Une saison inoubliable, épisode 3

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Par filipe
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© allez-racing

Grâce aux témoignages des stubistes, on ne reculera devant rien dans ce troisième épisode. Au programme : violence, alcool, dopage et cruelle vengeance.

Résumé des épisodes précédents
Après un début de saison bien négocié (épisode 1), Strasbourg a pris la tête du classement en battant Metz à la Meinau (épisode 2). Pour dudu, « le début de l'épopée commence avec cette victoire contre Metz. Ce soir-là, le Racing a pris la tête du championnat et a surtout réussi à fédérer l'ensemble du public ».
Le plus dur reste cependant à faire car il s'agit désormais de confirmer, à commencer par ce déplacement compliqué dans le Nord, face au LOSC.

7ème journée : Lille-RCS, mardi 22 août 1978



Equipe


Pour les supporters du Racing, il était à cette époque bien difficile de suivre les performances des Strasbourgeois loin de la Meinau. Il n'y avait guère que la presse écrite le lendemain des matchs et la radio qui permettait, sur les fréquences nationales, de se tenir au courant de l'évolution en direct du score de la rencontre. « Il faut dire qu'à l'époque, nous précise sedna, il n'existait pas d'émission permettant de suivre les matches du Racing dans leur continuité. Seule une émission du type "but par but" sur France Inter FM permettait de suivre le déroulement de la soirée. Des rendez-vous après les flashes-infos sur RTL ou Europe 1 permettaient de prendre connaissance des scores et des commentaires d'après-matches ».
« La radio et le "but par but" permettait de suivre les prestations du Racing a l'extérieur et il faut reconnaitre que c'était génial car il y avait peu de défaites donc nous étions tous euphorique les soirs de match » se rappelle dudu.
La passion coûtait donc moins chère... encore que, aragon nous précise qu'il n'hésitait pas à investir « intégralement (son) argent de poche dans l'achat des France Foot », quand il n'écoutait pas « en sourdine au fond du lit » les matchs du RCS à la radio.

Cette médiatisation moins importante n'empêche en tout cas pas les souvenirs, en particulier de ce déplacement à Lille qui reste un moment fort dans la saison alsacienne. En effet, alors que le score est de 1 à 1 (Pierre Pleimelding répondant immédiatement à l'ouverture du score d'Albert Gemmrich), Raymond Domenech se décide à frapper un grand coup juste avant la pause. Conspué par les 20 000 spectateurs depuis le début du match suite à un tacle violent asséné à un Lillois, Domenech, qui traîne depuis bien longtemps une réputation de mauvais garçon, récupère le ballon dans les 30 mètres du Racing et se lance dans une incroyable série de dribbles et traverse tout le terrain.
sedna nous raconte la suite : « dans la bronca qu'on imagine et après un relais avec un partenaire (Roland Wagner peut-être), Domenech vient crucifier le gardien adverse d'une belle frappe à l'entrée de la surface de réparation. J'ai suivi ce but en direct sur France Inter et le commentateur, plutôt favorable aux Lillois, expliquait les raisons des sifflets du public tout en commentant l'action, et lorsqu'il annonça le but, ce fut vraiment un moment formidable ».

D'autant plus formidable que grâce à cet exploit individuel de son arrière gauche, le Racing reprend l'avantage au score et parvient à le conserver toute la seconde période en maitrisant parfaitement la partie (1-2). Après la rencontre, Pleimelding soulignera d'ailleurs comme il est difficile de jouer face au RCS quand « les Strasbourgeois ont le ballon. Ils sont capables de le garder pendant un quart d'heure sans le perdre ! »
En fin de match, on note aussi l'entrée en jeu de Jacky Duguépéroux, enfin remis d'une longue blessure et qui fait ainsi ses débuts au cours de cette saison.
Quant à Domenech, il ne cache pas sa satisfaction d'avoir pu se venger des quolibets à son encontre. « Les sifflets me dopent » déclare-t-il après le match...

