greg

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Interview d'un groundhopper

08/06/2008 08:04
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Phénomène lié au football et au monde des tribunes, le groundhopping est une activité méconnue en France, où il n'y a quasiment pas d'adeptes. Ci-dessous une interview qui vous permettra de découvrir un peu ce véritable mode de vie:


Voila une traduction d'un article de l'excellent zine allemand (numéro 13) ERLEBNIS FUSSBALL. Il s'agit d'une interview d'un supporter du BVB Dortmund et fan de groundhopping. Certains passages sont impressionnants.


EF : Salut Franck, donne nous quelques infos sur toi stp ?

Franck : je m'appelle Frank Jasperneite, j'ai 28 ans, habite Wiedenbrück et suis fan du BVB Dortmund. Je suis au chômage depuis 3 ans, j'ai vu mon premier match du BVB en 1989. C'était un quart de finalde coupe d'Allemagne contre le Karlsruher SC. A partir de 1991 j'aui assisté à environ 30 matches de championnat et je n'ai manqué aucun match du BVB en coupe d'Europe. J'ai fait mon premier déplacement de coupe d'Europe en 1995 contre la Lazio. J'ai un abonnement depuis 1992 en Südtribüne. Actuellement (20/11/03) j'ai fait 683 grounds et 44 matches internationaux. Depuis cet été, je suis l'auteur du livre "Groundhopping-Informers".

EF : Comment tout ca est-il venu chez toi ?

Franck : après des etudes commerciales, j'ai travaillé un an et tenté des poursuites d'études. À côté de ca, ma passion pour le groundhopping est devenue de plus en plus forte. J'allais également à tous les matches à domicile du FC Gütersloh, et aussi à quelques matches à l'exterieur.
J'ai alors commencé à fairequelques grounds en Bundesliga. Après la chute du FCG en Oberliga, je n'avais plus envie de passer mes dimanches aux matches à Heidewald. J'ai donc commencé à faire, à partir de 1998, régulièrement des grounds en Rhenanie du Nord-Westphalie, Basse Saxe et en Hollande. J'ai rencontré toujours plus de gars dans la scène du groundhopping et de Dortmund et ai monté un petit groupe pour voyager. Il y en eut durant la semaine, si bien que l'on allait le lundi en Hollande voir les matches de D2. À partir de 2000 j'ai commencé régulièrement à faire des week-ends groundhopping, en prime des matches du BVB à l'exterieur. Le premier tour que j'ai fait en 2000 : vendredi Francfort-BVB, ensuite samedi Prostejov (10h15), Dunjaska Streda (15h00), SLK et Györ (Hongrie, 20h00). Le dimanche, nous sommes ensuite allés voir 2 matches en Slovaquie. Tout ca c'était comme de la rage. Le premier tour n'était pas encore fini que le suivant était déjà préparé. En 2001, j'ai fait mon premier tour à l'étranger sans match du BVB (en Italie). Peu à peu, les tours devanaient de plus en plus longs et loins.

EF : Conmbien de matches du BVB vois-tu encore ? Dans quelle mesure fais tu encore du groundhopping avec le BVB ?

Franck : J'essaye d'être présent le plus possible à tous les matches, mais je préfère un bon tour à un match à domicile ou à un dep insignifiant (par ex.: Stuttgart). Je vois donc environ au moins 27-28 matches par saison. En ce qui concerne la coupe d'Europe, je suis toujours présent, même si les résultats du club ne suivent pas. Parfois, un match à domicile contre Wolfsburg, ca n'a rien à voir avec un super tour en Europe de l'est.

EF : Combien vois-tu de matches de foot par an ? Tu as dis plus haut que tu étais au chômage, la question du financement vient tout de suite à l'esprit.

Franck : l'année dernière, 206. Dont le tiers à l'étranger. Au niveau financier, tout cela tient évidemment de l'équilibrisme. J'essaie de rendre les tours les moins chers possibles, je m'envole rarement et renonce à dormir dans un truc payant. Evidemment il faut se servir et j'ai des petits trucs (légaux ?) pour faire baisser le prix du dep. En raison de ce hobby particulièrement coûteux, je renonce à tout le reste. Je ne dépense quasiment rien, par exemple en CD ou au cinéma.

