Marseille - RCS, côté tribunes

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Côté tribunes
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Par lamp-hard
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© athor

Déplacement des Rouges d'un soir, chez le Strasbourg du sud. Des bleus dans les yeux, des rouges sur les cartons, la VAR dans les Bouches du Rhône, récit d'une soirée qui aura permis de passer par toutes les émotions ...

La malédiction du match de la semaine.


Septième journée, à la recherche du neuvième point, huit cent kilomètres de promenade bucolique. Le tout un mercredi soir, pour avoir le droit de goûter au doux parfum du pastaga, du pastis, des kalachnikov, des sardines et des soirées enflammées du Vélodrome. Si l'on pouvait crier sur tous les toits qu'un match de foot, c'est le samedi, le cri du cœur vient encore plus à s'époumoner dans un écho lorsque l'on sait que pour profiter du voyage d'un des "gros qui joue un autre championnat", c'est la mort dans l'âme qu'il faille y renoncer. Pour quelques Strasbourgeois, bonjour les RTT, l'heure de poser sa journée de récup', d'aligner une poignée de jours de congé, ou profiter de ne pas encore avoir suivi le conseil du supporter numéro 1 de l'OM et d'avoir traversé la rue pour se trouver un emploi.

C'est donc dans l'espoir, au cœur de cette semaine charnière, qu'un bus un peu trop rempli des bleus et de blancs décida, alors que l'aube n'était pas encore levée sur le saint des saints - La Meinau, bien entendu - de débuter sa route, des rives du Krimmeri, direction le vieux port et les calanques environnantes. Quatre jours après avoir brisé le signe indien et les Amiénois par la même occasion, et trois jours avant d'espérer s'offrir le scalp des aventuriers de la moutarde, les sourires étaient au beau fixe pour cette virée phocéenne. Objectif ? Du plaisir, pas de stress et éventuellement un exploit.

Le Vélodrome, toujours aussi grand, toujours aussi bruyant.


Une douzaine d'heures plus tard, une traversée bien accompagnée dans la citée de Marcel Pagnol, les tags plus prompt à valoriser les animateurs des quartiers Nord que le posthume dramaturge à l'accent chantant, voila les irréductibles Alsaciens passant sous le porche de l'immense enceinte phocéenne. Rejoint par plusieurs dizaines d'expatriés, vacanciers et autres farfelus ayant tenté le trajet en automobile, ce sont un peu plus d'une centaine de Strasbourgeois qui vinrent prendre place dans leur tribune. Contrairement à la saison précédente, où les suiveurs du plus grand club de l'Est avaient eut droit au balcon supérieur de leur tribune, cette année, le groupe visiteur s'est vu replié dans la petite fente, juste au dessous des loges locales. Mélanger parcage turbulent et petit four-champagne, c'est un cocktail assez inattendu, de quoi offrir un divertissement de plus, pour les riches du Sud ayant eu droit à ce voisinage.

Le reste du stade, à son habitude, ne vint se remplir que peu de temps avant le début de la rencontre. Seul le groupe voisin du parcage, sympathiques Fanatics, trentenaires aux ardeurs bien locales donnait déjà de la voix dès l'avant match, plus pour saluer la présence de nous autres adversaires, qu'intimer leur indéfectible soutient à les joueurs. Que nenni, nous nous passerons de réponse à ces énergumènes, profitant des minutes qui s'écoulent pour voir le reste du stade prendre forme, les deux virages de supportesr bien se remplir et tout juste le haut de la tribune latérale en face, garder ses sièges vides. 47 099 spectateurs pour voir l'Olympique de Marseille, rencontrer son petit frère de l'Est et prier tous les dieux de la citée phocéenne de ne pas voir un troisième revers de rang pour les leurs.

En route pour le Hold-up ... Mais de qui ? On a encore du mal à définir.


Le match débute, sans surprise, par une prise en main du jeu par les recevants. De surprise, tout de même, une est à l'affiche, celles des couleurs des Strasbourgeois, maculés du rouge de la ville, offrant aux spectateurs la première sortie de la tenue third, dernière création, de la marque aux trois bandes, ressortant leur catalogue des années 80, pour dessiner la tunique des champions 79. Dans les tribunes, outre quelques commentaires sur la tenue de leurs protégés, les chants et la gestuelle prennent leur place, l'ensemble du bloc prêt à soutenir avec conviction et sans fin, les visiteurs du soir, avec comme espoir, d'offrir une prestation digne de la cigogne. Si les voix sont étouffées par le brouhaha incessant des divers chants marseillais, bien que puissants, totalement inaudible par leur nombre différent. Et à défaut de se faire entendre sur la pelouse, les bleus et blancs dans les tribunes continuent à donner de la voix, croyant dur comme fer, à leur chance, elle qui viendra pointer le bout de son nez à la 27e minute lorsque Corgnet lance Lala et faisant taire l'ensemble du Vélodrome. La poignée et insignifiante cohorte strasbourgeoise peut exulter, c'est le minot de l'Est qui est devant à la demi-heure de jeu. Hold-up ? Un peu. Première occasion, premier but, des cris à tue tête dans le parcage, mais bien mérité, pour une équipe qui pliait sans rompre, pour des supporters qui chantaient sans se faire entendre. Souffrir, pour mieux réagir !