8ème journée : RCS-Nîmes, vendredi 25 août 1978



Equipe


Le Racing termine enfin son mois d'août avec ce cinquième match en trois semaines et la réception du Nîmes Olympique à la Meinau. Après un début de saison quasi-parfait, les supporters espèrent bien sûr une nouvelle belle performance des Bleus. Par contre, les médias semblent rester prudents et peu croient aux chances alsaciennes dans la course au titre. D'après dudu « certains journalistes, comme ceux du journal l'Equipe, disaient que c''était un feu de paille et que le Racing retomberait rapidement dans le rang, ce qui avait le don de me mettre dans une colère noire car il faut bien comprendre qu'après le match de Metz, nous étions beaucoup en Alsace à croire que le Racing pouvait aller au bout ».

D'ailleurs pour ce match face à Nîmes, la Meinau s'offre à nouveau une belle affluence (plus de 23 000 spectateurs). « Pour assister aux matchs à la Meinau dans le Kop de l'époque, c'est-à-dire en tribune centrale en face de la tribune d'honneur actuelle, il fallait venir plusieurs heures à l'avance et surtout rester debout pendant quatre voire cinq heures (il ne fallait pas être au niveau des poteaux car cela posait de gros problèmes pour la visibilité du match). J'avais 21 ans exactement à l'époque et c'était un bonheur fou à chaque match, rien que pour l'ambiance dans les tribunes et l'amour véritable entre les supporters et cette équipe » (dudu).
sedna nous donne également son témoignage sur l'ambiance à la Meinau de la fin des années 70 : « si effectivement le Kop était beaucoup moins organisé qu'aujourd'hui (les associations de supporters n'existaient pas encore), les chants comme "Allez les bleus et blancs" étaient repris dans tous les gradins (tribunes Populaire, Virages et Quarts de Virage « Seconde »). La tribune d'honneur était assez calme tandis que la grande tribune debout (« Première ») était très animée et faisait donc effectivement figure de Kop. C'était encore l'ancienne enceinte du stade, en tout cas en début de saison, car au printemps les Virages et le Quart de Virage Ouest ont été abattus pour la construction de la tribune Ouest actuelle ».

dudu a d'ailleurs quelques anecdotes à nous faire partager : « au sujet de l'ambiance, je me souviens qu'avec mon meilleur pote de l'époque (mon alter-égo gonfleur officiel de ballons du Racing...) nous avions connus quelques péripéties dans cette fameuse tribune, comme au moment de l'entrée des équipes où les drapeaux bleus et blancs faisaient de grands moulinets et où nous prenions souvent des coups de drapeaux sur la tête ; ce jour-là, un drapeau est venu prendre les lunettes de mon pote, qui les a vu (si on peut dire...) voler de l'autre côté de la tribune... De même, un autre jour, un mégot de cigarettes est tombé dans le revers du bas de mon jean et a provoqué un début de feu (pas de plancher mais presque) qu'un de mes voisins a réussi à éteindre avec sa bière... »

Et le match me direz-vous ? A vrai dire, il n'y a pas grand-chose à en dire. Nîmes, avec notamment René Girard, futur entraîneur des Strasbourgeois, est venu dans une configuration très défensive et le Racing, sans doute marqué par la répétition des efforts, ne parvient pas à accélérer le rythme malgré sa domination.
0-0, les supporters quittent le stade frustrés mais cette fois-ci il n'y a aucun sifflet qui se fait entendre dans les tribunes, contrairement au premier match de la saison. En tout cas, d'après aragon, il est « amusant de voir que les deux matchs les plus pourris de la saison s'intercalent : le 2-2 à Reims, futur bon dernier, et le 0-0 contre Nîmes à La Meinau. En 77-78, ces 2 matchs-là, on les perdaient peut-être ».
La situation est d'autant plus favorable que malgré ce match nul, le RCS compte trois points d'avance sur le second du classement. Le public veut donc croire, comme sedna, que « le meilleur était encore à venir »...

A suivre
L'effectif du Racing est-il suffisamment étoffé pour tenir le rythme de la saison ? La Coupe d'Europe qui arrive prochainement au calendrier ne sera-t-elle pas trop difficile à digérer physiquement ? dudu a-t-il payé un coup à celui qui sacrifia son verre pour le sauver ?
Pour le savoir, rendez-vous dans un prochain épisode d'Une saison inoubliable, bientôt sur racingstub.com.

Merci aux stubistes cités dans l'article pour leur participation. Si vous aussi vous souhaitez faire partager vos souvenirs, n'hésitez pas à contacter redaction.

filipe

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