Une saison inoubliable, épisode 8

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Joël Tanter © Karim Chergui

A quelques semaines du dénouement, les souvenirs des stubistes qui ont vécu la saison 78-79 sont de plus en plus précieux : en lutte pour le titre avec les monuments nantais et stéphanois, la fin de saison du Racing s'annonce crispante...

Résumé des épisodes précédents
Bien remis de ses désillusions européennes et des défaites à Nantes et Paris, le Racing a repris sa marche en avant grâce à deux victoires consécutives qui lui permettent de prendre quatre points d'avance au classement (les épisodes précédents sont disponibles en cliquant ici).

28ème journée : Angers-RCS, vendredi 2 mars 1979



[equipe] Dropsy-,- Duguépéroux(c), Novi, Specht, Domenech-,-, Jouve, Deutschmann, -,- ,,Piasecki,, -,- Wagner, Toko, Gemmrich [/equipe]

Après les deux victoires à domicile face à Sochaux et le Paris FC, le Racing souhaite enchaîner à l'extérieur pour « poursuivre la course en tête » comme nous l'indique sedna « même si les poursuivants ne lâchaient rien, Saint-Etienne, Nantes à quatre points et Monaco à cinq ».
La rencontre est loin d'être flamboyante mais Strasbourg a le mérite d'assurer la victoire 2-1 en marquant deux buts à Pascal Janin (dont un but contre son camp du dénommé Citron). Cependant Saint-Etienne, Nantes et Monaco s'imposent également.
sedna nous fait part d'une anecdote : « faisant référence à l'actualité internationale (l'arrestation puis le procès de la veuve de Mao et de ses complices en Chine), la presse sportive parlait de la bande des quatre concernant la course en tête du championnat (expression souvent réutilisée depuis). »

29ème journée : RCS-Nice, vendredi 16 mars 1979



[equipe] Dropsy-,- Duguépéroux(c), Novi, Specht, Domenech-,-, Jouve, Deutschmann, -,- ,,Piasecki,, -,- Tanter, Toko, Gemmrich [/equipe]

Comme face à Angers, le Racing assure l'essentiel. Avant le sprint final et à quelques jours du déplacement à Saint-Etienne pour un match peut-être décisif, les Strasbourgeois se doivent de gagner sans gaspiller trop d'énergie. « Comme au match aller (0-0), la partie fut indécise » se rappelle sedna. « C'est un but de Francis Piasecki en fin de première mi-temps qui permis à Strasbourg d'ouvrir le score, mais même si les Strasbourgeois dominaient les débats, plus rien ne fût marqué en deuxième mi-temps » (1-0).
Avec ce succès arrive une autre bonne nouvelle, la défaite à domicile de Monaco, champion de France en titre, face à l'OM. « Pendant ce temps Nantes et Saint-Etienne l'emportaient également alors que Monaco commençait à décrocher. Le titre allait se jouer à trois. » (sedna).

30ème journée : Saint-Etienne-RCS, mercredi 28 mars 1979



Equipe


« Le match à Saint Etienne était vraiment un sommet de ce Championnat », sedna plante le décor. Les Verts doivent absolument l'emporter pour revenir à deux points du Racing. A l'inverse, une victoire des Alsaciens permettrait d'écarter, sans doute définitivement, l'ASSE de la course au titre.

La rencontre mobilise les supporters de Saint-Etienne (39 000 spectateurs à Geoffroy-Guichard) mais également les fans strasbourgeois : 2 000 font le déplacement dans la Loire et 6 000 personnes se rassemblent au Hall Rhénus pour suivre la rencontre devant un écran géant. Et pour les stubistes qui ont suivi cette soirée, les amateurs français de football avaient clairement choisi leur camp : « les Stéphanois au plus haut de leur popularité étaient soutenus par la France entière » affirme sedna, rejoint sur ce point par dudu pour qui « l'effet des Verts était toujours aussi présent dans toute la France. De ce fait, les médias mais aussi la majorité du public français étaient derrière les Verts. J'avais écouté le match à la radio, du moins sur un petit transistor et le commentateur ne cachait pas sa préférence pour les Verts, ce qui bien sûr me mettait en colère devant aussi peu d'objectivité. ». aragon lui aussi confirme que « toute la France (était) derrière les Verts, bien sûr, sur-motivés. »

A l'entame de la rencontre, tout le monde s'attend à une confrontation indécise. « Le Racing restait sur une bonne série de 13 points pris sur 14 possibles. Nous nous attendions tous à un match indécis, Saint-Etienne restait également sur une série de bons résultats et ne lâchait rien dans sa course pour le titre. Il était de plus toujours difficile de les bousculer dans leur chaudron » (sedna).
Malheureusement, les Verts réalisent un excellent début de match tandis que les Strasbourgeois passent à côté de leur sujet. « Les Verts ont plié le match en moins d'une mi-temps» se rappelle aragon. « En fait, il n'y eut pas de match » affirme sedna « les Verts parvinrent à marquer rapidement deux buts et le Racing ne trouva jamais les ressources pour inverser la tendance » : 2-0, Strasbourg concède sa troisième défaite de la saison.

