Une saison inoubliable, épisode 1

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Léonard Specht (au centre) © Karim Chergui

Juillet 1978 : la Coupe du Monde vient de s'achever et une année exceptionnelle débute pour le RCS. On vous propose de la vivre - ou de la revivre - tout au long de la saison grâce aux témoignages des stubistes qui ont eu la chance de la connaître.

L'avant-saison
Troisième du classement 77-78, le Racing entraîné par Gilbert Gress prépare cette nouvelle saison au cours d'un stage à Grunberg, en Forêt Noire. sedna se rappelle des commentaires de l'époque qui avaient caractérisé cette préparation : « le stage avait été très dur physiquement, c'était la première fois que le Racing se préparait d'une façon aussi professionnelle ».
Au cours de cette avant-saison, Strasbourg dispute dix matchs de préparation. dalira nous en donne les résultats : Frankenberg -– Racing : 1-2, Steinbach –- Racing : 0-7, Haguenau –- Racing : 0-4, Racing -– Sarajevo : 5-1, Racing - Young Boys Berne : 6-0, Niort -– Racing : 0-6. Strasbourg a également disputé au cours de cet été 78 la Coupe des Alpes avec les résultats suivants : Servette Genève –- Racing : 2-1 et 4-2, Neuchâtel Xamax –- Racing : 1-2 et 0-0.

Quant aux supporters, ils attendent naturellement le début de saison avec impatiente et espèrent surtout revivre les bons moments vécus l'année précédente. sedna nous précise que la « saison 77-78 avait été particulièrement bonne et s'était terminée en apothéose par la qualification en UEFA grâce à une 3ème place acquise lors de la dernière journée à Laval par une victoire 3-2 et une série de 10 matches sans défaites. L'ambiance au stade durant cette saison était déjà très bonne, le Racing ayant montré un très beau jeu et ayant marqué un grand nombre de buts ».
Et dudu de confirmer : « concernant la saison 77-78, l'attente était surtout au niveau de l'entraîneur et la venue de joueurs comme Vergnes qui était international et avait un statut de "vedette", c'était lui LE recrutement important. Le club a également recruté Jacky Novi, un joueur d'expérience, qui était venu avec Piasecki dans le "package" et qui deviendra très vite la meilleure recrue de cette intersaison. Le premier match contre Laval et le 6-2 à la Meinau lancera de la meilleure manière cette saison qui restera une des plus souriantes pour les promus, puisque Monaco qui était monté avec le Racing, deviendra champion de France. Pourtant le public en ce début de saison 77 était un peu surpris de voir la Racing proposer un jeu aussi efficace, spectaculaire et l'engouement ne s'est pas fait de suite ».

Alors, le Racing parviendra-t-il à faire aussi bien, sinon mieux, en 78-79 ?

1ère journée : RCS-Lyon, mercredi 19 juillet



Equipe

Le mercredi 19 juillet, il y a donc tout juste trente ans, le Racing entamait son championnat à la Meinau face à Lyon.
Pour la seconde saison de Gilbert Gress à la tête de l'équipe alsacienne, le président Léopold a fixé comme objectif de terminer dans le premier tiers du classement. Mais face aux Lyonnais entraînés par Aimé Jacquet, le RCS offre une première prestation moyenne. « Avec la forte chaleur, les jambes étaient un peu lourdes » se souvient sedna, « le Racing avait un peu peiné à trouver la faille dans la défense lyonnaise ».
Et comme la saison précédente, le public attend de voir l'attitude de son équipe avant de s'enflammer : « le début de saison ne fut pas tout de suite un grand succès car certes la saison précédente avait été bonne mais l'intersaison avait été calme : seul Roger Jouve était venu renforcer l'équipe dans un premier temps » précise dudu.
D'ailleurs les comptes-rendus du match nous indiquent que des sifflets se sont fait entendre en cours de match dans les travées de la Meinau. Des sifflets qui mettront très en colère Gilbert Gress qui les déplorera après la rencontre auprès des journalistes.
Heureusement, Strasbourg assure l'essentiel et parvient à marquer un but à la 61ème minute par l'intermédiaire de son avant-centre Jacques Vergnes.
Le Racing s'impose donc 1-0.


