de l'urine reviendrait à boire de l'eau de mer », c'est-à-dire conduirait à la déshydratation. Nous avons alors décidé d'approfondir la controverse exposée de façon succincte dans cet article.

L'urinothérapie est une pratique que ces défenseurs qualifient de « thérapie naturelle », que ces détracteurs les plus modérés qualifient de « médecine alternative » et que ces opposants les plus radicaux traitent de « charlatanisme ». Elle consiste à boire son urine, à s'en faire des cataplasmes, des bains de siège et de pieds, à se laver le corps et les cheveux, à s'en faire des frictions, etc. En résumé, un usage aussi bien « interne » qu' « externe » fait de sa propre urine ou de l'urine des autres. Véritable « panacée » pour les uns, cet « élixir de vie », comme le nomme Coen Van der Kroon, pourrait guérir de tous les maux : les cas de grippe, de rhume, de fractures, de maux de dent, de peau sèche, de psoriasis et d'une foultitude d'autres problèmes d'épiderme. Certains mentionnent aussi des effets contre le vieillissement et le sida, d'autres contre les allergies, les morsures d'animaux et de serpents, ou encore l'asthme, les cardiopathies, l'hypertension, les brûlures, le cancer, les intoxications aux produits chimiques, la varicelle, l'entérite, la constipation ou encore la pneumonie. Alors que pour certains défenseurs de cette thérapie, cette dernière combattrait toutes les maladies ( Christian Tal Schaller cite par exemple la dysenterie, les oedèmes, l'eczéma, l'irritation des yeux, la fatigue, la fièvre, la gonorrhée, la goutte, la présence de sang de l'urine, la petite vérole, les troubles immunologiques, les infections, l'infertilité, la calvitie, l'insomnie, la jaunisse, l'hépatite, le sarcome de Kaposi, la lèpre, les troubles du système lymphatique, l'urticaire, les nausées matinales de la grossesse, la gueule de bois, l'obésité, le virus du papillome, les parasitoses, les ulcères gastriques, les rhumatismes, les taches de naissance, les accidents vasculaires cérébraux, la congestion, le lumbago, le typhus, la gastrite, la dépression, l'herpès simple, la tuberculose, le tétanos, la maladie de Parkinson, le pied d'athlète, le diabète, ainsi que d'autres maladies d'origine endocrinienne.) , d'autres ne défendent ses vertus que pour certaines maladies,voire une maladie en particulier, citons par exemple Beyerstein dans sa lutte contre le cancer par l'urothérapie. Pour d'autres, l'ingestion d'urine, en cas de pénurie d'eau, pourrait « aider à rester en vie quelques jours », délais au-delà duquel cette pratique s'avèrerait mortelle (selon Madame Chantal Bian).
D'autres, cependant, modèrent ces propos, pensant que l'urinothérapie pourrait effectivement guérir certaines maladies, mais que cela ne serait pas dû aux propriétés de l'urine mais à plutôt un effet placebo (Effet Placebo, le pouvoir de guérir, Danielle Fecteau). Mais tous ne se rallient pas à ce point de vue. Loin d'être un médicament, l'urine serait très toxique, selon le ministère de la santé du Cameroun. La controverse, qui s'était d'abord développée au sein d'une sphère comprenant médecins généralistes, professeurs, chirurgiens, urologues, psychologues, urinothérapeutes et naturothérapeutes, a atteint, dès 1996 et la première conférence mondiale sur l'urinothérapie en Inde, la scène publique et médiatique. Le débat s'est alors propagé au sein du grand public et au sein de la scène politique et juridique. Citons par exemple encore une fois le gouvernement du Cameroun, qui face à l'engouement de sa population pour l'urinothérapie, fut contraint de prendre position.

Dans ce dossier, nous avons décidé de parler de la controverse qui s'est établie autour des différentes méthodes et usages internes de l'urine et, dans une moindre mesure, son usage externe, la controverse étant moins étendue à ce sujet . Les usages externes ont en effet, depuis toujours, permis des déclarations assez consensuelles (à l'intérieur de la communauté scientifique médicale) et n'ont jamais réellement prêtés à controverse tant il existe une large différence, notamment psychologique, entre le fait de s'arroser d'urine et celui de l'avaler.

Principal véhicule d'élimination des déchets de l'organisme (filtrés par les reins), la plupart des acteurs semblent s'accorder à dire que l'urine comporte des éléments indispensables à la vie (sels minéraux, déchets azotés, différents acides, hormones, vitamines, enzymes), mais où alors fixer la limite entre toxicité et bienfaits ? Boire ou non son urine, telle est alors la question.

Notre dossier sera, dans sa forme, séparé en trois parties représentant l'évolution de la controverse et les grandes questions qui se posent encore actuellement. La première partie tentera de faire apparaître comment la controverse sur l'Amaroli, pratique ancestrale indoue, s'est transformée en controverse sur l'urinothérapie. Ensuite, nous essayerons de réunir les différents argumentaires qui font ou non de l'urine un élément sain à boire, cette question constituant le fondement du débat. Nous verrons enfin la polémique qui est née autour de l'éventuelle vertu dont disposerait l'urine pour guérir des maladies diverses et variées. Nous remarquerons d'ailleurs que cette dernière partie utilise la seconde dans la mesure où la guérison éventuelle de maladies ne se pose pas pour les acteurs affirmant que l'ingestion d'urine est nocive pour la santé. Ce dernier aspect de la controverse fera donc intervenir uniquement des acteurs pro-urinothérapie (ou tout au moins non opposés à la logique de celle-ci), au sein desquels une microcontroverse est née sur le type de maladies qui peuvent être guéries par la thérapie par l'urine, et des acteurs abordant des éléments supplémentaires au débat sans réellement se positionner sur la controverse « faut-il boire son urine ? ».




Urinothérapie au fil des siècles :
De l'utilisation de l'urine pour dégraisser les vêtements à son utilisation pour guérir des maladies...





Partie I :
De l'Amaroli à l'urinothérapie, ou le passage d'une pratique ancestrale controversée à une médecine encadrée



