Coupe de France 1995 : Strasbourg-Metz

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Par conan
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La dernière fois que le Racing a affronté Metz en Coupe de France, c'était il y a 13 ans. Ce soir là, la Meinau a chaviré de bonheur comme rarement.

L'histoire de ce RCS-Metz de 1995 est avant tout celle d'une immense émotion, l'une des plus grandes de l'histoire du club, l'une de celles qui restent à jamais gravées dans la mémoire de tous ceux qui ont eu la chance d'y assister. Il s'agit d'une époque lointaine où il y avait encore une équipe de football à Metz. Une très bonne équipe même, qui commençait à aligner les bons résultats en championnat sous l'impulsion du jeune Robert Pirès. C'était le début de l'age d'or du club lorrain qui allait emporter la Coupe de la Ligue 1996 avant de mourir à deux buts du titre de champion de France en 1998. La jeune troupe de Joël Muller commençait à affirmer ses ambitions et son rêve de réitérer les coups de 1984 et 1988, de ramener la Coupe de France en Lorraine. La route de Paris passait alors par l'Alsace. Par Mulhouse, dans un premier temps en ¼ de finale - il y avait également une équipe de football là bas, ce qui ne nous rajeunit pas. Puis par la Meinau pour une demi finale explosive, le tirage au sort désignant pour l'autre match un PSG-OM tout aussi sulfureux.

Pendant ce temps là, au Racing, c'est le cirque durant les mois qui précèdent. Les bonnes vieilles habitudes étaient déjà prises à l'époque. Elles n'ont toujours pas changé d'ailleurs... Rolland Weller prend place à la présidence du club. Son premier acte est de remercier Gilbert Gress, ce dont le club ne se remettra jamais selon certains sombres prophètes. Weller effectue un recrutement spectaculaire avec Vencel, Sauzée, Gravelaine et Mostovoï. Sous la houlette de Daniel Jeandupeux, le Racing effectue un beau début de saison et pointe 3e du classement à l'automne mais, comme le veut la coutume, s'effondre en hiver. Jeandupeux est licencié et touche un joli pactole en passant par la case prud'hommes. Jacky Duguépéroux le remplace et redynamise le groupe. Après une qualification homérique arrachée en prolongations face à Bordeaux, toute l'Alsace rêve d'une finale au Parc des Princes. En cette soirée orageuse d'avril, la Meinau, pleine à craquer, est surchauffée. 3000 Messins ont effectué le déplacement. Le kop présente un magnifique tifo feuilles lors de l'entrée des joueurs.

C'est une équipe de Strasbourg diminuée qui se présente sur la pelouse de la Meinau. En effet, une épidémie de grippe sévit dans l'effectif. Franck Sauzée et Mouche Bouafia, alités le jour du match, déclarent forfait. Les Grenats sont survoltés et mettent le feu à la défense strasbourgeoise, mais se heurtent à un Alex Vencel des grands soirs. La défense tient et revient petit à petit dans le match qui se transforme en véritable combat. Marc Keller sort du terrain sur une civière sans connaissance et suivra le reste de la rencontre en observation à l'hôpital civil. Alex Mostovoï est descendu en pleine surface de réparation par Sylvain Kastendeuch, mais Monsieur Veissière ne bronche pas. 0-0 au terme de la première partie de la bataille.

En deuxième période, la tension monte de minute en minute, le combat est âpre, tout le stade retient son souffle. Arrive la 73e minute, l'un de ces moments mythiques que l'on racontera dans 50 ans à nos petits enfants. L'orage gronde sur la Meinau, et Mostovoï, une fois de plus, s'amuse bien en dribblant une série de défenseurs Lorrains. Il frappe, Jacques Songo'o plonge, le ballon heurte le poteau gauche et le ballon vient dans les pieds d'Yvon Pouliquen, seul face au but vide. A ce moment s'écoule une seconde qui parait une éternité. Il règne une impression collective d'un temps qui s'est brusquement arrêté, impression accentuée par un immense éclair blanc qui zèbre le ciel à cet instant précis. Pouliquen pousse le ballon qui rentre tout doucement dans le but. La Meinau explose, le Racing est en finale.

Ce but est salué par l'une des plus belles liesses jamais vue à la Meinau, l'un de ces moments magiques où le public est pleinement en osmose avec son équipe. Les « On est à Paris » succèdent aux « Et les messins, vous, la finale, vous la regarderez à télé ! » repris par tout le stade. La chaleur ambiante, la joie de la qualification, l'exorcisme de 15 années de vaches maigres au cours duquel le Racing revenait au premier plan du football national, la victoire contre notre meilleure ennemi, autant de facteurs qui expliquent l'hystérie collective qui s'est emparée de la Meinau ce soir là...

13 ans plus tard, les deux protagonistes de cette demi-finale de légende se retrouvent lors d'une rencontre de Coupe de France qui est loin de passionner les foules. Au moins un homme dans le stade aura un souvenir très vivace de ce grand éclair blanc qui s'est abattu sur la Meinau à la 73e minute ce soir-là. Un certain Yvon Pouliquen, aujourd'hui entraîneur du FC Metz.

conan

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