Dans le rétro : octobre 1988

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Par kitl
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Gérard Banide a du pain sur la planche

Gérard Banide est arrivé. Le nouvel entraîneur mise dans un premier temps sur la positive attitude. Il compte profiter du sillage de Jean-Paul II, dont la visite en Alsace représente un incontestable temps fort de l’année 1988…

Le technicien méridional prendra le relais de l’intérimaire Dogliani, après la réception de Caen. Inutile de préciser que la victoire face aux Normands est obligatoire, afin de les rejoindre à la dix-septième place du classement. Ayant endossé le costume d’adjoint durant la semaine, Léonard Specht est remplaçant et cède son brassard à Fabrice Mège, quatrième capitaine de la saison. Frédéric Christen, meneur de jeu de poche la saison précédente en D2 devenu la cinquième roue du carrosse – 21 minutes de temps de jeu –, fait son retour parmi les treize. Ferri est une fois de plus suspendu et Andrieux manquera au moins jusqu’à la trêve.

De retour après avoir été préservé lors des deux précédentes journées, Pita ouvre le score sur coup-franc, son deuxième après Lens en août. Il s’agissait de la dernière victoire strasbourgeoise. Hélas, le présage était trompeur : le Racing cède une nouvelle fois en fin de partie. Servi par Rix, Jean-François Domergue expédie un missile hors de portée de Flucklinger, avant qu’un solo de Divert n’offre les trois points au SMC (1-2). Novices à ce niveau, les Normands ont agrémenté leur effectif d'éléments expérimentés tandis que Strasbourg a joué à la roulette russe et voit ses cadres défaillir. Rien ne va plus à la Meinau…

Sentant le moment venu, les partisans de Gilbert Gress dévoilent une banderole « Gilbert au Racing ». Le retour ne sera pas pour cette fois, c’est bien Banide qui officiera. Au surlendemain du match, une information surréaliste fera le tour de la place strasbourgeoise : selon une radio locale, Paulo Cesar serait actuellement détenu à la prison de Metz. L’intermédiaire brésilien, accompagnateur de l’équipe de Dunkerque à Saint-Dizier la saison passée, a, il est vrai, totalement disparu des radars cette saison. Il aurait filé avec l’argent du transfert de Pita ! Rumeur évidemment dénoncée le lendemain dans la presse.

Le Racing se présente en victime expiatoire pour son second déplacement au Parc des Princes, où règne le PSG de Tomislav Ivic, coleader du championnat. Toujours aussi défensif, le onze parisien profite d’une maladresse de Jean-Pierre Bade avant de fermer à double tour, guère inquiété par ce Racing inoffensif. L’arrière-gauche réunionnais envoie derrière lui une passe mollassonne. Personne ne s’en saisit, si ce n’est Susic qui grille la politesse à Specht. Tacle désespéré de Léo, qui n’a pas forcément les repères au poste de libéro après quinze ans comme stoppeur – Gillot s’est à nouveau blessé contre Caen. Penalty transformé par Calderon (1-0).

Pas inquiet après cette défaite prévisible, Gérard Banide organise une petite revue d’effectif. Laissé de côté par Kasperczak, le petit Jean-Luc Lemonnier s’est mis d’accord avec Le Mans. Autre oublié, le jeune Rolling est relancé, tandis que Jean-Jacques Etamé n’a pas convaincu : il est prêté en D2, à Brest.

Suite des élections cantonales aux conseils généraux du 67 et du 68 : Hoeffel rempile, pas Goetschy, remplacé par Jean-Jacques Weber. Au Chili, un référendum chasse Pinochet du pouvoir.
L’événement majeur du mois d’octobre est à la fois politique et spirituel : le pape Jean-Paul II passe quatre jours en Alsace. Le programme est chargé, entre les visites officielles aux institutions européennes (Parlement et Conseil de l’Europe) et un passage aux monuments religieux régionaux, la Cathédrale de Strasbourg et le Mont-Sainte-Odile. Le Saint-Père visite également Mulhouse, Metz et Nancy. La Meinau accueille une messe le dimanche 9 et une rencontre avec les jeunes la veille au soir. Le stade de l’Ill sert également de théâtre à une messe.