En 1993, les éditions Vivez Soleil publient le livre de Christian Tal Schaller Amaroli suivi en 1997 de Amaroli 2. Dans le tome 1 de Amaroli, l'auteur recueille de nombreux témoignages ayant adopté ce mode de médication, en prenant soin que son livre se lise « comme un roman ». Il y raconte d'ailleurs son expérience personnelle :
« En 1970, j'eus comme patient un homme de trente-deux ans qui souffrait d'un psoriasis généralisé. Tous les traitements allopathiques avaient été essayés, sans succès durable. J'appliquai un traitement homéopathique et des conseils diététiques : il présenta une amélioration, mais pas une guérison complète.
Quelques mois passèrent. Un jour, nous nous rencontrâmes fortuitement dans la rue. Il déclara alors n'avoir plus du tout de psoriasis! Je fus fort étonné et m'empressai de lui demander quel était le secret de sa guérison spectaculaire. Un peu embarrassé, il m'avoua avoir découvert le livre de J.W. Armstrong, The Water of Life, et mis en pratique ses conseils.
Après un jeûne à l'urine de deux semaines avec des frictions d'urine sur la peau chaque jour, les lésions psoriasiques avaient disparu. Grâce au maintien d'une prise d'urine chaque matin et d'une alimentation hypotoxique, le psoriasis n'était plus jamais revenu, à la grande joie de cet homme qui avait souffert pendant de nombreuses années de cette pénible affection.
J'achetai alors le livre d'Armstrong. Malgré mes “réticences scientifiques” et mon dégoût psychologique pour une thérapie aussi saugrenue, je décidai d'essayer l'urinothérapie sur moi-même. Je fus émerveillé de l'amélioration de ma vitalité et de ma santé globale et ne pus alors que conseiller cette méthode à ceux de mes patients qui semblaient capables d'accepter psychiquement une thérapie aussi peu conforme aux idées reçues. [1] »
Christian Tal Schaller a écrit ce livre dans le but de faire découvrir ce qu'il nomme « la médecine naturelle cachée au grand public » et ceci en opposant la pratique de l'urinothérapie à la médecine classique. Il y reprend d'ailleurs la réflexion qu'avait faite Martha Christy dans son livre Your Own Perfect Medicine :
« La communauté médicale connaît les étonnantes propriétés [de l'urine] depuis des décennies, sans que le grand public n'en ait jamais eu vent. Pourquoi ? Peut-être croit-on que le sujet porte trop à controverse. Mais ce peut être aussi, plus vraisemblablement, parce qu'il n'y a aucun avantage pécuniaire à révéler au public ce que les scientifiques savent déjà à propos du plus efficace des remèdes naturels au monde. [2] ».
Dans le second tome d'Amaroli, Schaller établit un compte rendu de la conférence de 1996 sur l'urinothérapie qui s'est tenue en Inde avec les différentes interventions des spécialistes de cette pratique et leurs « prétendues démonstrations scientifiques » (comme aime à le dire le Docteur Rollin).
Toutefois, plus que d'aborder la thérapie par l'urine, Schaller loue les vertus d'Amaroli. Il convient donc, selon Guy Deleury, de faire une distinction entre urinothérapie (également appelée pipithérapie, thérapie par l'urine ou urothérapie) et Amaroli. La pratique Amaroli est composée de rites religieux hindous afin d'atteindre la supériorité mentale. Il s'agit d'une médecine ayurvédique à laquelle les yogis devraient vitalité et longévité, dans laquelle est inclus le fait de boire son urine.
« Les Yogis ne consomment pas leur urine dans un but thérapeutique, mais par détachement de soi. Il s'agissait d'un phénomène marginal en Inde, comme l'urinothérapie l'est actuellement. Certes, Moraji Desai, qui dirigea le Front du Peuple à la fin des années 70, la pratiquait mais il a été la risée de ses collègues. Gandhi en a parlé... sans jamais l'utiliser. [3] »
Mais en parlant d'Amaroli, Guy Deleury déplore, dans un discours rapporté par Cendrine Barruyer sur le site psychologie.com, le fait que Schaller ne mentionne pas le fait que les Yogis ne boivent que très peu leur urine et que leur quête de la sagesse et du savoir ne commence à porter les fruits qu'au bout de 12 ans selon les dires des chefs indous.

Lorsqu'en 2001, Amaroli1 puis Amaroli2 apparaissent dans quelques librairies du Cameroun, la première commande tarde à s'écouler puis tout va très vite. En 2002, Amaroli1 et Amaroli2 deviennent les ouvrages les plus demandés à la librairie Messapresse à Douala et rapidement Best Seller. Jean Rollin Ndo explique ce phénomène par le fait que beaucoup de camerounais sont atteints par le virus du sida et complètement désespérés, jugeant la médecine moderne inefficace, ils se tournent vers les médecines douces et notamment l'urinothérapie. « Nous assistons à un détournement des malades au profit des nganga [guérisseurs] qui leur font ingurgiter des potions à base d'urines et autres plantes. [...] Ils arrêtent alors leur traitement, se mettent soudainement à tous boire leur urine et nous reviennent dans un état comateux. [4] »
Selon lui, cette attitude est problématique :
« L'accumulation d'urine dans l'organisme, notamment suite à une déficience rénale aiguë, est dangereuse. Si l'on n'intervient pas et ne pratique pas de dialyse, c'est la mort qui survient en quelques jours. C'est ce qu'il se passe avec l'urinothérapie pratiquée à haute dose. [5] »
Face à l'ampleur du phénomène et la dangerosité de la pratique, le ministre de la Santé publique du Cameroun, Urbain Olanguena Awona, a pris position par le biais d'un communiqué. Voici le message :
« Compte tenu des risques de toxicité, à court, moyen et long terme liés à l'absorption de l'urine, le ministre de la santé déconseille la consommation de l'urine et invite ceux qui en font la promotion à y mettre fin sans délai, sous peines de poursuites. [...] Il n'y a jamais eu de preuve scientifique d'une quelconque guérison par l'urine. [5] ».
Il a de plus ajouté : « Ce genre de croyance existe dans d'autres pays africains. Si on en parle plus au Cameroun, c'est que le ministère est très vigilant sur la désinformation et n'hésite pas à dénoncer les problèmes de santé publique que rencontre le pays. [5] »

En mai dernier, Christian Tal Schaller publie un nouvel ouvrage, intitulé cette fois Testez l'urinothérapie, dans lequel il explique clairement que la pratique de l'urinothérapie nécessite un mode de vie très sain et décrit la posologie à suivre. Ainsi peut-on souligner l'évolution des discours des « spécialistes » de l'urinothérapie : il ne s'agit pas tant de modifier le fond, mais la forme. Cette thérapie continue en effet à guérir « presque toutes les maladies, même le sida [6] » mais on émet cette fois quelques restrictions, auparavant omises ou méconnues, à son utilisation. Ainsi l'Association chinoise d'urinothérapie met-elle en garde les amateurs :
« Les symptômes les plus fréquents incluent la diarrhée, les démangeaisons, des douleurs, de la fatigue, une sensation de poids sur les épaules, de la fièvre etc. Ils sont plus fréquents chez les personnes qui souffrent de maladies chroniques ou graves et peuvent se répéter plusieurs fois. Chaque épisode peut durer trois à sept jours et parfois jusqu'à un, voire six mois. Malheureusement, beaucoup abandonnent la thérapie à cause de ces inconvénients. De telles réactions, cependant, ne représentent que les ténèbres avant l'aurore. Il faut persister et vaincre ses difficultés pour jouir des avantages que procure une bonne santé. [7] »
L'urinothérapie présenterait donc, au début du traitement, des effets secondaires. Les différents articles, revues et livres (notamment le dernier de C.T Schaller) donnent encore plus de consignes quant au commencement d'un traitement par cette thérapie. Citons pour exemple une expression récurrente : « il faut avoir une hygiène de vie saine ». Expression que Catherine explique dans le revue « Sortir et Choisir autrement » de juillet-août 2005 ainsi :
« Il est préférable de suivre un régime pauvre en sodium et en protéines pendant une cure d'urinothérapie. L'alcool, le tabac, la caféine, la viande sont à réduire au maximum. Les femmes enceintes doivent observer certaines restrictions à cause des hormones contenues dans leur urine.». Avant de conclure : « cependant, il n'est pas prudent de se lancer seul dans cette aventure. L'idéal est de s'initier à cette technique avec une personne compétente en la matière, c'est-à-dire un urinothérapeute. [8] »
Les pratiques de la thérapie par l'urine, non encadrées par un « spécialiste » en la matière, se sont vues ainsi peu à peu proscrites du monde des médecines alternatives. Loin du remède de « grands-mères » que l'on pouvait pratiquer seul chez soi, la pipithérapie est devenue une méthode soumise au contrôle de spécialistes, qui se rendent, vraisemblablement, peu à peu indispensables auprès des nouveaux adeptes de la thérapie.

