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- Par vloutch
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Pour aller plus haut, aller plus hau-aut Et dessiner des souvenirs Aller plus haut, aller plus hau-aut Et croire encore à l’avenir (Tina Arena)
Encore une marche. Puis une autre. Buquet s’arrêta pour reprendre son souffle. Il avait perdu beaucoup de sang et la douleur obscurcissait ses facultés. Depuis qu’ils évoluaient sur cette arête sans garde-corps, la sensation de vide était atroce. À plusieurs reprises, une rafale de vent brûlant avait bien failli le précipiter 130 mètres plus bas, sur le pavé de la Cathédrale.
Kohr n’en menait pas large lui non plus. Il avançait à quatre pattes, une dizaine de mètres devant lui, les yeux exorbités. Avec toutefois le même rictus dément qu’au début de l’escalade, comme s’il pensait réellement trouver une échappatoire au sommet de la flèche.
Arrivé à la lanterne, Buquet se plaqua contre la pierre et leva les yeux. Kohr était parvenu au sommet de l’édifice, cette couronne de dentelle édifiée en 1439 par Maître Hültz. L’Allemand éructait en lui montrant le poing, penché par-dessus la balustrade. Inaccessible. Buquet se sentait partir. C’était peut-être son tour maintenant, après ce pauvre Wattellier.
Euphorique, Kohr tournait sur lui-même, les bras levés, semblant avoir oublié et le vent, et le vide sous ses pieds.
« Scheisse Racing ! répétait-il à destination de l’azur brûlant. Kaputt Racing ! Haha! Fini les pleu et planc ! Du beux bleurer, Liénard ! Pouuuuuuh ! Pouuuuuh ! Maintenant, Racing club de buceaux, ja ! Betites quéquettes ! Fini résuldats ! Fini âme du club ! Racing laporadoire pour Plueco et c’est dout ! »
Indigné par ces provocations, comme fouetté par la colère, Buquet se redressa sur un coude et pointa un doigt tremblant vers le psychopathe allemand.
« C’est donc toi qui manigances tout ceci ? Pour te venger d’un soufflet ?
- Ja, le fenchance, richtig. Le fenchance… C’est une sauerkraut qui se manche vroid, oder ? Haha! Avec ma ami le cikogne, peaucoup ponheur témolir Racing. Mein Gott ! La grèfe, mein Gott ! À chaque fois je vois la grèfe tes subborders, ch’ai le saucisse te Vrankvort qui krantit !
- Monstre !
- Ja, mais monsdre tire pye-pye. Gommissaire Puquet mourir ici. Dominik bardir Lontres. Yes my lord ! »
À ce moment précis, un biplan surgit dans le ciel, piqua vers la tour et frôla l’édifice. Buquet entendit distinctement le pilote crier à son complice :
« Jump, Dominik ! Let’s go my friend ! »
Et effectivement, Kohr prit appui sur la balustrade pour sauter au prochain passage de l’aéronef. Le commissaire Buquet allait-il laisser échapper ce malade ? La police française, sous le feu des critiques depuis l’affaire Benalla, les Gilets jaunes, Sainte-Soline et j’en passe, cette police pourtant exemplaire à maints égards pouvait-elle se permettre un nouveau camouflet ? Pour Buquet, la réponse était non.
Il s’arracha à sa torpeur, et au prix d’un effort surhumain parvint à atteindre les premières marches de la lanterne. Un petit mètre encore et il pourrait agripper le bas de la salopette de l’Allemand. Mais le biplan revenait, et Kohr hurlait au pilote, en montrant Buquet des deux mains :
« Schiess, Behdad ! Schiess le asshole ! »
La mitrailleuse de l’appareil vrombit comme un essaim de frelons. Les balles firent voler en éclats le bel œuvre des tailleurs du XVe siècle, sans parvenir à pénétrer la chair délicate du limier français. Car quelqu’un l’avait soulevé et plaqué au dernier moment à l’intérieur de la tourelle.
« Qui… qui êtes-vous ? articula péniblement Buquet.
- Quelqu’un qui a les oreilles qui saignent quand on se moque de l’Institution.
- Votre… nom ?
- Mon nom est Paillard. Jacky Paillard. »
Alors, après avoir délicatement reposé le flic sur les marches, le légendaire double buteur du match de la montée, en 1992, bondit sur la couronne pour en découdre avec l’infâme comploteur. Trop tard. Déjà l’avion revenait, et Kohr, juché sur une gargouille, était sur le point de se laisser tomber dans le cockpit de son patron.
Buquet, de sont point de vue en contrebas, eut l’impression que le temps ralentissait. Paillard grimaçait de rage. Kohr grimaçait de malice. Eghbali grimaçait parce qu’il avait le soleil dans les yeux. Même la gargouille grimaçait, et le commissaire s’avisa soudain qu’elle lui faisait furieusement penser à quelqu’un. Il se frappa le front. Gravé dans la pierre, c’était Claude Leroy, l’ancien manager du Racing.
Ce ne pouvait être un hasard.
Le biplan approchait, Jacky Paillard hésitait, et Kohr trépignait de joie sur sa gargouille quand celle-ci, tout soudain, se détacha de la rambarde de grès avec un bruit cristallin. L’Allemand fit d’abord de grands gestes avec les bras, comme s’il essayait de battre des ailes. Puis il étreignit Claude Leroy et plongea dans l’abîme avec lui.
