Coupe de France 2001, l'épopée d'un Racing meurt

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Par chris68
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Un Racing meurtri commence sa reconquête

Le Racing Club de Strasbourg à remporté sa troisième Coupe de France lors d'une année 2001 catastrophique. Malheureusement, cette Coupe a semblé presque anecdotique... Une coupe qui a pourtant marqué l'histoire du Racing et qui ne manqua pas de char

2001 a été l'année de tous les cauchemars pour notre Racing. Relégation en D2 après un championnat catastrophique, des affaires devant les tribunaux qui n'en finissent plus, une Meinau délaissée par son public... Et pourtant, c'est le moment que choisit le Racing pour ramener la Coupe de France en Alsace pour la troisième fois de son Histoire ! Cette coupe, la Coupe du désespoir, que le Racing a été chercher au terme d'une finale triste à mourir, fut peut-être celle qui l'a sauvée. Sauvé de l'abandon de son public et surtout d'une nouvelle humiliation nationale... Retour sur cette aventure qui a marqué la fin de cette sinistre page du Racing et le début de sa reconstruction...


Cette aventure commence en Lorraine, face à Nancy. Le Racing n'est pas dans sa plus grande forme pour ces 32ème de finale. Pourtant, dès la 11ème minute, Bertin propulse le ballon au fond des filets sur un superbe coup franc ! Strasbourg se libère d'autant que les Lorrains sont réduits à 10 après l'expulsion de Ouaddou pour une faute sur Luyindula. C'est alors que Ljuboja inscrit son plus beau but de la saison. Après avoir passé toute la défense en revue, il expédie le ballon sous la barre (54ème) et propulse Strasbourg en 16ème ! Nancy ne renoncera pas et réduira le score dans les arrêts de jeu. Trop tard, Strasbourg s'est déjà mis en route...

Pour les 16ème de finale, le Racing affronte Clermont foot Auvergne, équipe de National. En l'occurrence, ce match avait tout l'air d'un piège... Une équipe inférieure, un stade Gabriel-Montpied plein à craquer (10 000 spectateurs) et un Racing bien mal en point... Mais Strasbourg a eu le mérite de garder la tête froide. Le match est ennuyeux à mourir. Et ce n'est qu'à 10 minutes de la fin que Luyindula, sur une ouverture de Bertin, marque le but de la qualification...

Après Clermont, c'est une autre équipe de National qui se présente au Racing : Valence. Un nouveau piège tendu aux Strasbourgeois d'autant que les Valentinois avaient sorti l'AS Monaco en 32ème ! Mais une fois de plus, le Racing ne se laisse pas prendre... Rémy ouvre le score dès la 10ème minute, avant que Luyindula ne double la mise à l'heure de jeu ! Le Racing fonce vers les quarts de finale où tout va prendre une autre dimension...

En effet, le Racing s'offre à domicile l'un des prétendants au titre de cette saison 2000/2001, Lyon, encore invaincu depuis le début de l'année 2001 et grand favori de cette rencontre. On pense que s'en est fini pour le Racing en Coupe de France surtout si Lyon réédite sa démonstration en championnat (0-3) ! Seulement 13 000 personnes eurent le mince espoir d'un exploit dans une Meinau qui en avait bien besoin. Il y eu bien démonstration... Mais elle fut Strasbourgeoise ! Quelque chose s'est passé se soir là, quelque chose que le Racing n'avait pas encore connu cette saison... Cette équipe est méconnaissable ! Fini le jeu brouillon, les erreurs techniques grossières, les prestations minables du championnat... Le Racing sort un match énorme et tient bon pendant 80 minutes. Et puis, tout devient complètement fou ! 10 minutes de pur bonheur. Johansen, Ljuboja et Luyindula font chavirer la Meinau dans une joie intense et une ambiance formidable malgré le maigre public !

C'est un Racing relégable certain qui défie alors le FC Nantes en demi-finale et dans son antre de la Meinau. Un antre peu garni pour cette affiche : 16000 spectateurs... Bien triste pour une demi-finale mais au fond peu importe, car la Meinau va connaître sa plus belle soirée de la saison, dans une ambiance fantastique ! Un match sensationnel que le Racing a dominé du début à la fin ! Les Nantais, stupéfaits par un Racing totalement métamorphosé ne pourront rien face aux assauts alsaciens. Dans une ambiance de folie, Luyindula, d'une frappe incroyable en pleine lucarne, Johansen, Camadini et enfin Chilavert réduisent à néant les espoirs nantais, malgré une réduction du score, pour l'honneur uniquement... 4-1 score final, un match d'au revoir à la L1 comme pour montrer à la France entière que Strasbourg, même au bord du gouffre sait se battre et a encore du coeur et de la hargne... Cette Coupe, cette finale, sont les derniers espoirs pour faire oublier ne serait-ce qu'un soir, cette saison ponctuée par la relégation...