EF : Comment vois tu la scène groundhopping ? Il y a une bonne cohésion ou plutôt de la jalousie ?

Franck : Il y a certes des gens dans la scène groundhopping qui ne peuvent pas se voir, mais cela n'a pas grand chose à voir avec le club qu'ils supportent. La plupart du temps, c'est un tas de gens de différents coins qui se font des tours. Si j'avais fait gaffe à chaque fois que j'ai fait un tour avec un supporter d'une autre équipe, je n'aurais jamais pu monter mon groupe de groundhopping. Il existe par exemple de bonnes relations entre groundhoppers du Bayern et ceux de Dortmund.

EF : Comment vois-tu l'évolution de la scène groundhopping ?

Franck : Pas mal. Le hobby explose et est même reconnu des médias. De nombreux jeunes accrochent au truc et trouvent sympa d'aller dans des coins où ils ne sont encore jamais allés. Certains sont malheuresement trop motivés et se tirent à la m-temps pour aller voir une autre mi-temps ailleurs. C'est pas possible. Il faut que chacun y pense.

EF : Tu as un ground particulier ? Dans quel pays préfères-tu voyager ?

Franck : je n'ai pas de ground préféré particulièrement. Mes préférés sont San Siro, le Nou Camp, le stade olympique de Stockholm, et notre Westfalenstadion. Je n'ai pas non plus de pays préféré. Un tour en Rép. tchèque ou en Slovaquie ont autant de saveur qu'un match de 1er League. Chaque pays a ses particularités.

EF : y a-t-il des groundhopppers à l'étranger ?

Franck : Oui évidemment. Tout a finalement commencé à l'étranger. Les anglais ont été les premiers. Mais leur scène groundhopping est bien différente de la notre. Sur l'ile, ils sont plus agés et tout est fait dans les règles de l'art. Chez nous, on s'intéresse plus à l'ambiance qu'au match en lui-même.

EF : Quels matchs ont été des évènements pour toi ? Qu'est-ce qui t'as le plus impressionné ?

Franck : Il y a d'abord les évènements que j'ai vécu avec le BVB. En plus des trois titres de champion et de la coupe d'Europe en 97 à Munich, il y a bien sûr les matchs à domicile contre la Corogne, et les deps à Istanbul, Glasgow, ou le match à Madrid où le but tomba sous les coups. Pour ce qui est du groundhopping, il y a pas mal de trucs. Partizan-Etoile Rouge, Etoile Rouge-Partizan, Hammarby - Djurgarden Stockholm, Ferencvaros-Ujpest, Marseille-Paris, Atalanta-Roma ou la voyage pour le match international Albanie-Allemagne. Quelques matches sont devenus cultes à cause du danger qui en provenaient : Biélorussie-Moldavie, Kiev-BVB, ou le match de D1 macédonienne Pobeda Prilep - Sileks Kratovo. Au niveau sonore, les matches Marseille Paris peuvent être difficilement égalables. Et nulle part ailleurs en Europe on ne peut trouver scène plus fermée que celle de l'Étoile Rouge de Belgrade. Le meilleur match a été le derby d'Edimbourg entre Hearts of Midlothian et Hibernian jusqu'à la 90ème minute, il y avait 2-2 et le match finit à 4-4 !!! Difficile de décrire ce qu'il s'est passé.

EF : Parlons Ultras. Comment vois-tu le mouvement en général ?

Franck : Même si je sais que je vais me faire pas mal d'ennemis en disant ca, j'aurais préféré que le mouvement ultra ne s'implante jamais en Allemagne. D'accord c'est super quand tu vas à l'étoile Rouge, à Marseille, à l'atalanta et que tu vois ce qui est mis en place et comment ca rend pour des observateurs neutres. Mais pour la folie Ultra, il ne faut pas avoir seulement de l'intérêt, il faut aussi avoir la mentalité. Qu'est ce que ca fait si il y a des milliers d'étendards brandis sans âme ni passion en guise de tifo, ou que par exemple 4 jeunes font les ânes en PHR de Mecklembourg-Vorpommern (en gros de la Creuse en France ) avec un mégaphone pour faire chanter les 100 retraités du coin ? (les Mountain Ultras et autres se reconnaitront...) Avant en Bundesliga, on n'avait pas besoin de groupe de personnes qui se bougent pour mettre le feu. L'ambiance y était quand même super. La priorité est trop donnée aux moyens optiques qu'on veut mettre à tout prix sous le nez des adversaires au détriment du reste. Je me réjouis cependant évidemment de tous les tifos réussis, et pas seulement ceux de mon club.

