Le stublog de il-vecchio


D'r André Dassary uff d'r Meinau

15/02/2013 16:02
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Billet à l'adresse d'un, pardon du groupe de supporters mononeuronal(*) moulinois, rédigé après 166 jours d'attente, ce qui est infime par rapport à 48 ans(**). Vous commîtes non une erreur, mais LA faute au match aller, traiter les Alsaciens de Boches!

L'aller dans l'Allier



La saison passée il y eut Vesoul comme match de sinistre mémoire, mais cette année Moulins supplante largement Vesoul dans la mémoire collective des supporters alsaciens. Une bien mauvaise rencontre. Un arbitre débordé, dépassé. Une expulsion abusive coté moulinois reconnue par l'ensemble des parties, y compris l'homme en noir. Qu'il soit ici félicité pour son honnêteté intellectuelle. Mais Moulins, c'est aussi la blessure de Vauv' Kéhi remplacé jusqu'à la trêve par Ziman Duki. Zim', “bonne volonté, peut mieux faire”, ainsi aurais je pu avec mon sens aigu de la diplomatie signer sa prestation à l'heure des bulletins de décembre. La nature m'eut elle offert le sens du sarcasme et de l'ironie que la remarque eut été tout autre: “transpercé par les attaquants de loin, mais loin d'être transcendant”.

Mais ce match aller fut aussi l'occasion de se rendre compte une nouvelle fois que le ventre de la bête est toujours fécond, mais aussi fait de cons. Ces cons du groupe mononeuronal de supporters qui se complut à lancer de la tribune ce “rentre chez toi, casque à pointe” à l'adresse de François Keller.


Die Pickelhaube



Lorsque Mario Draghi succéda à Jean-Claude Trichet à la tête de la BCE, la Bild en gardien médiatique de l'orthodoxie monétaire alla l'interviewer en lui offrant ce célèbre casque à pointe prussien. Celui dont les troupes du Kaiser étaient coiffées en 1870 à la sinistre bataille de Froeschwiller aussi nommée bataille de Reichshoffen.

http://bilder.bild.de/fotos-skaliert/ausriss-25614607_mbhf-133236...


Cette pointe pour décorative qu'elle paraisse avait bel et bien une utilité, détourner le coup de sabre que l'ennemi voulait asséner sur le crâne.

C'est à la suite des batailles de 1870 que l'Allemagne scella son union autour de la Prusse et que l'Alsace fut arrachée à la France. Quarante-huit longues années durant, elle fut soumise au Reich allemand et à la volonté du Kaiser. Des deux cotés des Vosges on désespérait. A l'ouest on chantait Vous n'aurez pas l'Alsace et la Lorraine assorti d'une lourde propagande en vue de rattacher ces provinces à la France.



En Alsace, sous le joug allemand qui présageait celui à venir de 1940, on se languissait. Langueur illustrée par cette gravure d'Henri Royer en 1906, l'attente.

http://www.crdp-strasbourg.fr/data/histoire/alsace_1870/images/bi...

Gravure en noir et blanc, soulignant le deuil avec juste deux petites notes de couleur, l'espoir cocardier de revoir les trois couleurs flotter sur la flèche de la cathédrale en arrière-plan.
Mais je doute qu'on soit aussi bien informé sur les rives de l'Allier. Sur les rives de l'Allier, on voit l'Alsacien sous la forme du Boche, le Boche de 1870, le Boche de 1914 qui jamais ne pénétra aussi profondément en territoire français, tandis que celui de 1940 mit six semaines pour se rendre de Sedan à Bordeaux avec un casque en acier. Mais celui-la non plus, on ne le vit sur les rives de l'Allier, du moins jusqu'au 11 novembre 1942.


Moulins, situation.



géographique.



Comme évoqué plus haut, cette ville est située dans l'Allier sur les rives du cours d'eau éponyme, à 58 km de Vichy (Allier) et à 78 km de Chateldon (Puy-de-Dôme).

Vichy, ville d'eau, cité thermale qui en 1940 présentait les avantages suivants:
• localisée en zone libre,
• disposant d'une importante infrastructure hôtelière, grâce au thermalisme,
• équipée d'un central téléphonique du dernier cri,
• distante de seulement 21 km de Chateldon, ville du sinistre Pierre Laval, permettant à ce dernier de rentrer chaque soir chez Bobonne lorsqu'il ne dînait pas avec Otto Abetz.

historique.



