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Dernier jour de l’été dans la capitale pour ce match que certains voulaient qualifier de derby des Rastignacs. « Sachez-le : ce drame n’est ni un roman, ni une fiction : all is true. ».
La Comédie Humaine.
La semaine a été mouvementée dans le microcosme du Racing. Après le dernier match à la Meinau, marqué par les nombreux messages des UB90 et le communiqué d’une partie des associations de supporteurs, le Racing a sorti le bâton. Préférant visiblement laisser les carottes pour le baeckeoffe, Marc Keller est passé de gendre idéal à père fouettard.
Un discours que n’aurait pas renié André Bord & la cohorte des présidents des années 70/80’s : les supporteurs supportent, le chef c’est fait pour cheffer. Même si d’aucuns remettent en doute l’étendue réelle de son pouvoir actuel. C’est dans ce contexte que le Racing & 800 fans se rendent au stade Jean-Bouin, qui accueille depuis peu le Paris FC. Les migrateurs les plus assidus se rappellent qu’il y a quelques saisons le Racing y avait affronté le Red Star dans un stade quasi vide.
L'Interdiction.
Le stade Jean-Bouin est situé à quelques mètres de celui du grand frère, le Parc des Princes. Ici pas de relation de multipropriété entre les deux, simplement le partage de la même ville : Paris et évidemment de sa tour Eiffel comme emblème. Plus de 17 000 personnes sont venus profiter du soleil et de la partie de balle entre deux équipes fortunées et tournées vers le jeu. Cédric Kanté notamment passe par le parcage pour se rendre dans un espace plus VIP par la suite. En tribune d’honneur, le grand chef est avec le petit chef, à moins que cela ne soit l’inverse.
Pour la plèbe la situation est différente. Si la police présente en nombre est courtoise, ce qui semble avoir été une demande du Racing. Le nombre pas la courtoisie. La sécurité elle est sur les nerfs avec pour consigne la tolérance zéro. Pas de message vexatoire ou philosophique et évidemment pas de message : BLUECO OUT ! Cela fait maintenant tâche alors que le projet et la famille sont à l’unisson.
Certains contrôlés se verront demander des pièces d’identité, ce qui est l’apanage des forces de l’ordre et totalement hors des attributions d’une sécurité privée. Mais au Racing la confusion des genres semble être à l’ordre du jour à de nombreux étages. La rumeur veut également qu’il ait été demandé de ne pas dévisager les supporteurs chantant pendant le match, même si les chants furent surtout sporadiques.
Malgré le climat tendu les UB90 arrivent dans le calme et prennent leur place habituelle en bas de la tribune. Ils n’animeront pas la tribune et communiqueront sûrement dans la semaine sur cette situation ubuesque : les supporteurs ne supportent pas certaines choses. Le reste du parcage applaudit chaleureusement l’équipe qui se présente conquérante dans la capitale.
Les Comédiens sans le savoir.
Après un coach & un président à l’anglaise, le Racing peut donc se targuer d’avoir obtenu une ambiance à l’anglaise. Pas de capo, pas de tambour mais des chants lancés spontanément. Etrangement il y aura plus de chants pendant la poussive première mi-temps qu’après l’ouverture du score du Racing. Le répertoire repris est varié et l’on retrouve même le dernier chant testé en début de saison sur l’air de Douce France : cocasse. Encore plus cocasse plusieurs « les UB avec nous » seront lancés, invitant les habituels moteurs de l’ambiance à reprendre du service. A priori bien plus engageant que des sifflets.
Le Racing brille mais manque de maîtrise sur le terrain. Un des joueurs a lui aussi envie de briller en ce dimanche. Emmanuel Emegha semble décidé à répondre au message lui demandant de rendre le brassard après son infidélité londonienne. Sa passe décisive est donc l’occasion d’une célébration très personnelle, la VAR lui permet de remettre le couvert pour une démonstration dont on ne sait si elle était à destination des supporteurs ou des caméras. Ses coéquipiers le suivent, la majorité des supporteurs du Racing aussi, les ultras l’ignorant en bas.
Le peuple a parlé et choisit ses champions. Ces derniers lui rendent bien et l’emportent encore une fois par le plus petit des avantages. En cause une déconcentration coupable mais pas fatale dans la fin de match. La démonstration est faite, le projet validé, qui oserait contredire une équipe qui gagne ?
La fin de match est tiède. Les joueurs comme les ultras préférant s’ignorer. Qu’importe les maillots sont lancés en tribune latérale, ou surement tout le monde est supporteur du Racing depuis toujours. Reste à finir sur une citation du Père Goriot, dont quelques une serait perspicaces dans la situation actuelle, « L’argent, c’est la vie. Monnaie fait tout ».