20 000 personnes prennent la route pour Paris pour suivre le Racing. 110 bus, deux trains ! Le public strasbourgeois n'est pas tout à fait mort ! L'adversaire du Racing fut Amiens, club de National alors promu en L2 et qui a réussi lui aussi un très beau parcours. Tout commence par le fantastique Tifo des UB90 qui illumine le Stade de France et il ne reste plus qu'au Racing de faire de même... Mais le match ne sera jamais emballant, il est plus qu'ennuyeux... Quelques frappes alsaciennes mais des occasions franches du coté amiénois. Strasbourg se retrouve même dominé et se réfugie autour de Bertin et Chilavert. Celui-ci exécute deux arrêts réflexes qui maintiennent les chances du Racing. L'attaque, elle, à l'image de Luyindula, qui n'arrive pas à trouver les bonnes inspirations et les bons gestes, reste muette. En fait, toute l'équipe sombre dans ses travers habituels et se met en difficulté. Dure Finale, les Bleus souffrent et sont au bord du KO, mais tiennent bon...

Prolongations. Les deux équipes frôlent le K.O, mais aucune ne cèdent. Arrivent les tirs au but. Bertin, Rémy et Luyindula répondent à Sampil, Darbelet et Chalier. Et puis vient l'arrêt de Chilavert sur la frappe d'Abalo. Ismaël donne l'avantage aux Bleus, avant que Strzelczak ne marque le tir au but de l'espoir coté Amiénois. C'est alors que le sauveur du Racing se place devant le but... Ce héros se nomme Chilavert. Lui, tant décrié, souvent montré du doigt par ses prestations peu en rapport avec son statut, prend sa revanche en marquant le but de la délivrance ! Un but qui délivre toute l'équipe, toute la ville de Strasbourg et toute l'Alsace pour la troisième Coupe de France de la riche Histoire du Racing... Les moments après le match furent des moments hors du temps, magiques... Bertin qui dédie la coupe à son père et à son grand père devant les journalistes de TF1, Amzine et Fischer qui font le tour du stade... Et Martins brandit la Coupe devant le président Chirac face à plus de 70 000 personnes ! Les joueurs sont euphoriques ainsi que les 20 000 Alsaciens du stade de France.

Pourtant, en Alsace, on est bien loin de cette intensité. Seules quelques dizaines de personnes fêtent la victoire place Kléber à Strasbourg... Le malaise entre le Club et ses supporters prenait toute sa dimension le lendemain lors de la présentation de la coupe à Strasbourg. C'est dans une Meinau qui sonne bien creux que le Racing présente le trophée. Certes, la joie, le soulagement et la bonne humeur dominent lors de cette cérémonie (échanges d'écharpes avec les supporters, tour d'honneur...) mais la coupe n'a pas réussi à réconcilier le public et le Club. Les sifflets et les huées qui accompagnent l'entrée du président Proisy l'ont bien traduit. Ce lendemain de victoire fut bien triste, notamment à l'hôtel de ville où Bertin et ses coéquipiers présentent la Coupe devant bien peu de supporters qui plus est peu motivés à faire la fête. Un lendemain de victoire à des années lumières de la liesse générale que le Racing a pourtant déjà connu dans son passé...

Pourtant, sans encore le savoir, le Racing venait de tourner définitivement ce qui fut probablement la plus sombre page de son Histoire. Et la reconstruction venait de commencer...


Finale de la Coupe de France 2001
RC Strasbourg – Amiens 0-0 (5-4 aux tirs au but)
Le 26 Mai 2001. Stade de France. 78 641 spectateurs. Arbitre : Mr. Duhamel.

Racing : Chilavert, Beye, Ismael, Fischer, Bertin, Njanka, Amzine (Rémy 58ème), Johansen, Camadini (Ljuboja 105ème), Martins, Luyindula.

Amiens: Lachuer, Lebrun, Abalo, Strzelczak, Leroy, Duchemin, Ewolo, Darbelet, Coquelet (Chalier 83ème), Rivenet (Adjali 103ème), Sampil.

Avertissements à Strasbourg : Amzine (49ème), Njanka (101ème), Rémy (104ème) ; à Amiens : Lebrun (33ème), Strzelczak (40ème), Abalo (52ème), Darbelet (116ème)

chris68

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