Auchan lexical de l'amour (ou la pornographie en grande distribution)

05/01/2006 02:55
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Boulot ( quand on en a un) , Métro ( quand on en a un), Dodo ( quand on y arrive). Bienvenue dans le monde formaté de l'homme moderne où la standardisation régit notre mode de vie. Rien de bien excitant me direz-vous. Et pourtant dans cet univers matérialiste que chacun de nous contribue à consolider au quotidien, il y a toujours la possibilité de laisser évader notre imagination et libérer nos instincts. Même les plus primaires. Même dans les endroits symboles du grand capitalisme tels que les supermarchés. Voici entre les rayons quelques fragments de vie, surtout de l'amour, pas mal de sexe aussi ( je dis ça pour attirer une audience plus large). Vous n'irez peut-être plus faire vos courses comme avant. Qui m'aime me suive ! Et les autres aussi, on ne sait jamais, sur un malentendu...
( Note de la rédaction : Tout est à lire au premier degré. Ainsi, l'auteur se dégage de toute responsabilité en cas d'indignation suite à d'hypothétiques allusions érotiques déplacées que seuls des esprits pervers auront insidieusement repérées. )

Pour le lieu peu importe puisqu'on peut faire ça où on veut dans n'importe quelle grande surface : à un carrefour, un rond point ou aux champs si vous êtes de nature bucolique. Même dans un mammouth mais bon là il vaut mieux aller voir un paléontologue ( et un psychiatre par la même occasion). Dans un premier temps, je cherche où garer mon engin et je tombe assez rapidement sur une indication « libre ». Le ton est déjà donné. J'aperçois une place qui pourrait me convenir. Elle est étroite mais je finirai bien par rentrer. Après quelques manoeuvres menées de mains de maître et quelques va-et-vient, je suis casé. Puis je pénètre dans la reine. L'arène, pardon. Simple maladresse, en amour ça arrive.

Je saisis de mes deux mains viriles un caddie ( que les joueurs de golf ne s'offusquent pas) que j'ai l'intention de bien remplir ( idem). Et je me laisse guidé par le flot fluide de femmes qui semblent comme happées par la marchandise. Les hommes sont juste derrière, comme souvent. Eclairage vif, musique à fond en fond. Mmmh, ambiance sauvageonne, j'aime ça. J'esquive rapidement le rayon botte à nique, c'est que je ne me sens pas encore prêt pour la planter la petite graine. Ne m'en voulez pas, l'effet mère me fait peur. Mais je m'arrête aux fleurs. Elles aiment ça les fleurs. Une robe qu'on scrute des yeux et qui tombe dès qu'on la touche. Et dessous parfois des épines. Surtout au Portugal. Mais j'ai déjà joué au jeu et je sais que c'est Mademoiselle Rose qui m'a assassiné dans la chambre à coucher avec la matraque ou ma trique, je ne m'en souviens plus vraiment. Ce n'est pas grave, je me barre.

Je suis un peu perdu là. Dans quel sens aller maintenant ? tiens l'odorat, l'odeur rat et autres attrape-souris. Le rayon cosse mes tiques m'ouvrent ses bras et je découvre avec dégoût le monde de l'apparence. De quoi se confectionner un masque ( des choses à cacher peut-être ?), du parfum pour enrhumer les sens et des miroirs qu'on n'ose pas trop affronter par crainte de voir ce qu'on est vraiment. Bref, tout l'attirail pour appâter afin de mieux manger. Ça me donne faim tout ça ; allons au rayon boucherie, je vais faire un carnage.

Je lorgne sur une cuisse puis sur une poitrine. La vache ! Je m'en lèche d'avance les babines : tant de viande à profusion. Je passe vite sur le boudin, je prends des rognons de porc ( c'est que j'affectionne toutes les cochonneries moi) et je passe in extremis sur le canard à l'orange. Ouf, j'ai failli me faire griller par un poulet, ça m'aurait coûter chair. Allez direction fruits et légumes, ce sera plus léger. Enfin c'est sans doute ce que vous espérez...

Hop, une banane, ça bourre vite et bien. Puis en cas de panne ça peut servir, c'est plein d'énergie. Pas de Clémentine, ça me rappelle quelqu'un. Et pas de salade non plus, j'ai encore du mal à les avaler. Tiens, je vais prendre un avocat ça peut toujours servir pour plus tard. Puis j'attrape un kilo de carottes, on dit que ça rend aime-able. C'est alors que je lis l'étiquette : « à consommer avant fin... ». Moi j'ai perdu la mienne d'étiquette mais je sais qu'il ne faut pas que je tarde. Allez je prends rapidement ma braguette de pin et je termine à la poissonnerie pour voir ce qu'il y a à pêcher. Le saumon c'est le summum mais ça part vite en fumée et je vais peut-être aussi éviter la tranche de thon. Quant à la seiche ça promet beaucoup au départ et à la fin ça vous glisse ( enfin façon de parler) entre les mains. Tortues. Raies. Et beaucoup d'autres choses. Allez je me décide sur le hareng saur.

Et l'argent sort : un jour il faut bien payer alors je passe à la caisse et règle mes comptes ( qui a dit : « c'est déjà fait...» ?). J'ai vidé mon sac. Ah non c'était un caddie. La note est épicée et les amandes salées. D'ailleurs, c'est toujours les mêmes qui payent mais il y a bien un moment où il faut rendre la monnaie de sa pièce à quelqu'un. Moi j'ai déjà eu mon dû mais on me file encore un reçu, histoire que j'imprime bien ce qu'on m'a enlevé.

Dieu que c'est lourd à porter. J'ai le coffre plein et la bourse vide. Je repars d'où je suis venu. Un panneau semble me faire un grand sourire « Merci de votre visite et à bientôt ! » ... comme si j'allais inexorablement revenir ! En dessous on peut lire «Auf wiedersehen». Voyez, on me drague même en allemand, je vous l'avais bien dit que ce serait excitant.

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