Une saison inoubliable, épisode 4

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Par manwithnoname
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Gilbert Gress

Quatrième épisode de la saga 1978-1979 : le Racing, implacable, poursuit sa marche en avant en championnat et signe de fort belle manière les retrouvailles de la Meinau avec l'Europe. Examen de passage réussi.

Résumé des épisodes précédents
En prenant la tête du championnat dès le mois d'août (rappel des évènements : ici, ici, et ici), le Racing était devenu, de fait, l'équipe à abattre et beaucoup, notamment du côté de la presse parisienne, prédisaient que ce Racing flamboyant n'avait été qu'un feu de paille estival qui allait sans plus tarder s'essouffler. Et, de fait, c'est bien un examen de passage que s'apprête à subir le club alsacien en ce mois de septembre 1978 : cinq matches de championnat et deux matches de Coupe de l'UEFA en un petit mois ! Autant dire qu'occasion était donnée à Gilbert Gress et à ses hommes de faire définitivement leurs preuves et de gagner enfin l'estime des observateurs qu'ils n'avaient pas encore tout à fait conquise.

9ème journée : Paris FC-RCS, mardi 5 septembre 1978



Equipe


Au sortir d'un triste match nul concédé au Nîmes Olympique à la Meinau, le Racing se devait de se reprendre face au Paris FC et d'éviter de se faire rattraper par ses poursuivants. Mission accomplie, selon sedna : « La victoire du Racing au Parc des Princes face à une assez modeste équipe du Paris FC fut assez longue à se dessiner mais était assez logique et permettait au Racing de poursuivre sa cours en tête. Même si l'évènement est passé assez inaperçu à l'époque ». Avec cette victoire arrachée de haut lutte, le Racing compte quatre points d'avance sur le second, Bordeaux. Et sedna de relever, à l'occasion de ce match, une statistique intéressante : « Trente ans plus tard, on peut constater que ce fût la seule victoire du Racing en championnat dans l'enceinte du Parc des Princes actuelle datant de 1972. Il y eut bien une victoire contre le Red Star en 75 mais c'était à Saint-Ouen, seule autre victoire en première division contre un club de la capitale depuis 72 ». Le but d'Yves Ehrlacher à la 80ème face à un futur relégué (1-0) n'a visiblement pas suffi à convaincre la presse parisienne qui ne cessa pas de dauber sur les résultats du leader strasbourgeois. Dans l'Equipe, le lendemain de la victoire, le journaliste écrit : « Strasbourg gagne sans convaincre... Il semblerait bien que les Strasbourgeois, dans leur maillot blanc, n'ont pas encore touché le coeur des Français ». Dans France-Foot 2, on y lit le commentaire suivant : « L'invaincu Strasbourg pourra-t-il un jour être un leader qui touche au coeur des foules ? Les atouts des Alsaciens sont minces. Le football est trop musclé, le milieu roule un peu trop des épaules à la manière de Piasecki. (...) L'art n'y est pas dans cette équipe : Jouve, son regard, sa touche de balle, Dropsy, sa sûreté et son short de boxeur, Gemmrich, ses courses rectilignes et ses genoux hauts ne peuvent à eux trois donner du piment ou de l'assaisonnement au football alsacien ». L'ironie perceptible et quelque peu méprisante des journalistes parisiens n'entame pas les certitudes de Gilbert Gress. Réaction définitive de l'entraîneur strasbourgeois : « On a fait preuve d'une maturité technique et tactique incroyable ». Messieurs les gratte-papiers, à bon entendeur, salut...

10ème journée : RCS-Angers, vendredi 8 septembre 1978



Equipe


Est-ce parce qu'ils ont été piqués au vif par les critiques des journalistes parisiens ? Toujours est-il que c'est le moral gonflé à bloc et le mors aux dents que les Strasbourgeois abordent leur nouvelle rencontre à la Meinau. Il faut dire que l'adversaire du soir, le SCO d'Angers, ne semble pas de taille à leur faire de l'ombre. Albert Gemmrich et Roland Wagner, auteurs chacun d'un doublé, ne lui en laisseront même pas le temps et tueront le suspens. Le match sera l'occasion pour Jacky Duguépéroux, de retour de blessure, de se retrouver titulaire pour la première fois de la saison et, donc, pour Gress de laisser Jacky Novi au repos. En définitive, le Racing passe six buts aux infortunés Angevins, et rend une copie parfaite au plus grand bonheur de ses supporters. Le réalisme strasbourgeois n'était pas pour étonner dudu : « Je n'ai pas de souvenir particulier du match contre Angers, si ce n'est que le Racing avait dominé de la tête et des épaules et que le match était plié a la mi-temps ». sedna confirme que les supporters strasbourgeois n'ont guère tremblé devant l'adversité et en explique les raisons : « La victoire contre Angers s'est apparenté à une promenade de santé, trois buts par mi-temps contre une équipe qui venait de prendre une correction similaire à Nantes (5-0) et où évoluait Pascal Janin dans les buts. Tout souriait au Racing en ce début septembre, cette victoire fut la plus facile sans doute de la saison ». Une fois n'est pas coutume, l'assurance et l'optimisme semblent de mise dans les travées de la Meinau.

