Bilan de l'équipe réserve 2017/2018

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Par athor
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Avec une équipe rajeunie et un championnat marqué par six descentes pour quinze équipes, la réserve du Racing s’attendait à une saison difficile. Elle a pourtant assuré son maintien sans trop trembler.

Le film de la saison


Champion de son groupe de CFA2 la saison dernière, l’équipe réserve du Racing s’attendait pourtant à connaître un exercice plus compliqué au moment de la reprise l’été dernier. La faute notamment à une refonte des championnats nationaux, en particulier du cinquième échelon renommé National 3 et calqué sur les nouvelles grandes régions, qui nécessite une année de transition et donc, un nombre conséquent de descentes. Le groupe du "Grand Est" comptait en effet 16 équipes, contre 14 en théorie, conséquence également du repêchage en catastrophe d’Amnéville, une anomalie que la Ligue comptait corriger le plus rapidement possible. Conséquence, en tenant compte de l’identité des relégués de National 2, le nombre de descentes vers le Régional 1 (l’ex DH) a fluctué entre 4 et 9, avant de finalement s’établir à 6. Autre difficulté pour François Keller, son effectif a été considérablement rajeuni, avec une ossature constitué essentiellement de joueurs U19, encadré par quelques éléments à peine plus âgés, venus dans une optique de post-formation, à l'image de Cédric Makutungu ou de Lucas Segura, 20 ans tous deux.
« Le maintien est notre objectif, a ainsi prévenu celui qui est également le directeur du centre de formation. Il faut savoir que le groupe a été rajeuni de manière conséquente. Sur 18 joueurs, 8 ont mois de 19 ans, 7 d’entre eux sortent des U19 de la saison dernière. » Heureusement, Quentin Othon choisit de rempiler, courant septembre, afin d'apporter un peu plus d'expérience.

Après une période de matchs amicaux contrastée, surtout marquée par la jeunesse des joueurs alignés, les quelques pros amenés à jouer avec la réserve (Caci, Aaneba, Tchamba, Zohi, etc...) participants à la reprise de l'équipe première, le Racing débute sa saison face à Lunéville. Malgré le renfort de Jérémy Blayac et de Vincent Nogueira, les Bleus butent sur une équipe très regroupée, organisée autour de l'ancien pro Pape Diakhaté, et s'inclinent 3-1. Heureusement, il s'agit d'un simple faux-départ, puisque dès la semaine suivante, la jeune garde livre un match de très grande qualité, face à Sarreguemines, se créant une bonne dizaine d'occasions nettes et démontrant une qualité de jeu qui sera présente tout au long de la saison. Le score de 3-0 est d'ailleurs un bien moindre mal pour les visiteurs. La fin de l'été et le début de l'automne se passent sans encombres au niveau des résultats, même si le manque d'expérience se révèle parfois criant quand il s'agit d'affronter des équipes roublardes et agressives, comme Biesheim (0-0). Cette faiblesse, toute relative, est tout de même bien compensée par une qualité technique supérieure, et la troupe de François Keller parvient à réaliser de belles performances, comme à Haguenau (1-0), annoncé comme l'un des favoris à la montée, qui finira d'ailleurs par y accéder. Mais face à Sarre-Union, quinze jours après, l'équipe connait un gros trou d'air et encaisse un lourd 5-1 sur le terrain (ramené à 5-0 sur tapis vert, à la suite d'une pénalité) : « Il y avait trop de différence, admet François Keller. Vu notre classement, certains pouvaient penser que nous jouions une rencontre au sommet. Mais nous savions que nous alignions une équipe trop jeune pour rivaliser. »

Cette large défaite se révèle tout de même bien anecdotique puisque, le lendemain, Steven Keller, encore capitaine de l'équipe quelques mois auparavant et éducateur au centre de formation, perdait son long combat contre la maladie. Un décès qui a évidemment eu un impact sur ses coéquipiers, et les hommages n'ont pas manqués.

Sur le terrain, malgré deux succès face à Pagny-sur-Moselle et, surtout, sur la pelouse de Mulhouse avec une équipe de moins de 19 ans de moyenne d'âge, le Racing s'enfonce peu à peu au classement au moment où le froid et le gel s'installent et rendent les terrains difficiles. Au sortir de la trêve hivernale, qui aura duré près de deux mois, si elle s'incline 1-0 sur la pelouse de Biesheim, l'équipe semble avoir retrouvé son jeu, mais souffre toujours dans la finition, comme le souligne l'entraîneur: « on a fait trop d’erreurs de jeunesse en ratant cinq grosses occasions. La frustration est là. Quand la réussite nous fuit, c’est qu’on n’a pas mis tous les ingrédients pour que ça nous réussisse. » La roue tourne enfin en début du mois du mars : après un succès sur la pelouse d'un Prix-les-Mézières en difficulté, la rencontre face à Haguenau fait figure de déclic. Toujours à l'affut de la première place et lancé sur une excellente série, le FRH se présente à Molsheim sûr de sa force. Mais en face, à l'image de Bingourou Kamara, auteur d'un match plein, les Bleus déroulent leur jeu et multiplient les situations offensives, dans leur style caractéristique : transitions rapides, jeu vers l'avant et soutien des joueurs de derrière. Résultat, un succès probant 4-1, inaugural d'une série qui ne connaitra que deux accrocs, à Sarreguemines (sur un terrain rendu difficile par une pluie battante) et face à la réserve de Troyes. Cette dynamique positive est d'autant plus remarquable qu'en raison des nombreux reports de matchs au cœur de l'hiver, la réserve doit gérer des enchaînements de rencontres très rapprochées, à l'image de cette série de cinq matchs en deux semaines à cheval entre avril et mai.

