Château Meinau - Millésime 2017 - Cuvée Marco

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Par xaviyeah
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"La DNCG ? Quelle DNCG ?" © stubehocker

Peut-être qu'en ayant fini de lire l'article, vous aurez un mal de crâne tel qu'un bon verre de vin sera nécessaire pour se détendre, en attendant, les chiffres, comparaisons et analyses qui vont suivre ont été réalisés en toute sobriété.

Notre belle Ligue vient de publier les résultats et éléments financiers de tous les clubs professionnels, au 30 juin 2017, soit après notre année passée en Ligue 2 et notre première année professionnelle après une parenthèse amateure.

Les recettes, sans casseroles


Le club a encaissé pour environ 17 millions d'euros entre juillet 2016 et juin 2017.

Les droits TV


Ils représentent la majorité des produits, avec 6 millions d'euros. Forcément, on se rappelle des nombreux matchs joués le samedi après-midi ou le lundi soir. Ça a bien chiffré, sachant qu'au début de saison, c'était plutôt estimé à 3-4 millions. Nous détenons dans ce domaine le titre des droits TV perçus, devant l'autre Racing qui est pourtant un habitué des rencontres décalées. La Meinau et le jeu offensif avec une défense absente n'y sont pas pour rien.

La billetterie


Sans surprise, nous sommes seconds, derrière Lens, avec environ 3 millions d'euros de gains. Les deux Racing ont à eux seuls généré plus de 34% des recettes de Ligue 2 au niveau billets vendus...un chiffre ahurissant. C'est peu étonnant, le nombre moyen d'abonnés pour la saison 2016-2017 en Ligue 2 était de 3261 spectateurs et un prix moyen dépensé par spectateur de 11,01 euro par match. Autant dire qu'on en est (très) loin.

Les sponsors et la publicité


C'est le troisième gros poste de recettes. Ils génèrent près de 5 millions de recettes (à bon entendeur : des loges seront indéniablement nécessaires car cela dépasse les revenus billetterie, impossible d'y faire une croix dessous). Si on ajoute à cela les subventions publiques et autres produits divers (ventes de la boutique, dotations de parcours en Coupe) le Racing se classe 2e club de Ligue 2 juste derrière le stade de notre ex-ami Furlan (à 1000 euros près, on ne va pas se fâcher).

C'est donc grâce à tout ça que le Racing était le 3e club de la ligue pizza à avoir eu le plus de recettes (derrière Lens et Reims), et très loin devant le 4e, Brest. Même si les recettes ne signifient pas du résultat (Lens a perdu 5 millions d'euros et reste en Ligue 2), nous ne pouvons que nous féliciter de tant dépenser pour notre club, vu notre passé proche.

Les dépenses, sans se dépenser


Notre train de vie a bien augmenté par rapport aux saisons amateures. Car nous passons à un niveau de dépenses d'environ 16 millions d'euros. Et oui, y'a des tops joueurs maintenant.
Alors que nous étions sur le podium des recettes, notre niveau des charges est bien plus faible que les autres clubs de Ligue 2. Comme annoncé par diverses sources en début de saison, la qualité de 7e budget se confirme. Notre train de vie n'évolue pas aussi vite que les recettes.

Les salaires


Cela représente la nette majorité des dépenses (environ 8,5 millions d'euros) soit au 8e rang de la ligue 2. Et c'est logique, puisque les joueurs, l'arrivée de Thierry Laurey, le staff, les nombreuses embauches tant en organisation interne qu'en personnel technique ont fait gonfler l'addition, avec notamment des primes liées à l'accession en Ligue canapé. En somme, il y a environ 710 000 euros par mois de salaires, charges comprises, donc une estimation à la louche de 390 000 - 395 000 euros de salaires nets versés à l'ensemble des salariés. Nous n'aurons pas plus de détails sur les salaires, mais pour de la Ligue 2, ça ne semble pas mirobolant.

Les autres charges de fonctionnement


Elles représentent le reste des dépenses : frais d'organisation, électricité, entretien des structures, nettoyage, charges sociales, centre de formation, achats de fournitures, jours de matchs, et autres frais généraux ; soit environ 7 millions d'euros.

Le trou normand Orléanais


Aucune vente de joueurs n'a été réalisée, et le premier transfert payant de l'Histoire post-liquidation du Racing s'est appelé Jean-Eudes Aholou. Cette opération, symbole fort de notre retour chez les grands, a couté en tout 271 000 euros, à peu près les estimations évoquées par la presse. Une affaire !