11ème journée : Nice-RCS, mardi 19 septembre 1978



Equipe



Avec le déplacement à Nice, le Racing aborde une semaine délicate, ponctuée par deux matches de championnat et un match de Coupe d'Europe, le match retour face à Elfsborg (cf. infra). Les Niçois ne sont pas alors au mieux, et connaissent alors une grave crise interne : le comité directeur vient de démissionner en bloc. De fait, le match ne restera pas dans les mémoires, les Strasbourgeois, guère inquiétés, ne forçant pas leur talent face aux joueurs locaux et se contentant du partage des points. sedna se rappelle avoir suivi la rencontre dans un contexte bien particulier : « Le match à Nice correspondait à la rentrée scolaire (bien plus tardive qu'aujourd'hui). Je me souviens avoir suivi ce match assez indécis à la radio avec des copains d'internat. Match assez tendu, le score nul et vierge qui était assez satisfaisant pour un Racing seul en tête. ». C'est bien ce dernier fait qui constitue l'enseignement essentiel de ce match avant la grande échéance qui, déjà, se profile : le choc face au grand Saint-Etienne.

12ème journée : RCS-Saint-Etienne, vendredi 22 septembre 1978



Equipe


L'évènement de la saison, la grosse affiche à domicile : la venue du grand d'Europe, l'illustre Association Sportive de Saint-Etienne, tout encore auréolé de son parcours européen de 1976 et au faîte de sa popularité en France. Comme le dit dudu, « On allait enfin savoir.... savoir si le Racing pouvait rivaliser avec un adversaire de la taille de St-Etienne. » Petite mise en contexte par le même dudu : « Il ne faut pas oublier qu'a cette époque, les verts étaient le club préféré de la majorité des Français et que partout les stades étaient pleins et, à Strasbourg comme ailleurs, les spectateurs venaient autant pour voir les verts que pour supporter leur équipe ». Ce que confirme pleinement sedna : « Le match contre Saint-Etienne fut sans aucun doute le sommet de la saison. Lors de la venue de Nantes très tôt dans la saison, le Racing ne faisait pas encore figure de prétendant. Saint-Etienne au sommet de sa gloire était l'un des favoris annoncés et comptait de nombreux supporters dans toute la France (un peu à l'image de l'OM aujourd'hui). Une petite partie des spectateurs alsaciens présents ce soir-là l'était d'ailleurs avant tout pour voir Saint-Etienne. »
Et si ceux qui souhaitaient avant tout voir trébucher les trublions alsaciens n'étaient-ils pas avant tout les journalistes, toujours prompts à minimiser les performances d'une équipe qu'ils n'attendaient guère à pareille fête ? « Certains journalistes nationaux prenaient un malin plaisir à laisser entendre que les Verts allaient faire redescendre le Racing de son petit nuage et qu'ils seraient les premiers à faire tomber cette équipe strasbourgeoise empêcheuse de tourner en rond dans la hiérarchie hexagonale... » (dudu). « Pour les médias spécialisés, c'était sûr, les Stéphanois allaient éteindre le feu de paille alsacien. Pour les supporters, en revanche, c'était le match attendu pour montrer à la France entière que le Racing était là et bien là et qu'on avait l'intention d'aller au bout de nos rêves. » (sedna) Rien de tel, en effet, que les sarcasmes des médias pour chauffer à blanc l'enthousiasme et le désir de victoire des supporters... Les Verts allaient vite s'en rendre compte.
L'ambiance du match fut, on s'en doute, à la hauteur de l'évènement : « L'ambiance à la Meinau était chaude bouillante » (dudu). sedna témoigne de son expérience personnelle : « Comme pour la venue de Metz, il valait mieux avoir réservé sa place à l'avance et se présenter tôt au stade. J'y suis arrivé avec un petit groupe de copains vers les 19h00, soit 1h30 avant le coup d'envoi et, virage Est, comme dans tous les gradins, il y avait déjà beaucoup de monde. Il y avait une vraie ambiance de fête ce vendredi soir pour le dernier jour de l'été. Le stade se remplit comme un oeuf : près de 36.000 spectateurs, ce fut le record d'affluence de cette ancienne Meinau dont tous les gradins en place debout résonnaient des chants : 'Allez les bleus, allez les bleus, allez les bleus et blancs' ». Les chiffres officiels font état de 35.864 spectateurs, qui établissent tout bonnement, par leur présence massive, le nouveau record d'affluence à la Meinau. Sans oublier que, pour ce seul match, 20.000 personnes n'ont pu avoir de billets, selon l'estimation qui en fut faite par la presse... Si celle-ci avait mal pris la mesure de la passion entourant le Racing, l'engouement populaire était là pour le rappeler à la France entière.
Restait maintenant à le gagner, ce match. Et les Bleus s'y emploieront de la plus belle manière, en venant à bout, difficilement mais logiquement, des Verts. dudu nous résume le match et en tire, pour nous, les leçons : « Le choc [fut] à la hauteur des espérances [et] le Racing domina cette rencontre et crut avoir définitivement tué le mach en menant 2-0 en deuxième mi temps, mais ce diable de Rocheteau ramena le score à 2-1 quelques minutes plus tard. La fin de match fut tendue et stressante pour tous les supporters mais cette victoire eut un retentissement national dans tous les médias car plus personne ou presque, ne pouvait douter de la force du Racing» . Les propos de sedna permettent de prendre conscience de l'impact d'une telle victoire : « Le match assez intense débuta de la meilleure des manières pour le Racing, avec un but d'Albert Gemmrich dès la vingtième minute. Le Racing prenait le pas sur son adversaire sans pouvoir pour autant prendre le large. La mi-temps fut sifflée sur ce petit avantage. Le deuxième but de Piasecki déclencha l'allégresse que l'on imagine, mais la trop rapide réponse stéphanoise par Rocheteau donna une fin de match tendue et le coup de sifflet final fut une véritable délivrance. Nous restions invaincus, toujours en tête et, surtout, il était clair que le feu de paille pourrait sans doute durer encore un peu et que nous goûterions encore à l'ivresse de la victoire. Nous distancions Saint-Etienne, mais Nantes victorieux 1-0 du FC Metz et Monaco victorieux également face à Bastia 6-0 restaient menaçants. ». Commentaire, triomphateur, de Gilbert Gress : « Pendant plus d'une heure, il n'y avait que le Racing sur le terrain devant une équipe qui, deux ans plus tôt, jouait la finale de la Coupe d'Europe ». Avec cette victoire, Saint-Etienne est désormais relégué à six points, tandis que les autres poursuivants, Monaco et Sochaux, pointent à cinq unités. Difficile, après cela, pour la presse d'ironiser sur Gemmrich, Piasecki, Dropsy, et consorts...