A l'issue de son dernier match victorieux à Lunéville, l'équipe termine le championnat à une très belle 4ème place, pour laquelle François Keller « aurait signé des deux mains au départ de la saison. Ça confirme le travail qui est fait depuis quelques années au centre de formation, avec l'agrément obtenu il y a à peine un an. » La progression de l'ensemble des joueurs s'est d'ailleurs bien sentie entre la première et la seconde moitié de saison, cette dernière s'étant effectuée avec un rythme de deux points par match (9 victoires, 4 nuls et 2 défaites en 15 matchs).

Les satisfactions individuelles


Malgré un groupe rajeuni et quelques moments compliqués à gérer dans la saison, l'équipe réserve a vu se révéler quelques talents. Si peu ont finalement pu franchir le cap de l'équipe première, la pression liée à l'enjeu du maintien en L1 ne permettant sans doute pas l'indulgence vis à vis d'un jeune joueur, beaucoup de ces éléments ont les moyens de prétendre à réaliser une carrière professionnelle, sous le maillot bleu ou ailleurs.

Un certain nombre des joueurs ayant participé au championnat de National 3 étaient déjà sous contrat professionnel, et la plupart ont justifié leur statut. A 20 ans, Anthony Caci fait presque figure d'ancien dans l'équipe, lui qui a parfois porté le brassard de capitaine. Le joueur originaire de Forbach a débuté la saison au poste de défenseur central, où il a pu faire valoir sa belle qualité de jeu long et de distributeur, dans une équipe qui met un point d'honneur à faire circuler le ballon depuis l'arrière. Revenu à son poste de formation, au milieu de terrain, il a terminé l'année en boulet de canon, semblant avoir encore franchi un cap.

Lui aussi a changé de poste au cours de la saison, Ismael Aaneba, défenseur central de formation, a le plus souvent basculé sur le côté droit, à la demande de Thierry Laurey. Ce dernier l'apprécie, et l'a très souvent convié aux entraînements de l'équipe première, lui offrant même une titularisation en coupe de France, à Grenoble. Avec la réserve, il a donc moins joué cette saison, mais à chacune de ses apparitions, son talent était évident.

Les autres jeunes pros, Duplexe Tchamba et Kévin Zohi ont assez peu joués, la faute à des blessures qui ont contrariée toute leur saison. Le premier, arrivé en fin de saison dernière du Cameroun, a tout de même montré une sérénité défensive et de l’âpreté aux duels. Ses quelques minutes passées au poste de latéral gauche laissent en revanche penser que sa place est bien dans l'axe de la défense. Le second, véritable révélation de la saison dernière, a connu une année noire, alors qu'il était aux portes de l'équipe une, avec qui il a réalisé une bonne préparation estivale. Ses quelques périodes où il était à 100% de ses moyens ont tout de même pu montrer qu'il n'avait rien perdu de ses qualités.

Dernier jeune pro à avoir donné satisfaction, Moataz Zemzemi est arrivé au club à la fin du mois de janvier, et a pu montrer en peu de temps son grand bagage technique. Virevoltant côté gauche, son potentiel est là aussi bien visible, mais il lui reste encore du travail, surtout tactiquement, pour être au point. Heureusement, il semble très à l'écoute.

Adepte de la post-formation, François Keller, bien aidé par Pascal Droehnlé, responsable du recrutement des jeunes, a déniché plusieurs joueurs passés à travers les mailles des filets des centres de formation. Parmi eux, deux ont particulièrement su tirer leur épingle du jeu. Le premier, Mohamed Simakan, né en 2000, était surtout destiné à jouer avec l'équipe des U19, mais ses qualités lui ont très vite ouvert les portes de l'étage supérieur. Aligné pour la première fois lors du choc face à Haguenau, il a joué avec la sérénité d'un joueur de 30 ans. Titulaire ensuite durant toute la seconde moitié de saison, il a été logiquement récompensé par la signature de son premier contrat professionnel. Le second, Youssouf Fofana a été le joueur le plus utilisé par François Keller. Puissant et rapide, l'ancien joueur de Drancy a tout du 8 moderne, et a su progresser dans l'utilisation du ballon tout au long de l'année. Encore sous contrat stagiaire pour un an, celui qui a été sélectionné en équipe de France U19 peut prétendre à passer professionnel. Il devrait d'ailleurs participer à la préparation avec Thierry Laurey.

Parmi les satisfactions, citons également Alain Reppert, serial buteur de la fin de saison, qui a bien rempli sa mission de grand frère à 23 ans, Adrien Lebeau, numéro 10 à l'ancienne qui a su compenser son petit gabarit par une grande intensité dans son jeu, et Ousmane Sylla, latéral droit infatigable contre-attaquant.

athor

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