Toutefois, les conditions de pratique de l'urinothérapie varient selon les urinothérapeutes ou les spécialistes de l'urothérapie consultés. Ainsi Coen Van der Kroon affirme-t-il que :
« La thérapie par l'urine, jointe à une alimentation vivante, apporte un véritable raz de marée d'enzymes actifs, avec, pour heureuse conséquence, la guérison de toutes les maladies de carence. [9] »
Coen Van der Kroon base ici son argumentation sur le fait que, selon lui, une bonne alimentation apporte une masse importante d'éléments nutritifs. Christian Tal Schaller semble toutefois, contrairement à Van der Kroon qui ne mentionne pas ce point, se montrer très méfiant face aux éléments additifs, notamment chimiques, qui peuvent être ajoutés aux produits de consommation. C'est pour cela qu'il préconise le jeûne : selon éviterait, selon lui, la présence de tous éléments chimiques dans l'urine qui pourraient être nocifs pour la santé s'ils étaient réingérés :
« Voici les choses qu'il faut éviter : l'excès de nourriture, l'alimentation trop riche en sel, huile et sucre, l'excès de viande et de poisson, l'alimentation de mauvaises qualités, mauvaise cuisson des aliments, les boissons à base de produits chimiques, les excitants (café, tabac, alcool, drogue), certains tranquillisants, somnifères, fortifiants. [6] »
Quelque soit la méthode utilisée, la conclusion reste toujours cependant la même : « L'urine est le plus extraordinaire médicament qui soit... L'expérience a montré qu'elle soigne toutes les maladies. [6] »

Suite à la « mauvaise utilisation » qui s'était propagée au sein de pays comme le Cameroun, la pratique de l'Amaroli non encadrée a peu à peu laissé place à une thérapie par l'urine contrôlée, notamment en Europe occidentale .On peut également citer des incidents rencontrés dans les pays occidentaux, comme en France où un bébé de 18 mois fut hospitalisé en 2003 suite à une urinothérapie.




Partie II :
Est-il sain de boire son urine ?



L'urinothérapie se base sur un principe simple : l'usage externe et interne de l'urine, même si, comme précisé en introduction, l'usage externe de l'urine ne porte pas à controverse face à celle créée par l'usage interne du liquide. Nous abordons ici la question de la dangerosité de la pratique de la thérapie par l'urine en reprenant la question soulevée : « est-il sain de boire son urine ? ».
Les acteurs se positionnant sur ce sujet répondent à cette question de deux façons différentes selon la portée qu'ils accordent à l'adjectif sain. En effet, il est possible d'entrevoir deux sous interrogations différentes dans ce même terme, et de partager ainsi l'étude en deux domaines, physiologique et psychologique : « est-il sain pour le corps de boire son urine ? » et « est-il sain pour l'esprit de boire son urine ? ». Deux interrogations qui révèleront des enjeux différents tout en utilisant des notions et des termes similaires.
Nous verrons ainsi l'importance du terme « déchet », aussi bien au niveau corporel qu'au niveau psychique. Pour juger de la dangerosité de l'utilisation interne de l'urine, défenseurs et détracteurs de cette pratique définissent chacun à leur manière le terme « urine ». Qu'est ce que l'urine ? On ne doit toutefois pas perdre de vue que cette définition n'est qu'un argument, voire une perception ou une conviction, pour trancher la question posée. Ainsi certains acteurs dont nous étudierons les argumentaires ont-ils basé leur réponse sur des comparaisons avec d'autres liquides, tandis que d'autres ont privilégié une analyse des composants de l'urine ou une représentation mentale que l'homme se fait de l'urine. Il est alors intéressant de constater comment les définitions successivement faites de ces mêmes termes « urine » et « déchets » peuvent faire évoluer, par des considérations purement sémantiques, la position des différents acteurs dans le débat, ainsi que le débat lui-même.

Martha Christy établit en 1994 dans son livre Your own perfect medicine une définition de l'urine à partir de la comparaison de celle-ci avec le liquide amniotique, ou plus précisément à partir de la comparaison du liquide amniotique avec l'urine. En effet, pour elle, le liquide amniotique n'est rien d'autre que « l'urine foetale ». Elle explique que :
« Le liquide amniotique dans le lequel baigne le foetus est avant tout de l'urine. En fait, le bébé inhale ce liquide de façon continue : sans lui, ses poumons ne se développeraient pas. Les médecins pensent également que la douceur de la peau des bébés et leur capacité de cicatriser rapidement après les opérations chirurgicales in utero viennent des propriétés thérapeutiques de l'urine présente dans le liquide amniotique. [2] »
Ce qui est bon pour un bébé ne pourrait donc pas être mauvais pour un adulte. Thèse réfutée par Kim Kelly, infirmière et naturopathe à Seattle, pour qui il est trompeur de dire que le liquide amniotique est composé « avant tout d'urine » comme le suggère Martha Christy.
« Tout ce que l'on peut affirmer, selon Mme Kelly, est que le liquide amniotique, comme l'urine, est composé majoritairement d'eau mais ne présente probablement pas la même composition. En effet l'urine résulte d'un filtrage du sang par les reins et permet l'évacuation des déchets du corps. Dans le cas du bébé, ces déchets ne sont pas évacués par son urine mais par l'urine de sa mère. [10] »
Nous voyons alors apparaître une nouvelle notion : la composition de l'urine. La proposition de Martha Christy pour prouver le bienfait d'ingérer son urine serait irrecevable car l'urine et le liquide amniotique n'aurait pas la même composition : ingérer du liquide amniotique sans danger ne serait donc pas synonyme de boire de l'urine sans danger car les composants diffèrent. Cela sous-entendrait donc le fait que l'urine contiendrait peut-être des éléments nocifs que le liquide amniotique ne contiendrait pas. Dans ce cas, quels composants diffèrent entre la composition de ces deux liquides ? Quelle est la véritable composition de l'urine ?

En 1996, Christian Tal Schaller affirme dans Amaroli2 que l'urine est composée uniquement « d'éléments bénéfiques à l'équilibre corporel et au bien être ». Pourtant, rejoignant le point de vue de M. Ndo, le directeur général adjoint du Programme National gabonais de Lutte contre le Sida Jean Juste Ngomo a formellement condamné, sur les ondes de la radio nationale du Gabon en 2003, la pratique de l'urinothérapie, une pratique scientifiquement inefficace et irréaliste selon lui. Il a affirmé :
« L'urine est l'un des principaux déchets de l'organisme. La consommer peut être source d'intoxication. [4] »
L'urine, selon lui, semble donc se définir comme un « déchet », terme auquel il associe l'idée de toxicité, c'est-à-dire la capacité de l'urine a crée des effets néfastes sur la santé. Il semble en fait légitimer la toxicité de l'urine par sa composition en déchets. Il est vrai que la vision populaire tend à associer au mot « déchet » l'idée de saleté. En effet, lorsque l'on cherche la définition de ce terme, voilà ce que l'on trouve sur l'encyclopédie populaire en ligne Wikipedia, auquel on accordera un crédit tout relatif, du fait de l'anonymat de ces auteurs, mais qui peut dénoter le point de vue populaire du terme « déchet » : « Un déchet est un résidu de production, de transformation ou d'utilisation que son détenteur destine à l'abandon ». Des définitions similaires sont d'ailleurs apportées par des dictionnaires plus institutionnels, comme Larousse ou Hachette.
Le point de vue développé par Ngomo illustre parfaitement cette définition ; définition contre laquelle les personnes défendant la thérapie par l'urine tente de lutter afin de démontrer la non toxicité de l'ensemble des composants de l'urine. Selon eux, cette dernière porterait en effet préjudice à l'urothérapie. Ils affirment de ce fait l'urine ne contient aucun déchet toxique mais uniquement des « déchets recyclables ». On constatera alors que la controverse se basera sur un composant particulier : l'urée.

