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RCS France

4.8 / 5 (96 notes)
Année de création
1906
Site officiel
rcstrasbourgalsace.fr
Stade
Stade de la Meinau
Ville
Strasbourg

De 1997 à 2003 : les années Proisy

L’arrivée de Patrick Proisy à la tête du club suscite d’emblée d’immenses espoirs du fait des discours ambitieux de l’ancien tennisman. Ce dernier rêve en effet ouvertement de faire du Racing une nouvelle place forte du football européen. Des rumeurs font alors état de la venue de joueurs de classe mondiale tels Savicevic, Baggio ou encore Klinsmann. Des noms de techniciens réputés tels que Guy Roux sont également évoqués. En fait, c’est avec un effectif quasiment inchangé que le Racing débute l’exercice 97-98. Ce malaise provoqué par le décalage entre les beaux discours et la réalité fut accentué par le bras de fer entre le Racing et l’omnisport, le changement de logo qui ne fit de loin pas l’unanimité et le rôle de Bernard Gardon, nouveau manager du club et chargé de se débarrasser, à tour de bras, de tous les "anciens" cadres administratifs du club. Une image d’entrée antipathique qui ne facilita guère la tâche des nouveaux dirigeants du club.

Le début de saison fut catastrophique, aux antipodes des ambitions affichées. Il apparaît en effet très vite que le Racing allait devoir se battre pour sauver sa tête en première division. Pourtant, une glorieuse campagne UEFA allait mettre du baume au cœur des amoureux transis du club. Les qualifications face à des monstres tels que les Glasgow Rangers et Liverpool resteront légendaires. L’Inter de Ronaldo est battue 2 buts à 0 devant un public de la Meinau ébahi. Malheureusement, la logique reprit le dessus lors du match retour en Italie et le club milanais l’emporta finalement 3-0 malgré un Vencel en état de grâce. Il fallait, hélas, redescendre sur Terre et s’atteler aux dures réalités du championnat où le Racing se trouvait désormais dans la zone des reléguables. La trêve hivernale est ainsi mise à profit pour recruter de nombreux nouveaux joueurs dont le meneur de jeu international de La Corogne Corentin Martins. Duguépéroux, qui entretenait de mauvaises relations avec Patrick Proisy, est remercié et remplacé par René Girard, chargé de maintenir le Racing en D1. La mission est accomplie d’extrême justesse grâce à une victoire 3-0 lors de la dernière journée face à Montpellier. René Girard fut remercié en étant démit de ses fonctions !

L’arrivée du tandem Claude Le Roy - Mankowski aux postes de manager et d’entraîneur coïncidèrent avec des années bien médiocres pour le club. Si certains joueurs tels que Bertin ou Echouafni sortirent du lot, si quelques jeunes prometteurs tels que Johansen, Luyindula, Hemdani ou Beye virent leur carrière lancée par leur passage à Strasbourg, cette période sera surtout marqué par les nombreux échecs retentissants au niveau des transferts. Difficile d'oublier ceux de Kinet, Conteh, Miceli, Peter Frank, Seo, Pedersen, Amzine, Haas, Belloso, Garay, Ndo, Roda, Remy et bien d’autres… la liste n’est hélas pas exhaustive. A cela, il faut également ajouter les départs de nombreux cadres solides du club dont Nouma, Suchoparek, Okpara, Collet, Dacourt ou Ismaël qui ne furent jamais vraiment remplacés. De ces années médiocres, on retiendra surtout certaines éliminations honteuses en Coupes (Troyes, Epinal, Calais, Gueugnon…)

La saison 2000-2001 sera véritablement catastrophique, le Racing faisant figure de reléguable certain au bout de seulement quelques journées. Claude Le Roy, devenu entraîneur depuis le limogeage de Mankowski à la mi-saison précédente, se perd littéralement dans des discours fantasques. Son limogeage au profit de Yvon Pouliquen ainsi que les recrutements du dilettante et bedonnant gardien paraguayen Chilavert et d’Ismaël, en disgrâce à Lens, n’y firent rien, le Racing termina le championnat bon dernier… Le formidable parcours en Coupe de France ne constitue qu’une bien maigre consolation. Lyon et Nantes, les deux meilleures formations françaises du moment, furent atomisées à la Meinau et le Racing arracha le trophée au terme d’une bien triste finale au Stade de France face à Amiens (victoire aux tirs aux buts). La présentation de la Coupe, dans un stade quasiment vide, au cours de laquelle Proisy fut conspué par le public, symbolisa bien le désamour qui existait entre le public strasbourgeois et son club. Le Racing retombait dans l’enfer de la D2 et son avenir restait incertain.

Un nouvel entraîneur fut nommé : l’ancienne idole de la Meinau, Ivan Hasek. Au poste de manager, Marc Keller, alors âgé de 33 ans et tout jeune retraité du football obtient la charge de la reconstruction d’un club bien mal en point. La compétence et le travail de ces deux hommes allaient porter le Racing à bout de bras durant les deux saisons qui allaient venir. Laborieusement et après une élimination précoce en coupe UEFA. par le Standard de Liège (2-0 et 2-2), Ivan Hasek mène malgré tout sa mission à bien en terminant le championnat de D2 à la seconde place synonyme de remontée parmi l’élite. La fête organisée à la Meinau lors du dernier match face au Havre fut néanmoins bien loin de la folie collective 10 ans plus tôt face à Rennes…

La saison 2002-2003 fut plus intéressante du point de vue des évènements se déroulant en coulisse que du strict point de vue sportif. Malgré un début très encourageant et quelques belles performances, le Racing vivote en effet dans le ventre mou du championnat, ce qui était par ailleurs son objectif. Le club fit en fait surtout parler de lui dans les colonnes juridiques des journaux, notamment pour l’affaire opposant Chilavert à Proisy où il était question de faux et usage de faux. Plus grave, le club perdit sont procès contre le Racing Omnisport et n’avait plus le droit d’utiliser le nom «Racing club de Strasbourg»!

Le coup de théâtre se produit toutefois en fin de saison lors de l’annonce subite du départ de Patrick Proisy au profit d’un groupement d’industriels alsaciens. Egon Gindorf, véritable passionné du club, devient à ce moment le nouveau Président. Quant à Ivan Hasek, en fin de contrat, il quitte le Racing sous les acclamations d’une foule reconnaissante pour tout le travail effectué, un fait unique dans l’histoire du club !