Dans le rétro : novembre-décembre 1987

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Par kitl
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Fin d’année riche en enjeux pour le Racing, avec l’idée de conserver le leadership régional et maintenir son avance au classement. C’est également à cette période qu’un champion du monde brésilien se prend de passion pour le club…

Résumé de l’épisode précédent : Le Racing occupe toujours confortablement la première place de son groupe, en dépit d’une défaite à la Roche-sur-Yon. On note un regain d’intérêt autour du club, comme en atteste la création de nouvelles associations de supporters…

Après les retrouvailles fin octobre avec Django Marx et Georges Van Straelen, venus filer un coup de main au modeste FC Lorient, le calendrier réserve au RCS un déplacement champêtre en forêt de Fontainebleau. L’Entente 77 Melun-Fontainebleau, où évolue un autre baroudeur, Bernard Tischner, ne représente pas une grande menace pour le leader, dont le leader d’attaque souffre cependant du genou. Fidèle à sa réputation, Peter Reichert serrera les dents jusqu’à la trêve.
Strasbourg s’impose aisément (0-2) et s’assure la première place du championnat à l’issue des matchs aller. Les prometteurs Christen et Etamé se sont à nouveau illustrés, le premier d’une frappe de vingt-cinq mètres et le second d’un but en solo dont il a le secret. Avec douze victoires en dix-huit matchs, une seule défaite, 32 buts marqués et 8 encaissés, le bilan d’Henryk Kasperczak est excellent à mi-parcours.

Aussi laborieux fût-il, le court succès devant Reims – encore un coup-franc de Robert Barraja –, permet au Racing préparer son voyage à Mulhouse avec sérénité. Pour ce quatrième derby en un peu plus d’un an, les Dernières Nouvelles d’Alsace mettent à nouveau les petits plats dans les grands. Présentations croisées, interviews…ce match qui mettait l’eau à la bouche de toute la région accouche finalement d’un terne 0-0. Eh oui, le Racing est passé maître dans l’art de la realpolitik appliquée au football, tandis que les Mulhousiens semblent en déclin. Le recrutement chez « l’ennemi » des Jenner, Knapp et autres Mazerand n’apporte pas autant qu’espéré, au surplus la recrue vedette de l’été, Abedi Pelé, a déjà filé vers l’Olympique de Marseille.

Tandis que l’affaire Luchaire (ventes d’armes à l’Iran suivies du versement de commissions occultes) empoisonne l’ancienne majorité socialiste, l’embarras s’étend à la classe politique dans son ensemble. A six mois de la présidentielle, il semble qu’une remise à plat complète du financement des partis et des campagnes soit incontournable. Le Président Mitterrand, qui n’a pas encore dévoilé ses intentions pour 1988, s’est d’ailleurs emparé de cette thématique.
En Tunisie, on note l’ascension éclair du premier ministre Ben Ali, en poste depuis un mois et déjà à l’œuvre pour déposer le père de l’indépendance Habib Bourguiba, 84 ans et suspecté de « sénilité ». Jacques Anquetil n’en avait que 53, mais les douleurs qui le menèrent à l’hôpital de Colmar le mois dernier auront fini par le terrasser.

Arrive le Stade quimpérois de Georges Peyroche. Les premiers frimas se font sentir mais c’est surtout à la diffusion le même soir de Marseille-Bordeaux sur la chaîne cryptée qu’est attribuée la faible affluence (4214 spectateurs). Les rares présents auront eu la chance d’apercevoir un coup d’envoi fictif donné par le Brésilien Paulo Cesar, ancien Marseillais lors de la saison 1974-75 et néanmoins connaissance de Daniel Hechter. Un doublé de Reichert assure la victoire alsacienne dès la mi-temps, scénario classique.
Rien de neuf, hormis ce petit billet intitulé « Le noyau de la bêtise », dans lequel Bernard Delattre s’adresse à une frange du public se manifestant par des cris racistes à chaque intervention de joueurs noirs.

Toujours sous les yeux de Paulo Cesar, qui manie le « nous » et le « on » lorsqu’on l’interroge sur le Racing, Strasbourg passe à côté à Angers mais sauve tout de même le match nul (1-1). La trêve de deux mois est attendue avec impatience par Kasperczak, qui déplore l’absence de Didaux, auteur d’une entame de saison fracassante, les pépins de Reichert et désormais la blessure de Juan Simon, opéré d’une hernie abdominale. L’occasion pour le jeune Vincent Sattler d’accumuler de l’expérience.

Non loin de la Meinau, rue de la Broque, on s’interroge sur le devenir de la laiterie, à présent que toutes les activités d’Alsace Lait ont été transférés à Hoerdt. Peut-être pourra-t-on dans un futur proche faire ses commissions à la Coop en empruntant le VAL, moyen de transport en commun ultra-moderne et souterrain, développé par Matra et devant œuvrer au désengorgement du centre-ville de la capitale alsacienne. C’est en tout cas le bébé de Marcel Rudloff, qui annonce début décembre un engagement de l’Etat à hauteur de 570 millions de francs.

Un dernier coup de collier reste à donner : Beauvais (3-0) puis Belfort en 7ème tour de Coupe de France (5-1) ne pèseront pas lourd. Sur un terrain gelé, le jeune Sénégalais Boubacar Kambel-Seck – encore que l’on ignore toujours aujourd’hui ce qui tient de nom et de prénom dans ce patronyme – se met en évidence par quelques glissades mais aussi un but face aux Picards. Sattler pour sa part laisse apparaître une exceptionnelle maturité pour son âge, en plus d’une finesse technique remarquable pour son gabarit.
A la trêve, les barrages semblent assurés, le quatrième, Nancy, navigant onze points derrière. Reste à conserver les cinq points d’avance sur le duo normand Caen-Rouen. Rendez-vous en février…

Article réalisé à partir des archives des Dernières Nouvelles d'Alsace, consultables à la médiathèque André Malraux ou au Musée historique de Haguenau.

kitl

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