La défaite incontestable du Racing permet donc aux « Verts de revenir à une portée de fusil de nos Bleus » regrette aragon même si les supporters du Racing relativisent la gravité de cette désillusion. Ainsi pour sedna « cette défaite n'était pas dramatique, mais nous nous rendions compte que le sprint final qui s'engageait allait être crispant jusqu'au bout » ; quant à aragon, il pense que « l'équipe cette année-là était assez solide pour faire le dos rond quand il le fallait. »
Mais, tout de même, la victoire des hommes de Robert Herbin conjuguée au succès nantais face à Metz permettaient à ces deux clubs de revenir « à deux petits points et il fallait coûte que coûte que le Racing conserve ce maigre avantage s'il ne voulait pas se faire déborder et coiffer sur la ligne après un championnat passé en tête depuis l'été précédent. » (sedna).
En tout cas, ce 28 mars 1978, il n'y avait rien à redire selon dudu, « le Racing a perdu contre plus fort que lui ».

31ème journée : RCS-Bordeaux, samedi 7 avril 1979



Equipe


Pour oublier la déroute stéphanoise, rien de mieux qu'une victoire à la Meinau. Et face aux Girondins, le RCS semble avoir fait le plus dur dès la fin de la première demi-heure grâce à un but sur penalty de Piasecki. Mais les occasions sont rares et le Racing ne parvient pas à se mettre à l'abri. « Bien que montrant une certaine maîtrise, il ne parvint pas à creuser l'écart tandis que Bordeaux n'abdiquait pas » souligne sedna.
A trois minutes du terme de la rencontre, c'est la consternation à la Meinau : Toko perd bêtement un ballon au milieu de terrain, la défense alsacienne mal placée laisse André Tota marquer le but de l'égalisation (1-1). sedna : « Ce fut un véritable coup de théâtre lorsque dans les derniers instants les Bordelais parvinrent à égaliser. La frustration était grande, il était pourtant important de ne pas céder de points à domicile. »
Ce point perdu naïvement permet au FC Nantes de revenir juste derrière le RCS au classement car comme le rappelle sedna, « après la défaite à Saint Etienne, ce faux pas était bien mal venu d'autant que Nantes pulvérisait Sochaux, notre prochain adversaire, et revenait à un point. Seule consolation de la soirée, Saint Etienne chutait lourdement à Lille et se retrouvait à trois longueurs. »
Alors que Strasbourg comptait deux matchs plus tôt quatre points d'avance, ce nul décevant pourrait coûter cher au terme de la saison. Heureusement, on n'a pas perdu le sens de l'humour dans les travées de la Meinau. A l'issue de cette soirée frustrante et à propos de ce but encaissé dans les dernières minutes, on y parle d'un « Totala-goal » (les dialectophones comprendront).
Faut bien rigoler un peu pour dissiper l'inquiétude...

32ème journée : Sochaux-RCS, vendredi 20 avril 1979



Equipe


Quelques semaines à peine après le match aller (qui avait été reporté), les Strasbourgeois jouent la seconde manche à Sochaux. Tout au long de l'après-midi, un nombre impressionnant de véhicules immatriculés 67 et 68 convergent vers le stade Bonal. Dont dudu : « le déplacement à Sochaux reste un grand moment. Nous étions plusieurs copains dans deux voitures et l'arrivée à Sochaux fut assez chaude car les injures du public local étaient particulièrement virulentes... » sedna quant à lui a joué de malchance : « J'ai failli faire le déplacement avec des amis, mais une panne nous a cloué à Strasbourg et c'est dans la chambre d'étudiant de l'un d'eux que j'ai suivi la rencontre à la radio. »
Le Racing domine le début de match et ouvre le score grâce à Gemmrich. Un but splendide dont se souvient sedna : « l'histoire de ce match, c'est surtout l'histoire d'un but, celui de Gemmrich, le premier de la partie. C'est sans doute le plus beau but qu'il ait marqué dans sa carrière. Il contrôle de la poitrine le ballon et du pied droit, il lobe le défenseur face à lui pour fusiller dans la foulée Albert Rust d'un puissant tir du gauche. Ce but magnifique donna des idées quelques semaines plus tard à Didier Six qui marqua sur une action identique face aux USA (victoire de la France 6-0). »

Pour le plaisir, le but de Gemmrich en vidéo :


