Eric Sold : «c'est l'histoire d'un mec...»

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Quand on parle du Racing, force est de constater que nous n'avons pas toujours les mêmes avis sur les joueurs ou sur les tactiques. Mais s'il y a bien un terrain d'entente c'est sur la voix alsacienne la plus connue de la radio : celle d'Eric Sold.

On disait de lui qu'il se donnait à fond dans tout ce qui l'inspirait. Et les 3 choses qui l'inspiraient avant tout étaient : l'enseignement, l'Alsace et le sport.

« L'Ecole est une institution exceptionnelle »


Eric Sold est né le 12 septembre 1942 à Saverne (sous le prénom d'Erich. Louis de son second prénom). Son père est cheminot mais Eric Sold se dirige très rapidement vers le professorat. Il passe à l'Ecole Normale (pour instituteurs) à Strasbourg puis obtient une licence et maîtrise de Physiologie, suivi d'un CAPES de Biologie. Il devient Professeur de Sciences (SVT) de 1969 à 1989 au Collège Vauban à Strasbourg. Bien plus qu'un métier, enseigner est une véritable vocation pour lui qui en 1988 intégra France 3 Alsace pour produire l'émission « Ecoles » soutenue par le Rectorat.
« Quel dévouement, quel travail inlassable effectué par tous ceux qui de l'école maternelle au Lycée donnent de leur âme jour après jour, année après année ! Un regret : c'est que cela se passe dans l'indifférence générale et surtout de bons nombres de parents plus prompts à la critique qu'à la reconnaissance du travail fait par d'autres et ... de plus en plus souvent à leur place !Pour moi, l'ECOLE restera toujours l'institution la plus apte à hausser la qualité de vie de notre société. Elle sera toujours la première institution à pouvoir former à la tolérance, la solidarité, le respect... La première à combattre racisme, bêtise, intolérance... »

« Je pense que les gens du coin ressentent que je suis des leurs, Alsacien. Mes racines sont ici »


A la fois collaborateur, journaliste et producteur artistique à FR3 Alsace, Eric Sold en profitait également pour promouvoir l'Alsace, « une région qui a une identité culturelle forte, une histoire pas ordinaire, une richesse tous azimuts, qui explique parfois son côté passionné, ses contradictions, ses états d'âme... et qui ne doit en aucun cas regarder sans cesse en arrière, mais se tourner résolument vers un avenir alsacien avec ses caractéristiques naturelles et historiques... » comme en témoignent « S'chlaat 13 » émission culturelle en dialecte ou « Drei Ecke e elfer » qui parlait du foot en alsacien. Une origine dont il était fier et dont il avait connu très jeune toute l'ambiguïté comme en 1947 lorsqu'il fut envoyé à Arès pour une méningite à l'âge de 4 ans et qu'il s'était lié d'amitié avec un prisonnier de guerre allemand avec qui il conversait en alsacien. « Lui et moi étions considérés comme des "boches". Ce fut une période difficile ; quand je suis revenu j'avais perdu ma langue maternelle, le dialecte, mais maîtrisais mieux le français ; j'ai eu aussi du mal à reconnaître mes parents ! »

« J'ai connu au cours de ma vie Le Racing, Champion de France et La France, championne du Monde »


Enseignant par vocation, alsacien par amour mais aussi et surtout féru de sport, Eric Sold n'atterrit pas chroniqueur sportif par hasard. C'était un véritable passionné qui pratiquait aussi énormément : football (à Niederhausbergen et Monswiller), handball (rapidement, il évolua comme cadet surclassé avec l'équipe première du Strasbourg Etudiant Club et connut même le Championnat de France pendant 10 ans avec une victoire en Coupe d'Alsace, finale de Coupe de France universitaire, un titre de champion d'Académie et un titre de Champion de France USFEN) et le tennis (deux titres de Champion d'Alsace des journalistes, bon ça vaut que ça vaut...).
Et bien sûr il y a ce lien unique qu'il connut avec le Racing dont il vit ses premiers matchs avec son père en 1951. « J'ai été de suite fasciné et passionné. Du coup, j'ai connu train (de Hausbergen à Strasbourg) et tramway tous les dimanches après-midi (les matches étaient alors fixés à 15 h) pour rejoindre le stade de la Meinau. D'abord à côté de l'ancienne tribune debout. J'avoue ensuite quelques passages en fraude dans cette fameuse "Stehtribühn" ! Je peux dire que depuis 1954 (soit 46 années durant, depuis l'équipe de Stogaspal et Carlier), je n'ai pas manqué un match à la Meinau ; je possède donc une connaissance certaine du RCS qui me sert toujours dans les commentaires de matches ! »