Les loges de la tribune Sud, cofinancées par la Ville de Strasbourg et le club, ont servi pour la première fois au cours du weekend papal. Elles sont officiellement inaugurées face à Toulon et doivent doper les recettes commerciales du Racing. Face à la défense à cinq des Varois désormais habituelle – Rolland Courbis racontera s’être inspiré des lignes arrières du RC Toulon en feuilletant Var-Matin –, Banide opte pour un 3-4-3.

Equipe

Le Sporting Toulon Var est décimé et le Racing se met tout de suite en confiance. Centre de la gauche de Fabrice Mège, remise astucieuse de Reichert pour Pita, démarqué, qui reprend en demi-volée. Action superbe, où l’on relève enfin la participation concomitante des deux « étrangers ». Deux protagonistes à l’œuvre pour le 2-0, issu d’un coup de pied arrêté, enfin presque : corner de Pita, mal renvoyé, le Brésilien remet le ballon dans le paquet d’où surgit l’Allemand. Le but toulonnais dans les dernières secondes restera anecdotique. Strasbourg engrange son troisième succès (2-1) de la saison et se rapproche à quatre points de Caen, dix-septième.

Nouvelle banderole à signaler, le message précédent est complété : on appelle non seulement au retour de Gilbert Gress, mais aussi à la démission d’André Bord. Daniel Hechter se déplacera en personne pour décrocher la banderole du grillage, tandis que le président de l’Omnisport se faisait chahuter en tribune présidentielle.
Des débordements qui inspirent un billet à Bernard Delattre, manifestement encore marqué par la visite papale :
« Décidément le Racing traîne son passé comme des boulets. Des entraîneurs qui, quels que soient les dirigeants, se succèdent comme les grains au chapelet du pape. Des contestations, des revendications de soi-disant supporters qui n’arrivent pas à admettre que le Racing doit regarder devant lui et non derrière ».

Hasard ou non, André Bord fait parler de lui une seconde fois en quelques jours, ce qui ne s’était pas reproduit depuis des années. Le 21 octobre, il décide de quitter le RPR, au lendemain d’une visite-éclair d’Alain Juppé à Strasbourg. Protestant contre « l’hyper-centralisation » d’un parti dans lequel il ne retrouve plus sa fibre gaulliste, Bord veut montrer de quel bois il se chauffe à l’approche des municipales de 1989. Les habitants des quartiers ouest sont eux privés d’eau chaude suite à l’explosion de la chaufferie d’Hautepierre, quatre ouvriers chargés de la maintenance sont blessés.

L’Algérie connaît plusieurs semaines de tension, mais on est loin de la révolution d’octobre. Un référendum est prévu afin d’entériner l’ouverture du régime, après vingt-cinq ans de parti unique. En France, le CNOSF déplore le budget insuffisant du secrétariat d’Etat à la Jeunesse et aux Sports.

Pendant que l’Equipe de France se rend confiante à Nicosie, le Racing s’offre un petit amical pour meubler la trêve internationale, face aux Suisses de Lucerne à la Colombière d’Epinal. Succès anecdotique mais bienvenu pour entretenir le moral, sur un but de Reichert, avant de défier le deuxième du championnat, l’AJ Auxerre.
Enfin remis de ses pépins physiques, Vincent Cobos fait son retour au poste d’arrière-droit, à titre intérimaire précise-t-il. Plus surprenant, Pita figure parmi les choix de l’entraîneur et sera mis à disposition de l’équipe réserve d’Albert Gemmrich. Banide lui préfère Mège pour animer son 4-3-3 classique.

Monté aux avant-postes, Vincent Sattler reprend de la tête un centre de Reichert. Les Strasbourgeois flairent le bon coup et résistent jusqu’à l’heure de jeu. Sur un moment d’inattention, la défense laisse Pascal Vahirua libre de ses mouvements. Le Tahitien sert parfaitement Didier Monczuk pour l’égalisation. Alors qu’il croyait tenir le point du nul, le Racing est finalement crucifié à la dernière minute, sur un coup de tête de Bernard Ferrer (2-1)…

kitl

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