13ème journée : Bordeaux-RCS, samedi 30 septembre 1978



Equipe


Huit mois. Huit mois que le Racing n'a pas perdu en championnat, alors qu'il s'apprête à se déplacer au Parc Lescure de Bordeaux, précisément le lieu de sa dernière défaite en championnat... C'est dire si le déplacement est périlleux et si le match s'apparente au piège parfait pour un leader jusqu'ici invaincu (et invincible ?). Le Racing se trouve mené dès l'entame du match, et l'on croit alors que l'Histoire va se répéter, que Strasbourg va enfin trébucher... Mais les hommes de Gress ne l'entendent pas de cette oreille : ils reviennent dans le match et finissent par en prendre les commandes et par égaliser logiquement sur leur premier pénalty de la saison, transformé par Francis Piasecki. Une fois de plus, un bon point arraché à l'extérieur, qui n'a pas plus marqué que cela sedna : « Je n'ai pas beaucoup de souvenirs du match à Bordeaux. Après la victoire contre Saint Etienne, le nul rapporté de là-bas était satisfaisant. Il faudrait peut-être demander à Jean-Marc Furlan s'il s'en souvient : il est entré en jeu à la mi-temps de ce match ». Rentré à la mi-temps, le jeune stoppeur bordelais (21 ans) eut en effet l'occasion de parfaire son apprentissage face à une équipe mythique...
Pour l'anecdote, les Bordelais comptaient dans leur rang un certain... Jacques Vergnes, le « banni » qui a quitté l'effectif strasbourgeois par la petite porte à peine un mois et demi auparavant. Tout encore à sa rancoeur, Vergnes ne serrera pas la main à Gilbert Gress...

