RCS - Dijon, côté tribunes

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Côté tribunes
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Par tikko67
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© rachmaninov

Dans l’arène boueuse de la Meinau, nos gladiateurs ont su s'imposer avec leurs tripes face à Dijon devant 21067 spectateurs.

Dans cet article, je vais vous raconter comment moi, supporter présent dans le kop, j'ai vécu ce match. Vous aurez donc encore une fois l’honneur de voir, d'entendre et de ressentir le match à travers ma personne. Fermez les yeux deux secondes, 1... 2... ça y est, vous y êtes, vous voici à présent connecté avec ma personne.

L'avant match


Parti de chez moi à 18h15, je roule sous la pluie en me demandant si ce match va se jouer. Satanée pluie qui ne s’arrête plus ! En marchant vers le stade, j’évite les flaques d'eau en zigzaguant le long du chemin. 19 h, me voilà dans le stade. Pas la grande foule pour le moment, les gens se ruent sur les tartes flambées. Moi j'ai plutôt soif. J'arrive au barnum et me remémore le frisson qui m'a traversé la semaine dernière après ce vin chaud. Je suis courageux mais pas fou, je commande donc une bière. Cette fois-ci, aucun souci, une bière au goût de bière. Pas de surprise, ouf !

Je discute avec quelques supporters, avant de filer aux toilettes, la bière ayant ce pouvoir de vouloir s’évacuer plus vite qu'elle n'est absorbée. En passant la porte, j'ai l'impression d’être passé par une faille spatio-temporelle. Je suis en 1984, ce carrelage vert d’époque en est la preuve. [lien=https://racingstub.com/referees/229/]M. Petit[/lien]e affaire terminée, je vais me laver les mains à l'eau glaciale et je m’essuie les main sur... mon pantalon, car il n'y a pas de papier !

J'arrive dans la tribune. Je regarde le terrain et me frotte les yeux: le terrain du FC Grendelbruch et de tous ces stades champêtres de notre Alsace n'ont absolument rien à envier à ce terrain de la Meinau ce soir !

Première mi-temps


Une fois n'est pas coutume, le capitaine dijonnais gagne le premier duel du match et demande à changer de côté. Strasbourg attaquera donc face au kop en première mi-temps, le kop en profite pour siffler Baptiste Reynet.

Le match débute, le kop est plutôt tiède. Nos racingmen balancent devant de nombreux ballons sur Blayac pour, d'entrée, mettre la pression devant le but dijonnais. Cette tactique porte ses fruits: à la suite d'un centre de Lala, Terrier place sa tête sur la barre, la balle revient sur Blayac qui bute sur le portier visiteur. Deux passes plus loin, Ahoulou délivre le stade sur un frappe de 20m qui ne laisse aucune chance au gardien !

1-0, le stade vibre, le kop pousse. Cette fois-ci, on chante plus fort jusqu'à exulter quelques minutes plus tard quand l'arbitre désigne le point de penalty. Énervé, le gardien offre l'occasion au kop et au stade de le siffler, de le huer jusqu'à la fin du match, en dégageant le ballon dans la tribune ouest. Lala s’élance et marque. Le stade se lève et montre sa joie, quel début de match, 2-0 à la 20ème minute, cela semble presque trop simple.

Et évidemment, c’était trop simple. Un scénario qui débute de la sorte et qui finit sur un 6-0 cela existe, mais ici, on est à Strasbourg, nos joueurs sont coutumiers de l’ascenseur émotionnel à la Meinau. Moins de quinze minutes plus tard, les Dijonnais réduisent la marque. La pression monte un peu dans le kop et le public n'est pas serein.

Dans les dernières minutes de cette mi-temps, le stade pousse Lienard qui va frapper un corner sur la tête de Mangane, Reynet sort une incroyable parade et évite le but du 3-1. Dans la foulée de cette action, l'égalisation dijonnaise arrive après un coup franc que Hadaddi convertit en crucifiant Bonnefoi dans les six mètres après un coup de billard. L'arbitre n'attend pas l'engagement et met fin à cette première période riche en buts. Le stade, abasourdi, garde le silence au moment où nos Bleus retournent au vestiaire.

Deuxième mi-temps


Les joueurs reviennent sur le terrain, et le capo harangue le kop. Nous le suivons mais sans réel enthousiasme, le stade a du mal à regarder ce match dans ce bourbier, et qui a l'air de durer une éternité. Clairement, on s'achemine vers un match nul.

Ce sentiment perdure jusqu'à la 79ème minute. Da Costa, entré dix secondes auparavant, hérite de son premier ballon. A la lutte avec l’arrière-garde du DFCO, il bataille, pénètre dans la surface et se fait ensuite balayer par Haddadi. Pour la seconde fois ce soir, l'arbitre désigne le point de penalty. Lala se présente sous les encouragements du stade et fait exploser le public une troisième fois ce soir.

Lors des dernières minutes, Dijon fait entrer deux nouveaux attaquants et balance des parpaings devant. Reynet, qui semblait plutôt lent jusque là, se hâte et va récupérer le ballon en sprintant à chaque fois pour le dégager devant et tenter de faire plier la défense du Racing.

Il y a des moments magiques dans un stade et ces dix dernières minutes en font partie : la Meinau entre en symbiose avec les joueurs. Nous ne faisons qu'un, nous souffrons avec eux sur chaque vague dijonnaise, nous encourageons nos joueurs, nous les acclamons à chaque dégagement, à chaque tacle. L'esprit du guerrier est en nous ! L'arbitre annonce les arrêts de jeu, on défend notre but à plus de 21 000, plus 11 joueurs.

Nos guerriers font un tour des tribunes qui ne veulent pas se vider malgré la fin du match sifflée plusieurs minutes auparavant. Ils méritent d’être acclamés car ils ont bataillé durement pour garder ces trois points.

Les joueurs viennent ensuite saluer le kop puis font mine de partir, mais nous les rappelons. Ils reviennent, font une petite danse sur l'air de jingle bells remanié puis deux courageux joueurs se jettent comme des carpes dans la boue du stade de la Meinau. Ce soir, le sentiment qui prédomine, c'est la fierté, oui fier d'avoir encouragé nos guerriers qui ont mis leur cœur et leurs tripes sur un terrain horrible et ont joué avec les armes qui sont les leurs.

tikko67

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