Guingamp - RCS, côté tribunes

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Côté tribunes
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Par lamp-hard
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© manacor67

Onzième sortie saisonnière, sixième déplacement. Un Racing solide septième, invaincu depuis trois rencontres, s'apprêtant à se déplacer chez la lanterne rouge (et noir). La Bretagne, ça vous gagne ! Ou pas...

La seule chose qui nous sépare de la Bretagne ? La France !


Au mois de juillet, alors que le calendrier tombe, chacun d'entre nous vient à cocher quelques dates. Entre les gros et les voisins, tout le monde trouve avec un petit bonheur le match à ne pas manquer, le dép' à effectuer. Pour moi, cette année, c'est le Roudourou, ses tracteurs et son crachin breton qui m'intéressent. Vous allez me dire, quoi de spécial qu'un voyage d'Est en Ouest pour affronter le petit poucet démographique de notre championnat ? La réponse dans dans les lignes qui suivent.
Au programme, un départ de notre belle Meinau au cœur d'une nuit frisquette d'Alsace. Peu m'en chaut les températures d'un automne que nous n'attendions plus, moi ce qui m'intéresse c'est la Bretagne et son air marin, alors le choix se porte sur mon bermuda et mon t-shirt estampillé aux couleurs du groupe. N'étant pas complètement fêlé, j'embarque une veste, l'écharpe pour nos bleus et quelques liquides qui me réchaufferont bien si le froid devait se faire sentir .. Remarquez, s'il fait chaud, c'est pour se rafraîchir, à croire que l'on trouve toujours une excuse ? A peine ...

Nous voila donc lancé, un bus bien garni, pour une traversé longue de quinze heures. Ah oui, ne jamais se référencer aux applications vous donnant votre chemin. Notre vitesse de croisière se rapproche plus des grandes heures de Marester que des rush d'Alassane N'Diaye. Pour tuer le temps, quoi de mieux qu'un savoureux apéritif. C'est pas encore Costa croisière, mais nous sommes fins prêts pour naviguer et retrouver notre Da Costa à nous, sur les rivages des côtes bretonnes, bien confiants de le voir pilonner les cages guingampaises.

La forteresse du Roudourou


Une demi-journée plus tard, une dizaine de verres plus tard, un peu de retard sur notre programme, nous voilà aux portes du théâtre du soir. On le sent, cette nuit, c'est le grand jeu, on va enfin se payer le dernier. Pas de Metz bis cette fois-ci, l'équipe est plus costaud !
En attendant de pouvoir retrouver nos protégés, l'heure est venue de passer la garde du Castel du Graet. Et comme l'a si bien mentionné notre cher président de la Fédération, plus aucune animation fumeuse ne saurait être tolérée. C'est donc dans une logique assez démentielle, que la cité aux huit milles âmes nous offre une fouille digne d'une arrivée à Roissy après six mois de vacances en Syrie. Double rideau de palpation, avant de s'offrir le luxe d'un rapprochement avec un canidé plutôt bien en jambes. Mais ce n'est pas cet épisode qui viendrait à refroidir nos ardeurs. A défaut, pour moi, finalement assez déçu du froid local, je m'en vais tout de même porter ma veste, un brin trop courageux ce coup-ci.
Et à mes amis bretons, leur faire savoir que j'escomptais tout de même un peu plus de chaleur dans leur belle contrée de l'autre côté de la France. Mes trois camarades locaux, éduqués au rouge et noir du pays, attendris et tombés amoureux du bleu roy strasbourgeois et qui pour une fois dans l'année, viennent à changer de camp, venant au stade, couleurs du visiteur du jour sur le dos. Voila la raison de cette croix sur le calendrier en juillet dernier : pouvoir profiter d'une rencontre à l'autre bout de la France et partager cet instant avec nos supporters expatriés.

Le silence des agneaux ... Pas des chèvres, hein, entendons nous bien !


Les salutations faites, nous pouvons tous ensemble rejoindre la tribune, parqués dans un coin derrière l'un des buts, faisant face à la tribune adverse, occupée par le Kop Rouge, attendant toujours de pouvoir fêter sa première victoire à domicile. Non, non et non, nous ne serons pas les dindons de la farce ! Pas encore une fois !
Et la rencontre de débuter, sous les auspices les plus sombres de notre silence, protestants par le silence aux multiples abus de pouvoir des autorités préfectorales ou ministérielles. Second opus, pour ce second week-end de contestation massive à travers la France. Une bâche, désormais bien connue "Supporters ≠ Criminels" disposée à l'avant de notre tribune, pour défendre nos droits, nos libertés, durant ces vingt minutes bien douloureuses, dans notre volonté de soutenir nos joueurs, à l'autre bout de la France. Et puisque la moitié du Stub a du être bien déçue de ne pas pouvoir tenir rigueur aux animateurs de la tribune Ouest d'un but encaissé à la suite de notre grève à domicile, ils pourront se rassurer quant à la véracité de leur propos par ce coup de tête de Benezet. Oui, rassurez-vous, le Racing arrive toujours à encaisser un but lorsque le Kop ne chante pas, vous avez tout à fait raison ... A moins que cela soit uniquement le cas d'une équipe strasbourgeoise totalement à côté de son affaire ce soir ? Le débat est ouvert !