Ainsi, pour Catherine Valat, déchet ne signifie-t-il pas obligatoirement toxique. Un déchet pourrait être soit toxique, soit recyclable ou réutilisable. Selon elle :
« [Les substances nocives rejetées par l'organisme] résultent uniquement de mauvaises habitudes : consommation de produits irradiés, aliments avec additifs chimiques, pesticides, alcool, nicotine, caféine, lipides indigestes... [8] »
La personne ayant un régime sain ne rejetterait donc pas de déchets dans ses urines. Bien au contraire, l'urine ne contiendrait que des éléments bénéfiques à l'organisme, comme des vitamines ou des hormones. Boyan Christoforov défend également ce point de vue en affirmant que l'urine ne contiendrait que des « éléments indispensables à la vie » et donc que réingérer ces éléments serait « totalement sans danger puisqu'il ne s'agirait que de leur faire faire un tour de plus dans l'organisme [3] ».
En fait, l'urine serait vue ici comme un liquide transportant tout les surplus, les excès, d'éléments essentiels à notre corps mais que celui-ci rejetterait pour cause de satiété. C'est, par exemple, ce que Brian C. Dobson expose sur son site Internet :
« L'urine est un fluide stérile et antiseptique excrété par les reins. Il est composé des aliments, des métabolites et de l'eau en excès dans le plasma sanguin. Il n'est pas toxique une fois placé dans le système digestif, qui agit en tant qu'organe de stockage pour les produits biochimiques puissants qu'il contient. [11] »
Cette définition du mot déchet est d'ailleurs celle donnée par le dictionnaire de l'Academie Française : « Déchets : Ce qui tombe d'une matière qu'on travaille, qu'on apprête. Par extension, Résidus, rebuts. ». En aucun cas ici n'est par exemple fait mention de matière dont il faut se débarrasser, mais plutôt de matière résiduelle. Le terme de « déchet » n'aurait donc plus aucun sens péjoratif.
Pour autant, ce n'est pas parce qu'elle n'est pas mauvaise ou toxique que l'urine fait l'unanimité. On trouve sur le site anonyme et acerbe ressourcessceptiques.free.fr cette réflexion allant dans le sens de l'inutilité d'une telle pratique :
« Il est vrai que certains éléments constituants de l'urine sont bénéfiques pour l'être humain. Par exemple, si l'on ingère plus de vitamine C (soluble dans l'eau) que le corps peut traiter ou qu'il lui est nécessaire, le surplus passera dans l'urine. Cela ne signifie pas pour autant que boire son urine est une bonne façon d'obtenir sa vitamine C. Une orange ou un même un comprimé sembleront sans doute plus appétissants. De toutes manières, si on se débarrasse de sa vitamine C excédentaire en urinant, que fera le corps de celle qu'on reprend avec son urine? Si vous avez répondu qu'il va l'éliminer de nouveau, vous gagnez un bon point. S'il y a présence de vitamines et de minéraux dans l'urine, c'est parce que le corps qui l'a produite n'en avait pas besoin ou ne pouvait pas les utiliser. Aussi bien reprendre cette quantité excédentaire avec un grand verre d'eau. [12] »

Pour prouver la non toxicité de l'urine, les urinothérapeutes ont bien souvent recours aux éléments composant l'urine. Pour prouver leur théorie selon laquelle il est sain, même utile, de boire son urine puisqu'elle est composée d'éléments bénéfiques à l'organisme, Catherine Valat et ses collègues font appel aux constituants de l'urine utilisés par les laboratoires pharmaceutiques et dermatologiques. Citons l'urikonase, dont la communauté scientifique s'est accordée à reconnaître les vertus pour déboucher les artères et les veines. Thakkar tentera également de démontrer la non toxicité de l'urine par un éventuel effet immunologique dû aux bactéries présentes dans l'urine : si boire notre urine nous protège des maladies, comment cela pourrait-il être nocif pour notre corps ? Il écrit à ce sujet :
« J'ai pu voir de nombreux malades du sida qui, grâce à l'urine, s'étaient guéris. La raison scientifiquement simple qui explique le succès de cette thérapie contre le sida est probablement la prise des anticorps présents dans l'urine. En les absorbant, les patients reconstituent leur immunité. [13] »
Cette thèse sera reprise par Christian Tal Schaller qui affirmera que les propriétés immunologiques de l'urine « font de ce liquide un remède très efficace contre le Sida et d'autres maladies liées à la faiblesses de la défense immunologique comme la tuberculose [6] ».
Ainsi le site Internet naturinologie.info explique-t-il, en se fondant sur les propos de Schaller, que l'urinothérapie peut se pratiquer en cas de maladies aiguës et chroniques. Pourtant, pour le Docteur Djakbara Mara Lewa [14], la présence d'éléments bénéfiques dans l'urine (ce sur quoi le monde médical s'est accordé) ne prouve en aucun cas la non toxicité de celle-ci et par conséquent sa non dangerosité en tant que « boisson ».Pour Jean-Rollin Ndo, la réponse est, comme nous l'avons vu précédemment, très claire face à ce genre d'affirmations : l'urine peut se révéler dangereuse pour la santé. En effet, beaucoup de « déchets organiques » sont excrétés dans l'urine, comme par exemple la créatine, ainsi que beaucoup d'éléments minéraux et surtout l'urée « très toxique ». Dans le débat de la composition, un nouveau composant récurrent entre alors en jeu : l'urée, dont la toxicité fut, et est toujours, débattue. La toxicité de l'urée constitue en effet le principal argument pour prouver la dangerosité de l'urine au niveau de ses constituants.

