Supertramp : band of the century (3/15)

03/01/2009 23:55
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1974 : Crime of the Century
Après leur second album, le groupe se dissout. Mais l'acharnement de Roger Hodgson et Rick Davies est tel pour imposer leur style, qu'ils décideront de reformer Supertramp et cette fois-ci de prendre leur temps pour créer un nouvel album en adéquation avec leur style : Crime of the Century. Ils recruteront pour cela trois nouveaux membres, leurs compagnons sur Indelibly Stamped n'ayant, à l'instar des ceux du premier album, pas résister à l'échec commercial.

Apparaissent dans le groupe le brillantissime et trublion saxophoniste John Helliwell, le bassiste écossais Dougie Thomson et le batteur californien Bob Siebenberg. Deux ans de travail seront nécessaires pour la genèse de Crime of the Century, et de la genèse de Supertramp comme nous le connaissons.


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Cet album signe, comme dit plus haut, le premier succès commercial du groupe, mais c'est aussi une réussite artistique. Certains, nombreux, le considèrent comme le meilleur album du groupe. C'est d'ailleurs le cas de beaucoup de membres de Supertramp. Pour ma part, j'avouerai juste qu'il est extrêmement dense en qualité puisqu'aucune des pistes n'est décevante, même en partie. Cependant, je lui préfèrerai des réalisations postérieures telles Even in the Quietest Moment (1977), voire Brother Where you Bound (1985).

Crime of the Century, inattendu n°1 en Angleterre, doit sans doute son succès à son style particulier et sa juste répartition musicale entre piano, guitare et instruments en vent. Assez exceptionnellement, les huit titres de cet album seront tous retenus pour les « best-of » du groupe en plusieurs volumes. Un plus grand public se rappelera tout au moins de titres comme dreamer, bloody well right ou crime of the century.


8 titres de qualité, donc, pour cet opus :

SCHOOL : des premières notes un peu western pour cet album, grâce à un harmonica lointain, vite relayée par des sonorités électroniques très fouillées. Le thème final est magnifique et démontre enfin véritablement l'aisance au clavier de Rick Davies.

BLOODY WELL RIGHT : une introduction piano mémorable, d'autant plus pour plus fan de football qui y reconnaîtront le jingle de feue la LNF et donc ce que tout supporter du Racing a entendu au moins une centaine de fois par Téléfoot ou Jour de Foot. Le passage à la LFP a enlevé ce générique de nos esgourdes, mais pas de mon album ! La suite de cette piste est tout simplement un des plus gros tubes du groupe, et le première chanson où peut s'exprimer John Helliwell.

HIDE IN YOUR SHELL : un bijou. Moins connu que ses camarades de pistes, elle possède un avantage non négligeable, celui de faire revenir sur le devant de la scène la voix lunaire de Roger Hodgson, pour une fois appuyée par un choeur qui résonne et sublime ces propos. Triste chanson d'un amour impossible qui m'a beaucoup touchée dans les périodes moins fastes de ma petite vie estudiantine. Un must-hear !

ASYLUM : cette fois-ci, c'est un Rick Davies très à propos qui nous montre la mélancolie de sa voix. Cette longue piste de près de sept minutes cultive le côté grandiloquent de toutes les longues réalisations de Supertramp, plusieurs tableaux et un excitant fouillis artistique. Un titre à réécouter pour en découvrir toute la substance.

DREAMER : le premier hit international signé Supertramp. Un peu basique quand on y pense, il présente néanmoins l'intérêt de dévoiler le péché mignon de Roger Hodgson, celui qu'il exploitera durant le reste de sa carrière pour mon plus grand plaisir : ses mélodies très « parkinsoniennes ». Je ne sais pas vous, mais n'étant pas pianiste, je me demande encore comment un homme peut tenir cinq minutes une instrumentalisation contenant près de cinq ou six accords par secondes, aussi peu variés soient-ils. Enfin, le plus important, c'est que ce soit irrésistiblement accrocheur (voir le titre lady de l'album suivant).

RUDY : subtil mélange de sonorités électriques et réelles, nous voyageons ici littéralement dans le train avec Rudy. Tout est fait dans cette chanson pour que l'on se sente nous aussi transporté en pleine voie et en plein doute. Superbe.

IF EVERYONE WAS LISTENING : la moins connue des merveilles de cet album, et non la moindre. Chanson triste, voix larmoyantes, clavier et saxophone touchants, choeur plaintifs... on se sent là encore mal, et c'est tellement bien.

CRIME OF THE CENTURY : si la partie texte est bien emmené par Rick Davies, le potentiel de ce titre est tout entier contenu dans ses quatre minutes finales purement instrumentales. La partition guitare est très prenante, l'intervention piano est magnifique, mais surtout John Helliwell nous livre enfin un vrai solo, tout simplement stratosphérique. Calme et mélancolique, à l'instar des deux titres précedents, l'incarnation du style Supertramp sous-jacent. Moins commerciaux que les joyeux titres dreamer et breakfast in america, mais tellement plus uniques.

Simon_

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