La digue de Nantes

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Après-match
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Par zottel
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Abadie donc. © cleo

Racing-Nantes, le choc assourdi d'une vieille gloire fatiguée sur une équipe en mousse (et réciproquement).

Comme souvent cette saison, le Racing a joué un quart d'heure. En les mettant tous bout à bout avec les miracles de la technologie, le Racing devrait parachever une sorte de chef d'oeuvre en pointillé avant Noël – on pourra en ranger la précieuse VHS avec les photos de Papapa pendant la guerre.

Le match du Racing



Le Racing a bossé dur-dur ses articulations et autres ligaments, et s'est refait une motivation toute neuve avec notamment le recrutement d'Habib Bellaïd. Il y a longtemps, l'affreux Milovan Sikimic jouait en défense centrale, Stéphane Pichot à droite et Lacerba Ramos Rodrigo était un capitaine ô combien attendu au milieu. Mais tout cela est bien fini, et si le Racing est 19ème, c'est juste pour rigoler.

Equipe


Tout commence avec une frappe ridicule de Darbion. Côté Racing, il y a du nerf, les joueurs sont pressants comme des jeunes mariées, les passes sont rapides et précises. Logiquement, on ne voit pas trop les Nantais, tourmentés sans doute par le spleen du grand club déclinant dont on ne dira jamais combien il peut être ennuyeux pour les nullards ordinaires.

La première minute du match est donc très bien, la deuxième est délectable, et la troisième je vous dis pas. Sur un très bon service de Seïd Khiter, David Ledy reprend droit au but, ni trop mollement, ni trop haut, ni à côté, juste comme il faut. Ça fait quand même 0-1 pour le Racing, le tableau d'affichage s'affole ! Derrière les attaquants, on remarque un très bon Mamadou Dioulde Bah, qui s'entend bien avec Magaye Gueye, et Bellaïd ressemble décidément davantage à un défenseur central qu'à un Sikimic.

Pour être honnête, le Racing et Nantes font globalement jeu égal pendant vingt minutes, avec un ballon qui circule rapidement entre les deux camps. Mais insensiblement, lentement (ménageons nos effets !), les Strasbourgeois commencent à décliner et à marquer le pas physiquement.

Le vrai match



Sur une incursion de Darcheville, Abadie - qu'on sentait un peu naïf depuis le début - se fait prendre comme un bleu qu'il est : sur le centre, la défense alsacienne est encore en mouvement mais trop juste pour contrôler Zerka, qui marque un but assez comparable à celui de Ledy (23'). Ça donne 1-1.

La suite, ce sont des occasions en pagaille, notamment une transversale du géant Harlington Shereni sur coup franc (30'), et un poteau sur une reprise de la rotule de Darcheville. Sur les ailes, c'est un peu les portes ouvertes pour les Nantais : Gueye et Khiter se font proprement chahuter dans les contacts, et les jeunes Jérémy Abadie et Quentin Othon ont beaucoup de difficultés. Tous les autres sont juste insuffisamment géniaux pour soulager la défense harcelée.

Juste avant la mi-temps, Nantes finit par marquer un deuxième but mérité sur un pénalty immérité. Nouvelle combinaison entre Darcheville (côté Abadie) et Zerka, Pelé est dans le bon timing mais Zerka simule une faute. 2-1 pour Nantes.

Le vrai match, acte II



A la mi-temps, Pascal Janin est fou furieux et enlève le haut : Nicolas Fauvergue et Seïd Khiter sont remplacés par Boubacar Kébé et Lacerba Ramos Rodrigo. Le Racing évolue avec donc une sorte de milieu défensif à trois (Lacour, Bah décalé à droite, et Rodrigo), et une seule pointe (Ledy). Notre ruse tactique ne produit pas de grands effets dans l'immédiat, Darcheville continue à nous faire des misères (49').

Mais ça n'est que partie remise. Soudain, le match sombre dans un immense ennui. Les verres tombent des mains, les chiens partent pisser tous seuls. Kébé bouge encore (60'), mais le Racing est plus mort que vif. Le fil-foot des DNA ose un "Gageons que", persuadé que personne ne le voit.

Les Nantais tentent encore sans conviction sur une nouvelle tête de Shereni (67'), mais jouent clairement le contre en attendant que le temps passe. Le Racing reprend lentement l'ascendant, relève en partie le défi physique (l'effet Rodrigo ?). Mais sans succès : sur un corner cafouillé, Bah est en position de tir, mais loupe le cadre (71') ; Ledy n'est pas loin sur un centre-tir incertain (73'). Marcos Dos Santos remplace Magaye Gueye, dans le même registre insignifiant.

Il ne se passe rien. Soudain, le match il est fini. C'est bien regrettable. Non seulement les Nantais forment un bloc d'ennui en plus d'être bretons, mais surtout, le Racing ne semble pas avoir beaucoup progressé pendant la trêve internationale. Il continue donc sur les rails d'une relégation en National 1. Chapeau, les artistes.

zottel

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