Contrairement à ce que l'on pourrait penser, les personnes prônant cette pratique ne nous offrent pas d'affirmations claires. Sur le site Internet naturinologie.com on peu lire que « l'urée n'est absolument pas toxique, ni l'acide urique » alors que quelques lignes plus loin, l'expression est nuancée « l'urée n'est presque pas toxique ». L'ensemble des acteurs sembleraient alors s'accorder sur un point : l'urée présente une certaine toxicité, que certains minimisent et d'autres non, suivant le but recherché.
Il s'agit alors de convenir des limites de cette toxicité : urinothérapeutes, médecins, professeurs, ont introduit la notion de dose maximale. On peut constater que c'est à cette période que la controverse sur l'Amaroli s'est transformée en controverse sur l'urinothérapie, c'est-à-dire une pratique contrôlée notamment au niveau de la dose d'urine ingérée. Quelle est la dose d'urée à partir de laquelle celle-ci devient toxique ? Catherine Valat explique dans la revue Choisir et sortir autrement (Numéro 14, juillet-août 2005) que l'urée est toxique dans le sang mais que la « quantité ingérée par sa consommation purifie l'organisme et élimine entre autre les excès de mucus. » Certes l'urée serait toxique, mais à dose importante uniquement, c'est-à-dire que la pratique de l'urinothérapie ne représenterait pas un réel danger tant elle n'apporterait pas une quantité d'urée susceptible de nuire à la santé.
Pour le Docteur Ndo, l'urée semble, au contraire, très toxique dans le sang, même à dose thérapeutique. Il en est de même pour le Docteur Cotelle-Bernard qui explique (propos relatés par Cendrine Barruyer pour le site internet psychologie.com) qu'en pratiquant l'urinothérapie, l'urine de l'adepte va devenir de plus en plus concentrée. La concentration d'urée augmentant, l'urine va devenir peu à peu toxique. Le Dr V., ORL et chirurgien parisien pratiquant la méthode, le souligne :
« Il y a eu des drames, des cas d'hyperurémie (élévation excessive du taux d'urée dans le sang) parce que les gens se sont mis à boire d'un coup toutes leurs urines. [3] » Propos recueillis par Cendrine Barruyer sur psychologie.com qui ajoutera même :
« Il existe aussi un risque de contamination. De nombreuses médecines populaires appliquent des pansements à base d'urine, de matières fécales ou de purin. Résultats catastrophiques : ils communiquent le tétanos. [3] »
Toutefois, de même que pour l'urikonase, un autre argument sera développé se basant sur l'utilisation de ce constituant dans les laboratoires dermatologiques, notamment pour ses propriétés cicatrisantes. Les laboratoires dermatologiques, tels que le laboratoire Eucérin, ne nie pas utiliser ce produit, au contraire, il explique son utilisation au sein de leurs crèmes. Ainsi les laborantins déclarent-ils que :
« L'application de l'urée est sans danger puisque l'urée est non toxique et très peu réactive. Toutefois la stabilité de l'urée peut poser un problème : dans une formule contenant de l'eau trop longtemps conservée, l'urée peut se décomposer en dioxyde de carbone et en ammoniaque. [15] »
Nous voyons, au travers de cette citation, apparaître un nouvel élément dans le débat : les conditions de toxicité de l'urée. La toxicité de l'urée n'est là plus définie à partir de la dose de cet élément mais à partir de ses conditions d'utilisation avec d'autres composants et du temps au bout duquel le mélange ainsi crée sera utilisé. Et même si cet exemple dépend d'un usage externe de l'urine (crèmes pour le visage), on voit tout de même apparaître une nouvelle controverse au sein des acteurs prônant l'urinothérapie : faut-il boire l'urine vieillie ou uniquement l'urine fraîche ? Le mélange eau/urée correspond en effet aux conditions d'utilisation de l'urée au sein de l'urine. Ce mélange crée lors du vieillissement du dioxyde de carbone et de l'ammoniaque. C'est pourquoi Christian Tal Schaller explique qu'il ne faut pas boire de l'urine vieillie mais uniquement de l'urine fraîche et de préférence « the mid-stream of their morning urine », chaque matin. Pourtant Coen Van der Kroon affirme-t-il que l'urine vieillie possède également des vertus... La question du danger physique à boire son urine reste donc plus que jamais ouverte.

Parallèlement à cette question purement physiologique des dangers d'utilisation interne de l'urine se développe, principalement parmi les psychiatres et psychanalystes, une controverse sur le bien fondé psychologique d'un tel acte. Quelles conséquences peut avoir le fait de boire son urine sur la manière dont nous percevons nous-même et notre corps ? Est-ce que la réponse à cette question est universelle ou dépend-elle des différents tabous et normes posés par les institutions nationales ou communautaires ?

Comme le dit Cendrine Barruyer, journaliste déjà citée auparavant,
« Consommer sa propre urine ne doit assurément pas être neutre sur le plan symbolique ». C'est tout au moins la thèse que défend Coen Van der Kroon, dans son livre Elixir de vie : guide complet d'urinothérapie, en affirmant que l'urine aurait un effet psychologique fort. Effet psychologique qui consisterait pour lui à réapprendre à aimer son corps et à s'accepter jusque dans ses rejets. Interviewé par Cendrine Barruyer, le psychanalyste Jean-Pierre Winter répond :
« Faux. Il apprend à s'aimer comme déchet. D'ailleurs, ce n'est pas un hasard si la technique a un tel succès en Allemagne et au Japon. Ces pays ont bien des déchets à recycler, au regard de leur histoire. [3] »
On notera une nouvelle fois dans cette déclaration l'utilisation dirigée du mot « déchet » dans un sens plus que péjoratif et commun. Mais Winter va plus loin dans ses déclarations :
« Si cette thérapie “dégoûte”, ce n'est pas parce que l'urine est sale, mais parce qu'elle nourrit le fantasme d'auto-engendrement. Quel est le message de celui qui boit son urine ? “Je n'ai besoin de personne, je me suffis à moi-même.” C'est un véritable rejet de l'autre. [3] »
Ces propos mettent en exergue un isolement auto infligé. Le rejet social ne viendrait pas alors, comme on pourrait le penser, des autres, mais de celui qui opte pour une thérapie par l'urine. On voit alors se dessiner peu à peu dans l'esprit de certains intervenants une analogie entre cette thérapie et les dérives sectaires actuelles. Dans un article de Marianne (N°339, 3ème semaine d'octobre 2003), l'auteur Charles Bénédicte explique « Comment le phénomène sectaire se banalise » et fait on ne peu plus clairement référence à l'urinothérapie :
« Difficile d'imaginer que de tels discours puissent trouver des oreilles attentives ? Erreur ! Les hérauts de ces prétendues « médecines alternatives » peuvent se montrer très persuasifs. C'est ainsi que des gens guère plus stupides ou incultes que la moyenne en arrivent à boire leur propre pipi. Eh oui : l'urino-thérapie (ou amaroli) préconisée par le Dr Christian Tal Schaller a ses adeptes. Ce constat n'a plus rien de comique lorsqu'on sait que, récemment, un bébé de 18 mois a été hospitalisé à la suite d'une urinothérapie. Ou que l'une des nombreuses activités du Dr Schaller, auteur d'ouvrages aussi profonds que Vivre gaiement la joie ou encore Rire pour gai-rire, avec Kinou le clown, consiste à promouvoir le rire en milieu hospitalier. [16] »
Cependant, il est aussi assez intéressant de mettre en parallèle ces déclarations de Jean-Pierre Winter, visant à faire de ceux qui se soignent par l'urine des égoïstes avec celles de Martha Christy, dénonçant plutôt l'égoïsme et l'intéressement des médecins qui ne pratique pas cette thérapie :
« La communauté médicale connaît les étonnantes propriétés [de l'urine] depuis des décennies, sans que le grand public en ait jamais eu vent. Pourquoi ? Peut-être croit-on que le sujet prête trop à la controverse. Mais ce peut être aussi, plus vraisemblablement, parce qu'il n'y a aucun avantage pécuniaire à révéler au public ce que les scientifiques savent déjà à propos du plus efficace des remèdes naturels au monde. [2] »