A l'abordage !


Les vingt minutes prenant fin, nous voilà tout prêts, un but déjà dans la musette, à entonner nos chants, offrir notre soutien, indéfectible, à nos Bleus, encrassés dans un terrible marasme, bien spécifique aux déplacements chez les souffreteux de Ligue 1. Et inlassablement, minute après minute, nos voix échaudées, poussant avec conviction et espoir réel, d'un retour dans la rencontre de notre équipe. Un capo, casquette bien vissée sur le crâne, menant notre barque dans la houle des Côtes d'Armor. Le navire vogue, traverse l'océan de la purge, nous voyant souffrir, mais toujours volontaires et exprimant notre amour, pour notre pavillon strasbourgeois.

Les minutes passent, nous emmenant à une mi-temps pas vraiment salvatrice. Nos joueurs n'y sont pas, mais nous en avons vu des plus difficiles depuis le début de la saison. Il n'y a pas de raison de ne pas y croire ... C'est donc dans les coursives, une bière sans alcool - c'est légal ça, en Bretagne ? - dans les mains, que nous devisons de la suite du combat. Combat déjà perdu pour un sandwich indisponible à la buvette, qui est partagée avec nos voisins kalons. Ils auront encore une fois été plus vifs que nous et je me devrai d'attendre le retour en bus pour me sustenter comme il se doit. A défaut, la bière engloutie, nous voila en route pour le second acte.
Si notre tribune pousse les petits Bleus à l'égalisation, ces derniers semblent bien peu inspirés de se munir de notre puissante voix pour faire la différence. Mais l'espoir renaît, alors que tout juste entré en jeu, le blond Zohi vient adresser un centre devant notre tribune pour ... la main d'un Guingampais, nous offrant par la même un penalty pas forcément mérité, au vue de la rencontre jusqu'ici.
Au diable le mérite, nous on veut des buts, on veut des points et le fantomatique Kenny d'un soir va nous l'apporter ... Ou pas. Johnsson, d'une main solide, vient détourner le tir de notre meilleur artificier des onze mètres, rejetant notre bonheur à plus tard. Ce n'est pas grave - enfin si, un peu, mais bon - le Racing Rock 'n' roll va nous le chercher ce point !
Un petit quart d'heure à jouer et alors que nous pourrions voir nos joueurs craquer sur un énième contre des locaux, l'étincelle vient du banc. Alors qu'un des ultimes centres de Martin vient chercher le désespérant Lala, manquant de justesse sur le cuir, surprend tout de même le portier local qui repousse l'offrande sur le jeune Zohi. Du sang froid du haut de ses vingt et un printemps et voila les pendules remises à l'heure. 1-1. Premier but en pro pour le jeune homme, évitant par la même une nouvelle défaite chez la lanterne rouge pour le Racing.

Merci Lucien ! Rendez-vous mardi pour le coffre fort nordique !


Le match nul dans le sac, scandant notre bonheur à plein poumon, à l'instar de l'escapade montpelliéraine, nous fêtons à nouveau le sursaut d’orgueil avec nos joueurs. De vives acclamations, des maillots blancs envoyés aux suiveurs, le plus beau geste de la soirée de Kenny Lala d'ailleurs ... Son maillot finissant dans la fosse, avant de tout de même trouver preneur chez un heureux élu. Peu importe, la petite troupe strasbourgeoise peut être satisfaite, bien que n'ayant pas assisté au plus grand show de l'année, le nul est plaisant et l’invincibilité galvanisante.
Je dis au revoir à mes amis bretons, les retrouvant bien assez vite, heureux d'avoir pu partager avec eux ces instants d'émotions, uniques aux voyages extérieurs.

Et si pour beaucoup, nos deux fois vingt minutes de silence n'ont pas d'importance ou aucune utilité, c'est donner bien du tort à notre combat. Si rien n'est à faire, l'an prochain quand je reviendrais au Roudourou, en coupe de France, cela va de soi, sachant qu'ils finiront relégués - je suis méchant, mea culpa -, mon déplacement sera peut être interdit pour des raisons fumeuses. Peut être mon bus aura le droit de venir ? Mais pas les suiveurs expatriés ou ceux préférant le confort de leur voiture ou d'un vol. Défendons notre droit de suivre et d'animer nos coins de stade partout en France. Les plus beaux moments de bonheur se vivent partout ou le Racing joue et avec un maximum de camarade supporters !

lamp-hard

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