Coupe de l'UEFA 1978-1979

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Par aragon
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Retour sur la scène européenne pour le Racing après 10 ans de « trou », retour plutôt réussi mais qui laissera un goût amer, contrairement au championnat qui cette saison là verra le Racing Champion pour la première fois.

Le temps des conquêtes
Troisième, à la surprise générale, pour son retour en Division 1 l'année précédente, le Racing gagne le droit de disputer la coupe de l'U.E.F.A en compagnie de Nantes. Monaco (coupe des clubs champions) et Nancy (coupe des vainqueurs de coupes) sont les autres représentants français cette saison là en Europe.

Pour le premier tour, les Alsaciens ont un tirage qui semble facile. Elfsborg, modeste club suédois (à l'époque le football suédois n'est qu'amateur), leur est proposé. Le Racing est leader incontesté et invaincu du championnat, avec déjà 4 points d'avance sur Bordeaux après seulement 10 journées, et reste sur une victoire 6-0 sur Angers, juste avant le match aller. Le « Nouvel Alsacien » titre d'ailleurs au lendemain de cette démonstration « Le Racing en forme européenne à cinq jours d'Elfsborg »


Une douche froide pour bien démarrer. puis un premier match culte

Ce 13 septembre 1978, les Strasbourgeois de Gress découvrent donc la coupe d'Europe « moderne », qui vient d'apporter la gloire à de formidables Bastiais la saison précédente, finaliste de cette épreuve. Trop confiant sans doute, le Racing part la fleur au fusil. Et grâce à des buts de Svenson (10ème) et un penalty de Magnuson (42ème) ce sont bel et bien les suédois qui l'emportent 2-0 !

Pour le match retour, La Meinau est copieusement garnie. Sous une pluie fine, ce sont plus de 25000 spectateurs qui s'entassent dans les tribunes. Dès la 7ème minute, un coup franc (indirect) pour le Racing : Francis Piasecki, le génial stratège alsacien, le tire directement, but, refusé pense t-on. Mais l'arbitre a bien vu un pied suédois toucher la balle et accorde le but... on ne pouvait mieux commencer, le Racing mène 1-0.
27ème minute : centre de Piasecki, toujours lui, reprise de Joël Tanter... 2-0, les Bleus sont revenus en moins d'une demi-heure à la hauteur des suédois !
A la 42ème minute, un ballon flottant dans la défense centrale du Racing... Domenech et Novi se regarde en chien de faïence, Ahlstroem qui n'en demandait pas tant récupère la balle et viens fusiller Dominique Dropsy... un but digne des années 2000 (comme quoi...) mais le constat est lourd : avec ce but inscrit à l'extérieur, il faut maintenant marquer deux nouveaux buts sans en concéder un seul bien sûr pour espérer se qualifier... la mi-temps est sifflée sur ce score de 2-1.

La première demi-heure de la seconde mi-temps est triste... le Racing semble résigné. C'est alors que son formidable buteur, l'homme d'Haguenau, Albert Gemmrich, profite d'un ballon relâché par le gardien suédois pour faire jouer son instinct de chasseur de buts. 72ème minute, 3-1, La Meinau se réveille, se déchaîne même, on tape des pieds (il reste encore des tribunes en bois, ça résonne !), on gronde de plaisir, de quoi survolter les joueurs, mais le temps presse...
Les joueurs alsaciens, qui sont en train d'étonner la France du football, vont alors chercher on ne sait trop où des ressources physiques qu'on ne leurs savait pas.
80ème minute : Piasecki, l'homme du match, s'avance sur la gauche à proximité des 16 mètres. Son centre arrive au milieu d'une forêt de joueurs au point de penalty... un homme surgit, tel un beau diable, un des plus sûrs espoirs alsaciens. Il catapulte de la tête le ballon au fond des filets suédois, La Meinau explose, Rolland Wagner vient de qualifier le Racing pour le tour suivant...


Pas de douche écossaise

Ce sont les Ecossais des Hibernians d'Edimbourg qui viennent ensuite affronter le Racing.
Match aller à La Meinau, le 18 octobre 1978, devant 27000 spectateurs.
Des Alsaciens solides et appliqués l'emportent 2-0 avec des buts de Gemmrich (20ème) et Piasecki sur penalty (61ème).

A Edimbourg, les Strasbourgeois sont méfiants : ils ne veulent pas subir le sort qu'ils ont réservé aux Suédois... Gilbert Gress possède un collectif très bien huilé, avec un maître à jouer, Francis Piasecki, alors au sommet de son art. L'équipe joue remarquablement le coup, fait circuler le ballon, se permettant même de garder des réserves pour le championnat où ils sont et seront jusqu'au bout leader...
Pour que ce match marque un peu les mémoires, il fallait un petit événement quand même : à quelques minutes de la fin, Dropsy vient d'arrêter un tir de Mc Leod, sans problème. L'avant-centre écossais ne s'arrête volontairement pas et vient violemment heurter le gardien alsacien, le frappant même du pied ! Certainement agacé par ses échecs répétés durant le match...
Piasecki se précipite pour protéger son gardien, Mc Leod tombe, en rajoute, ... penalty ! 1-0, but de... Mc Leod, totalement remis. Au coup de sifflet final, Piasecki, heureux et confus, jura qu'on ne l'y prendrait plus ! Les dernières minutes seront alors difficiles, mais le Racing passe ce tour.

Ce tour européen, le deuxième, ne comportait déjà plus comme français que Le Racing et Nancy. Ce qui fit titrer à France football, avant les matchs retour, « Ils n'auront pas l'Alsace et la Lorraine.... » Mais la Lorraine fut prise, et le Racing devient donc le dernier représentant français en Europe, en même temps que brillant leader du championnat... quelle époque, hein !


Une fin glaciale

Le tour suivant était le fameux « tour supplémentaire U.E.F.A. », cette coupe comprenant le double d'inscrits que les C1 et C2 comme on les appelait à l'époque. Un ticket pour les ¼ de finale était en jeu. Ce sont maintenant les allemands de Duisbourg, auteur d'un bon championnat l'année précédente mais désormais dans les profondeurs de la Bundesliga .
A l'aller, le 22 novembre, à La Meinau, les Allemands ne donnent vraiment pas l'impression d'être des foudres de guerre. Athlétiques, certes, mais c'est tout.
Le Racing domine largement mais oublie l'essentiel : marquer. 0-0.

Match retour... Température : -18 ° (!), vent glacial rasant, terrain gelé sur plusieurs centimètres d'épaisseur. La rencontre est retransmise à la télévision, une grande première pour le Racing, et pour l'auteur de ces lignes qui assistera là à son premier match télévisé avec ses favoris, du haut de ses 10 ans...
Plusieurs millions de téléspectateurs français assisteront ainsi à la débâcle de « leur » leader, engourdi par le froid, ballotté au quatre coins du terrain, et donnant l'impression de courir après le match dés le premier but de Worm (33ème). Trois autres suivront, de Weber (43ème), Fruck dés la reprise et de nouveau Weber (71ème)... la presse française ne sera pas trop sévère avec le Racing, soulignant par contre l'écart entre « le meilleur club français et le 15ème allemand », la France de l'époque se faisant toujours toute petite devant nos voisins d'outre-Rhin...


Des lendemains qui chantent

L'Alsace titre le lendemain :
« Duisbourg-Racing 4-0 – L'Europe est morte, vive la France ! » Oui, vive le championnat français pour rencontrer la plus belle des coupes d'Europe la saison suivante, celle des clubs champions...

aragon

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