Néanmoins, alors que le problème économique n'est pas soulevé par tous les urinothérapeutes, le fait que la communauté médicale puisse cacher quelque chose parce qu'il tient du tabou n'est, lui, pas rare dans les propos des partisans à l'utilisation de l'urine. Coen Van der Kroon par exemple s'est tout de suite positionné sur cette question en affirmant que :
« Le blocage est psychologique, la véritable imposture est d'origine culturelle. Dès l'enfance, on nous apprend que l'urine est sale. Or chez un sujet sain, si l'urine n'est pas infectée par un virus quelconque, elle est stérile. On peut donc s'en servir pour désinfecter une plaie, ou la boire pour survivre. [9] »
Ceci tendrait à expliquer pourquoi des pays comme les gouvernements de la Corée, du Japon ou de l'Inde ne se soient jamais indignés devant une telle pratique. Tout simplement parce qu'il n'y a pas matière à être indigné. Là-bas, l'Amaroli tient de la tradition ancestrale et ne souffre d'aucun tabou. Eminemment local selon Emile Durkheim, célèbre sociologue français, le tabou serait principalement religieux et constituerait l'essence même de la société, or ces pays orientaux ont des religions différentes, des sociétés différentes et donc des tabous différents. Ils ne sont pas contraints par les tabous occidentaux imposés par l'Eglise sur le corps humain. Au contraire, l'Amaroli relève même d'un rite religieux hindou. Les pays africains par contre, comme le Cameroun ou le Gabon, anciennes colonies de pays d'Europe, resteraient quant à eux très fermés à l'urinothérapie à cause de leur passé et de leurs tabous trop occidentaux. Walter Last parle pour ce tabou de « conditionnement social » qui l'empêche de faire profiter des secrets de l'urine à ses patients :
« Cela fait de nombreuses années que j'affectionne l'urinothérapie, mais je ne l'ai que rarement indiqué à mes patients, sauf en tant que solution homéopathique, étant donné que notre conditionnement social inspire continuellement un fort sentiment négatif envers ce traitement. [17] »
Pour Claude Orsel, psychiatre et psychanalyste à Paris, ce n'est pas qu'une histoire de tabou. Il pense que l'action consistant à boire son urine tient de graves troubles mentaux. Le site Internet psychonet.fr rapporte ses propos dans un passage de leur article :
« « L'urinothérapie relève d'une angoisse de séparation que l'on comble en tentant de récupérer l'objet perdu et dans ce cas, en réingérant son urine » Chez les enfants par exemple, boire sa propre urine relève d'un grave trouble psychiatrique appelé "pica", contraction de pipi-caca. Et pour les adultes, précise-t-il, « ingérer de l'urine ou des matières fécales est un signe de schizophrénie. On appelle cela la "coprophagie". [18] »
L'urinothérapie n'entraînerait donc, selon lui, pas uniquement de potentielles maladies somatiques dues à la toxicité du liquide, mais aussi de possibles troubles psychiatriques.




Partie III :
De quoi pourrait guérir l'urinothérapie et comment ?



Alexander T.Djimeli titre un de ses articles dans le Messager : « Révolution, boire l'urine et guérir !». « Comment l'urine pourrait-elle soigner et quelles sont les maladies qu'elle pourrait traiter ? », telles sont les questions soulevées par le journaliste. Un des arguments fondamentaux mis en avant par les défenseurs de l'urothérapie repose sur les prétendues vertus qu'auraient l'urine ou la pratique de la thérapie par l'urine dans la guérison de maladies difficilement curable, ou dans l'apport d'une technique de substitution à la voix médicamenteuse. Nous verrons au cours de notre argumentation que guérir grâce à l'urine et guérir grâce à l'urinothérapie constituent deux éléments totalement différents selon les acteurs interrogés.
Les points de vue sur ce sujet évolue de façon graduelle : charlatanisme, phénomène de mode dont il faut se méfier, thérapie pouvant guérir certaines maladies et enfin véritable panacée capable de guérir toutes les maladies. La controverse porte donc non seulement sur la possibilité de remplacer des médicaments pour soigner certaines maladies, mais aussi sur le type de maladies susceptibles d'être guéries et également sur les raisons d'une éventuelle guérison.

Dans Amaroli 2 puis dans Testez l'urinothérapie, Christian Tal Schaller affirme que « l'expérience a montré que presque toutes les maladies (même le Sida) sont guéries par cette thérapie [19] ». Il est alors intéressant de noter que les arguments de Schaller se basent principalement sur les expériences et les témoignages de personnes ayant guéri de maladies comme le sida grâce à l'urinothérapie. Le premier livre de Schaller, Amaroli 1, coécrit avec sa compagne Johanne Razanamahay, s'apparente d'ailleurs un recueil de témoignages de guérisons. J.W. Armstrong démontrait déjà les vertus de l'urine grâce à des exemples de guérisons dans son livre The Water of Life. Il s'y montrait d'ailleurs très pessimiste quant à l'usage de médicaments traditionnels :
« Comme la composition de l'urine varie selon l'état pathologique du patient, son utilisation est indiquée pour toutes les formes de maladie exceptées celles causées par traumatisme (membres cassés). Elle permet au médecin de ne pas se tromper lorsqu'il choisit de prescrire tel ou tel médicament parmi plus de 3000 existants. Ce qui ne peut être guéri par les forces du corps ne peut être guéri par les forces extérieures au corps. [20] »
Pour Armstrong, l'ingestion d'urine peut également guérir presque toutes les maladies. Toutefois, il nuance son propos en distinguant deux types de maladies : celles causées par des virus ou des bactéries (qui pourraient selon lui être guéries par urinothérapie) et celles dues à des traumatismes (pour lesquelles la thérapie par l'urine serait inefficace). Nous verrons que la controverse porte essentiellement sur les maladies causées par des virus ou des bactéries pour tous les acteurs que nous mentionnons.

Ce manque de démonstrations et d'études scientifiques leur vaut de vives critiques. Ainsi Jean Marie Abgrall, dans son livre intitulé Les charlatans de la santé, parle-t-il de « charlatanisme » pour qualifier les personnes qui ont « la prétention d'une exclusivité de la guérison ». Il met en place une sévère critique envers les personnes qui, comme Schaller ou Martha Christy, prétendent pouvoir guérir maladies alors que la médecine a échoué dans ces domaines jusqu'à présent. Une des principales craintes de Abgrall réside dans le fait que de nouvelles thérapies telles que l'urothérapie pourraient détourner les malades des traitements traditionnels et les priver alors de thérapies efficaces reconnues. L'auteur de Charlatans de la santé continue son argumentation en partageant sa peur d'une « dérive sectaire ». Abgrall lance ainsi un appel à la prudence face à ces nouvelles pratiques :
« Même s'il convient de ne pas d'amalgamer « médecines douces », comme leurs défenseurs s'entendent à les appeler, et sectes, force est de constater que de nos jours la santé est un terrain de prédilection des sectes, au nom de laquelle est prônée une médecine différente en opposition avec la médecine conventionnelle. [21] »
Cet avis est partagé par Jean-Pierre Jougla, représentant de l'Union des Associations Nationales de Défense des Familles et de l'Individu (UNADFI) pour qui « la pensée sectaire se vulgarise et se diffuse comme un prêt-à-penser bon marché. [22] »
Il lutte, entre autre, contre les pensées diffusées par certains adeptes de la thérapie par l'urine, comme Coen Van der Kroon parlant « de mystères » pour expliquer la guérison de maladies telles le Sida. Pour lui, le remède miracle n'existe pas. Le service d'urologie de l'Hôpital Necker de Paris rejoint cette thèse. Ils ne parlent toutefois pas de « méthodes sectaires » mais « d'un phénomène de mode dont il faut se méfier ». Même si le terme utilisé pour qualifier l'urothérapie, « phénomène de mode », est dans ce cas plus modéré, le message est le même, celui de se méfier de l'image de l'urine en tant que médicament miracle.

