Samuel Grandsir, à toute vitesse

Note
5.0 / 5 (7 notes)
Date
Catégorie
Transferts
Lectures
Lu 4.767 fois
Auteur(s)
Par athor
Commentaires
4 comm.
Capture d’écran 2019-01-20 à 13.49.06.png
© fsrcs

Si le Racing n'avait pas nécessairement besoin de se renforcer cet hiver, il a saisi l’opportunité du prêt du jeune ailier monégasque Samuel Grandsir, qui apportera un supplément de vélocité à l'attaque du RCS.

Thierry Laurey et Marc Keller l'avaient annoncé dès le départ, au moment où la presse spécialisée commençait à peine à multiplier les rumeurs de transferts, le Racing ne cherchait pas vraiment à recruter un nouvel élément, se contentant d'attendre le retour des joueurs blessés. Tout au plus, l'entraîneur concédait qu'il restait attentif au marché, à l'affut d'une opportunité pour son secteur offensif. Malgré la deuxième meilleur attaque du championnat, l'équipe peut présenter un manque sur les côtés, dans le cas où Laurey choisissait un nouveau schéma de jeu, en 4-3-3 ou en 4-2-3-1 par exemple. Déjà suivi par le passé, et supervisé à plusieurs reprises par la cellule recrutemps du Racing la saison dernière à Troyes, Samuel Grandsir avait choisi le grand saut en signant à Monaco. Au sein d'un effectif aussi pléthorique qu'inexpérimenté, l'international espoir joue peu, et a récemment vu ses perspectives se réduire après le mercato hivernal XXL de l'ASM. Dans l'impasse, il a donc préféré répondre favorablement à la proposition de prêt de la part de Strasbourg, afin de relancer une carrière prometteuse jusque là.

L'ascension de Grandsir fut en effet rapide, logique pour celui dont la qualité principale de son jeu est sa vitesse de course. Né à Évreux, une ville dont est originaire un grand nombre de footballeurs professionnels, de Mandanda à Bodmer, en passant par Ousmane Dembélé et Brice Samba, il débute dans l'un des deux clubs locaux, l'Evreux AC. Champion de Normandie avec les U14, il séduit ses éducateurs par ses qualités physiques, mais présente des limites dans son jeu, comme l'indique le responsable de la formation du club: « il avait du mal à se canaliser, à se situer dans une zone de travail. On attendait plus de rigueur sur le secteur défensif, à ce moment-là. » Ce manque de rigueur lui vaut de rester dans son club, au moment où ses coéquipiers commencent à rejoindre des centres de formation, à l'image son ami Aloïs Confais, parti à Troyes. Toujours à Evreux, et alors que les deux clubs de la ville ont fusionné, Grandsir réalise une excellente saison avec les U17, alors qu'il est surclassé, et tape dans l’œil d'un des recruteurs de l'ESTAC. L'occasion de retrouver son ami Aloïs Confais, mais surtout, à 16 ans, d'entrevoir le rêve d'une carrière professionnelle.

Marquant relativement peu de buts pour un joueur offensif, alors que les statistiques sont bien souvent indispensables pour sortir du lot dans un centre de formation, Samuel Grandsir se distingue d'une autre manière, par ses efforts défensifs mais aussi et surtout par ses multiples courses et sa capacité à créer des occasions. A la fin de la saison 2013/2014, Claude Robin, l'entraîneur de la réserve le convoque pour le tester face à des séniors. Dès la saison suivante, et alors que l'équipe réserve est promue en CFA, le joueur s'impose progressivement comme un cadre de l'antichambre des pros. En 2015, Robin est remplacé par Gharib Amzine. L'ancien Strasbourgeois lui accorde également sa confiance. Grandsir achève la saison avec un bilan de 26 matchs, pour trois buts marqués. Il est alors logiquement récompensé par un premier contrat professionnel de trois saisons, et par une apparition d'un quart d'heure en L1, sur la pelouse de Montpellier.

Relégué en L2 à l'aune de la saison 2016/2017, l'ESTAC fait le choix de s'appuyer sur un groupe plus resserré, afin de laisser plus de place à l'épanouissement de ses jeunes joueurs. Le nouvel entraîneur de l'équipe première, Jean-Louis Garcia décide de faire confiance à certains jeunes éléments, parmi lesquels les deux Ebroïcien Confais et Grandsir. Ce dernier figure dans le groupe du premier match de la saison face à Sochaux, et entre en jeu à un quart d'heure de la fin du match. Une première en L2 qui sera très brève, l'ailier est expulsé après seulement quatre minutes. Une mésaventure qui se rééditera un mois plus tard, pour sa troisième titularisation à Nîmes, avec un carton rouge juste avant la mi-temps. Un excès d'enthousiasme que Grandsir gomme peu à peu, grâce aux conseils des expérimentés Benjamin Nivet et Stéphane Darbion. Régulièrement sur le terrain, il séduit le public par ses grandes chevauchés, mais aussi son entraîneur : « Sam est devenu un joueur important de l’équipe. Il a un gros volume de jeu, il fait des différences avec sa vitesse et devient plus efficace. Il y a plus de discernement dans son jeu, il est moins foufou qu’en début de saison. » Dans le sillage notamment du buteur Adama Niane, Troyes parvient à se hisser à la troisième place, celle de barragiste, et accède à la L1 après s'être défait de Lorient.

En première division, Grandsir conserve sa place dans l'équipe et se montre aux yeux du grand public. C'est lui qui inscrit le premier but de la saison, face à Rennes, puis se révèle comme l'un des principaux arguments offensifs des Aubois. Buteur décisif à Metz dans les arrêts de jeu, pour un succès 1-0 des siens, il est appelé par Sylvain Ripoll en équipe de France espoirs au mois d'octobre, lui qui n'avait jamais été appelé en sélection nationale auparavant. Mais après des débuts tonitruants, le joueur connaît un vrai creux et peine à se montrer décisif, au moment où l'ESTAC est également dans le dur. Des émissaires de plusieurs clubs, français et européens, continuent tout de même de se bousculer dans les tribunes du stade de l'Aube pour observer la jeune promesse. Dès le printemps, l'intérêt de Marseille et de Nice est révélé dans la presse. Mais deux semaines après la fin de saison, et la relégation de Troyes, c'est à Monaco que la carrière de Samuel Grandsir va se poursuivre. Pour environ 3M€, l'ASM espère que le Troyen entrera dans sa politique de valorisation financière de jeunes joueurs. Après une série de matchs de préparation compliquée, comme pour toute l'équipe, l'ailier est titulaire lors du match pour le trophée des champions face au PSG, à Shenzhen, à un poste inhabituel de latéral droit, dans un 3-5-2. En difficulté défensivement, il cède sa place à la mi-temps.

Lors de cette première partie de saison, il peine à surnager dans une équipe en plein marasme collectif. Grandsir joue peu, connait quelque pépins physique, mais connait l'expérience de la coupe d'Europe, avec trois apparitions et un but face à l'Atlético Madrid. A la relance au Racing, il cherchera à enchaîner les matchs de manière plus régulière. Sa capacité à jouer sur les deux côtés, ses qualités de dribbles et sa vitesse sont autant d'atouts que Thierry Laurey pourra exploiter durant les cinq mois de compétitions restants. Car même si le prêt n'est pas assorti d'une option d'achat, les deux parties ont tout à gagner.

athor

Commentaires (4)

Flux RSS 4 messages · 3.858 lectures · Premier message par kaniber68 · Dernier message par djedehcoh

Commenter