Fribourg - RCS, le compte rendu

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Par sa3ntiago
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© Guigues

On perdait, puis on a finalement on s'est rebellé et nos joueurs sur le terrain, jeunes ou moins, ressemblaient à une équipe malgré des manques encore criant. Il faisait beau, on était heureux, et puis on a (encore) gagné, alors, promis, on reviendra.

C’est une chaleur tenace et un petit centre sportif de Bahlingen im Kaisertuhl, organisé pour l’occasion comme une petite foire aux vins de Colmar avec ses nombreux stands de boissons et de nourriture (et même son espace VIP), qui nous attendent en ce vendredi 3 août. Sur le terrain central se joue un match, au final assez plaisant, opposant l’équipe B de Freiburg aux joueurs de Bahlingen, tout de bleu fluo accoutrés. Nous prenons place dans une petite tribune couverte réservée aux Strasbourgeois où, quoique clairsemée, on croise des maillots bleus des années 90, d’autres de l’époque Proisy, du Hummel et déjà du tout récent Adidas. Des proches du club de Biesheim nous racontent leurs matchs contre l’équipe B du RCS et quelques joueurs que nous nous apprêtons à voir jouer, devenus entre temps des remplaçants crédibles dans l’équipe qui va bientôt entamer sa deuxième saison de L1. Ça parle deutsche et on entend français sprechen joyeusement, quand l’arbitre siffle la fin du match sur un 2-1 en faveur du SC Freiburg.

Thierry Laurey, casquette vissée sur la tête, et ses joueurs, dans le maillot aussi blanc que minimaliste qui sera le leur à l’extérieur cette saison, peuvent alors entrer sur le terrain pour le match amical entre le SC Freiburg et le Racing, quelques mois après une victoire qui inaugurait une longue série de rencontres, on l’espère. La composition de l’équipe se révèle à nous, annoncée par le speaker, et bientôt en place sur le terrain :
Equipe

C’est un 4-5-1 devenant 4-3-3 selon les actions de jeu, où Liénard est assez libre et revient très bas, pendant que Jonas Martin, qui a pris le numéro 8 au néo-Monégasque Aholou, joue devant Grimm. Thomasson et Zohi peuvent permuter. Mitrovic, pour son deuxième match est déjà capitaine et n’hésitera pas à jouer son rôle pour encadrer les jeunes Caci et Zohi, qui débutent le match (et le termineront, d’ailleurs). Avant les arrivées de Nuno Da Costa, Lamine Koné et une recrue pour la gauche, c’est la défense qu’on devrait voir contre Bordeaux.

1ère mi-temps : un 2-0 frustrant
La partie est commencée depuis 3 minutes que Liénard envoie un bon ballon pour Thomasson qui ne peut le reprendre aux six mètres. Les joueurs prennent leurs marques et rien n’a le temps de se passer jusqu’à ce qu’à la 5ème, sur un contactounet de rien du tout dans la surface, un noir (et un rien de rouge), couleur des hôtes, obtient un pénalty plus que généreux. C’est la star du SC Freiburg, Petersen, qui se charge de transformer le cadeau et les Allemands mènent 1-0, sans que personne ne sache vraiment pourquoi, sans doute pas même eux.

Encore énervé de cette injustice Lala fait une vilaine et inutile faute en tapant dans la cheville d’un Fribourgeois, et prend un jaune après une discussion virile entre Laurey et l’arbitre (6ème). Heureusement les Blancs réagissent vite et on retrouve dès la 8ème un centre de la gauche dans la surface, qu’Ajorque ne peut récupérer en bicyclette, qui termine alors dans les pieds de Martin, celui-ci ratant sa reprise aux 6 mètres.

A la 10ème, Thomasson centre pour Grimm, qui tire de volée, tir dévié selon lui de la main, sans que l’arbitre n’équilibre les penalties accordés. De même, deux minutes plus tard, Martin décoche un tir trop mollasson pour inquiéter le gardien, puis Zohi (arborant non plus de longs cheveux en l’air mais une coiffure courte et blonde qui évoquera Eric Mouloungui à ceux qui ont connu l’attaquant de Furlan, du moins pour ceux qui n’ont pas effacé de leur mémoire ces tristes heures de notre club), obtient un corner après un joli dribble.

A la 17ème, après une exagération manifeste d’un joueur allemand suite à une faute de Thomasson, celui-ci récupère le ballon dans ses pieds et tire, de rage, sur le simulateur. Le jaune qu’il reçoit est aussi mérité que celui de Lala, et si les Strasbourgeois ont décidé de venger l’injustice, l’agacement est palpable.

C’est Zohi qui montre encore le chemin aux siens, à la 19ème, en faisant un gros travail jusqu’à pouvoir donner un centre à Thomasson, qui écrase trop sa frappe. Ces deux-là, semblent se trouver facilement.

