Bilan 2018/2019 côté tribunes

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Par guigues
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© gabmey87

Après une saison exceptionnelle pour leur retour dans l’élite, les fans du Racing ont-ils confirmé le titre de meilleur public de France ? Pour la LFP oui, mais pour racingstub ?

Le jardin du roi



Si la Meinau est avant tout le pré carré des joueurs du Racing, les tribunes aussi ont su retrouver leur lustre d’antan. A défaut d’être redevenue une forteresse imprenable, elle est assurément devenue le symbole d’un football populaire. A guichets fermés 18 fois sur 19 rencontres en championnat, elle affiche logiquement l’un des meilleurs taux de remplissage de la première division. Seule la venue d’Amiens n’a pas réussi à afficher complet. Pourtant cette année, le Racing s’imposait 3-1 face à son meilleur ennemi qui le suit fidèlement depuis l’époque du National.

A noter qu’en coupe de la Ligue, 16 821 spectateurs seulement se sont déplacés pour voir Lille lors de l’entrée en lice des Strasbourgeois. Loin du guichet fermé donc mais aussi loin des pathétiques affluences d’une coupe programmée à des horaires incongrues. La demi-finale face à Bordeaux sera néanmoins logiquement sold out au vu de l’enjeu. La coupe de France elle n’honorera pas la Meinau avec deux matchs joués à l’extérieur.

Avec plus de 19 000, record absolu pour le club, les abonnés sont les meilleurs ambassadeurs de la Meinau. Contrairement à d’autres villes, une estimation pouce levée les soirs de matchs nous confirme que la majorité d’entre eux assiste à la plupart des rencontres. Ce qui donne encore plus de relief au taux de remplissage du stade. Au cours de la saison, une plateforme de revente officielle a vu le jour, permettant de laisser encore un peu moins de monde sur le carreau.

Au moment où le projet de rénovation prend forme, force est de constater que le stade actuel est devenu trop étroit pour un RCS qui tourne bien dans l’élite. On ne peut que souhaiter que l’agrandissement aille de pair avec des résultats aussi enthousiasmants qu’actuellement.

Ambiance de la brousse


Fortement louée la saison passée, l’ambiance à domicile est devenue au fil du temps une sorte de marronnier que les médias ressortent à toutes les sauces. A vrai dire, elle a connu des hauts et des bas cette saison. Le supporteur peut légitiment être déçu de sa prestation qui s’est transformée quelque peu en routine. C’est évidemment bien mieux que dans les années 2000 mais force est de constater un léger ramollissement. D’ailleurs, racingstub.com s’est fait l’écho des interrogations des stubistes sur le meilleur moyen de relancer la ferveur en seconde partie de saison.

En regardant de plus près le calendrier, on ne trouve pas non plus trace de match mythique. Les matchs face à Paris et Lyon donneront lieu à de belles oppositions et de belles ambiances, le public poussant ses favoris sans parvenir à décrocher la timbale. La rencontre face à Marseille sera elle décevante, notamment en raison de l’interdiction des supporteurs marseillais. Cela transformera ce match de gala en fade soirée. L’absence de derby face à nos meilleurs voisins se fera aussi sentir mais que l’on se rassure, il reviendra bientôt. Le moment le plus fou restera donc la double confrontation face aux Bordelais qui donnera deux ambiances différentes mais prenantes, surtout en coupe.

Ils nous ont rendu visite, enfin ceux qui ont été autorisé à venir à la Meinau et le parcage a souvent été bigarré. Ce sont les Stéphanois et les Parisiens qui laisseront la meilleure impression. Qu'elle soit vocale, visuelle ou au niveau des fumigènes allumés. Bordeaux et Nantes réalisant des prestations honorables malgré les difficultés pour eux à venir en Alsace en raison de la préfecture ou des horaires des matchs.

Zinzins animés


Outre le son, comment a été l’image côté alsacien cette année ? Y a-t-il eu des animations pour colorer la Meinau ? La réponse est bien évidemment oui. Du côté de la tribune Ouest, huit matchs ont donné lieu à des spectacles conséquents, réalisés par les Ultra Boys 90. Les supports auront été variés même si on peut regretter qu’ils n’aient pas été plus nombreux.

Ainsi, pour le premier match de la saison face à Saint-Etienne, c’est une marée de drapeaux plastiques bleus et blancs qui s’agitent, accompagnés de la banderole « Pour notre ville, pour nos couleurs ». Les drapeaux seront d’ailleurs réutilisés fréquemment à domicile comme à l’extérieur. Trois grands voiles plastiques recouvrant l’intégralité de la tribune seront utilisés pour les rencontres face à Monaco, Lyon et Montpellier avec un thème à chaque fois différent : le football populaire, la victoire et les ultras. Pour fêter les 20 ans de sa section Vieille Garde, les Ultra Boys organiseront un gigantesque lancé de papelitos contre Nîmes dont le rendu sera malheureusement trop moyen. Une banderole bâche UB90 devant une marée d’écharpes plastiques aux couleurs du club ouvrira la rencontre face à Lille alors que face à Rennes, c’est une banderole bâche transparente accompagnée de fumigènes qui célèbra le titre de 1979. Face à Nice, c’est avec des feuilles noires que le kop rendra hommage aux victimes de l’attentat ayant touché notre ville : « Strasbourg unie dans la douleur pour surmonter l’horreur ».

La petite nouveauté, ce sont les animations fréquentes du club, essentiellement en tribune famille Est mais également sur le reste du stade dans la seconde partie de saison. A base de feuilles ou de drapeaux, elles apportent une touche esthétique supplémentaire à la Meinau. Un maillot géant ou un logo du RCS ont également pu être utilisés. Et si la Ouest a fait l’impasse sur les matchs dit de gala comme Marseille ou Paris, le club avec le soutien des autres associations de supporteurs les a suppléés dans le reste du stade.