Ah! Quel mauvais goût de ma part que de rappeler ces données. Depuis la Libération, l'Allier est marqué du sceau infâmant de la collaboration. A tout prix l'on cherche à faire comprendre que Vichyssois n'est pas Vichyste, sauf qu'en ces temps de disette où la ligne de démarcation séparait le pays en deux zones, tandis que le pays était réellement scindé en sept zones, l'on était bien content d'avoir le vieux maréchal, le vainqueur de Verdun, le sénile vassal servile de Laval et Hitler à l'hôtel du Parc. C'était le peuple du désastre.

On se pressait à chacun des déplacements du maréchal, on envoyait les enfants lui réciter des compliments, l'on s'engageait dans la légion des combattants qui n'avait de combattants que le nom. Ah, quelle fierté d'héberger le maréchal et son gouvernement fantoche! On se gargarisait que le théâtre de Vichy abritât (2) l'Assemblée Nationale en ce 10 juillet 1940 pour voter l'abolition de la République.

On avait pour modèles, Déat, Henriot, http://fr.wikipedia.org/wiki/Xavier_Vallat " target="_blank">Vallat, Darlan.
On s'engagea plus tard par bataillons entiers dans la milice de Darnand et Bout de l'An pour revêtir ce béret trop grand, trop large, tombant sur une oreille et ridiculisant l'ignoble collabo, cocker amputé d'une oreille.

http://3.bp.blogspot.com/-mA2vOeePNTw/TrBwBL5xwuI/AAAAAAAAIe8/n5e...

L'occupant qui avait interdit le port du béret dans les départements annexés d'Alsace et de Moselle, qualifiant ce dernier de Gehirnverdunkelungskappe se gaussait des miliciens, supplétifs haineux, hargneux, barbares et sanglants de la Gestapo. A voir Darnand, force est de donner raison à ses maîtres. Le béret, du moins celui de la milice était un “couvre-chef obscurcissant le cerveau”.


L'Alsace annexée.



Pendant ce temps, les réfugiés alsaciens originaires de la bande rhénane demeuraient partiellement dans les zones dévolues. L'université de Strasbourg était à Clermont-Ferrand, beaucoup d'Alsaciens vivaient péniblement cet exil en Limousin et en Dordogne. Le Racing se para du titre de champion de Dordogne 1940.

Pour ceux qui revinrent après l'armistice ou qui n'avaient pas été évacués, la situation était des plus pénibles. Tickets de ravitaillement comme en France de l'Intérieur, mais interdiction de parler français sous peine de séjour au camp de Schirmeck, anti-chambre du Struthof, seul camp de concentration nazi sur le sol français (précision à l'attention du groupe mononeuronal). Les enfants étaient à l'école allemande, endoctrinés, embrigadés de force dans les Hitlerjugend (jeuneses hitlériennes) pour les garçons et le Bund deutscher Mädel (fédération des filles allemandes) pour les filles, tandis que les parents étaient obligés d'adhérer à au moins une association nazie.

Ce n'était qu'un prélude. Le 24 août 1942, le Gauleiter Wagner promulga l'incorporation de force sous le drapeau à croix gammée des jeunes Alsaciens-Mosellans. Du coté du débit de boissons du stade Hector Rolland, on doit éructer un “zavaikapayallé”. Sauf que les frontières étaient très surveillées et que le régime avait instauré la “Sipphaft”, responsabilité collective familiale. Les réfractaires étaient fusillés s'ils étaient pris et leurs familles déportées en Allemagne. Ce sont 130.000 Alsaciens-Mosellans que l'on envoya se battre pour Hitler et l'Allemagne. Allemagne, dont Pierre Laval souhaitait la victoire. (discours du 22 juin 1942, pour célébrer l'anniversaire de l'opération Babrarossa)




Barbarossa, l'invasion de l'Union Soviétique, l'ouverture du front de l'Est, ce même front où la plupart des incorporés de force furent envoyés. Ils furent nombreux à tomber ou à être emprisonnés à Tambov. 18.000 prisonniers dont tout au plus 10.000 rentrèrent. Le dernier d'entre eux franchit le Rhin le 13 avril 1955.


Casque à pointe, le crachat!



69 ans après la Libération, il fallut donc se rendre sur les riantes rives de l'Allier pour encore se faire traiter de Boche, nous dont chaque une famille eut à souffrir de cette incorporation de force. Chez nous en 44-45, l'on accueillit les libérateurs à bras ouverts et pas en maugréant, en soulignant combien l'Allemand payait bien le lait et la viande qu'on leur vendait, comme tant d'autres outre-Vosges.

