Mise au green - saison 2018/2019

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Par xaviyeah
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Le championnat étant exceptionnellement suspendu jusqu'à nouvel ordre, il est possible de prendre le temps de s'arrêter sur les comptes du Racing, pour la saison 2018/2019.

L'échauffement


La saison 2018/2019 a été exceptionnelle à bien des égards, avec notamment une 11ème place au classement mais surtout avec un trophée en poche, une nouvelle ligne au palmarès, un titre de champion de France des tribunes, un record de fréquentation du stade de la Meinau, un record d'une fan walk en France. Bref, à cette saison a pu marquer chaque supporter.
Nous nous étions quittés au 30 juin 2018, avec une situation exceptionnellement positive pour un club sportif français. Qu'a réalisé la SAS Racing Club de Strasbourg Alsace + association durant ce nouvel exercice ?

Top départ


Tout d'abord, le club réalise - une fois de plus - un bénéfice. De 4,9 millions d'euros exactement. Celui-ci doit être décomposé en deux groupes : la partie opérationnelle, de fonctionnement ; et la partie exceptionnelle, avec les transferts de joueurs.
La partie exceptionnelle est largement positive puisque ce sont 11 millions d'euros de bénéfice qui ont été constatés concernant les transferts de joueurs. Merci Jean-Eudes notamment.

Concernant la partie opérationnelle, le Racing perd de l'argent. En effet, un déficit de 3,3 millions d'euros est à déplorer au niveau de son exploitation. Là où le club gagnait 6,5 millions d'euros l'an dernier. A titre de comparaison, malgré ce déficit d'exploitation, seul Lyon et Nîmes tirent un meilleur résultat juste avec leur activité. Tous les autres clubs perdent plus d'argent que nous dans leur exploitation courante.

Passage de relais


Parlons recettes.
Nous passons de 18,8 à 26 millions d'euros de recettes audiovisuelles. Soit une augmentation de 38% des droits TV. Ceci constitue une sacré hausse, mais qu'il convient de relativiser. Malgré notre belle 11e place et le parcours en coupe de la Ligue, nous arrivons tout de même 14e au classement des recettes de TV. La répartition des droits étant très inégalitaire, PSG, OL, ASM, OM, SRFC représentent un peu plus de la moitié des droits à eux seuls. A titre de comparaison, en 2017-2018 nous étions 12e au classement des droits TV.

La billetterie : un seul match de championnat n'a pas été à guichets fermés, et nous avons bénéficié de deux matchs à domicile en coupe de la Ligue. Ceci permet d'atteindre les 8 millions d'euros de recettes "match", soit un million de plus que la saison précédente. Le faible écart par rapport à la saison 2017-2018 montre bien le plafonnement actuel du stade de la Meinau. Le Racing, et par conséquent nous, est le 6e club français concernant les recettes matchs. Cela est en adéquation avec notre 7e place au classement de l'affluence, et est identique à la saison précédente.

Le dernier gros poste de recettes est bien évidemment les revenus liés au sponsoring, à la publicité et aux ventes de produits dérivés et maillots. Si le PSG réalise à lui seul plus de 56% de l'ensemble des revenus français, le Racing gagne plus de 11 millions d'euros par ce biais. Il est à sa place, la onzième, concernant ce type de revenus. Et ces 11 millions pour la 11ème place sont une fois de plus la marque d'une extrême stabilité par rapport à la saison précédente.

Ainsi, le chiffre d'affaires du Racing s'élève à 49 millions d'euros, soit 10 de plus que la saison précédente, dont 8 uniquement grâce aux droits télévisuels. S'il y avait besoin d'une preuve supplémentaire pour expliquer la dépendance des clubs...

Brûler les graisses


Avec un chiffre record, comment l'activité du club se retrouve-t-elle déficitaire ?
Si nos recettes ont bondi de 28%, nos dépenses ont explosé de 63%. Nous sommes le 13e club français concernant les charges.

