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RCS France

4.8 / 5 (95 notes)
Année de création
1906
Site officiel
rcstrasbourgalsace.fr
Stade
Stade de la Meinau
Ville
Strasbourg

Les années 70 : des débuts difficiles puis l’apothéose

Les années 70 commencent par un beau mariage. Le RCS fusionne avec les Pierrots Vauban avec pour objectif de regrouper toutes les forces vives du football strasbourgeois, les meilleurs jouant avec les professionnels et la réserve évaluant en championnat amateur national. Ce regroupement ne se fit pas sans quelques grincements : 62 joueurs du RCS et des Pierrots Vauban quittèrent le nouveau club : le Racing Pierrots Strasbourg Meinau (RPSM).

Le départ de ceux qui croyaient leur progression menacée, fut amplement comblé par l'arrivée d'un grand nombre de jeunes talents. La saison 70-71, fut toutefois une déception puisqu'elle se traduisit par une descente en seconde division. La première réaction survint lorsque Emile Stahl et le président Wenger réussirent à engager la grande star internationale tant convoitée : Ivica Osim alors âgé de 29 ans. Ce joueur, immense tant par la taille (1m92) que par le talent, fut un vrai phénomène, sélectionné 32 fois en équipe de Yougoslavie avec deux participations en phase finale de Coupe du Monde.

La saison 1971-1972 fut un vrai succès puisqu'elle se solda par un titre de vice-Champion de France de 2ème Division et une remontée immédiate en première Division. Les grands joueurs composant l'équipe de cette époque étaient alors, entre autres, Marco Molitor, Gérard Hausser de retour de Karlsruhe, le tout jeune René Deutschmann et Dario Grava. Le mythique Paul Frantz, vainqueur de la Coupe de France 1966 avec le RCS, est alors l’entraîneur des Bleus. La venue de l'ailier international Allemand "Stan" Libuda, symbôle des nouvelles ambitions du Racing est malheureusement gâchée. Ce dernier ne put en effet exercer son talent que de manière éphémère du fait d’une suspension pour une affaire de corruption l'impliquant au sein de son ancien club Schalke 04. Malgré le retour d'un Gilbert Gress en fin de carrière, le Racing du début des années 70 connaîtra des résultats très moyens, ponctués par une relégation en deuxième Division en 1976.

Le club, alors exsangue, n'intéresse plus personne. On croit très sérieusement à la mort du football professionnel à Strasbourg. Elek Schwartz, ancien joueur du Racing qui a effectué une impressionnante carrière d'entraîneur sur les bancs de Benfica, de l'Ajax et de la sélection nationale des Pays Bas est rappelé de sa retraite paisible à Haguenau pour prendre les rennes de l’équipe. Personne ne se doute alors qu'il allait, en composant avec de jeunes joueurs alsaciens, poser les base d'une véritable machine de guerre qui allait atteindre les sommets. Dès 1977, le RCS remonte en première division en finissant premier du groupe B de 2ème Division, puis en battant Monaco (2-0 /1-1) pour l'obtention du titre de champion de France de 2ème Division. Au fil des matchs, les observateurs sentent qu’un véritable potentiel est présent au sein de cette équipe, un esprit de corps et une solidarité qui lui permettrait, pense-t-on alors, de se maintenir facilement au sein de l'élite.

Une fois la mission d’Elek Schwartz accomplie, le président Alain Léopold fait alors appel le 1er août 1977, à l'enfant terrible du football alsacien, le très charismatique Gilbert Gress pour le remplacer au poste d'entraîneur. L’homme débuta comme joueur au Racing puis s’en alla jouer en Bundesliga au sein du VFB Stuttgart avant de revenir en France à l'Olympique de Marseille et de finir sa carrière dans le club de ses débuts, à Strasbourg. Sa carrière d'entraîneur débuta en Suisse, au Neuchâtel Xamax, club alors sans histoire sur lequel Gress allait expérimenter avec un très grand succès sa philosophie du football basée sur le collectif et sur un professionnalisme poussé à l'extrême.

Les choses ne tardèrent pas et les premiers effets se font sentir. Pour son retour en première division, le Racing obtient une remarquable 3ème place à la fin de la saison 77-78. Cette année restera dans les annales du football français puisque les deux promus, à savoir Monaco et Strasbourg finiront successivement premier et troisième du championnat.

1979 marqua l'année de tous les bonheurs pour le RCS. Il accède en effet à la plus haute marche du podium en devenant pour la première fois de son histoire, champion de France de première division. Le public strasbourgeois est aux anges, le plus envié des titres nationaux lui appartenait enfin. Le match du sacre eut lieu au stade Gerland face à l'Olympique Lyonnais. Ce match sera un final à la mesure de toute une saison : une démonstration s’achevant sur une victoire 3 buts à 0 sur Lyon. Les buteurs de ce match de légende sont Roland Wagner (2 buts) et le jeune Yves Ehrlacher (1 but).

Ce triomphe est celui d'un groupe qui avait su se chercher et se trouver. Ce groupe avait d'abord mûri en seconde division puis s'est révélé l'année de la remontée en finissant 3ème à trois points seulement de Monaco, mais loin devant le 4ème, l'Olympique de Marseille. Cette équipe qui s'est aguerrie en Coupe d'Europe en s'illustrant à Kristiansand (Norvège) ou à Edimbourg (Ecosse) contre les Hibernians, est à l'image de Gilbert Gress : sérieuse, ambitieuse, professionnelle et appliquée. "Pas de vedette" se plaisait à répéter l'entraîneur en place depuis deux ans, "la star, c'est l'équipe". Ce Racing talentueux et serein était craint et respecté par ses adversaires. Quatre défaites seulement au terme d'un championnat dominé de bout en bout. Et comme il se doit, le RCS possédait la meilleure défense (28 buts encaissés en 38 matchs). Ce qui a fait la force et la réussite du club en 1979, c'est l'équilibre de son effectif et la stabilité des dirigeants. En effet, pour ce championnat, Gilbert Gress a pu disposer d'une ossature de 5 joueurs (Dropsy, Specht, Piasecki, Domenech et Gemmrich) et n'aura utilisé que 21 joueurs pour remporter ce seul titre de champion. Les autres joueurs participants à la conquête du titre sont alors: Deutschmann, Duguépéroux, Ehrlacher, Jouve, Marx, Vergnes, Vogel, Mosser, Wiss, Toko, Tanter, Tischner, Arsène Wenger, Glassmann, Wagner et Novi.

Autre point fort de cette période, les dirigeants sont solidement soudés autour du président Léopold et laissent l'équipe travailler en toute sérénité. La seule déception de cette année fut l'élimination en demi-finale de la coupe de France par Auxerre, empêchant ainsi l'équipe de réaliser un doublé historique.