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La rencontre fut soporifique et on n’en aurait retenu que le penalty transformé en fin de match si les tribunes n’avaient pas mis un peu de piquant dans le début de championnat du Racing. L’ADN du club est respecté.
WAKE UP !
Ce match face au Havre ne semblait pas électriser les foules jusqu’à l’annonce du capitaine Emegha de sa signature dans un club londonien qu’il connaît a priori déjà très bien. Un premier communiqué du Kop Ciel & Blanc dénonce cette communication désastreuse, suivi par un second signé par les principales associations de supporteurs :

Nous arrivons donc dimanche dans un climat quelque peu tendu. Pourquoi dimanche alors que la rencontre a été programmée le samedi après-midi. Simplement parce que le club & Marc Keller ont inauguré la nouvelle tribune sud VIP vendredi soir et qu’il fallait un peu de temps pour nettoyer cotillons et bouteilles de crémant. Une banderole sera d’ailleurs exposée à l’échauffement : « Honte à ceux qui ont décidé du report du match pour une inauguration ! ».
Beaucoup de monde donc ce dimanche alors que le soleil a décidé de pointer son nez pour ce qui aurait pu/dû être une belle partie de ballon. Au niveau du parking sauvage dans le quartier de la Meinau, on constate que les Alsaciens ont répondu présents pour cette revanche face au doyen du championnat qui nous a privé de ticket direct pour la Coupe d’Europe ce printemps.
KILLING IN THE NAME OF
Le match débute avec le quart d’heure de silence des UB90, bien suivi par le reste du kop et du stade. Peu de chants lancés malgré une envie certaine des tribunes Sud & Est de taper dans les mains mais qui est vite refroidie par le niveau de jeu sur le terrain.
Différentes banderoles sont déployées pendant ce premier quart d’heure :
5ème : « Trading, spéculation, transferts annulés, prêts arrangés... magouilles, profits, mépris : c'est ça, votre projet ! »
10ème : « I. Samuels-Smith acheté 10x sa valeur, reparti après 34 jours pour un montant inconnu. On nous prend vraiment pour des cons ! »
Elles entrainent peu de réactions mais c’est quelques sifflets qui accueillent les 2 capos et 2 tambours qui prennent place pour le début du match des ultras à la 15ème minute donc. Comme sur le terrain l’ambiance démarre timidement en tribune. A la 30ème nouvelle banderole qui vise Emmanuel Emegha absent pour cause de blessure mais présent au stade :
« Emegha, pion de BlueCo, après avoir changé de maillot, rends ton brassard. »
Beaucoup plus incisive elle déclenche quelques sifflets du reste du stade mais on passe rapidement à autre chose. Sur le terrain, avouons-le, on s’ennuie.
Seconde mi-temps c’est encore pire en tribune comme sur le terrain. Un poteau vient bien réveiller tout le monde mais la torpeur reprend vraiment le dessus. En face à peine une cinquantaine de supporteurs havrais assurent le minimum syndical.
Une nouvelle banderole, à la mémoire de Sam, supporteur du Racing décédé il y a 15 ans déjà. Son nom sera scandé, le kop et les UB90 n’oublient pas les leurs.
SLEEP NOW IN THE FIRE !
Vient la fin du match et la dernière banderole de l’après-midi. Celle qui va faire couler beaucoup d’encre durant la semaine, celle que finalement on attendait tous tant les chemins pris par le club et ses ultras diffèrent depuis des mois. Certains y verront un crime de lèse-majesté, d’autre la concrétisation d’un divorce entamé avec la vente du club à une organisation qui représente tout ce que les ultras rejettent.
Au micro le capo et président des UB90 prend le temps d’expliquer la sortie de cette banderole qui sort en 3 temps :
« Marc Keller, merci pour cette décennie dorée »
« Il est temps de s'en aller ! »
Puis des fumigènes et des sifflets ; voilà c’est dit, on s’est aimé comme on se quitte.
Le Racing réussi son match en voyant Joaquin Panichelli transformé un penalty devant le kop qui exulte comme tout le reste du stade. Arbre qui cache la forêt, les 3 premières rencontres ont été mauvaises mais le Racing a engrangé 9 points dans une Meinau loin d’être bouillante. Lucas Høgsberg y va de son carton rouge, cela pimente aussi la fin de match. Il y aura finalement des choses à dire à la machine à café lundi.
L’arbitre renvoie les 21 joueurs aux vestiaires. Ceux du Racing en profitent pour soutenir Emegha, réflexe corporatiste qui n’étonnera personne. Ils viennent également saluer un kop divisé entre ceux qui applaudissent, ceux qui sifflent, ceux qui répondent des « Chelsea, Chelsea » à un joueur qui ne sera de toutes façons plus là la saison prochaine.
Dernière passe d’arme avec une Sud plus vindicative pour huer les frondeurs que pour soutenir son équipe. Cocasse lorsque l’on se rappelle que cette tribune a toujours été la première à s’en prendre aux vilains petits canards de l’équipe. Oui mais le Racing a gagné, il convient donc de trouver un autre exutoire à sa frustration.
Fin de match, les débats se refont dans la rue et jusque dans le tram, le Racing gagne mais la saucisse n’a tout de même pas changé. Il y a quelque chose de pourri au Royaume du Krimmeri.
