Chambly - RCS, côté tribunes

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Côté tribunes
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Par kitl
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Partis la fleur au fusil, nous revînmes glacés comme des surgelés picards.

Le Racing a le don de nous rappeler ses classiques : ne jamais penser à l'étape du surlendemain en pensant enjamber aisément celle du jour. Eviter les calculs prématurés. Savoir se vautrer dans les grandes largeurs.

Un an jour pour jour après l'échec aux tirs au but à Avranches, qui fut finalement considéré comme un mal pour un bien dans le sprint final vers l'élite, voici une nouvelle ligne à l'interminable chapelet des fiascos du RCS dans cette compétition majestueuse.

Ce match avait tout pour être narré dans les causeries au coin du feu, on tentera de le recouvrir d'un voile pudique ou plutôt d'une couverture de survie.

Congélateur débranché

Deux bus (UB90 et FSRCS) sont partis de Strasbourg vers neuf heures du matin, pour un trajet sans histoire. De nombreux enfants et étudiants en vacances composent la colonie alsacienne, qui sera rejointe sur place par une centaine d'expatriés franciliens. La "section Paname" qui avait sorti une nouvelle écharpe à l'occasion du récent déplacement au Parc des Princes est naturellement de la partie.

Les deux véhicules arrivent à Beauvais peu avant 18 heures. On s'équipe en gants, écharpes, polaires et parkas, chaufferettes. Dès les premiers instants à l'extérieur, le vent glacial nous prend au corps, ce qui conduit une partie de la troupe à rester un peu à l'abri dans le car. Finalement l'entrée se fait sans réel souci, si ce n'est cette alarme incendie au son particulièrement strident.

Le stade Pierre-Brisson a accueilli deux fois le Racing ces dernières années : en septembre 2001, pour la première défaite de l'ère Hasek, puis en octobre 2010, nouveau revers sous Fournier. On imagine que le stade n'a guère changé depuis l'époque où Beauvais hantait régulièrement le championnat de deuxième division. Deux petites tribunes latérales permettant une bonne visibilité encadrent deux "pesages", sorte de gradins bien plats situés derrière le but.

Toutefois, on a appris que ce stade pour le moins basique était équipé d'une pelouse hybride chauffée. Un bon point par ces conditions climatiques polaires et une garantie que le match aura bien lieu.

C'était sans compter sur les caprices de la fée électricité. A peine installés en tribune, les Strasbourgeois sont évacués avant que le mot d'ordre ne s'étende également aux locaux. Derrière la buvette, c'est l'effervescence près d'une installation électrique : pompiers, responsables de la sécurité et policiers se massent autour de l'armoire. Dans la plus grande confusion, l'accès est barricadé pendant que des spécialistes s'affairent.

Cet incident a pour effet de faire tourner la buvette, mais cela va bien cinq minutes. Confinés sur un parvis balayé par les vents, nous guettons les informations distillées par le speaker, mais avec les oreilles couvertes, difficile de l'entendre. Tout juste se résout-on au report du coup d'envoi. Après un premier échauffement, les joueurs sont retournés aux vestiaires, mais de notre côté l'accès au couloir et aux toilettes chauffés est malheureusement interdit.

Cela disserte sur les conditions de match perdu sur tapis vert en même temps que l'on cherche un abri. Alors qu'il fait encore un peu jour, on comprend que le problème concerne les projecteurs, qui finissent par s'allumer à moitié. L'alarme cesse et finalement le reste des loupiotes s'illumine.

Il est 19 heures et tout le stock de chaleur emmagasiné depuis les habitacles des voitures et autocars est parti en fumée, balayé par cet incessant souffle sibérien. On s'installe bon an mal an en tribune, comme les spectateurs locaux, invités pour une partie d'entre-eux à quitter leurs gradins exposés pour une place assise couverte.

Chambly n'a en effet pas fait le plein. Les conditions météo ont joué, de même que le parfum quelque peu renfermé de l'affiche pour les fidèles du stade des Marais. Le petit club a troqué son canton de Thelle pour le département de l'Oise dans son patronyme à géométrie variable, de même qu'il a dû renoncer à son blason hommage-contrefaçon de l'Inter Milan.

Calais bis(e)

Le niveau de la rencontre ne vole pas haut, au contraire du ballon. Un hourra football que sauront mieux pratiquer les Picards au cours de la seconde période, jouée avé l'appui du veng. Encore confiant à la mi-temps, le parcage se glace avec l'ouverture du score de Doucouré mais le cœur n'y était plus vraiment depuis longtemps.

Les chants se font intermittents - comme le spectacle - et certains n'ont aucun scrupule à sacrifier le match pour aller se réchauffer près des toilettes. On les rejoint, couverts de honte, au moment où se confirme l'inéluctable : Strasbourg va passer à la trappe de façon infamante.

Dix-huit ans après le désastre de Calais, auquel s'ajoutait le krach de Gueugnon, au tour d'une nouvelle génération de supporters du Racing d'éprouver cette aigreur, ce sentiment d'être passé à côté de quelque chose de grand, d'une "montée à Paris" printanière qui aurait été belle quelle qu'en ait été l'issue. Ben non, il faudra se taper un Les Herbiers - Chambly en demi-finale et supporter les poncifs dégoulinants infligés par des médias complaisants.

A l'année prochaine, Dame Coupe ! On tentera de surpasser "la magie de la Coupe de France" en respectant les "petits Poucets" amateurs. C'est bon, on a tous les clichés ?

kitl

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