2ème journée : Laval-RCS, mardi 25 juillet



Equipe

Le premier déplacement de la saison se déroule au stade Francis Le Basser de Laval, face aux hommes de Michel Le Millinaire. La première mi-temps est catastrophique pour le Racing qui regagne les vestiaires mené 2-0. Mais en seconde période, Strasbourg démontre ses ressources mentales et parvient à recoller au score dans les dernières minutes grâce à la rentrée de Roland Wagner, qui marque le premier but à la 82ème - soit à peine une minute après son entrée sur la pelouse ! - avant que Francis Piasecki n'égalise à la 89ème minute. Score final : 2-2.
« J'ai une anecdote croustillante » nous dit sedna. « Après le nul à Laval arraché en fin de rencontre, je passe sur Europe 1 pour écouter les commentaires de cette station et surprise, le correspondant qui avait pourtant suivi la rencontre annonce un résultat de 2-1 pour Laval. Lorsque le journaliste tenant l'antenne corrige le score, il persiste et confirme ce résultat de 2-1 sans s'émouvoir. Sans doute s'était-il endormi en fin de rencontre. C'est en tout cas une des plus grossières erreurs journalistiques dont je me souvienne. Je ne pense pas que cela pourrait encore se produire aujourd'hui ».


3ème journée : RCS-Nantes, vendredi 28 juillet



Equipe

A peine trois jours après ce nul arraché in extremis, les spectateurs se rendent à la Meinau pour assister à la première grande affiche de la saison, face à Nantes, grand favori pour le titre.
D'après sedna « il y avait une grande attente du public et de la presse régionale. Nantes faisant figure d'équipe rivale depuis la finale de coupe de France 66 ». Les spectateurs attendent aussi que le RCS efface l'impression mitigée laissée au cours du match d'ouverture face à l'OL : « le public attendait de voir la suite avant de s'enflammer et c'est pour cela que le premier match contre Lyon et cette petite victoire n'avait pas suscité une franche adhésion et même quelques sifflets du public car cette victoire avait été difficile et surtout le match un peu laborieux » (dudu).
Une énorme exigence donc, mais la confiance est tout de même de mise du côté de l'équipe, invaincue à la Meinau en championnat de D1 depuis plus de deux ans : « oui, invaincu à domicile depuis 1976 contre Bordeaux (0-2), le match de la relégation en D2 devant à peine 1500 spectateurs. La seule défaite toutes compétitions confondues eu lieu en février 78 contre Bastia en coupe de France (3-0) : le stade, couvert de 30 cm de neige quatre jours plus tôt, avait été dégagé par les stagiaires » (sedna).

Pour cette confrontation face aux Canaris emmenés notamment par Maxime Bossis, Guy Lacombe et Henri Michel, Wagner profite de sa rentrée gagnante à Laval pour prendre la place de titulaire à Jacques Vergnes, ce qui met ce dernier très en colère : « ils sont quatre pour trois places. Normal que le remplaçant fasse la gueule » concède Gilbert Gress.
La température est caniculaire et c'est les Nantais qui débutent le mieux la rencontre en ouvrant le score dès la 7ème minute par Bruno Baronchelli. Mais, comme à Laval, le RCS ne s'en laisse pas compter, revient dans la partie avant de prendre l'avantage et de s'imposer 2-1 grâce à des réalisations d'Albert Gemmrich (15ème) et Wagner (61ème), décidément très en forme.
Cette victoire est la première grande performance de la saison pour le Racing, qui prend la deuxième place au classement général, un point derrière... le FC Metz.

