A la découverte de inter

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Par oudin
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7 comm.

Très en verve depuis son inscription sur le site, le jeune retraité nous reçoit dans le cadre champêtre du Chateau des Rohan, à Saverne. Retour sur les joies les peines, les déceptions, les espoirs et toutes les émotions d'un supporter du Racing. Attention interwiew fleuve (INTER-view, mais vous l'aviez hein ?).

D'où vient ton pseudonyme, pas de l'Inter de Milan je présume, ni d'une chaîne de supermarchés ?

Beaucoup de stubistes se sont INTERrogés quant à la signification de mon pseudo. Non, je ne suis ni supporter de l'Inter de Milan ni d'ailleurs du football italien en général, alors que j'adore l'Italie ; évidemment je n'ai occupé aucune fonction au sein d'une enseigne commerciale. L'origine est bien plus simple même si peut-être elle est mieux connue par les gens de ma génération.
Le football a changé dans dans sa forme et son fond. J'ai grandi avec un ballon de football dans une main et une canne à pêche de l'autre. J'ai joué très vite au FC Saverne, dans les catégories jeunes, en milieu offensif au poste d'INTER gauche, poste qui est resté le mien durant toute ma trajectoire de footballeur.

Inscrit en 2011, tu es un jeune dans la communauté de Racingstub. Qu'est-ce qui t'a amené sur ce site ?

Lorsque j'ai pris mes distances avec mes activités professionnelles, j'ai à nouveau pu vivre pleinement mes passions. Lorsque que le club a été liquidé, j'ai été littéralement prostré. Quand Frédéric Sitterlé a lancé son projet, comme beaucoup je me suis dit qu'il fallait participer à la renaissance de ce club. J'ai donc pris ma voiture et j'ai assisté à ce premier match à CFA2 à Forbach avec ce formidable écho "Aux armes..." renvoyé de la forêt en face de la tribune comme un lointain rappel de ce qu'était le Racing Club de Strasbourg.
En sortant du stade je me suis mis à discuter avec le capo des UB90. Il m'a demandé si j'étais sur le stub. Je ne savais pas ce que c'était mais je me suis précipité pour m'inscrire. Je suis jeune sur ce merveilleux site, une façon de le rester en quelque sorte.

Et cette passion pour le Racing, à quand remonte-t-elle ?

Mon père m'amenait au Racing toutes les 2 semaines (c'était un "racingler" comme on les appelait à ce moment-là) et m'a transmis son amour pour ce club que je devais rejoindre dans la catégorie Cadets correspondant aux U15 je crois. J'étais un des seuls licenciés "civils" d'un club de foot au Lycée de Saverne (il y avait beaucoup de barrières sociales à ce moment-là mais c'est une autre histoire...). Mon père me destinait aux études et les divers lycées de Strasbourg n'ont pas voulu me libérer de l'internat pour les entraînements. Cela reste pour moi une cicatrice douloureuse, indélébile.

Finalement, tu n'as pas évolué au Racing ? Que représentait ce club pour toi à l'époque ?

Non je n'ai pas évolué au Racing en fin de compte. Nous étions deux appelés du FC Saverne et mon collègue, avant centre, a intégré le Collège technique de la Meinau (actuellement Lycée Couffignal) qui ne préparait pas au baccalauréat. Il est resté au Racing et a joué chez les amateurs, il n'a jamais signé de contrat professionnel.
Après cet épisode ma déception était grande et je me suis éloigné du rectangle vert pour la terre battue où j'avais quelques bons résultats. J'ai d'ailleurs joué pour le Tennis Club de la Meinau où je rencontrais régulièrement les joueurs professionnels. J'ai souvent bataillé contre le regretté René Kuntz qui, je peux vous l'assurer, était aussi pugnace sur un terrain de tennis que sur la pelouse du Racing.

Il faut savoir qu'il n' y avait à notre époque que peu d'équipes jeunes et en catégories pupilles (10 ans) dans laquelle j'ai débuté au FC Saverne. Le championnat du Bas-Rhin était très limité : Neudorf, Neuhof, Red Star, Cité de L'Ill, le SEC et naturellement le... Racing Club de Strasbourg qui comptait les meilleurs joueurs et qui était le mieux organisé.
Pour nous, rencontrer le Racing Club de Strabourg, c'était à chaque fois l'assurance de prendre une rouste et de jouer soit sur le terrain annexe (correspondant actuellement au parking devant l'entrée principale) soit surtout en avant-match des équipes professionnelles sur le terrain central de la Meinau. Je regrette que cette formule ait été abandonnée car quand on a une dizaine d'années, être dans les vestiaires sous la Tribune Nord et surtout jouer devant 20 000 spectateurs c'était une émotion inouïe.
Pour nous à la campagne il n'y avait que le Racing Club de Strasbourg et... le stade de Reims venu jouer un match amical au stade Fetter. J'ai pu voir les Kopa, Fontaine, Piantoni, Jonquet...

