Reims - RCS, côté canapé

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Par kitl
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L’enfer du dimanche.

Vite, il est près de 15 heures. Encore en voiture, dépourvu de toute attestation en ce dimanche de la Toussaint, je quitte Radio Nostalgie pour France Bleu Alsace. Je n’ai rien manqué, la prise d’antenne est malheureusement très tardive et l’entrée en matière abrupte. Flanqué de son consultant Claude Spreng, Luc Dréosto intervient depuis la tribune de presse du Stade Auguste-Delaune et plante le décor du troisième match à huis clos de l’histoire du RC Strasbourg.

Journalistes, jardiniers, ramasseurs de balle seront les seuls acteurs extra-sportifs à assister à la rencontre. En attendant de regagner mon domicile, je prends connaissance de la composition d’équipe du Racing. Après avoir rappelé l’indisponibilité d’Aholou, Luc Dréosto m’apprend l’absence de Koné, bof pas bien grave, il n’était pas prévu dans le onze. Les choses se compliquent avec le forfait de dernière minute de Djiku, pour cause de paternité imminente. Bloqué au feu rouge rue Boecklin, je peste contre ce coup du sort.

Stationné sans difficulté, je coupe le contact pour rallumer FBA une minute plus tard, une fois à l’intérieur, en attendant que mon vieil ordinateur portable finisse de mouliner. Comme pour le match de Lorient en plein mois d’août, je vais vivre le match seul comme un con, sur un canapé moyennement confortable, grâce à une retransmission absolument inconfortable.

Le football c’est à la télé que je le vis habituellement, l’image est nette, le son réglable à loisir sans risquer de faire apparaître une autre fenêtre avec une jeune fille lascive dedans. Et de préférence à plusieurs, comme au local Fédé où j’ai mes habitudes pour la diffusion des matchs à l’extérieur. Le confinement volume 2 a tout flanqué par terre.
En août la moitié des gens étaient en congés et personne n’avait la chaîne. En novembre, les gens sont confinés et personne n’a la chaîne.

Comme au bon temps du National, les demandes de lien et les liens eux-mêmes parsèment le stammtisch. Je tombe sur un streaming de qualité, merci au stubiste @kif . C’est le moment d’éteindre la radio et de laisser à regret le duo du 101.4 FM. En effet, le décalage avoisine déjà la minute entre l’image et le son, puisque je prends connaissance de la perte de balle de Sissoko décrite en amont par Luc Dréosto. A moins qu’il ne s’agisse d’une redite…

Ayant loupé le début de la retransmission, je m’interroge sur l’identité du binôme aux commentaires. Au bout de quinze minutes, un « Pierre-Yves » me met la puce à l’oreille. Ce prénom n’est pas si fréquent en dehors des Côtes d’Armor et il ne peut s’agir de mon camarade de classe de l’école primaire. Je reconnais donc le légendaire Pierre-Yves André.
Son acolyte est Luigi Colange, ex-pilier de RMC Sport.

Tout le monde n’a pas eu la chance d’avoir des parents abonnés à Canal+. C’était mon cas et je mesure le privilège d’avoir pu découvrir le foot par ce biais, même s’il fallait inévitablement rendre la télécommande à l’amorce du Nantes-Auxerre du dimanche soir, commenté par Thierry Gilardi et Olivier Rouyer.

Autant beIN Sports faisait du sous-Canal, autant le niveau s’est encore amenuisé avec « Téléfoot, la Chaîne du foot ». Evidemment que les affiches pourries du samedi 20 heures sur Foot+ faisaient très cheap, mais c’était il y a vingt ans. BeIN a repris le même moule éculé sans rien ajouter, qui sert à nouveau à Téléfoot.
Des mecs en costard noir, cravate noire. Des anciens joueurs préposés au bord du terrain. Des incrustations à droite, à gauche (mais pas de palette à Doudouce). Ça devrait faire « pro », mais ça fait vraiment ersatz.

Reims-Strasbourg le dimanche à 15h a succédé à Toulouse-Caen le samedi à 20h. On retrouve les interviews mi-temps lénifiantes, avec André qui balbutie sa question et rend du même coup la réponse encore plus dispensable. En seconde période, un bandeau défilant doit nous rappeler la composition des équipes : il sera opérationnel à la troisième tentative. Par deux fois en fin de mi-temps, la caméra fixe bascula brusquement : le caméraman a-t-il piqué du nez ?

« Expertise » journalistique faiblarde, soucis techniques (on a en mémoire ce jingle lancé en plein match lors de Strasbourg-Lille), « produit » lui-même peu engageant (la Ligue 1)… Non, décidément, je ne vois pas ce qui pourrait m’inciter à franchir le pas et devenir gentil membre du club Téléfoot avec la jolie carte qui va avec. Ah non, ça c’est Racing+…

Et puis comment s’enthousiasmer à la vue d’un stade vide. Sièges gris sur béton gris. Toit gris aussi. Auguste-Delaune est un beau petit stade, mais comme les autres, il est aussi sexy qu’un congélateur quand il est vide. On pourrait mettre des spectateurs en carton, heureusement on nous en fait grâce.
Pas d’encouragements en boîte non plus. Un bon point.

Revenons au match. Un coup-franc victorieux nous sort de notre torpeur dominicale. Je pars du principe que Kamara est fautif, ça évite de se triturer les méninges. La vision des ralentis laisse apparaître un coup de billard malheureux, qui échappa d’ailleurs aux commentateurs. Le second but rémois (in your Faes) puis le penalty dans la foulée agrémentent le score.
« Jusqu’où ira ce match complètement fou ? » s’enflamme en substance Luigi Colange…

J’ai tout juste eu le temps de finir mon mercato MPG quand le match s’est emballé. Hélas, le soufflet retombe très vite. Le SMS de l’ami @knacki arrive à point nommé. Aussi effrayant que cela puisse paraître, nous n’avons toujours pas vu ensemble le moindre match du Racing cette saison. Mobilisé sur les terrains outre-forestiers la plupart des dimanches du début de saison, @knacki découvre l’étendue des dégâts et le niveau de jeu abyssal du Racing. Désormais disponible pour suivre la Ligue 1, il se demande s’il a gagné au change.

C’est la pause et je ne préfère pas toucher à la retransmission, en dépit de ce plan fixe déprimant montrant deux jardiniers et trois joueurs à l’échauffement.
Le match reprend et l’horloge tourne. Le commentaire peine à ranimer mon intérêt. A 16 heures, il faut déjà allumer la lumière. Que faire d’autre ? Comment sauver le Racing, le salut arrivera-t-il du 4-4-2 ? En attendant de trouver la réponse à ce questionnement métaphysique, je décide de rouvrir la boîte de chips goût barbecue qui me fait de l’œil depuis l’intérieur de l’armoire.

C’était les chips ou la boîte de bonbons achetée la veille en promo chez Lidl pour cause d’Halloween. On me propose une tisane, que j’accepte volontiers. En pensant à Thierry Laurey, lui aussi consigné à domicile et certainement consterné par le spectacle.

La boîte de chips ne résiste pas à cette seconde période d’une rare mollesse. Dans le même temps, je pense aux vertus reposantes de la tisane, là où une bière n’aurait fait n’aggraver la situation. Obésité et alcoolisme sont les deux mamelles du confinement footballistique.

Le streaming coupe net, Hadopi toquait à la porte. Il valait mieux ça. Dire qu’il faudra remettre le couvert dès vendredi soir, avec cette fois la chance d’une diffusion premium.

kitl

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