A la 21ème, Strasbourg a encore une grosse occasion avec un ballon qui traine juste devant la ligne des buts Allemands, dans une surface densément peuplée mais où aucun pied ne traine pour la pousser au fond.
Les Allemands, qui subissent, obtiennent un coup franc à la 27ème. C’est le moment que choisit l’arbitre pour accorder aux joueurs une pause fraicheur et, au retour de ce petit temps d’arrêt, les Fribourgeois ne sauront mieux faire que d’offrir un arrêt facile à Sels. Ils ne font guère mieux à la 31ème, en cafouillant une belle contre-attaque.

A la 33ème, un nouveau centre de Zohi trouve encore Thomasson, qui reprend sans contrôle et directement sur le gardien. A la 36ème, sur une longue balle en profondeur des Allemands, Sels sort, hésite et s’en sors très bien en se jetant finalement dans les pieds de l’attaquant, parti le défier. L’action lui a donné l’occasion de briller, quand le corner qui suit ne donne rien.

A la 42ème, la défense de Strasbourg est prise de vitesse, après une perte de balle de Lala qui s’arrête de jouer. Étonnant puisqu’on avait trouvé Lala jusqu’ici concerné et volontaire. Et puis à la 43ème, stupéfaction, Freiburg marque devant une défense statique : après un premier duel perdu trop facilement par Grimm, puis Liénard qui se jette pour rien, le ballon est placé à ras-de-terre de telle manière que Sels ne peut rien faire. 0-2 pour les Noirs, qui mènent à la pause, sans avoir montré plus de choses que les visiteurs.

Le bilan de la première mi-temps laisse donc un peu amer. Le duo Zohi-Thomasson a montré quelques débuts de belles choses, Grimm a été plus à la traine et Ajorque absent, quand Lala a montré, outre les qualités qu’on lui connait, une envie rassurante. Le score est dur et heureusement que l’important dispositif policier nous distrait, avec ces charmantes jeunes filles armées de gros pistolets et de menottes qui donnent envie de déclencher des émeutes et de terminer une nuit au poste en si charmante compagnie. Il suffirait de lancer un “on est champions du monde !” pour énerver les ex-champions de 2014, éliminés en 2018 en phase de poule, malgré leur sympathique accueil, et… non, on prend une bière calmement pendant que les joueurs se reposent sur le terrain, recadrés par l’aussi toujours volubile Thierry Laurey.

Deuxième mi-temps : 3 buts qui remettent les pendules à l'heure
La deuxième mi-temps reprend, et il ne suffit que d’attendre une minute pour que les Noirs s’illustrent déjà en emportant la défense comme un barrage de carton dans le Rhin, et tirant d’une frappe qui frôle les cages de Sels.
A la 50ème, Grimm, toujours aussi lent, se fait prendre le ballon sur une relance, s’arrête de courir et regarde trois joueurs de Freiburg partir à l’assaut des buts strasbourgeois. Heureusement que notre gardien rattrape la bourde du milieu défensif en arrêtant le tir qui conclut cette action des plus dangereuses pour nous. Quatre minutes plus tard, alors qu’un penalty n’est pas sifflé pour Strasbourg pour une obstruction sur Martin, la contre-attaque des Allemands est stoppée par Martinez qui prend un carton jaune pour la faute utile dont il est l’auteur.

A la 56ème, on retrouve Zohi, qui ne peut armer sa frappe malgré une action intéressante. Enfin, à la 58ème, sur un corner pour Strasbourg, Grimm aspire tout le monde au premier poteau, ce qui laisse Ajorque seul au deuxième. Celui-ci peut alors réduire l’écart au score (2-1).

On est maintenant à la 60ème : Ajorque, sollicité sur un centre, est au duel avec le gardien, et fait un bond d’une hauteur remarquable, qui efface toute ses absences de la première mi-temps. Battant ainsi le gardien, il permet au ballon de terminer dans les pieds de Thomasson, laissant celui-ci égaliser pour le deuxième but en deux minutes ! (2-2)

Dès lors, le jeu est plus rapide et l’intensité gagne d’un cran. Le capitaine strasbourgeois joue déjà son rôle en encourageant le jeune Caci après ses hésitations de jeunesse et une timidité qu’il devra gommer pour passer un palier, et on assiste enfin à un vrai match entre deux équipes qui évoluent dans l’élite de leurs pays respectifs. Le SC Freiburg pousse plus franchement et Laurey est bien décidé à ne pas voir son équipe se laisser marcher dessus, réclamant à ses joueurs de ne plus reculer, qui pffffte sur son banc à chaque passer ratée et replace un à un les joueurs comme s’ils les contrôlaient avec une manette de console.

