Léonard Specht : nouveau président du RCS

Note
0.0 / 5 (0 note)
Date
Catégorie
Portrait
Lectures
Lu 3.966 fois
Auteur(s)
Par filipe
Commentaires
0 comm.
100-0677E413.jpg
Léonard Specht, au centre © Karim Chergui

Philippe Ginestet, président du club depuis décembre 2005, vient de céder sa place à Léonard Specht qui avait déjà connu au Racing les rôles de joueur, capitaine, entraîneur, directeur technique et administrateur.

Palmarès inégalé
Aucun footballeur alsacien ayant effectué toute sa carrière en France ne peut revendiquer un palmarès aussi riche. Avec ses quatre titres de champion de France, ses deux coupes de France et ses dix-huit sélections en équipe nationale (dont seize alors qu'il évolue à Strasbourg), Léonard Specht est une figure emblématique du RCS avec lequel il disputa 372 rencontres.
Né à Mommenheim dans une famille de footballeurs (son grand frère Joseph jouait en CFA avec le Racing et a disputé deux matchs amicaux avec les pros), « Léon » signe au RCS dans sa deuxième année de cadet et y connaît une ascension rapide jusqu'à ce 21 janvier 1973 où il dispute à dix-neuf ans son premier match professionnel à la Meinau face au voisin messin.
Supporter du club depuis son plus jeune âge – il fréquente régulièrement le stade de la Meinau au cours de son enfance grâce à l'abbé Litzelmann, lui aussi originaire de Mommenheim, et qui le faisait entrer gratuitement dans les tribunes – Specht met cependant du temps et beaucoup d'acharnement avant d'obtenir la confiance des différents techniciens à la tête de l'équipe strasbourgeoise. Le passage de Robert Domergue étant particulièrement difficile pour lui : « je ne jouais pas, j'ai fait tous les bancs de touche de France ».

Enfin titulaire
Dans un club secoué par des conflits permanents, Specht obtient donc très progressivement une place de choix dans l'effectif malgré la descente en deuxième division au terme de la saison 75-76. Profitant de l'expérience d'Elek Schwartz, entraîneur du club au cours de l'exercice 76-77, sa carrière prend encore une dimension supplémentaire à l'arrivée de Gilbert Gress qui mise sur ses qualités athlétiques et l'efficacité de la relance.
Enraciné au poste de stoppeur, Specht démontre alors qu'il n'est pas seulement un défenseur de devoir et d'abnégation mais un joueur complet et intelligent, capable, à l'occasion, de placer un jeu de tête peu à peu considéré comme l'un des meilleurs de l'hexagone.

Champion avec le RCS
Au côté du libéro Jacky Novi, Specht assure la défense centrale du Racing tout au long de la saison du titre. En participant aux trente-huit matchs, il est le seul joueur de champ à avoir disputé l'intégralité des rencontres du championnat remporté par le Racing.
Ses performances lui permettent logiquement de goûter à l'Equipe de France dès l'automne 1978 : au Parc des Princes, face à l'Espagne, il fête sa première sélection en marquant le seul but de ce match amical, juste avant la mi-temps, grâce à une tête au second poteau suite à un coup-franc de Dominique Rocheteau. Dominique Dropsy, Francis Piasecki, Albert Gemmrich présents sur la pelouse, ainsi que Jean-Jacques Marx sur le banc, ne pouvaient espérer meilleur début pour leur coéquipier strasbourgeois.
Ce sera cependant son unique but pour la France, mais dix-sept autres sélections vont suivre. Titulaire indiscuté en équipe nationale jusqu'au printemps 1981, sa sélection face au Pérou en avril 1982 ne lui permettra pas de convaincre Michel Hidalgo de l'emmener en Espagne pour y disputer la Coupe du Monde, malgré la régularité de ses performances au Racing.

L'aventure bordelaise ensuite
Des performances qui ne laissent d'ailleurs pas indifférents les autres clubs français. Tandis que le pays pleure encore sur son l'élimination à Séville face à la RFA, Specht quitte l'Alsace pour rejoindre les Girondins de Bordeaux, avec quelques regrets puisque le Racing s'enfonce dans la médiocrité : « en 1979-1980 on n'était pas très loin d'avoir une équipe encore plus performante. Je regrette surtout qu'à ce moment-là, le club n'ait pas su grandir un peu plus. Avec cette équipe on aurait pu être présent au haut niveau européen. »
A défaut de pouvoir le vivre au RCS, Specht va connaître le sommet du football européen avec Bordeaux (où il côtoie Gernot Rohr, lui aussi joueur des Girondins). En sus des trois titres nationaux et des deux Coupes de France, Léon dispute sous le maillot girondin deux demi-finales de Coupe d'Europe : face à la Juventus de Turin en Coupe des clubs champions (1985) et face à Leipzig en Coupe des Coupes (1987). La domination bordelaise sur le football français et les performances individuelles de Specht permettent même à ce dernier de retrouver l'équipe de France, en 1985, trois ans après sa précédente convocation, pour ses deux dernières sélections.

