RCS - Monaco, côté tribunes

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Côté tribunes
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Par guigues
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© UB90

Sortez les Rolex, les champions de France se retrouvaient sur le terrain de la Meinau vendredi. Un match de gala, lalalala.

Freed from desire



L’adversaire est royal mais malgré tout, il règne une atmosphère feutrée aux abords de la Meinau quelques minutes avant le coup d’envoi. Pas de cortège de supporters se rendant au stade, pas d’attente aux guichets, pas d’effervescence comme lors des deux précédents chocs médiatiques à domicile.
Je croise même deux supporters monégasques, maillot rouge et blanc et bob Cochonou, partageant l’apéritif avec des supporters du Racing sur le parking. Convivialité et tolérance.

Une fois dans l’enceinte, les hirondelles font le printemps. Si le temps s’est considérablement adouci depuis le match face à Montpellier deux semaines auparavant, c’est surtout la buvette qui propose, à la pression, ce que les plus anciens nomment encore bière de Mars.

Les travées sont peu remplies et ne le seront que quelques secondes avant le coup d’envoi. Vacances scolaires ? Vendredi soir ? Mauvaise forme actuelle de notre Racing ? Difficile d’expliquer le peu d’engouement pour cette affiche, malgré les 23 814 spectateurs annoncés.
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Tough Love



Pour s’occuper avant le match, la tribune Ouest s’emploie aux derniers essais avant la chorégraphie ambitieuse que les UB90 ont prévu pour encourager les bleus et blancs. Le capo s’époumone, ce soir on demande un peu de concentration et de réactivité aux pensionnaires du kop.

Chacun se voit en effet doté d’une feuille avec deux faces numérotées : une bleue et une blanche. A l’appel du chef d’orchestre, il faudra présenter la bonne face pour former le message du soir. Face 1, un gigantesque « ALLEZ » bleu sur fond blanc apparait. Face 2, c’est « RACING » blanc sur fond bleu qui lui succède. Les essais sont réussis, la tifo peut apparaître au coup d’envoi sous titré d’une banderole XXL sur toutes la Ouest « tes supporteurs sont là ».

Après quelques passages d’ALLEZ à RACING, il est temps de se débarrasser des feuilles, dont quelques unes brûleront par inadvertance dans la fosse au courant du match, nécessitant l’intervention d’un stadier avec extincteur et seau d’eau.
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Avant le coup d’envoi, une minute est dédiée à la mémoire de Francis Piasecki, joueur mythique de l’équipe championne de France 1979, qui nous a quittés récemment. Le kop lui envoie un dernier message « Reposez en Paix M. Piasecki » et des applaudissements retentiront aux quatre coins du stade.

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Let a Boy Cry



L’ambiance décolle rapidement ensuite, mais l’ouverture rapide du score pour les visiteurs refroidit quelque peu les ardeurs et les chants du kop. Après un peu de flottement, les chœurs comme les joueurs reprennent leur marche en avant et sont récompensés par une réalisation de Stéphane Bahoken. Si ce Racing a du cœur, il n’a pas toute sa tête et dans la foulée, Monaco vient crucifier Oukidja pour la seconde fois. Le coup est dur, le public sonné et Stéphane Bahoken n’aura même pas le droit à sa petite ritournelle. Avant la mi-temps, c’est la passe de 3. La différence est trop grande pour l’équipe malgré une Meinau qui ne lâche rien.

A la mi-temps, dans les travées, le match est plié, mais il faut encore faire bonne figure et éviter de sombrer. Surtout qu’en face, les fans monégasques remplissent correctement le parcage avec environ 250 unités. Très actifs, ils ont même gratifié les Strasbourgeois d’une animation : grande voile UM94 au grillage et écharpes plastiques rouges et blanches tendues. Les Ultras Monaco, fondés donc en 1994, sont toujours présents en nombre derrière leur équipe à l’extérieur malgré les railleries sur l’ambiance à domicile qu’ils subissent.
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Malgré une bonne deuxième période, qui arrive un peu tard, le Racing s’incline sans que le score ne bouge. Quelques actions bien senties feront monter la température et Subasic sera quelque peu hué pour ses dégagements tardifs. Anthony Gonçalves, ne pouvant être sur le terrain, s’invite dans les gradins. Le sanguin milieu du Racing s’improvise chauffeur de stade et, pour ne pas se mentir, on sent qu’il a l’habitude de se faire comprendre. Quelques mots pour remercier le soutien à l’équipe et il lancera le fameux « vive le vent » qui fait trembler les fondations du stade. Toujours sympathique d’accueillir des joueurs en tribune, ce qui est récurrent depuis le début d’année avec plus ou moins d’anonymat.

La séquence émotion intervient à la 82ème minute, quand Abdallah N'Dour fait son retour sur la pelouse après une longue convalescence. Absent depuis mai 2017, il n’avait pu participer à la seconde montée consécutive du club, malgré le fait qu’il soit un des artisans de la renaissance du Racing au niveau professionnel. Son entrée est suivie d’applaudissements spontanés puis il est acclamé de façon tout aussi naturelle par l’ensemble du stade. La Meinau sait reconnaître les siens.

Encore 3 points de perdus et une fin de saison qui s’annonce stressante. Le kop applaudit ses joueurs qui sont bien battus, contre plus fort qu’eux. Le capo rappelle à tous que neuf matchs décisifs nous attendent maintenant. « C’est la guerre les gars ! » Métaphore guerrière mais qui résume l’état d’esprit commando qui doit animer l’ensemble du RCS : joueurs, supporters, etc...

Alors que le public quitte la Meinau, quelques chants annonçant le derby à venir s’élèvent dans la douce nuit strasbourgeoise. C’est vraiment la guerre.

guigues

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