Disparition de Jean-Pierre Kress

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Par kitl
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Cet ancien gardien de but international aura occupé plusieurs fonctions au sein du Racing, avec pour fil rouge la formation.

Sa carrière professionnelle aura été brève, mais couronnée d’une sélection en Equipe de France quelques mois à peine après ses débuts. Jean-Pierre Kress a par la suite occupé la fonction de président du centre de formation au moment où le fonctionnement du RC Strasbourg pouvait s’apparenter à celui d’un gros club amateur, avec sa section professionnelle indépendante et de multiples équipes de jeunes, sans parler des sections de l’omnisports.

La vingtaine arrivée, Jean-Pierre Kress intègre les « Cigogneaux », cet embryon de centre de formation mis sur pied au début des années 1950. Le joueur Alexandre Vanags est chargé de préparer la relève en rassemblant les meilleurs éléments du terroir local. Kress se distingue rapidement au point de garder la cage du Racing en Coupe de France contre l’ASS (6-0) en décembre 1952. A ses côtés, deux autres gamins, Alex Oertel et un arrière droit appelé à un bel avenir, Jean Wendling.

En début de saison suivante, alors que Lucien Schaeffer a rejoint Valenciennes, le RCS se met en quête d’un portier titulaire. Le Monégasque Robert Germain est approché, le Sochalien Pierre Lorius est mis à l’essai avant que Josef ‘’Pepi’’ Humpal ne jette son dévolu sur le jeune Kress. A l’âge de 23 ans, le voici bombardé dans les bois strasbourgeois face au LOSC et à son explosive ligne d’attaque (Jean Baratte, André Strappe, Jean Vincent…). Le Racing promu navigue paisiblement dans la première partie de tableau et la carrière de Jean-Pierre Kress va connaître un nouveau coup d’accélérateur fin 1953.

Une semaine avant Noël, à l’occasion de la dernière journée des éliminatoires de la Coupe du monde 1954, une sélection labellisé « Espoirs de France » composée exclusivement de débutants est bâtie pour accueillir le Luxembourg. Déjà qualifiée pour le rendez-vous helvète, la France dispose aisément de la sélection du Grand-Duché (8-0). Kress n’a eu aucun arrêt à réaliser, mais a porté la tunique frappée du coq, aux côtés notamment de Jean Vincent et Just Fontaine. Cette équipe expérimentale était entraînée par un technicien de 34 ans, Albert Batteux.

Gardien de but du sixième du championnat, considéré parmi les espoirs nationaux à son poste, Jean-Pierre Kress va toutefois vivre un événement peu banal à l’intersaison. Au moment de renouveler son contrat, insatisfait des conditions proposées par les dirigeants, Kress choisit tout bonnement de renoncer à sa carrière professionnelle ! Il retourne dans le Piémont de Vosges travailler dans l’entreprise familiale – il contribuera à développer cette société spécialisée dans l’ingénierie thermique. En parallèle, Kress entretient ses réflexes au sein de l’équipe de… handball du Racing.

Rappelé au football, il fait la pige durant 10 matchs avant de dire définitivement adieu au football professionnel. Kress devient champion d’Alsace avec Mutzig avant de revenir au RCS chez les amateurs, où il encadre les jeunes Burcklé et Lazarus, appelés à rejoindre l’effectif de Paul Frantz.

Il avait participé à la première vague d’incorporation de jeunes footballeurs au début des années 1950 et su concilier reconversion professionnelle et sport amateur, c’est sans doute à ce titre que Jean-Pierre Kress devient président du centre de formation au milieu des années 1970. Il s’agit sans doute du legs le plus remarquable du président Philippe Fass dont les successeurs bénéficieront des fruits à la fin de la décennie.

S’il n’en est pas le responsable technique du centre – tâche confiée à Jacques Berthommier, puis Max Hild et Arsène Wenger –, Jean-Pierre Kress est l’un de ses dirigeants de l’ombre, à l‘instar de René Guérard, lesquels auront accompagné des générations de joueurs.

Au milieu du grand tumulte consécutif au titre de champion de France, Jean-Pierre Kress est appelé à intégrer le comité de gestion installé par André Bord à l’été 1980. Gilbert Gress est encore en poste pour quelques semaines. Garant d’une certaine continuité et détenteur d’une légitimité sportive, Kress est accompagné de Paul Frantz, autre caution technique, Gérard Schmaltz, directeur général de la SAMDA et de Raymond Glock, dirigeant de la SERS (Société d’Equipement de la Région de Strasbourg – nous sommes alors en pleine rénovation du stade de la Meinau).

Délégué par l’omnisports, Jean-Pierre Kress conserve ses responsabilités jusqu’à l’arrivée de Daniel Hechter à l’été 1986, non sans avoir côtoyé Jean Willaume, patron de la section handball pressenti par Bord pour lui succéder, avant que ce dernier ne sollicite le couturier parisien.

Victime du paternalisme des dirigeants de club omnipotents des années 1950, Jean-Pierre Kress incarna ensuite la formation, échappatoire privilégié du panier de crabes dans lequel s’est si souvent fourvoyé le RC Strasbourg.

kitl

Commentaires (1)

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  • Merci pour cet article.
    Je l'ai un peu connu, c'était quelqu'un de discret et sympathique, son fils a joué un moment au SUC où je jouais.
    Mes condoléances à sa famille.
    Alex Vanags a aussi été mon entraîneur dans ce même club

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