EF : Qu'est-ce qui t'attire dans les tours ?

Franck : les facteurs sont très nombreux : envie d'aventure, sociabilité, etc... On rencontre toujours de nouvelles personnes et on apprend beaucoup sur les pays maîtres. Il y a toujours un peu de tension, parcequ'un tour n'est jamais planifié à 100%. Il faut toujours improviser pour trouver une solution quand on tombe par exemple sur un match annulé ou que le dernier train vous passe sous le nez. Evidemment il y a toujours de l'alcool et il nous arrive plein d'histoires.

EF : Comment choisis-tu tes matchs ? Quels sont les critères les plus importants ?

Franck : Evidemment, c'est toujours bien de pouvoir voir des derbys ou des matches du genre, car il y a toujours une atmosphère particulière. Mais sur des tours de plusieurs jours, on ne peut pas avoir uniquement des matches de ce type. Il faut faire attention à ce que la distance entre les villes ne soit pas trop importante et si on peut voir 2 ou plus matches dans la journée. Il faut aussi faire gaffe à certains clubs pour les matchs bien haineux type Belgrade.

EF : Comment pars-tu en général ? Tu es toujours avec les mêmes personnes, des personnes qui changent, ou alors carrément tout seul ?

Franck : Comme je ne suis pas un grand fan des tickets de trains pour le week-end, je pars la plupart du temps en voiture. Avec moi il y a certes des gens qui sont quasiment toujours avec moi, mais je voyage aussi avec des gens avec qui j'ai de moins en moins à voir. C'est le truc spécial du groundhopping. Qui d'autre irait en Suède pour 10 jours avec quelqun qu'il n'a vu qu'une fois auparavant ?

EF : Quel a été ton tour le plus extrême ?

Franck : Les tours à Minsk et à Tirana, et le voyage en train pour le match Kiev-BVB dont je suis encore malade. Il y a eu aussi une traversée du Maroc à sept dans un taxi sur 300 km ainsi qu'un tour en Bulgarie et en Macédoine riche en évènements. Mais aussi les 2 tours d'obtention d'examen en Scandinavie et la Baltique. Le tour de 8 jours en Islande de l'été dernier était aussi culte.

EF : Tu travailles activement au "Groundhopping Informer". Comment cela s'est-il passé ? Quel est ton rôle ?

Franck : J'étais cet été en Scandinavie avec l'ancien auteur Michael Seiss. J'ai appris qu'il en avait assez de travailler durant tout l'été et m'a demandé de prendre le relais. J'ai commencé le travail quelques jours plus tard.
J'ai actuellement le soutien de nombreux groundhoppers de toutes divisions et championnats. La mise en page revient à Oliver Leisner et Oliver Hepp le Karlsruher ajoute son travail en ce qui concerne tout ce qui est extra-européen.

EF : Comment finances-tu ton hobby ?

Franck : Bon, en plus du soutien des Assedic et de l'argent du Groundhopping Informer, il faut, comme je l'ai déjà dit un peu naviguer à vue pour tenir tout ca financièrement. Je ne veux pas en dire plus.

EF : A coté du foot, il y a encore de la place pour d'autres choses; famille, amis ?

Franck : Il faut plus ou moins décevoir son cercle d'amis quand tu es absent la plupart des week-ends. C'est pour ca que lorsqu'il n'y a qu'un match à domicile du BVB, j'essaye de faire quelquechose avec mes potes. Je ne pourrais jamais concilier cette vie avec celle d'une copine je suis donc célibataire. Mes parents remuent la tête à chaque fois que je leur dit ou je suis allé, mais peu à peu, ils comprennent ce que ce hobby représente pour moi

EF : Quels matchs et quels pays aimerais-tu visiter ?

Franck : Dans un premier temps, j'aimerai avoir visité tous les stades de la 1ère à la 5ème division en Allemagne. J'aimerais également complèter de nombreux championnats européens. Enfin, comme dernier but, dont je ne sais pas encore s'il est réalisable, c'est de visiter chacun des 201 pays membres de la FIFA.