Coupe UEFA, 32e de finale, aller : Elfsborg-RCS, mercredi 13 septembre 1978



Equipe


Le mois de septembre 1978 fut aussi l'occasion pour le Racing de renouer avec les soirées européennes, après en avoir été sevré douze années durant. Le parfum capiteux et enivrant des épopées en Coupe des Villes de foire et en Coupe des Coupes paraît bien lointain désormais... et les supporters sont plus que jamais désireux de marquer le retour de leur club par la grande porte. Le premier adversaire qui se dresse devant le Racing, l'équipe suédoise d'Elfsborg, ne devrait, selon eux, guère poser de difficultés, comme le rapporte sedna : « Le tirage au sort de ces retrouvailles avec la coupe d'Europe 12 ans après la dernière participation semblait favorable. En effet, nous héritions d'une improbable équipe suédoise dont personne n'avait entendu parler auparavant. Suivre le match en direct à la radio était quasiment impossible, on avait seulement eu les résultats à la mi-temps et à la fin du match ». Mais le résultat n'est pas à la hauteur de l'attente suscitée : « La déception était grande après cette défaite (0-2) assez surprenante pour une équipe qui était tout de même invaincue depuis plus de six mois. La presse locale invoquait le manque d'expérience dans cette compétition et comparait ce résultat aux défaites en déplacement lors du début de la saison de D2, deux ans auparavant face à des équipes sans réputation comme Noeux-Les-Mines ou Quimper ». dudu confirme le sentiment de déception qui résulta de cette contre-performance face à d'anonymes Suédois, déception d'autant plus frustrante pour des supporters habitués à la victoire : « Je me souviens avoir suivi la rencontre contre Elfsborg à la radio et le Racing était passé complètement à côté du match et le résultat de 2 à 0 n'était pas, à vrai dire, un bon résultat ». Les supporters ne sont pas les seuls à être déçus : « Je me souviens que Gilbert Gress avait eu des mots très durs par rapport à la prestation de l'équipe » (dudu). En effet, l'entraîneur strasbourgeois déclarait après la rencontre, jouée devant à peine 3.000 spectateurs : « Nous avons joué complètement à l'envers. Il ne nous appartenait pas de prendre l'initiative du jeu. Nous n'étions pas allés en Suède pour faire le spectacle. Il aurait fallu nous accrocher au résultat. Mais, par naïveté ou par imprudence, nous ne sommes fait piéger par cette équipe qui nous a attirés dans son camp pour mieux nous prendre en contres ». Les joueurs sont donc prévenus, ils doivent une revanche à leurs supporters et à leur entraîneur.