69 ans après, l'on veut enfouir au plus profond la honte d'avoir marché comme un seul homme derrière le maréchal. On régurgite cette page noire en proférant la pire insulte qui soit envers un Alsacien, minable résistant de la 25e heure, patriote contrit et pétri de la nostalgie de Vichy, se gargarisant d'avoir occupé les meilleurs postes de la République, de préfet à Président en passant par ministre.

Je reprendrai ce tifo historique des UB90, l'Alsace est française, ne vous en déplaise. Il est triste d'avoir une nouvelle fois à le ressortir.


http://ub90.free.fr/_FILES/photos/2005-2006/gr/sochaux3.jpg


Je ne vous souhaite pas la bienvenue à la Meinau, mais soyez assurés que le parcage vous sera grand ouvert.
Un parcage bien plus agréable que ceux de Drancy, http://fr.wikipedia.org/wiki/Beaune-la-Rolande_%28camp_de_transit%29" target="_blank">Beaune-la-Rollande et Pithiviers, oeuvres de Vichy.

Vous pourrez toujours essayer de reprendre ce chant si célèbre d'André Dassary, mais vos minables beuglements seront couverts, n'en doutez pas.








(*) Les règles de la grammaire eussent voulu que j'écrivisse (1*) “mononeuronaux”, mais LE neurone est partagé par l'ensemble des membres du groupe.
(**) Vont ils comprendre que 48 ans durent plus longtemps que 166 jours? En effet, 166 est un nombre supérieur à 48. N'est-ce pas trop solliciter leur semblant de cortex? (réflexion personnelle)

(1*) il-vecchio n'a pas évoqué les écrevisses, mais s'est une nouvelle fois complu dans l'emploi outrancier de l'imparfait du subjonctif. Les stubistes l'avaient compris, cette explication est destinée au groupe mononeuronal. (Hélène Carrère d'Encausse, secrétaire perpétuelle de l'Académie Française)
(2) Toujours cet emploi récurrent de l'imparfait du subjonctif, terriblement dissuasif pour un groupe mononeuronal mon cher il-vecchio. Combien de fois dois-je vous le répéter? (Hélène Carrère d'Encausse, secrétaire perpétuelle de l'Académie Française)

Gastro à Bamako

24/01/2013 13:56
1.884 lectures
Dans le cadre de notre rubrique Culture Stub, sans faire de pub, voici le nouveau roman de Steph G, „Gastro à Bamako“ publié aux éditions de Papy Lucas.

L'auteur



Steph G., moins connu quai Conti que Frédéric Dard, mais bien davantage que Zorky-Dattel, journaliste économique spécialisé dans la filière de la tondeuse à gazon pour terrain de sports, grand reporter allant fouiner jusque dans les restaurants asiatiques de Londres nous propose un dernier ouvrage palpitant, rédigé aussi rapidement qu'un compte-rendu d'un sinistre RCSAAAAAAAAAAAA – Yzeure.

Genèse de l'oeuvre



C'est dans l'après-midi du 11 janvier 2013, à la veille du sommet RCSAAAAAAAAAAAA – Grenoble que Flanby(*) déclenche l'opération Serval, serval n'étant pas le singulier de cerveaux. Mirages et Rafales virevoltent dans le ciel malien et signent leurs trajectoires de balles traçantes en relançant le marché des pick-up made in Asia. Steph G. au cerveau vif comme l'éclair réagit à la vitesse du serval. Il sait qu'il y a là une opportunité pour lui de s'extirper du marigot des crocodiles meinoviens, de cette fange de la 5e colonne et de la glaise du CFA. Mais il lui faut d'abord gagner sa maigre pitance de journaliste et éviter à son employeur les courriers insultants sur le ton du “Verdammi, pas de compte-rendu du match cont'r Grenob'l! Jooo, mais je vais me desabonniära et acheter d'Nejscht!!“ Consciencieux, il suit et rend compte de cette rencontre d'anthologie qui vit pour la première fois en 107 ans le RCSAAAAAAA aligner 3 victoires consécutives en CFA.

Rédigeant le retour de match l'oeil sur le site de Météo-France, alors qu'il fait 40° à l'ombre au Mali, il entrevoit un report du match contre le PSG qui lui aurait permis une escapade à Paris. Ah Paris, le Lido, Pigalle et la gare du Nord ........... de Bamako. Ce report représente une véritable aubaine. Adieux petites poupées, pépées, femmes habillées de lumière, Moulin-Rouge, il sera bien temps de les voir aux beaux jours. Un coup de fil à son chef et banco, il décroche LE reportage “Français au Mali, le conflit vu de l'intérieur“.

