Et soudain, le délire !

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Côté tribunes
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Par guigues
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15 comm.
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© chilavert

Comme prévu, le Racing a attendu la dernière minute pour renverser les montagnes et faire trembler la Meinau. Décidément, notre club ne pourra jamais rien faire comme les autres.


Expected the unexpected


Après une série de matchs sans victoire et le réveil de ses concurrents, les Bleus sont au bord de l’abîme. Le dernier match à la Meinau face à l’ogre lyonnais sonne le glas d’une fin de saison en roue libre. Encore plus lorsque l’on se rappelle de la différence de niveau du match aller marquant le retour dans l’élite de nos favoris. La perspective d’un maintien à la Beaujoire, où Strasbourg ne s’est jamais imposé n’est guère plus réjouissante.

Le match est tout de même à guichets fermés, pour la septième fois de la saison, dans la fumée des tartes flambées et des hotdogs maintenant caractéristiques de la Meinau. Les Ultras ont eu la bonne idée d’organiser la tombola des supporteurs en apéritif, rien de mieux qu’un peu de hasard pour donner du baume au cœur des suiveurs du Racing.

Pas d’animation, pas de banderole au coup d’envoi. Simplement des écharpes et des drapeaux bleus et blancs claquant dans le vent au son quasi mystique d’un des chants les plus puissants du répertoire, que certains nomment « Porompompero ». Mais si ce désormais classique ou la tribune se tient par les épaules, se balançant de gauche à droite en faisant monter les décibels pour exploser à la fin !

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Liénard se prépare à tirer...


Moon Man


En toute honnêteté, l’ambiance au coup d’envoi donne des frissons. On sent qu’il peut se passer quelque chose, on sent que la Meinau veut y croire, que les joueurs encore plus. Et ces derniers entrent bien dans leur match. Ils sont récompensés par l’ouverture de Stéphane Bahoken. Derrière la Meinau tremble mais les Lyonnais ne renversent pas la tendance. L’ambiance se maintient mais tout le monde regarde la montre et la mi-temps est un premier soulagement. La moitié du chemin est faite. Les UB90 ont tout de même sorti une banderole « Tous à Nantes ». Histoire de ne pas provoquer les dieux.

Evidemment, la seconde mi-temps commence mal comme n’en doutaient pas les moins optimistes des fans du RCS. Syndrome Hans em Schnokeloch. Ce sera donc pénalty pour Lyon, pas étonnant, on ne prête qu’aux riches. La Meinau gronde, siffle, s’énerve mais le mal est fait. Les visiteurs reviennent dans le match. Ils doublent la mise un peu plus tard, suivant le scénario de déception habituel du supporteur du Racing. En toute honnêteté encore une fois, tout le monde se dit que c’est foutu, qu’une fois de plus sur le terrain et dans les gradins nous ne serions pas récompensés de nos efforts.

Les trois brigands


Il reste néanmoins du temps au chronomètre. Les joueurs continuent de pousser, s’exposant en même temps aux contres lyonnais. La Meinau chante autant qu’elle retient son souffle. Les yeux faisant l’aller retour entre le terrain et les écrans indiquant les performances de nos concurrents. Car l’histoire ne s’écrit pas qu’à Strasbourg.

Laurey fait rentrer Da Costa, joker dont l’absence a coïncidé avec la méforme de l’équipe. En quelques minutes, il réduit le score dans un assourdissant brouhaha, mélange de joie et de stupéfaction ! Et le festival n’est pas fini alors que nous sommes dans les arrêts de jeu, le feu-follet provoque une faute à la limite de la surface. Ce ne sera pas pénalty pour Lyon mais coup franc pour le Racing. Si aucun des premiers n’a été manqué cette saison, les seconds ont leur spécialiste maison en la personne de Dimitri Liénard et son pied gauche. Tout le monde se souvient de ses précédentes réalisations dans un exercice qui n’avait plus de spécialiste strasbourgeois depuis bien longtemps. Tout le monde y pense, mais de la à y croire. On ferme les yeux ou on sort sa caméra au choix selon les superstitions de chacun. Liénard lui a rendez-vous avec l’histoire.

Puis soudain nous sommes dimanche matin. Sur la table de la cuisine trônent petits pains, journaux avec le Racing à la Une, café ou crémant pour les plus courageux. Le temps s’est arrêté ou plutôt il s’est distordu. Rupture d’un continuum espace que Dimitri a déchiré de sa splendide frappe dans la lucarne. Difficile de décrire cette communion entre les 25000 personnes présentes sur et en dehors du terrain de la Meinau ce soir là. Une extase dépassant le rationnel qui fait qu’encore et encore nous revenons et reviendrons dans notre temple avec le secret espoir de revivre un de ces moments.

En toute sobriété on ajoutera que la fête était belle, que Liénard a continué le show en montant sur les cages puis en s’improvisant capo. Lançant ainsi le dernier "aux armes" de la saison. On lui doit bien ça, c’était son match. Tour d’honneur, vague, communion : la routine des joueurs et des Strasbourgeois en somme.

Folie habituelle ou délire permanent, on nommera comme l’on voudra cet état de supporteur du Racing, car les matchs comme ça nous rappellent pourquoi nous sommes comme ça.

guigues

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