1978 : grande année pour le Racing et Eric Sold


« La saison 1978-79, quant à elle, restera inoubliable au niveau des émotions. Je vivais au rythme des victoires et des rares défaites des bleus. Et je pourrais toujours dire que j'ai connu au cours de ma vie "Le Racing, Champion de France" et "La France, championne du Monde". Une année faste donc pour le club mais aussi importante pour Eric Sold qui commença à commenter les matches des bleus et blancs. Un style unique, une empreinte indélébile chez tous ceux qui ont eu la chance de l'écouter sur Radio France Alsace ou même dans l'émission dominicale de midi : Sportshow.

Le style Eric Sold c'était ça :

"But de Leboeuf"

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"Quel courage Mr QUINIOU ! " (anthologie !)

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"Pénalty Leboeuf"

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"Ambiance à la Meinau"

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Eric the King


Du bonheur en barre, des B52 d'émotions, de la chair de poule en overdose. Pourquoi ? Parce qu'Eric Sold n'avait pas besoin de copier, lui, il avait son style : simple, vrai et outrageusement subjectif. Parce que comme le dirait si bien Coluche : Eric Sold « c'est l'histoire d'un mec ».
Un mec finalement terriblement humain, un mec professionnel mais qui partageait sa subjectivité avec les auditeurs. On était loin des hurlements primaires et tellement artificiels d'Eugène Saccomano, des intonations exagérées de Thierry Gilardi ou des annonces de tombola de l'AS Tourban en Iseux prodiguées par Thierry Roland. Eric Sold c'était le commentateur qui s'emportait comme n'importe quel spectateur, c'était le commentateur qui s'en prenait poliment à l'arbitrage quand il était scandaleux, ou pas. C'était le commentateur qui sortait ses tripes sur une action, c'était le mec qui explosait de manière naturelle sur un but, c'était le mec qui avait ses tics de langage dont le fameux « comme dit » (j'avais compté plus de 40 fois dans un match une fois...), un mec avec ses défauts donc, mais un gentleman qui se reprenait toujours d'une manière remarquable... pour mieux remettre une dernière couche peu après.

Enfin, pour beaucoup, Eric Sold était le premier lien avec le Racing, avant qu'on aille à la Meinau avec notre père ou nos copains. Et quand on a cette place-là on prend forcément une autre dimension, celle d'un monument, celle d'un mythe qui s'éteignit le 16 août 2000, rappelant à tout le monde qu'il était finalement bien humain.

Alors au nom de tous ceux qui ont vibré tout seul dans leur chambre devant un bout de plastique avec des enceintes, au nom de tous les gamins qui se cachaient sous la couette avec la radio tout doucement allumée pour ne pas se faire surprendre par leur mère qui les croyait endormis, pour tous ceux qui restaient bloqués au boulot ou dans les embouteillages, au nom de tous ceux qui ne pouvaient se rendre à la Meinau mais qui s'y sentaient quand même, au nom de tous ceux qui étaient invités chez des amis et qui s'éclipsaient de temps en temps pour écouter le score et vibrer en quelques secondes, au nom d'un ado qui passa une soirée entière à –15 degrés à vider la batterie d'une BX pour pouvoir vibrer lors d'une certaine demi-finale contre Monaco à la radio, au nom de tous ces passionnés, comme dit, merci Monsieur.

Principales données biographiques et extraits d'interviews tirés de la page http://www.netcomete.com/Sold.html (avec interview en entier + photos). Avec l'aimable autorisation d'E. Messmer (www.netcomete.com)

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