« Claude Leroy, souffla Buquet avant de perdre connaissance. Décidément, on ne peut pas compter sur lui... »
FIN
Allez Racing !
Kohr n’en menait pas large lui non plus. Il avançait à quatre pattes, une dizaine de mètres devant lui, les yeux exorbités. Avec toutefois le même rictus dément qu’au début de l’escalade, comme s’il pensait réellement trouver une échappatoire au sommet de la flèche.
Arrivé à la lanterne, Buquet se plaqua contre la pierre et leva les yeux. Kohr était parvenu au sommet de l’édifice, cette couronne de dentelle édifiée en 1439 par Maître Hültz. L’Allemand éructait en lui montrant le poing, penché par-dessus la balustrade. Inaccessible. Buquet se sentait partir. C’était peut-être son tour maintenant, après ce pauvre Wattellier.
Euphorique, Kohr tournait sur lui-même, les bras levés, semblant avoir oublié et le vent, et le vide sous ses pieds.
« Scheisse Racing ! répétait-il à destination de l’azur brûlant. Kaputt Racing ! Haha! Fini les pleu et planc ! Du beux bleurer, Liénard ! Pouuuuuuh ! Pouuuuuh ! Maintenant, Racing club de buceaux, ja ! Betites quéquettes ! Fini résuldats ! Fini âme du club ! Racing laporadoire pour Plueco et c’est dout ! »
Indigné par ces provocations, comme fouetté par la colère, Buquet se redressa sur un coude et pointa un doigt tremblant vers le psychopathe allemand.
« C’est donc toi qui manigances tout ceci ? Pour te venger d’un soufflet ?
- Ja, le fenchance, richtig. Le fenchance… C’est une sauerkraut qui se manche vroid, oder ? Haha! Avec ma ami le cikogne, peaucoup ponheur témolir Racing. Mein Gott ! La grèfe, mein Gott ! À chaque fois je vois la grèfe tes subborders, ch’ai le saucisse te Vrankvort qui krantit !
- Monstre !
- Ja, mais monsdre tire pye-pye. Gommissaire Puquet mourir ici. Dominik bardir Lontres. Yes my lord ! »
À ce moment précis, un biplan surgit dans le ciel, piqua vers la tour et frôla l’édifice. Buquet entendit distinctement le pilote crier à son complice :
« Jump, Dominik ! Let’s go my friend ! »
Et effectivement, Kohr prit appui sur la balustrade pour sauter au prochain passage de l’aéronef. Le commissaire Buquet allait-il laisser échapper ce malade ? La police française, sous le feu des critiques depuis l’affaire Benalla, les Gilets jaunes, Sainte-Soline et j’en passe, cette police pourtant exemplaire à maints égards pouvait-elle se permettre un nouveau camouflet ? Pour Buquet, la réponse était non.
Il s’arracha à sa torpeur, et au prix d’un effort surhumain parvint à atteindre les premières marches de la lanterne. Un petit mètre encore et il pourrait agripper le bas de la salopette de l’Allemand. Mais le biplan revenait, et Kohr hurlait au pilote, en montrant Buquet des deux mains :
« Schiess, Behdad ! Schiess le asshole ! »
La mitrailleuse de l’appareil vrombit comme un essaim de frelons. Les balles firent voler en éclats le bel œuvre des tailleurs du XVe siècle, sans parvenir à pénétrer la chair délicate du limier français. Car quelqu’un l’avait soulevé et plaqué au dernier moment à l’intérieur de la tourelle.
« Qui… qui êtes-vous ? articula péniblement Buquet.
- Quelqu’un qui a les oreilles qui saignent quand on se moque de l’Institution.
- Votre… nom ?
- Mon nom est Paillard. Jacky Paillard. »
Alors, après avoir délicatement reposé le flic sur les marches, le légendaire double buteur du match de la montée, en 1992, bondit sur la couronne pour en découdre avec l’infâme comploteur. Trop tard. Déjà l’avion revenait, et Kohr, juché sur une gargouille, était sur le point de se laisser tomber dans le cockpit de son patron.
Buquet, de sont point de vue en contrebas, eut l’impression que le temps ralentissait. Paillard grimaçait de rage. Kohr grimaçait de malice. Eghbali grimaçait parce qu’il avait le soleil dans les yeux. Même la gargouille grimaçait, et le commissaire s’avisa soudain qu’elle lui faisait furieusement penser à quelqu’un. Il se frappa le front. Gravé dans la pierre, c’était Claude Leroy, l’ancien manager du Racing.
Ce ne pouvait être un hasard.
Le biplan approchait, Jacky Paillard hésitait, et Kohr trépignait de joie sur sa gargouille quand celle-ci, tout soudain, se détacha de la rambarde de grès avec un bruit cristallin. L’Allemand fit d’abord de grands gestes avec les bras, comme s’il essayait de battre des ailes. Puis il étreignit Claude Leroy et plongea dans l’abîme avec lui.
« Claude Leroy, souffla Buquet avant de perdre connaissance. Décidément, on ne peut pas compter sur lui... »
FIN
Allez Racing !