Néanmoins, car le Racing doit avoir une histoire à part, qu'aller prendre trois points au Vélodrome et pousser les marseillais dans la crise n'était pas au menu du soir, alors que la confiance est au rendez-vous, monsieur Letexier siffle une faute peu évidente de Grimm dans la surface. Sentence irrévocable, preuve de la VAR à l'appui ... Payet ne se fait pas prier et remet les équipes à égalité, juste avant la pause. Pas de quoi décourager les Alsaciens, les chants redoublant de force, le but ultime étant de continuer à exister, devant les milliers de voisins en feu .... Encore plus lorsque trois minutes plus tard, le toit du stade peut s'envoler, lorsque Sanson, remonte définitivement le volume sonore, en offrant l'avantage au score, avant la pause, pour les troupes marseillaise.

Mi-temps, le temps de se restaurer, de consulter son téléphone. Entre un verre d'eau ou autre boisson vendue, à l'effigie du club recevant - Difficile instant, que d'avaler une goutte, dans ce triste récipient - les réactions sont limpides : Pas de penalty ! La VAR est une arnaque ! L'arbitre payé, d'après Winamax, même depuis l’Élysée. Mais rien n'y fait, le football gardera surement à jamais sa magie et son lot d'erreurs, les strasbourgeois reprendront bien la seconde période, avec un but de retard.

Pas question de lâcher. Le capo harangue ses troupes, refusant de se laisser écraser par les vingt mille poumons des virages voisins et reprend de plus bel les chants à l'honneur de nos joueurs. Les marseillais, toujours la balle au pied, font peser le risque de plier le match, jusqu'à l'improbable nouvelle intervention de Monsieur Letexier offrant le rouge, du carton cette fois-ci, au malheureux Amavi, plus coupable d'un équilibrage arbitral que d'un geste dangereux sur Kenny Lala. Si cela fait hurler tout un stade, la cohorte bleue et blanche reprend confiance, voyant la un signe de la routourne qui tourne, bien connu du côté de la Canebière. Une supériorité numérique, pour la troisième fois de la saison. Une victoire, un nul, il s'agissait maintenant de logiquement reprendre ses droits et pousser, tant sur le terrain que dans les tribunes. Les minutes s'écoulent et le coach Laurey, digne adepte des jeux vidéo, troque son ultra défensif, contre un ultra offensif, faisant apparaître sur la pelouse Da Costa, Saadi et Zohi. Si le dernier s'exprime en faisant chauffer les gants de Mandanda, c'est bien les deux premiers citées, qui vont pousser les Phocéens dans leurs derniers retranchements et faire sauter la banque. Deux partout, Da Costa peut exulter, tenir son poing fermement en l'air, en direction du parcage, le Racing va le faire et ramener son point du Vélodrome, comme une dizaine de jours plus tôt de la Mosson.

Mais, pendant que le parcage exulte, que les Marseillais insultent, les longues balles dégagées par la défenses strasbourgeoise, reviennent telle des têtes chercheuse et au bout d'une action rondement mené, un Vélodrome qui s'était éteint, d'un coup, vient à s'enflammer, une dernière fois ... Une fois de trop !

Tout ça pour ça ...


Les dizaines de milliers de Marseillais peuvent crier, exulter, les trois points leur sont acquis, à dix contre onze, après s'être défait de l'ogre strasbourgeois. Les mines déconfites alsaciennes viennent tout de même applaudir des joueurs qui auront tout donné, bien conscient que le résultat final, bien qu'amer, n'est pas une surprise et que les trois points, c'est ce samedi qu'il les faudra ... Dans notre championnat.

Jet de bouteilles, invectives voisines, l'après match dans le Vélodrome ressemble à tous les après matchs dans la citée phocéenne : menaces, insultes, coups de pression, à croire qu'ils en viendraient à nous confondre avec leurs amis parisiens. Il est toujours plaisant de passer par ici, avec ce petit espoir de renverser la montagne, un jour on y viendra à nouveau, car ce coup de tête de Nouma, on y croit encore. Le chemin du retour, bien quadrillé par les forces de sécurité, laissera aux alsaciens nourrir l'espoir secret, qu'un jour, on viendrait à nouveau à gagner par ici ... Allez, il reste la Coupe de France pour le faire cette saison !

En attendant, retour en Alsace ... Dans trois jours, y'a match ... Et en plus, c'est un samedi ! On y sera tous cette fois !

lamp-hard

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