Savoir tourner la page

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Par louky
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© denisub90

Une reprise charrie toujours son lot d'espoirs, de rêves et de fantasmes. Celle du Racing, aujourd'hui, revêt en outre un caractère particulier. Entre la perspective enthousiasmante d'accueillir des recrues de qualité et celle de retrouver bientôt la Meinau en fusion, il flotte dans l'air comme un parfum de nostalgie. Cette année, les Bleu et blanc joueront sans Blayac, Bahoken, Oukidja ou encore Seka contre le PSG et consorts. Et même si un changement dans l'effectif était nécessaire, tous ces départs, ça fait quand même quelque chose.

Il est parti sous les quolibets et les insultes de twittos passablement énervés par sa trahison. Pourtant, il est le dernier joueur du Racing à avoir foulé la pelouse de la Meinau la saison dernière. Accompagné de son fiston, Alexandre Oukidja a profité jusqu'au bout de l'euphorie et de l'effervescence de ce kop qu'il a harangué tant de fois ces cinq dernières années. Un kop qui l'a acclamé contre le PSG autant qu'il l'a maudit pour ses sorties aériennes à l'issue incertaine. Il a finalement signé à Metz, à l'image d'une de ses fameuses pirouettes qu'il nous gratifiait après chaque victoire en National. Un mec haut en couleur qui, quoi qu'on en dise, fait partie de ceux qui ont forgé l'esprit Racing. Celui de mecs pas forcément toujours très bons sur le terrain, mais qui se sont toujours battus comme des chiens pour le maillot.

Comme Jérémy Blayac, Stéphane Bahoken et, on l'a appris récemment, Ernest Seka, il était l'un des guerriers qui a ramené le Racing à sa place. Et comme les trois autres, il ne sera pas sur la pelouse jouxtant la Meinau, aujourd'hui pour la reprise. Des départs pas forcément tous voulus par la direction, mais force est de constater qu'aucun d'entre eux n'a finalement été véritablement retenu. Comme s'il y avait un besoin impérieux de tourner une page.

De ceux qui ont charbonné en Ligue 2 encore récemment, ils ne sont plus que cinq : le Gonz, Dim' et son frère Grimm, Abdallah N'Ddour et Yoann Salmier. Les trois premiers ont l'assurance de rester dans la partie cette saison, Liénard ayant pour sa part un totem d'immunité pour les trois prochains siècles aux abords de la Krimmeri. Pour Yoann Salmier, qui a disparu des radars toute la deuxième partie de saison ou presque, l'avenir en bleu semble plus compliqué. Un prêt est envisagé et lui ne serait pas contre. Ndour, lui, aura sûrement une carte à jouer après avoir refoulé les pelouses en avril dernier. Si son corps daigne le laisser enfin en paix.

Une page blanche



La reprise du Racing s'écrit donc sur une page blanche. Exit les grognards du National, place à du sang neuf et un peu de fraîcheur. Pour les aficionados du mercato - celles et ceux qui rafraichissent H-24 leur timeline Twitter ou le stub pour voir fleurir des noms de pistes potentielles - le début du mois de juin a été une aubaine. Pas un jour, ou presque, sans qu'un nom de joueur ne soit mentionné comme futur Racingmen. Pas un jour non plus sans que la cible potentielle ne devienne... un futur Racingmen.

Sur la pelouse, ils sont quatre aujourd'hui à découvrir l'Alsace : Ludovic Ajorque, Stefan Mitrovic, Ibrahima Sissoko et Adrien Thomasson. Pour le premier, c'est une redécouverte puisqu'il fait partie de ces joueurs décisifs (avec Luçon et Clermont) contre Strasbourg à signer... à Strasbourg. Le deuxième cité a été chipé in extremis à Reims et a visiblement un cousin monteur vidéo qui lui veut du bien. Une recrue de choix à un poste clé, là où ni Kader Mangane ni Bakary Koné n'ont convaincu lors du dernier exercice. Pour Ibou Sissoko, je vous renvois à la présentation que j'ai déjà faite sur le stub, mais ça promet dans le bon sens du terme. Quant au recrutement d'Adrien Thomasson, autre gros coup du mercato, il symbolise la volonté du staff de bâtir, brique par brique, une équipe expérimentée, talentueuse et joueuse.

Bref, les perspectives sont alléchantes et enthousiasmantes. Il manque quelques recrues, notamment un gardien, pour compléter le tableau. Mais il manquera assurément certaines têtes à la reprise. Avec les partants reviennent les souvenirs, un soupçon de nostalgie et ce sentiment de reconnaissance envers des mecs qui nous ont donné l'envie de les soutenir jusqu'au bout.

À ceux qui restent et ceux qui arrivent de pérenniser et d'entretenir l'esprit Racing. Celui qui te fait arracher la toile d'araignée à la 94e minute d'un match contre Lyon que tu perdais dix minutes plus tôt. Celui qui te fait marquer un but contre le Paris FC à la 94e (toujours cette fameuse minute), d'une volée exter à l'entrée de la surface dans un sommet du National. Celui qui te fait courir plus vite que Marquinhos ou Benoit Haaby. Celui qui te fait sortir une parade magique contre Reims, qui vient de louper un péno. Celui qui te fait pousser des ailes à chaque fois que tu marques. Celui qui fait qu'on n'oubliera jamais ceux qui sont partis. Merci à eux. Mille neuf-cent six fois.

louky

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