Dans le rétro : février 1989

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Par kitl
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Des hauts et des bas pour Philippe Flucklinger et le Racing

Tandis que s’ouvre une année diplomatique des plus intenses, le RCS s’attache à renouer le fil d’une dynamique positive, très largement assombrie par la disparition de Vincent Sattler.

Résumé de l’épisode précédent : Le RC Strasbourg a enfin enregistré une série de résultats positifs. Profitant d’un calendrier favorable, les partenaires de Vincent Cobos sont revenus dans la foulée du Stade lavallois avant d’être frappés en plein cœur.

Décidé à préparer la fin de saison tout en fuyant un contexte chargé, le Racing s’est ressourcé fin janvier sur les terres gardoises de Gérard Banide, au retour de quelques semaines de congé. La rentrée prévue le 4 février contre Laval s’annonce exigeante émotionnellement parlant. Elle revêt en outre une importance capitale pour le maintien : Strasbourg peut subtiliser la dix-huitième place aux Tangos.

Opéré du genou par le professeur Jaeger, Pita est espéré pour l’emballage final. Recruté pour pallier cette indisponibilité, l’attaquant anglais Simon Stainrod suscite la curiosité du public au retour en Alsace : « Il est où, l’Anglais ? ».

Minute de silence glaçante, brassard noir, invitation de soixante jeunes footballeurs de Dahlenheim. 5.202 spectateurs sont venus adresser un ultime au-revoir à Vincent Sattler. Et c’est de son acolyte depuis tant d’années, Franck Rolling, que viendra la lumière, de la tête et sur corner, naturellement. Pascal Rousseau venait de détourner un penalty de Mège.
Plancque puis Fabrice Mège corseront l’addition (3-0) et permettront au Racing de sortir de la zone rouge pour la première fois depuis septembre et le limogeage de Kasperczak.

Alors que la Catalogne s’étrangle à la lecture du testament de Salvador Dali, qui a choisi de léguer tous ses biens à l’Etat central espagnol, une vague de démocratisation secoue l’Amérique latine et l’Europe de l’Est. Quelques mois après le lancement d’une transition au Chili, le Paraguay chasse son autocrate Stoessner.

Certains partis communistes installés depuis un demi-siècle comment à lâcher du lest : organisation d’une « table ronde » en Pologne ; en Hongrie, la réhabilitation d’Imre Nagy – victime d’une purge puis exécuté à la suite de l’insurrection de Budapest en 1956 – est engagée. La tutelle de Moscou se fait moins étroite, Gorbatchev ayant dans le même temps engagé le retrait des troupes soviétiques d’Afghanistan.

George H. Bush, le nouveau président américain, est de façon plus anecdotique confronté à la fronde du Sénat, qui refuse de confirmer la nomination pourtant acquise d’avance du candidat au secrétariat à la Défense John Tower, accusé d’être à la fois coureur de jupons et alcoolique.

Rien de tout cela à Marseille, qui renverse la vapeur en un clin d’œil après l’ouverture du score signée Reichert. Le troisième de Division 1 profite d’un corner d’Allofs boxé dans ses filets par Philippe Flucklinger. Une erreur fâcheuse, d’autant plus que Papin puis le même Allemand moustachu fixent la marque à 3-1.

En marge de la rencontre, Jean-Pierre Dogliani a annoncé la prolongation de Gérard Banide pour la saison suivante. Albert Gemmrich deviendra son adjoint à plein temps et sera remplacé par le futur retraité Specht à la formation. Le vétéran Pascal Janin, doublure de Flucklinger, sera chargé de l’entraînement des jeunes gardiens.

A Bordeaux, futur adversaire du RCS, l’ère est également à la révolution. Claude Bez enregistre l’arrivée d’Eric Cantona, banni de l’OM. Didier Couécou remplace Aimé Jacquet sur le banc, tandis que l’enfant du club, Alain Giresse, fait son retour comme directeur sportif.

Le choc se dispute un dimanche après-midi, ce qui permet un triplement de l’affluence par rapport à Laval. De retour sur les lieux du crime, Cantona ouvre le score sur un centre de Lizarazu. Sur coup-franc, Mège trouve la lunette d’un Dominique Dropsy médusé avant de marquer sur penalty. L’égalisation d’Allen douche l’enthousiasme alsacien avant que Peter Reichert n’offre les trois points au Racing (3-2).

Le Moyen-Orient n’échappe pas à l’emballement diplomatique global, avec la fatwa visant Salman Rushdie. Retour de l’autre côté du rideau de fer, en Tchécoslovaquie, où des manifestants rendent hommage à Jan Palach, militant qui s’était immolé par le feu place Vencesclas en 1969. Dans le même temps, Vaclav Havel est condamné à neuf mois de prison.

Le Rhenus accueille des matchs comptant pour le Mondial B de handball et on se bouscule pour finaliser les listes en prévision des municipales du mois de mars. Le Parti socialiste frôle le refus de jeu : les bisbilles entre rocardiens et mitterrandiens se transposent à Strasbourg. Le député Oehler renonce à figurer sur la liste Trautmann avant de se raviser.

Côté majorité sortant,e au bord de la défense en zone, la liste d’union UDF-RPR fait la part belle aux notables sortants. On compte une seule femme, Yvonne Knorr, parmi les dix premiers noms communiqués.
Une liste centriste présentée par Michel Stourm fourbit ses armes depuis plusieurs mois et il se murmure qu’André Bord n’a pas dit son dernier mot…

A Cannes, le Racing subit un festival de Vujovic, qui s’est même payé le luxe de manquer un penalty. Défaite 4-1, qui confirme l’idée selon laquelle le maintien s’obtiendra à la Meinau.

Ce n’est pas la Coupe de France qui chargera le calendrier, Strasbourg est éliminé par le LOSC dès son entrée en lice. Prochain rendez-vous le 11 mars contre Nantes, quelques jours après un prometteur Ecosse-France sur la route du Mondiale 90, pour lequel a été sélectionné le régulateur sochalien Thierry Laurey...

Article réalisé à partir des archives des Dernières Nouvelles d'Alsace, consultables à la médiathèque André Malraux ou au Musée historique de Haguenau.

kitl

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