La Rouille ronge son frein

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Passé par les maillots de Nancy et de Strasbourg, Olivier Rouyer parcourt aujourd'hui l'Europe pour le compte de la télévision. En attendant de reprendre, un jour peut-être, du service sur un banc de touche.

La Coupe de France 78
Ses fous rires à l'antenne sont aussi réguliers que ses dribbles étaient déroutants sur les pelouses. Olivier Rouyer, consultant depuis 12 ans sur Canal+, n'a connu en son temps de footballeur que deux clubs dans l'élite : Nancy d'abord et le Racing ensuite, avec lesquels il disputa le total respectable de 287 matchs de D1 pour 84 buts.
Fréquentant depuis l'enfance un stade Marcel-Picot distant d'à peine 300 mètres de la maison familiale, Rouyer est un des principaux acteurs de ce qui reste à ce jour la plus belle page de l'histoire du club nancéien : composé essentiellement de joueurs formés au club, dont un certain Michel P., Nancy termine en effet quatrième du championnat 76-77. L'année suivante, l'équipe surnommée "le Lycée Papillon" remporte la Coupe de France grâce à un but du futur président de l'UEFA et permet à Rouyer d'inscrire la seule ligne de son palmarès. « On était une quinzaine de mecs heureux avec une seule idée en tête : nous éclater sur le terrain. Il y avait une osmose incroyable entre nous. Naturellement, nous sommes toujours en contact. C'est quelque chose d'intime, qui nous appartient ».

Buteur face à la RFA
Mais le départ vers Saint-Etienne du futur triple ballon d'or stoppe l'élan du club lorrain et Rouyer prend sa succession en récupérant le brassard de capitaine à l'intersaison 79-80. Réputé pour sa vitesse de débordement sur son aile et sa capacité à esquiver tous les tacles, la carrière de "la Rouille" est cependant ralentie cette saison-là par une fracture du tibia qui lui fera perdre de sa vivacité.
Une blessure d'autant plus malheureuse qu'il avait jusque là réalisé un excellent parcours avec l'équipe de France, en participant notamment à la Coupe du Monde 1978, où il connu la titularisation au cours du fameux match France-Hongrie et les maillots rayés vert et blanc du Kimberley de La Plata.
Sélectionné pour la première fois en octobre 1976, pour un match à Sofia face à la Bulgarie arbitré par M. Foote-vous-êtes-un-salaud, le principal fait d'armes de ses 17 sélections restera son but splendide et victorieux marqué à Sepp Maier et les champions du monde de la RFA, au Parc des Princes en 1977 (la video de son but en cliquant ici).

Trois ans au Racing

En perte de vitesse du côté de la Lorraine, Rouyer tente alors de relancer sa carrière à l'été 81 en signant au Racing. En trois saisons, son bilan avec les Bleus sera médiocre et le banc de touche régulièrement fréquenté. Il est d'ailleurs tout près de quitter le Racing dès la fin de sa première année de contrat, fortement sollicité qu'il fut par Francis Borelli, alors président du PSG. Mais après hésitation, Rouyer le fêtard y renonce, craignant de se perdre en répondant avec excès aux multiples sollicitations de la vie parisienne.
Absent de la Coupe du monde 82 et de l'Euro 84, il termine finalement sa carrière professionnelle en D2 en rejoignant un club en crise chronique et à qui on ne prêtait alors que peu de perspectives d'avenir : l'Olympique Lyonnais. L'OL frise d'ailleurs plusieurs fois avec la relégation et Rouyer dit stop en 1986.

« Quand il rigole, on est obligé de suivre, même quand on est triste » (Rubio)
De retour à Strasbourg pour la fin des années 80, il joue en amateur au FCO Neudorf et à Koenigshoffen avant de rentrer à Nancy où il prend le poste d'entraîneur du centre de formation. En octobre 91, Rouyer et son enthousiasme constant remplace Marcel Husson à la tête de l'équipe professionnelle et réalise un parcours exceptionnel sans toutefois réussir à assurer le maintien, suite au début de saison catastrophique du club.
En 1994, à quelques jours de la reprise du championnat, le voilà limogé. Selon lui, c'est son homosexualité qui lui a coûté sa place d'entraîneur du club lorrain. Le président Rousselot, déjà en place à l'époque, l'admet d'ailleurs à demi-mots.

Confessions à l'Equipe
Révélé au grand jour le 16 février dernier dans un entretien avec l'Equipe Magazine, Olivier Rouyer est le premier joueur ou ancien joueur à faire ainsi son coming-out : « au début, je me suis caché. Une copine me servait d'alibi. Mais, en arrivant à Strasbourg je suis tombé amoureux et j'en ai eu marre de mentir ». Et pour ne plus avoir à mentir, il s'est tu. « Le foot est un milieu où l'on n'aime guère ceux qui sortent des clous. Mais j'ai 52 ans, je suis heureux, et il est peut-être temps de parler ».

Supporter inoxydable
Bien qu'il ne serait pas contre l'idée de reprendre un poste d'entraîneur, et exception faite de son court intérim sur le banc du FC Sion (entre mars et juillet 1999), Rouyer se consacre donc depuis 1996 à son rôle de consultant télé spasmodique, où ses ébroustifiantes approximations langagières s'enchaînent parfois sur un rythme frénétique, tout en gérant dans le même temps Le Pinocchio, son bar à Nancy où se réunissent parfois les joueurs de l'ASNL : « à l'origine, c'était un magasin de jouets en bois. Mais le commerce du jouet a commencé à battre de l'aile à la fin des années 80 et je l'ai transformé en salon de thé, puis en bar ».
L'ASNL dont il est d'ailleurs aujourd'hui l'un des principaux défenseurs dans les médias. Et il ne fait guère de doute que samedi soir, pour la réception du Racing à Picot, son coeur battra, comme depuis toujours, pour les Rouges et Blancs.

filipe

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