Après 5 minutes d’attente sur le bord du terrain, une interruption de jeu à la 69ème permet à Gonçalves de replacer Mitrovic, Grimm prenant la place du défenseur central, et l’entrant venant garnir de sa fougue le milieu de son équipe. Martin se place devant les quatre défenseurs, pour essayer de faire oublier Aholou mais sans son volume de jeu et, s’il est bien plus technique, avec une certaine difficulté à pousser le jeu des Strasbourgeois vers l’avant.

A la 74ème, Petersen, l’attaquant allemand qui a failli faire partie de Nationalmannschaft, met le feu dans la surface strasbourgeoise, sans réussite. Pas plus qu’à la 78ème, avec une mauvaise transmission qui avorte une contre-attaque allemande, l’équipe locale se projetant assez vite vers l’avant dès qu’elle le peut.

C’est cependant Gonçalves qui illumine le jeu à la 79ème, d’une superbe louche en avant vers Ludovic Ajorque. Celui-ci gêne le gardien allemand par sa présence et permet une nouvelle fois à Thomasson de récupérer le ballon et de marquer pour laisser les visiteurs mener au score. (2-3)

Le match en main, Liénard laisse sa place à Youssouf Fofana (81ème), qui sera très souvent replacé par Laurey, ayant trop peu de temps de jeu pour briller et qui peine à prendre le rythme de la partie, bien qu’il soit capable de quelques belles choses.

Mené, Freiburg termine en poussant, mais c’est poussif. A la 84ème, l’intenable Petersen ne peut remettre à un coéquipier. A la 85ème, sur un hors-jeu de Freiburg que l’attaquant tire tout de même faute d’avoir vu le drapeau levé, Sels a une nouvelle (rare) occasion de montrer ce qu’il sait faire. Puis, Grimm, encore à la peine fait faute et donne un coup franc aux Noirs, juste devant la surface de réparation (87ème). Heureusement l’occasion n’en est pas une puisqu’elle termine dans le mur. Les Noirs semblent insister sur leur côté droit, celui où se trouvent les jeunes, Zohi, Caci et Fofana, qui se concentrent, se font tancer par leur entraineur mais font le travail sérieusement jusqu’à la fin et le score est tenu sans trop de peur, au final.

Zemzemi a le temps de rentrer quelques minutes, de manière anecdotique, et d’ailleurs, à la 90ème pile, l’arbitre qui trouve ce résumé trop long, siffle la fin et clôt cette deuxième victoire des Strasbourgeois en deux matchs dans le Bade-Wurtemberg.

On retiendra de ce celui que nous venons de vivre, la belle prestation de Zohi, surtout lorsqu’il est dans les parages de Thomasson avec qui il a su très bien combiner. Ajorque nous a montré qu’on risque souvent de trouver que, bien qu’il pèse sur les défenses, il est transparent dans le jeu, et viendra marquer juste au moment où on réclamera son remplacement. La défense menée par Mitrovic et Sels a déjà meilleure figure que l’année dernière. On trouvera un vrai titulaire dans la défense, à gauche, et si Lala reste de l’autre côté, le maintien devrait enfin être tranquille. Rajoutons à cette équipe un Da Costa, un Lamine Koné ou un Sissoko (qu’on verra évoluer demain face à l’UNFP) et cette équipe devrait avoir de l’allure. On a hâte que ça commence à Bordeaux ! Croisant l’entraineur de nos gardiens, Jean-Yves Hours, lui faisant remarquer que la deuxième mi-temps était bien meilleure que la première, il nous promet, avec acceing du sud à faire zouker les cigales, puisque c’est ainsi, l’équipe se chargera désormais de ne jouer que des deuxième mi-temps. Des comme ça, OK !

Et de même, si ça termine toujours aussi bien en terres teutones qu'après nos deux visites, on a aussi hâte de revenir : Bis bald, Kamaraden !

Ce compte-rendu est dédié à la petite Eleana qui, après une semaine tout juste qu’elle illumine le monde de sa présence, y a fait sa première sortie, vêtue de son body “j’peux pas mes parents ont Racing !” en compagnie de ses parents et de son oncle attendri. Certes, au milieu des cris et des applaudissements, elle a dormi tout le match. Mais on lui expliquera les parties par -10° à la Meinau (et les parties qu’on se gèlent, même si elle n’aura pas ce problème), les matchs nuls, vierges et pourris ou autres moments durs dans la vie d’un supporter. Si rien de tout cela ne lui fait peur, on a aussi hâte qu’elle vienne au milieu de nous, mêler ses chants aux nôtres et vibrer lorsque nos joueurs marquent !

« Un seul amour », oui OK, mais ce soir notre famille se permet de le partager un peu…

sa3ntiago

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