Le premier poste de dépenses est bien évidement les salaires et charges sociales. Cette masse salariale s'élève à 29 millions d'euros, pour 18 millions la saison d'avant. Il est possible de constater un sacré virage offensif de la part du club afin de s'attirer les services de joueurs ayant vocation à ramener le club à un niveau plus européen. Marc Keller l'avait dès lors annoncé à l'été 2019, le club sera déficitaire car des risques salariaux ont été pris.

Ensuite, les coûts liés à l'étalement des charges de transferts de joueurs.
Les indemnités reçues des ventes sont immédiates et constatées à part, alors que les achats de joueurs peuvent s'étaler. Le record de transferts du club a été atteint, Ajorque, Mitrovic, Sissoko, Sels, Mothiba et autres compères mais la charge pour le club est étalée sur la durée du contrat, d'où l'importance pour le Racing de signer des contrats longs. Cet étalement représente 5 millions d'euros alors que nous étions qu'à 1,5 millions la saison d'avant.

Il n'y a pas grand chose à dire de plus, ces deux postes sont assez significatifs. Les dépenses totales d'exploitation montent ainsi à 52 millions d'euros et montrent que nous avons une capacité à pouvoir être plus ambitieux.

Les étirements


Enfin, malgré le déficit dans l'activité et avec le résultat global très bénéficiaire, le Racing présente des comptes largement encourageants.

Les fonds propres et réserves du club passent de 8 à 13 millions d'euros, ce qui signifie une consolidation de notre structure financière, même si nous restons loins des cadors du championnat.
Nous avons des créances sur des autres clubs pour 7,7 millions et devons à d'autres clubs 7 millions, ce qui est une preuve de bonne gestion.

Le Racing dépend des banques depuis la saison 2017-2018, et un solde d'emprunt de 2 millions d'euros restait ouvert au 30 juin 2019. La trésorerie est toujours largement positive puisque ce sont 9 millions d'euros qui sont sur les comptes et disponibles immédiatement.
Aussi, les actifs du club prennent du galon : la valeur nette des contrats des joueurs passent de 9,7 à 13,5 millions d'euros. Le club a investi pour 1,5 millions d'euros dans du matériel.

Le podium


Le bilan économique et la situation du club sont à nouveau très satisfaisants et sains. Le club est doté de réserves qui se consolident d'années en années. Le déficit d'exploitation peut être perçu comme le point noir de cet état financier mais il était prévu et donc des moyens ont été mis en oeuvre afin de le couvrir, c'est bien à cela qu'on servi des ventes très onéreuses de joueurs.

L'adéquation entre classement budgétaire et classement sportif est favorable. Aussi, les clubs doivent chercher à toujours viser plus haut, car le risque de variation de revenus pour une équipe de première moitié de tableau est d’environ 4,1 M€.
La volonté affichée du club d'être dans le "groupe 2" concernant les structures financières se rapproche. Nous sommes toujours considérés comme un "petit" club par la LFP car nos dépenses salariales sont inférieures à 30 millions d'euros. Nous serons peut-être pour la saison 2019-2020 un club de groupe 2.

Il faut garder en tête que nos trois années en Ligue 1 commencent à se voir dans les comptes, et que la majorité des clubs français peuvent nous prendre en exemple concernant un bilan cohérent avec nos ambitions, et surtout, que nous pouvons avoir confiance en nos gestionnaires.

Le rapport financier complet de la DNCG est à retrouver sur le site de la LFP

xaviyeah

Commentaires (3)

Flux RSS 3 messages · 2.254 lectures · Premier message par gillou67 · Dernier message par echouafni

  • Merci pour cet article intéressant, clair, précis et pas barbant
  • Très bien présenté, les explications sont claires. Les droits audio dont il est question, confirment ma grande déception de l'année passée lorsque les matchs retours ont été pour le moins moyens; nous avons gaspillé des millions à partir de février.
    Si le championnat devait reprendre cette année, il faut espérer que tout baigne et qu'on arrache une place dans le top 10 voire mieux.
    ...si tant-est que le jeu reprenne!
  • Super intéressant ; merci.

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