Steph G. au Mali



L'homme au carnet d'adresses aussi épais que le Code Civil appelle directement Fafa (*) en haut-lieu. Ce dernier, obligé de Steph G. qui détient quelques dossiers sur Fafa comme cette affaire de merguez mi-cuites vendues au noir (sans déclaration fiscale tiens-je à préciser), lui met immédiatement un avion du COTAM à disposition. Las, Steph n'a plus son gabarit de félin digne des troupes aéroportées, adieu donc le largage sur la DZ de Mopti en compagnie de paras. Ce sera un atterissage dans un Antonov de transport du matériel sur une piste en latérite et dépose en hélico à Bamako.

Vêtu de son maillot tout beau tout neuf du RCSAAAAAAAAAA, c'est sous les cris de la foule en liesse qu'il descend de l'aéronef. Vive la France! Vive la France crie-t-on autour de lui et lui de répondre "mais je suis journaliste à l'Alsace“ et un vieux Malien de s'approcher de lui pourlui dire “Monsieur, j'ai travaillé toute ma vie chez Peugeot à Mulhouse, alors laissez moi vous dire que l'Alsace est française ne vous en déplaise.“



http://ub90.free.fr/_FILES/photos/2005-2006/gr/sochaux3.jpg


Le visage de Steph s'illumine tandis qu'il lui répond “Ah oui, ce match, je m'en souviens, je l'avais couvert. C'était l'époque ou le RCSAAAAAAAAA s'appelait encore RCS et jouait en L1“. La glace est brisée, encore faut il en trouver à Bamako, et le retraité de Peugeot de se proposer de lui servir de guide.

C'est ainsi donc, que Steph G. nous conte ses périgrinations pittoresques dans les ruelles de Bamako jusqu'au domicile de Pascal Janin, ancien gardien et entraineur qui malgré toute se bonne volonté ne put empêcher la chute du Racing en National.

L'interview de Pascal Janin, l'enfer du décor



Au moment de sonner, Steph G. se dit qu'il le tenait enfin son scoop, LE reportage qui lui permettrait de décrocher le Pulitzer devant Fr. N. et Ba. Sch. bouffis de jalousie. Mais las, la poisse ou plutôt la chiasse. Janin qui avait mangé la veille un confit d'oie tout droit venu de France, mais pas très frais, offert par un marsouin (il ne s'agit pas d'un militaire de la planète Mars) se tordait de douleur sur les cagoinsses, se vidant les boyaux.

Peiné de recevoir ainsi Stéph G. il ne put lui conter “Bamako et le Mali vus de l'intérieur (rien à voir avec l'Intérieur et l'Alsace) ou si mon insécurité m'était contée“ que par bribes. Le numéro spécial de l'Alsace fondit comme neige au soleil du Mali pour se réduire à un article. Mais au moins Steph G. l'avait rédigé cet article. Grand reporter, envoyé spécial à Bamako. L'interview fut pour le moins décousue. Tel un Alsacien qui ponctue chaque phrase d'un retentissant “Verdammi!“, Janin séparait les siennes d'un sentencieux “Stéphane, lave toi les mains autant que tu peux, sinon c'est la merde. Tu chopes une chiasse, une gastro d'enfer“. Mais Steph G. n'évoque dans son roman que du bout des lèvres les circonstances douloureuses et malodorantes de cette interview.

D'un roman en général et de ses conséquences en particulier



Avant son lancement, il offrit un des exemplaires numérotés de I à XXV sur papier Vélin Afnor, imprimé à l'imprimerie de la Nuée-Bleue, constituant l'édition originale à François Keller, histoire de rester dans les petits papiers de ce dernier. Attablés dans une Winstub autour d'un Wädela et d'une bonne bière, il conta l'aventure avec force détails à François.

Dès le lendemain, les joueurs étaient priés de se désinfecter les mains. Ainsi naquit la légende du club le plus hygiénique de France.


(*) Par respect de la raison d'Etat, et pour éviter une censure malvenue de la rue St-Dominique, nous sommes contraints d'user des noms de code en vigueur.

L'auteur tient à présenter ses excuses pour l'absence d'alsacien et d'imparfait du subjonctif dans cet article. Mais que voulez vous, le fond de rédaction se perd.
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