Un succès tout particulier pour triskell : « je n'avais que six ans en 78, néanmoins c'est cette année là que mon père et mon grand-père m'ont emmené à mon premier match à la Meinau, contre Nantes. Adossé au grillage derrière les buts, je ne comprenais pas grand chose au spectacle proposé mais mon coeur de supporter était conquis à jamais. Nous étions dans l'actuelle tribune ouest. Le soleil était rasant et il faisait chaud. Les Nantais ont ouvert le score rapidement et après la machine strasbourgeoise s'est mise en branle ».

Vergnes mécontent
Mais cette rencontre est aussi le début de "l'affaire Vergnes". « Celui-ci, non titularisé, passa toute la 2ème mi-temps à s'échauffer pour n'entrer qu'en toute fin de partie » (sedna). « Le malaise entre Vergnes et Gress était déjà palpable et certains spectateurs voulaient à tout prix que Gilbert Gress le fasse jouer » (dudu).
Cette mise à l'écart de l'avant-centre était-elle justifiée ? aragon nous apprend que « Vergnes était plus expérimenté que Tanter et Wagner, c'est certain. Meilleur ? Pas sûr à ce moment là en tout cas, avec ces deux derniers qui explosaient tout. Vergnes fut l'auteur du but vainqueur lors de la première journée contre Lyon, mais il fut très moyen lors de la seconde. Il fut donc placé sur le banc au profit de ce dernier, Tanter glissant au poste d'avant centre lors de ce match au sommet (pratiquement toutes les équipes -dont le Racing- jouaient à l'époque en 4-3-3, avec 2 purs ailiers et 1 avant centre. Gemmrich était indifféremment ailier gauche ou avant-centre, Tanter le plus souvent ailier pouvait jouer avant-centre également, mais Vergnes était un pur n°9 et Rolland Wagner un pur ailier droit...) ».

dudu confirme : « la triplette avec Tanter comme feu follet et dribleur fou, déstabilisant les défenses, Wagner comme dynamiteur et Gemmrich comme buteur, s'est révélée comme la meilleure attaque connue, d'après moi, à ce jour au Racing. Cette triplette était non seulement très complémentaire mais surtout n'arrêtait pas de permuter, ce qui mettait les défenses adverses au supplice ».
Pourtant auteur de 11 buts la saison précédente, Vergnes perd donc les faveurs du coach : « Gress lui reprochait de ne pas participer au travail défensif comme il le fera plus tard avec Carlos Bianchi et encore après, dans sa deuxième période au Racing, avec Didier Monczuk. Ce qui avait déjà été entrevu en fin de saison 77/78 est très vite vérifié en ce début de saison 78/79, Vergnes fait les frais de cette attaque à trois têtes » (dudu).

N'étant pas prêt à laisser sa place, Vergnes réagit donc après ce match contre Nantes : « à Strasbourg je ne suis plus qu'à 30 % de mes moyens. Si l'on ne veut plus de moi je m'en vais. Je veux en référer au président. A 30 ans il me faut penser à mon avenir ».
La réaction de Gress est immédiate : « avez-vous vu Tanter au poste d'avant-centre ? Je ne pouvais quand même pas le retirer de l'équipe non ? Chacun aura sa chance. Que Jacky sache que s'il persiste à vouloir changer d'air le club ne s'opposera pas à son transfert ; par contre s'il reste parmi nous ce sera en collaborant à 100% à l'effort commun ».

Affaire à suivre !
Vergnes finira-t-il par retrouver sa place de titulaire ? La victoire face à Nantes est-elle un exploit sans lendemain ? sedna va-t-il changer de station de radio ? Vous le saurez en suivant le prochain épisode d'Une saison inoubliable, prochainement sur racingstub.com.

Merci aux stubistes cités dans l'article pour leur participation.
Si vous aussi vous souhaitez faire partager vos souvenirs, n'hésitez pas à contacter redaction
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filipe

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