Dès le début de la seconde mi-temps, le Racing prend le large grâce à Léonard Specht mais la suite est plus délicate car Sochaux ne lâche rien. « Ce match, le Racing le domina assez nettement » souligne dudu « et la colonie strasbourgeoise donnait de la voix, ce qui énervait pas mal le public sochalien. La fin de match fut un peu tendue quand Sochaux revint à 2-1 mais que c'était bon au coup de sifflet final de pouvoir rendre la monnaie de la pièce aux autochtones et de frimer avec notre équipe qui faisait quand même pas mal d'envieux dans les rangs adverses » (2-1).
Et sedna de conclure : « le Racing a réussi un match particulièrement brillant dans le Doubs et après la contre-performance bordelaise, il reprenait sa marche triomphale vers le titre. »
D'autant plus qu'une formidable nouvelle arrive de l'Ile de Beauté : Bastia, prochain adversaire de Strasbourg à la Meinau, s'est imposé face au FC Nantes. Le Racing reprend trois points d'avance !

33ème journée : RCS-Bastia, vendredi 27 avril 1979



Equipe


Ce match se joue dans un contexte particulier. En effet, le Racing et Bastia viennent de se rencontrer en Coupe de France (matchs aller/retour) pour une qualification strasbourgeoise dans une ambiance électrique, notamment lors du match aller à Furiani remporté par le Racing.
sedna se rappelle de ce déplacement : « c'est dans un climat assez tendu que s'est joué en Corse le match de 1/8 de finale aller. Et le Racing vainqueur 2-0 connu une rentrée aux vestiaires assez houleuse. Je crois me rappeler d'une bousculade impliquant entre autres Gemmrich, assez remonté par le jeu plus que viril des insulaires et par l'attitude d'un public hostile. Cependant l'essentiel était fait et le Racing tenait sa revanche sur les Corses qui étaient venu battre le Racing à la Meinau l'année précédente, toujours pour la Coupe de France. »
Et le match retour ? sedna était présent : « je me souviens d'un match très enlevé et rapidement plié. On s'attendait tous à un match joué à l'économie par un Racing vainqueur au match aller, mais en fait les Strasbourgeois prirent ce match très au sérieux, trop pour des Bastiais vite dépassés et renvoyés en corse avec une punition 4-1. A noter encore qu'un Alsacien jouait alors dans l'équipe corse : André Burkhard. »

Logiquement, le match de championnat disputé à la Meinau ce 27 avril est lui aussi tendu : « le match contre Bastia reste dans ma mémoire comme un match engagé mais avec une nette domination du Racing » souligne dudu.
« On espérait tous un scénario identique, mais nous craignions quand même que ce match le plus important des trois en quelques semaines contre ces mêmes Bastiais soit plus difficile car gagner trois fois de suite contre le même adversaire est toujours une forme d'exploit assez rare » ajoute sedna.
Il faut d'ailleurs attendre les dernières minutes de la rencontre pour voir le Racing s'imposer : « effectivement, la défense bastiaise fut plus difficile à vaincre » confirme sedna. « Malgré une domination constante, il fallut attendre la dernière demi-heure pour que Wagner ne donne l'avantage aux bleus d'Alsace avant que Gemmrich ne libère le stade en toute fin de partie. La soirée était belle, nous avions fêté comme il se doit cette victoire et pour le petit groupe d'amis qui avions été au stade, cela allait se prolonger tout le week-end par une fête entre copains à la campagne. » (2-0).
Les Strasbourgeois semblent solides mentalement et prêts à tenir le choc dans leur confrontation à distance avec Nantes et Saint-Etienne, toujours à trois points des Alsaciens (Monaco, qui aligne les contre-performances, est désormais définitivement décroché du trio de tête).
Pour les supporters comme dudu en revanche, la tension devient de plus en plus insoutenable au fil des semaines : « La victoire rapprochait encore un peu plus le Racing et ses supporters du rêve fou et suprême. J'avoue que nous étions beaucoup à l'espérer mais en se disant que ce serait tellement énorme que nous n'osions en parler franchement de peur de se porter la scoumoune. »

A suivre
Le dénouement est désormais proche. A cinq rencontres de la fin du championnat le Racing va-t-il craquer face à Saint-Etienne et Nantes, équipes plus expérimentées ? Les hommes de Gilbert Gress sont-ils capables de jouer le doublé Coupe/Championnat en éliminant en demi-finale une modeste et inconnue équipe de Division 2 (l'AJ Auxerre d'un certain Guy Roux) ? dudu va-t-il tenir le choc encore un mois ?
Vous le saurez bientôt en suivant les prochains épisodes d'Une saison inoubliable sur racingstub.com.

Merci aux stubistes cités dans l'article pour leur participation. Si vous aussi vous souhaitez faire partager vos souvenirs, n'hésitez pas à contacter redaction.

filipe

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