Ici s'achève la composition de notre "saison fiscale" et qui a permis de gagner net de toutes les charges et éléments exceptionnels 1,7 millions d'euros de BENEFICE. Oui, vous avez bien lu, 1,7 millions ont été gagnés par le club. Bien plus que l'équilibre des comptes prévus. On comprend à présent pourquoi Marc Keller et son équipe a été dispensé de DNCG en décembre dernier. Sur ces 1,7 millions gagnés, 485 000 euros d'impôts ont été versés, soit environ 30%. Pour se comparer à d'autres, seuls deux autres clubs ont dépassé le million d'euros de bénéfices (Troyes a fait péter le compteur avec 2 millions de bénéfices, avec des transferts pour 5 millions mais une activité qui ne fonctionne pas et Reims, dans la même situation : une activité qui ne fonctionne pas du tout avec 9 millions de pertes mais des ventes de joueurs pour 10 millions) ; et 8 clubs sont déficitaires. Donc l'Alsace est la seule exception de Ligue 2, nous sommes les seuls ayant une activité normale qui lui permet de vivre et même de grandir sans avoir recours à des transferts payants.

La structure du club, gonflable ou gonflée ?


Encore pauvre en matériel (aussi bien sportif, qu'administratif) quand nous étions en National, on savait que le club devait beaucoup investir pour être aux normes de la LFP et avoir tous les points de la licence club. Il a eu tous les points, et cela se traduit par des actifs qui se sont démultipliés : sonorisation, installations de chapiteaux, réfection des loges, achats sportifs, salle de presse, zone mixte, salle de musculation... bref, de lourds investissements avec près de 854 000 euros d'installations et matériel par le club. Donc oui, le Racing ne jouera jamais ailleurs qu'à la Meinau, il possède trop de choses là bas et a déjà trop investi pour faire marche arrière, même s'il ne faut jamais dire jamais.
Un autre élément d'actif du RCS (donc ce dont le club dispose) est sa trésorerie, sa très grande trésorerie. Plus de 4,6 millions d'euros sont propres et attendent juste à être dépensés sur les comptes. A noter que ces presque 5 millions ne sont pas la contrepartie de lourds emprunts ou d'apports de la part des associés (Pierre Schmidt ou Marco eux-mêmes). Donc pas de dépendance.

La situation nette du club est largement positive, elle est à plus de 2 millions d'euros. Par situation nette, il faut entendre toutes les réserves. Plus les réserves sont grandes, plus la structure financière est saine et forte. Pour rappel, il y a encore 3 saisons, la situation du club était négative. Marc Keller a bien apuré le tout et la structure du club couvre de manière durable tous les actifs acquis. Le RC Lens est loin devant en terme de structure forte, avec des réserves pour 47 millions.
Une structure forte permet à un club de réaliser des pertes de temps à autre, sans être inquiété. C'est pour cela que même une perte de plusieurs millions d'euros comme c'est le cas régulièrement de clubs de Ligue 1 n'est pas dommageable, car la structure est si solide que c'est acceptable. C'est seulement lorsque des pertes importantes sont répétées que la structure peut être fragilisée.

Donc aussi bien à court terme qu'à long terme, Keller a veillé à ce que tous les investissement soient financés uniquement par l'activité du club. Il a visiblement récupéré l'argent qu'il a investi de sa poche avec ses associés (le club n'a plus de dette envers lui) ; et on apprend dans ce document que des emprunts ont été accordés au Racing durant l'année, et qu'il reste encore 600 000 euros à rembourser aux banques environ, soit un montant cohérent compte tenu des investissements.

Digestion légère, pas besoin de digestif


Pour conclure cette saison de Ligue 2, le Racing a pulvérisé les autres clubs sur le fonctionnement en lui-même. Nous battons des records de résultat financiers, le tout sans argent de transferts. L'activité en elle-même du club est donc très bien tenue et maîtrisée, personne ne nous égale à ce niveau là. Dans les tops clubs niveau recettes nous n'avons pas un niveau de dépenses élevé. Nous ne dépendons pas excessivement des banques, pas d'endettement jusqu'au cou vis-à-vis des dirigeants ou associés, signe de maîtrise et de tranquillité. Le club peut encore gagner à investir, même si 1 ou 2 millions par an ça reste très lourd. Enfin, les réserves du club sont bonnes, et pourraient déjà permettre d'absorber des pertes exceptionnelles éventuelles liées à un futur transfert.

xaviyeah

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