Coupe UEFA, 32e de finale, retour : RCS-Elfsborg, mercredi 27 septembre 1978



Equipe


L'art de se compliquer la tâche et de se mettre la pression avant de réaliser l'exploit est une tradition du côté de la Meinau. En témoigne l'ambiance qui précède le match retour face à Elfsborg : dudu nous confie que, pour changer, « la période entre ce match (NDLR : le match aller) et le retour a la Meinau fut lourde au niveau atmosphère. » Comme pour offrir une prestation encore plus inoubliable à leurs supporters, les joueurs strasbourgeois, au pied du mur, se mirent dans l'obligation de remporter le match en rattrapant leur handicap initial de deux buts. C'est presque un jeu du côté du Racing, dudu vous le confirmera : « Il ne faut pas non plus oublier les matchs de Coupe d'Europe où c'était également le jeu et je me souviens d'un match contre des Norvégiens il me semble (NDLR : Suédois) où nous avions perdu 2-0 au match aller et où, au retour, après avoir remonté le handicap rapidement, nous avions pris un but qui obligeait le Racing à marquer 2 fois pour se qualifier.... » Avec une telle équipe, l'enjeu ne tue pas le jeu...
Laissons dudu se rappeler plus précisément cette soirée de folie : « Pour ce match retour, c'était l'ambiance des grands soirs dans le stade et l'équipe avait une farouche envie de revanche et, dès le début du match, le Racing prit cette équipe a la gorge, si bien que le retard de 2 buts fut très vite comblé et nous pensions tous dans le stade que le Racing arriverait a se qualifier sans trop de souci. Mais la douche froide intervint avec un but pour Elfsborg juste avant la mi-temps, ce qui obligeait le Racing à marquer deux fois pour se qualifier, ce qui était loin d'être évident.... La deuxième mi-temps était de nouveau dominée par le Racing mais rien ne passait et Elfsborg défendait bec et ongles avec parfois beaucoup de chance....». Enfin Gemmrich vint... « Nous étions dans le dernier quart d'heure et il semblait que le Racing n'y arriverait pas, quand, sur une nouvelle attaque, Gemmrich, avec une hargne incroyable, arrivait enfin à marquer de près en poussant le ballon et le gardien au fond du but.... Ce fut une explosion dans le stade et c'est dans une ambiance indescriptible que le match reprit avec un public qui poussa d'une manière incroyable l'équipe. Finalement, ce quatrième but fut marqué dans l'euphorie la plus folle. D'ailleurs ce but fit l'ouverture le lendemain du journal de FR3 sans commentaires et uniquement avec l'ambiance du stade du moment. C'est Christian Daniel qui commenta le résumé du match après et il avait encore l'émotion dans la voix. C'était le premier match de Coupe d'Europe que je voyais "en vrai" et il reste gravé a tout jamais dans ma mémoire.
L'ambiance a la fin du match fut de nouveau exceptionnelle et cette victoire permit au Racing de rester dans une spirale positive, très importante pour la suite
». De même, sedna ne cache pas son émotion au moment de se remémorer l'une des plus belles pages de l'histoire d'amour entre la Meinau et l'Europe : « Le match retour fut quand même pour moi comme pour un grand nombre des 26.500 spectateurs l'occasion de vivre un match de Coupe d'Europe autrement que devant sa télé. Cela reste un moment fort de cette saison. L'ouverture du score par Piasecki sur coup franc dès les première minutes lançait la rencontre. Ce but fut contesté, car l'arbitre avait sifflé un coup franc indirect que Francis Piasecki tira directement. Heureusement, un Suédois dans le mur avait légèrement dévié le ballon, ce qui valida le but. On était convaincus alors que le Racing allait facilement remonter son retard et le deuxième but de Joël Tanter à la demi-heure de jeu confirma cette impression et déclencha l'allégresse générale. Mais il était dit que ce premier rendez-vous avec l'Europe serait crispant jusqu'au bout et un but juste avant la mi-temps redonnait l'avantage aux Suédois. Tout était à refaire, il fallait à nouveau marquer deux buts et surtout ne plus en prendre. La deuxième mi-temps fut extrêmement crispante. Le Racing dominait largement les débats, mais Elfsborg résistait aux attaques incessantes. Le temps passait et faisait craindre que, la fatigue aidant, on se prenne un contre qui aurait anéanti tout espoir.
C'est en définitive Albert Gemmrich qui prit les habits de sauveur en marquant ce but tant attendu à la 75 ème minute. Elfsborg avait plié une première fois et, c'était sûr, ils allaient bientôt rompre. Il fallait bien que tous nos attaquants soient à la fête et c'est Roland Wagner qui marqua ce but synonyme de qualification à la 80ème dans une ambiance incroyable. Un véritable match de gala, un scénario palpitant, la qualification, tout était réuni pour l'une des plus belles soirées que j'ai passée à la Meinau
». Comme nous le rapportent nos deux reporters d'un soir, Gemmrich et Wagner, proprement stratosphériques, jouèrent sur une autre planète ce soir-là. Le dernier quart d'heure eut lieu dans une ambiance incandescente, selon dudu : « Le stade était en feu car, après avoir marqué un 3ème but, tout le stade a poussé pour ce 4ème but qui a véritablement fait exploser la Meinau ». Sous le coup de l'émotion, d'autres faillirent y laisser leur vie et en réchappèrent de justesse : « C'était contre les Suédois d'Elfsborg, ce fameux match. J'ai failli mourir cardiaque à 11 ans avec le transistor » (aragon). Fort heureusement, les seules victimes ce soir-là furent les Suédois qui passèrent à la trappe.

La suite... au prochain épisode.
Le Racing parviendra-t-il à préserver son invincibilité ? La presse parisienne aura-t-elle la peau de Gilbert Gress ? Albert Gemmrich tiendra-t-il encore longtemps la dragée haute à Carlos Bianchi et Delio Onnis ? Jean-Marc Furlan deviendra-t-il un jour entraîneur du Racing ? Le coeur et le transistor d'aragon résisteront-ils une nouvelle fois au stress de la Coupe d'Europe ?
Pour le savoir, rendez-vous dans un prochain épisode d'Une saison inoubliable, bientôt sur racingstub.com.

Merci aux stubistes cités dans l'article pour leur participation. Si vous aussi vous souhaitez faire partager vos souvenirs, n'hésitez pas à contacter redaction.

manwithnoname

Commentaires (1)

Flux RSS 1 message · 1.137 lectures · Premier message par Lidy Daniel · Dernier message par Lidy Daniel

  • Je suis de Colmar et j'y étais, a 2 - 1 je n'y croyais plus mais quel bonheur quand le 3ème buts puis le 4ème but tombais, et pareil lorsque l'arbitre gifla la fin du match, sa reste le plus beau souvenir que j'ai vécu a la Meinau.

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