Quelles époques du Racing as-tu vu de près et as-tu des anecdotes ?

Ma vie était rythmée par les matchs du Racing et je suis resté très fidèle depuis l'époque des Groschulski, Skiba, puis Remetter en passant par la Finale de Coupe de France de France de 1966, à laquelle j'ai assisté... le retour de Gilbert Gress et cette montée en première division cette victoire contre Rennes en barrages le 13 mai 1992, qui reste mon souvenir le plus marquant, en passant par l'ère Duguépéroux puis la lente agonie du Club jusqu'en CFA2.

Je n'ai pas pu suivre la période du titre de Champion de France, étant à Montpellier à cette période. Je n'avais pas de télévision ni de téléphone fixe ; le transistor était en panne et je me souviens d'avoir squatté une cabine téléphonique près de la Préfecture avec impossibilité de l'occuper pendant toute la rencontre contre Lyon. Je téléphonais toutes les dix minutes pour avoir l'évolution du score...

J'ai suivi l'évolution du Racing mais il faut bien dire que vers la fin j'allais de déception en déception. Mais la flamme - et je ne saurais l'expliquer - ne s'est jamais éteinte. Mes collaborateurs n'avaient pas besoin de suivre les résultats en direct : il suffisait de voir mon humeur du lundi matin pour connaitre le résultat.

Tout ceux qui te connaissent te savent très sociable. Mais l'outil internet a été un peu dur à appréhender pour échanger avec les gens sur racingstub.com ?

J'ai toujours eu du mal dans l'écriture, comme si elle bloquait ma réflexion, d'où ma difficulté à communiquer avec les stubistes au début. Je ne peux pas m'exprimer dans le virtuel : je suis un homme de parole dans tous les sens du mot. Ce que j'ai appris dans ma vie c'est qu'il y a toujours quelque chose d'intéressant et de respectable chez les gens. Racingstub.com m'a permis de sortir de mon écheveau social, un peu comme... quand j'ai débuté le football.

Depuis 3 ans, tu es très régulièrement présent à la Meinau voire même à l'extérieur, que penses-tu de ces trois dernières saisons ? Penses-tu que qu'avec ce qui se passe aujourd'hui tout est à refaire ?

La première année en CFA2 a été pour moi l'un des meilleurs moments de ma vie de supporter. J'ai d'une part fait connaissance de tas de gens extraordinaires, pour leur engagement, leur fidélité, leur amour indicible pour ce club, et d'autre part parce que j'ai ressenti un élan formidable, très contaminant.
Ce partage a perduré en CFA, mais cette saison là était celle de l'insécurité, de l'inquiétude avec l'envie souvent déçue de voir se développer un jeu digne de notre Club. Enfin est arrivé ce match à Epinal où ma prothèse de hanche était secouée au cours de danses animées par les UB90, puisque les associations étaient regroupées dans la même tribune. Cela sera un des grands souvenirs avec le RCS.

La saison en National a été celle de la déception, de la frustration, car on avait l'impression que l'ensemble du club, joueurs, staff, encadrement n'allaient pas au bout de ce qu'ils pouvaient faire. J'ai ressenti au fond de moi le besoin d'un changement radical même si je voulais continuer à croire dans les hommes qui nous avaient amenés jusque là. Cela a peut-être été mon erreur, je ne sais pas.

J'avais été très surpris de l'arrivée de Jacky Duguépéroux, l'ayant rencontré en février dernier. Il m'avait laissé l'impression d'un homme meurtri ; la passion avec laquelle il m'avait parlé de quelques souvenirs me laissait penser qu'il n'était toutefois pas loin de notre Racing. Peut-être que son épouse en avait marre le voir à la maison...
Le travail accompli néanmoins par chacun des acteurs durant ces trois ans va tracer notre future route. Retrouver une santé solide c'est le plus souvent passer par des moments de rechute.

Aujourd'hui, tu es libre de ton temps, où peut-on te croiser quand il ne s'agit pas de football ?

On ne peut pas vivre plusieurs vies à la fois, en tout cas cela est vrai pour moi. Quand je ne suis pas à la Meinau, on pourrait me voir au bord de l'eau dans la région ou en Irlande, ma patrie d'adoption, peut-être aussi dans une librairie : j'adore la lecture et il me faut toucher les livres, me les approprier. C'est pour moi une façon de tourner la page.

Dernière question rituelle : qui voudrais-tu voir interviewé et pourquoi ?

J'aimerais lire une interview d'elsasser68 pur essayer de comprendre comment on devient un supporter du RCS en étant du Haut-Rhin.


nda : un grand merci inter pour sa disponbilité et à mediasoc pour avoir rendu cette entretien possible. Ah, et merci aussi à mon papa et ma môman.

oudin

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