Le bilan reste néanmoins mitigé coté tifo. Le boulot a été fait mais on peut regretter les encore trop nombreuses rencontres sans animation et le fait qu’aucune réalisation ne sorte réellement de l’ordinaire pour arracher un « waouh » aux spectateurs. Malgré les efforts importants réalisés, il est certain que les années amateurs ont fait perdre à Strasbourg son rang de précurseur à ce niveau. C’est à coup sûr un défi pour les saisons à venir.

Into the wild


Il y a toujours eu au moins 50 supporteurs strasbourgeois en tribune visiteur cette saison. Cela paraît logique aujourd’hui mais cela n’a pas toujours été le cas par le passé même et surtout en première division. Ce n’est d’ailleurs pas si logique que cela lorsque l’on prend en compte les deux matchs reportés à Geoffroy Guichard et au Stade des Alpes en Coupe de France, où d’ailleurs, de nombreux fans ont fait le voyage deux fois. Ce n’est pas non plus si logique lorsque l’on considère que le Vélodrome aura accueilli deux fois les voyageurs alsaciens un mercredi, trois fois en comptant le match de la saison passée. Enfin ce n’est pas si logique lorsque l’on se rappelle que 80 supporteurs ont été stoppés à la gare de Nîmes et réexpédiés à Strasbourg.

Les deux déplacements les plus massifs auront été Reims et Lyon avec un millier de Strasbourgeois dans les parcages. Il y a donc une baisse logique des effectifs à l’extérieur. Plus de 3000 à Lyon pour le retour dans l’élite relevait de la science-fiction et il avait fallu attendre d’être sur place pour vraiment le croire ! Nous rentrons dans le rang, tout en conservant des scores flatteurs et bien au-dessus de ce à quoi nous étions habitués. L’effet découverte est également passé. Après 10 ans loin des yeux, ces nouveaux stades étaient souvent des grandes premières pour les fans, qui n’ont pas toujours renouvelé l’expérience. Bien mal leur en a pris car le Racing a réalisé une de ses meilleures saisons à l’extérieur de l’histoire avec des victoires historiques à Rennes, Monaco et Nantes. Sans compter le match nul à Paris devant plus de 600 supporteurs, la moitié moins que l’an dernier peut être mais un dimanche soir grâce à la programmation TV.

Le plus petit contingent sera logiquement Marseille en coupe de la Ligue, encore une fois programmation TV oblige. C’est par là qu’il fallait passer pour jouer la finale à Lille, qui sera littéralement colonisée par plus de 30 000 Bleus. Difficile de faire une estimation exacte mais de la veille au stade, en passant par le cortège démesuré de l’après-midi, la démonstration de la ferveur strasbourgeoise à l’extérieur a été monumentale. Espérons qu’elle puisse se poursuivre la saison prochaine en coupe d'Europe le plus longtemps possible.

Niveau animation, les UB90 ont à de plusieurs reprises choisi d’exprimer leurs talents artistiques dans les parcages. Un petit coin d’Alsace aux quatre coins de la France. Ces animations sont souvent passées inaperçues pour les supporteurs étant restés à la maison. Il convient tout de même de leur rendre hommage avec un inventaire à la Prévert. Le déplacement à Reims est à part. D’un coté, il y a eu l’émouvante minute de silence des deux équipes ensemble face au parcage qui déployaient un voile noir. Un moment fort pour tous les présents au stade Auguste Delaune. De l’autre, il y a ce tifo festif « mettez les 3 points sous les sapins » avec sapins en carton et quelques bougies car la vie continue envers et contre tout. En principauté de Monaco s’affiche un étendard format XXL « kaos on the road » la devise déplacement des ultras, siglé d’un petit personnage sur un vélo qui les accompagne depuis plus de 20 ans. A Caen, c’est un joli voile avec la tête de mort des UB90 et des choppes de bière qui célèbre la jeunesse ultra et surement un peu le houblon. Enfin en terres dijonnaises, une animation d’ampleur se déploie dans le parcage bien garni : un voile RCS entouré de petits drapeaux blancs avec une grande banderole « Since 1906 ».

Répression


Impossible de finir ce bilan sans parler des contraintes de plus en plus importantes qui pèsent sur les supporteurs du football. A l’écart de cette tendance qui dure depuis la fin des années 2000, le fan du Racing a fait son rattrapage en deux saisons de D1. Si aucun déplacement n’a été jusqu’ici été interdit, ils ont fréquemment été encadrés par des arrêtés interdisant aux personnes se prévalant supporteur de paraître autour du stade ou même au centre-ville. Le summum du ridicule a été atteint à Nîmes avec le renvoi d’une partie du contingent alsacien à la Meinau.

Si les mésaventures sont pour le moment limitées, elles pourraient s’amplifier dans le futur et mener à l’instar des Marseillais cette saison à la Meinau à une interdiction complète de déplacement pour les fans du Racing. C’est pour cela que le fil rouge des UB90 tout au long de la saison a été de protester via des banderoles comme face à Nantes « LFP préfecture : interdictions partout, dialogue nulle part » ou par une grève symbolique des chants comme face à Marseille. A Saint Etienne, 15 minutes de silence ont également été observées par les Strasbourgeois par solidarité avec les ultras stéphanois dont la tribune était fermée ce soir-là, en raison de fumigènes lors d’un précédent match. Comme l’indiquait la banderole déployée ce soir-là « sans supporteur le football n’est rien », à méditer à l’orée de la saison 2019/2020.

guigues

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