Chantal Bian doute également des pouvoirs de ce nouveau type de thérapie et remet en cause les explications des guérisons rapportées par Schaller :
« Je sais qu'il y a beaucoup de principe actifs dans l'urine. Toutefois, il faut tenir compte du fait que le processus de guérison du malade dépend aussi de son état d'esprit. Il suffit parfois de croire simplement en l'efficacité d'un médicament pour être guéri [23] », affirme-t-elle lorsqu'elle est interrogée sur la urinothérapie dans des propos rapportés par Alexandre T.Djimeli pour le Messager.
On voit ici poindre de manière nette de possible guérison par effet Placebo. A ce propos, Danielle Fecteau, dans son livre l'effet Placebo, le pouvoir de guérir [24] donne une explication aux « guérisons mystérieuses » de Coen Van der Kroon et approfondit la remarque de Chantal Bian en concrétisant à l'extrême la part de cet effet dans la guérison du malade. Selon elle, la thérapie par l'urine peut réellement guérir mais ce rétablissement ne serait pas dû au pouvoir de l'urine mais à l'effet placebo. C'est à dire que les individus qui sont psychologiquement susceptibles à la suggestion se sentiraient souvent mieux sous l'influence de la consultation ou de la réassurance. Elle poursuit en expliquant que selon elle le rêve est une caractéristique humaine commune, que les gens sont disposés à croire en des choses fausses de manière variable et à des degrés variables. Même les personnes scientifiquement sophistiquées pourraient répondre à la puissance de la suggestion. En médecine, ce pouvoir de suggestion est appelé « effet placebo ». Le mot latin « placebo » signifie « je satisferai », Danielle Fecteau explique donc qu'un effet placebo est une réponse salutaire à une substance, dispositif, ou procédé qui ne peut pas être expliquée sur la base médicamenteuse ou toute autre action physique directe. Se sentir mieux quand le médecin marche dans la salle est un exemple commun.
Stephen Barett, auteur d'un article sur quackwatch.org dans lequel il cite notamment Barry Beyerstein, psychologue américain auquel Fecteau fait référence, explique :
« Beaucoup d'études suggèrent que les placebos peuvent soulager une large gamme de symptômes. Dans beaucoup de désordres, un tiers ou plus des patients se sentiront soulagés grâce à un placebo. Le soulagement provisoire a été démontré, par exemple, dans les cas d'hypertension, de tension prémenstruelle, d'ulcère peptique et même cancer. Les aspects psychologiques de beaucoup de désordres fonctionnent également à l'avantage du guérisseur. Un grand pourcentage des symptômes ont un composant psychologique ou ne résultent pas de la maladie organique. Par conséquent, une oreille ou une réassurance sympathique affirmant qu'aucune maladie sérieuse n'est impliquée peut prouver thérapeutique par elle-même. [25] »
L'effet Placebo pourrait donc expliquer, selon Fecteau, les différents cas de guérison constatés par des adeptes de l'urinothérapie. Elle ne serait donc pas totalement opposée à ce type de thérapies mais appelle toutefois à la prudence tant que la sphère médicale n'est pas accordée sur la dangerosité, ou non pour, le corps de cette pratique.
L'effet placebo semble ainsi jouer autant en défaveur qu'en faveur de l'urothérapie lorsqu'on lit les propos de Beyerstein ou de Fecteau : les urinothérapeutes ne seraient pas des menteurs lorsqu'ils rapportent des cas de guérison mais les raisons de cette guérison ne seraient pas dû à l'urothérapie mais à son pouvoir de suggestion. Toute autre thérapie, qui pourrait se révéler moins dangereuse que la pipithérapie si la dangerosité de celle-ci faisait l'unanimité, conduirait à des résultats similaires. Si toutefois la non dangerosité de l'ingestion de l'urine était démontrée et acceptée de tous les acteurs, l'effet placebo serait un élément en faveur de cette thérapie.

Pour Pelton, Ross et Lee Overholser, docteurs en médecine américains travaillant sur le cancer et les nouvelles thérapies pouvant le guérir, l'effet placebo pourrait certes jouer un rôle dans la guérison du patient, mais il s'agirait là d'un effet supplémentaire crée par l'urinothérapie mais non de la base de la réussite de cette thérapie. La guérison de cas de cancer, ou leur simple rémission, s'expliquerait par la présence d'urée dans l'urine et les propriétés anticancéreuses de ce composant. Une des principales controverses, que l'on avait déjà mentionnée dans la partie 2, réapparaît ici : l'urée et son éventuelle toxicité. Pour ces acteurs, la réponse semble claire :
« Le traitement avec de l'urée est remarquablement exempt de n'importe quels effets secondaires et toxicité sérieuse. Les patients prenant des solutions d'urée oralement se plaignent occasionnellement de l'irritation gastrique mineure et d'un mauvais goût prolongé dans la bouche. En général l'urée est un composé bon marché et facilement obtenu qui peut être en tant que thérapie. [26] »
L'urée, en plus d'être non toxique, aurait donc des propriétés anticancéreuses : elle détruirait les cellules cancéreuses et réduirait ainsi la taille des tumeurs. Ses effets secondaires seraient bien mineurs eu égards au bénéfice d'une telle thérapie. L'urinothérapie serait ainsi très efficace dans la lutte contre le cancer selon leurs propos car lorsque l'urée est prise oralement, elle atteint le foie directement puis les intestins par l'intermédiaire de la veine portique en concentration suffisamment importante pour avoir un effet thérapeutique significatif sur le foie. Reprenant les expériences que le Professeur en médecine M. Danopoulos avait effectuées en 1974, Ross et Overholser expliquent que la thérapie par l'urine serait plus efficace que des injections d'urine par intraveineuse car dans ce second cas, l'urée est alors diluée dans le sang et sa concentration devient trop faible pour avoir les propriétés anticancéreuses désirées. L'urine, et non la suggestion, serait donc la raison d'une éventuelle guérison.