Parachuté entraîneur du Racing
Mais Léonard Specht n'a jamais véritablement oublié le Racing. Cinq ans après son départ, il répond à l'appel de Daniel Hechter et participe à la remontée du club en D1 un an plus tard. Une dernière saison dans l'élite - qui verra Strasbourg retomber à l'échelon inférieur après des barrages perdus face à Brest - et le voilà à la tête de l'équipe professionnelle pour deux ans, après la démission de Gérard Banide en septembre 1989 au prétexte qu'il allait « faire froid dans deux mois » et que « bientôt, on (allait lui) lancer des tomates ». Specht, à qui on avait confié la responsabilité du centre de formation à l'intersaison, n'aura donc occupé son poste auprès des jeunes que durant trois mois.

Gress revient...
A l'origine de l'arrivée de Frank Leboeuf notamment, Specht - en binôme avec Albert Gemmrich - dispose d'un bel effectif au cours de ces deux saisons (José Cobos, Wolfgang Rolff, Ivan Hasek, Youri Djorkaeff, Didier Monczuk...) mais échoue à deux reprises aux portes de la D1. Deuxième derrière Nancy la première saison et deuxième derrière Nîmes la seconde, le Racing de Specht s'incline à chaque fois au cours des barrages d'accession (à cette époque seul le premier obtenait sa promotion directe). Contre Nice d'abord (3-1 et 0-6) puis face à Lens (1-1 et 1-3). Pendant ces deux ans, Specht doit composer avec une équipe dirigeante instable et les rumeurs grandissantes annonçant, dès mars 1990, le retour imminent de Gilbert Gress. Soit plus d'un an avant sa réapparition effective sur le banc alsacien.
La fragilité de la position de Specht - pourtant apprécié par ses joueurs - ainsi que l'annonce par les dirigeants, quelques jours avant le match retour des barrages face à Nice, de nombreux changements à venir dans l'effectif sont-ils des éléments suffisants pour expliquer la soirée cauchemardesque au stade du Ray ?

Il rejoint Lohr
Après ces deux échecs, Gilbert Gress fait donc son retour à la Meinau et on confie à son ancien joueur la tête du centre de formation du club, comme en 1989. Specht y reste jusqu'en 1995 avant de rejoindre l'entreprise Lohr.
Repris par la passion du foot trois ans plus tard, il effectue une pige à Sochaux comme directeur sportif jusqu'en 2000, année où il réintègre à plein temps l'entreprise de Duppigheim pour en devenir le directeur des ressources humaines.
Eloigné du football professionnel jusqu'en juillet 2007, mais pas du jeu (les Stages Léonard Specht réservés aux jeunes de huit à seize ans existent depuis 1992 et accueillent chaque été 300 jeunes à Walbourg), il replonge une nouvelle fois quand Robert Lohr entre dans le capital du Racing et place son homme de confiance au conseil d'administration du club.
Specht qui a quasiment connu toutes les fonctions au Racing pourrait-il y prendre un jour plus de responsabilités ? Il assurait récemment que non. « Mon travail est aujourd'hui ma première passion. Le foot m'a offert une belle vie mais je suis passé à autre chose. Demain m'importe plus qu'hier. »

Specht président
Il semble que la passion du football, l'urgence peut-être aussi, ait repris le dessus : le voilà président du Racing club de Strasbourg avec de très nombreux dossiers à régler dans les heures à venir. Le plus urgent étant celui de l'entraîneur actuel, Jean-Marc Furlan : Léonard Specht a précisé que la procédure administrative préalable à son licenciement demeurait inchangée. Quant au nom du futur entraîneur, il devrait être connu d'ici 8 jours.
Par ailleurs, Philippe Ginestet devient simple administrateur du club, chargé du dossier du nouveau stade ; dossier que Léonard Specht soutient depuis le début.


NB : les lecteurs de la rubrique "Légendes" auront retrouvé dans cet article les lignes qui y sont consacrées au nouveau président du RCS.

filipe

Commentaires (0)

Flux RSS
  • Aucun message pour l'instant.

Commenter