Walter Last et Nathalie Bouaravong émettent également des arguments dans ce sens, mais en une gamme de maladies plus étendues qui ne se limite pas au cancer . Pour ce premier :
« L'aspect le plus étonnant de l'urinothérapie est son efficacité dans une gamme étendue de maladies [17] ».
La raison principale qu'il avance pour expliquer cela est que l'urine ingérée stimule le système immunitaire :
« L'urine contient des anticorps qui agissent à l'encontre des virus, des bactéries nocives que pourrait abriter notre corps. Les chercheurs ont affirmé que même en quantité infime, les anticorps peuvent être efficaces dans la prévention et le traitement des maladies. Il existe des études recherchant et décrivant les effets curatifs de l'urinothérapie portant sur une large gamme d'infections fongiques et virales, tels l'hépatite, la poliomyélite et le SIDA. [17] »
Quant à Natalie Bouaravong, elle affirme :
« Des études cliniques ont montré que les milliers de nutriments et molécules, hormones qui se retrouvent dans l'urine sont le reflet des fonctions de notre corps. Lorsqu'elles sont réutilisées, ces molécules agissent comme des vaccins naturels, des agents anti-bactériens, anti-viraux, anti-cancérigènes. [27] »
Pour ces deux acteurs, donc, l'urinothérapie serait préconisée pour traiter principalement le cancer, soutenant ainsi la thèse formulée par Ross, Pelton et Overholser. En effet, Last explique :
« Le cancer répond très bien à l'urinothérapie. La meilleure thérapie semble être l'urinothérapie en période de jeun utilisée par Armstrong. Les tumeurs visibles telles que le cancer du sein disparaissaient généralement en 3 semaines, voire en 1 semaine. Pour Armstrong, soigner le cancer était selon ses propres mots un ' jeu d'enfant ' sauf dans le cas où les patients ont déjà été traités par une chimiothérapie ou une radiothérapie. [...]
L'urine stimule le système immunitaire. Les tumeurs et autres maladies libèrent des antigènes dans le sang. Lorsque le système immunitaire les détecte, il répond en produisant des anticorps pour combattre la méchante tumeur. Certains antigènes produits par les cellules cancéreuses sont présentes dans l'urine, alors les médecins ont émis l'hypothèse que s'ils donnaient de l'urine à leurs patients atteints de cancer, leur système immunitaire réagirait plus, en fabriquant un plus grand nombre d'anticorps, et donc augmentant la capacité de tuer les cellules cancéreuses.
D'autres ont suggéré que l'urine inhibait la capacité des cellules cancéreuses à s'assembler et qu'elles ne survivaient pas car elles ne pouvaient pas se nourrir et se débarrasser de composants inutiles. Un partisan affirme que certains constituants de l'urine établissent un système de défense biochimique qui est indépendante du système immunitaire. Il soutient que ces composants ne détruisent pas les cellules cancéreuses mais qu'ils les « corrigent » et évitent ainsi que la tumeur ne se propage. [17] »
Toutefois, il cite également d'autres pathologies pouvant être soignées comme l'insuffisance rénale :
« Le niveau de l'urée est bas chez les patients atteints de cancer et autres maladies. La fréquence des cancers et notamment des multiples tumeurs augmente fortement quand les niveaux d'urée sont bas.
[...] Des recherches en biochimie ont montré que l'urée, par un fonctionnement interne ou par un apport extérieur, est utilisé par le corps comme une matière première qui synthétise des acides aminés et des protéines.
L'urée est particulièrement indispensable pour les patients atteints d'insuffisance rénale qui doivent maintenir un régime pauvre en protéines. Une étude a en effet montré que ces patients présentaient une amélioration lorsqu'ils recevaient une dose d'urée qui devenait la principale source de nitrogène utile à la synthèse de protéines. [17] »
Il ajoute à la fin que grâce au jeun associé à l'urinothérapie, un de ses patients a guéri en 2 semaines, comme si ce seul exemple légitimait le pouvoir de guérison de la maladie. On notera alors que pour légitimer sa thèse et ses arguments, il a recours, au final, à l'exemple. Toutefois, contrairement à Schaller, il ne fonde pas sa théorie uniquement sur des exemples. Ceux-ci ne viennent qu'à la fin du résultat, comme arguments final découlant de toute une logique scientifique préalablement établie où l'effet placebo n'a plus réellement sa place. Car même s'il s'agit selon Fecteau d'un fait plus que probable de guérison, Last avance des arguments autres que cette théorie pour expliquer les bienfaits de l'urinothérapie. Il cite, en plus du cancer et des insuffisances rénales, les allergies. On pourra alors remarquer, à travers les exemples cités, que le principal problème quant à l'identification des maladies effectivement guéries par l'urinothérapie est que les acteurs affirment qu'il est dit que des recherches sont faites, mais sans jamais citer leurs sources.
Cela a conduit l'American Cancer Society à mettre en garde les adeptes de la thérapie par l'urine :
« Se fier, faire confiance à ce type de traitement seul en évitant les soins médicaux conventionnels peut engendrer des conséquences sérieuses sur la santé [28] ».
L'urinothérapie est pour elle une méthode alternative, aucune preuve scientifique n'ayant été prouvée. Nous voyons alors apparaître un terme important : « médecine alternative » que Jean Marie Abgrall a opposé à « médecine traditionnelle ». Pour Abgrall, « médecine alternative » était clairement connoté très négativement : il lui associait d'ailleurs le terme « charlatanisme ». A contrario, des auteurs moins clairement positionné pour ou contre l'urinothérapie préfèreront opposé le terme de « médecine douce » au « charlatanisme », comme le montre d'ailleurs le titre de l'article de psychonet.fr [18].
Dans cette guerre terminologique, le président de l'American Cancer Society emploiera donc davantage le terme de « médecine alternative » pour qualifier un nouveau type de médecine qui n'a pas encore été reconnu et accepté par l'ensemble du corps médical. Il ne s'agit pas ici de nier totalement ses bienfaits prétendus, mais plutôt d'appeler à la prudence tant que le corps médical ne s'est entendu à reconnaître la non dangerosité de cette pratique d'une part et ses vertus d'autre part.

On se situe à deux degrés différents de la controverse. Pour Abgrall, médecine alternative signifie charlatanisme, alors que l'American Cancer Society il est tout juste synonyme de manque de preuves.




Conclusion

Le principe d'urinothérapie est apparu dans une société très hygiéniste et éduquée dès son plus jeune âge à considérer l'urine comme un élément sale. L'ingestion d'urine relève donc d'un bouleversement des coutumes et des moeurs qui pourrait peut-être expliqué l'aspect encore relativement marginal de cette pratique. Toutefois, la reconnaissance de celle-ci par l'ensemble corps médical pourrait être synonyme de popularisation grandissante.
Même si les défenseurs de l'urinothérapie multiplient les arguments pour défendre leur thèse, nombreux sont ceux qui y voient simplement une pratique non efficace pour les plus modérés voire extrêmement dangereuse pour les plus virulents. Non seulement elle ne pourrait guérir aucune maladie, mais elle se révèlerait nocive pour la santé. Le terme « charlatanisme » prononcé par Jean-Marie Abgrall pour qualifier la thérapie par l'urine r

Commentaires (15)

Flux RSS 15 messages · 1.787 lectures · Premier message par arbo · Dernier message par lucien

  • 6 pages sur de la pisse? ^^
    un truc de fou!
  • Qu'est-ce qu'on ferait pas pour valider la sociologie ! <:o)
  • article tres interressant faisant bien la synthese des differents avis.
  • Merci, c'était en effet le but de ce projet.
  • Très fourni, mais dommage qu'il n'apporte pas de quoi pencher d'un côté ou de l'autre de la balance... panacée ou placebo? toxique ou unique? Plus qu'à essayer pour se faire une idée!
  • C'était malheureusement le sujet, montrer la controverse sans pencher d'un côté ou de l'autre. Mouarf, c'en était presque dommage.
  • j'utilise cette téraphie est j'en suis trés contente..
    génial..je ne peut plus m'en passer..
  • Bonjour, j'aimerais être informé par des documents ou rapports de source vraiment fiables ou " Le plus possible", sachant toute la réserve que l'on doit s'imposer dans toutes déclarations.
    Je suis pour ma part très à l'écoute de cette thérapie paraissant à première vue contre nature et qui cependant est peut-être une des " Grandes leçons" de la nature. j'aimerais "échanger" avec des personnes pratiquants ou ayant pratiqués.
    Meilleures salutations et à bientôt.
  • Bonjour et merci de me joindre le rapport concernant cette "drôle de thérapie qui malgré tout ne me laisse insensible à l'intérêt quelle peut représenter pour ses vertus annoncées.
    Bien cordialement et peut être à bientôt pour échanger idées.
  • je la pratique prudemment depuis 2 semaines et je sens de l'amélioratrion dans ma santé
  • Bonjour,

    Merci pour votre texte :-)

    S'il-vous-plaît, je lis differents blogs mais ne trouve pas la reponse à ma question : quelle est la quantitié standard qu'on est sensé boire de son urine ?
    en l'occurence j'ai un probleme de sante, type colon irritable, est-ce que l'indication est differente ?
    2-3 verres par jour ?
    Des contre-indication en fonction de la quantité ?

    MERCI POUR VOTRE ECHO :-) par avance, oui merci beaucoup, c'est important pour moi .

    Marie
  • comment l' urine peut guérir toutes les maladies? j' ai essayé et je me suis redu compte ça guéri normalement
    Pour les anémiques SS, est- ce que l' urine peut aussi les guérir comme toutes autres maladies et avez- vous une expérience dans cette maladie?
  • comment l' urine peut guérir toutes les maladies? j' ai essayé et je me suis redu compte ça guéri normalement
    Pour les anémiques SS, est- ce que l' urine peut aussi les guérir comme toutes autres maladies et avez- vous une expérience dans cette maladie?
  • votre rapport m'intéresse, si encore valable merci, mi
  • bonjour je voudrais savoir comment guerir l'infertilité a partir du traitement par urine et quelle est la posologie merci de me repondre

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