L'abîme

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Par strohteam
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Vierge éplorée (Strasbourg, début XXIè) © key

Alors qu'une amélioration semblait se dessiner, le match d'hier a renvoyé les Strasbourgeois à leurs tourments du début de saison. La rémission sera longue.

Vacances scolaires obligent, l'affluence à la Meinau est moins clairsemée que lors des dernières séances et surtout bien plus juvénile. Le public arrive tardivement, sans doute en raison des perturbations entraînées par l'accident de la Route nationale 83 au sud de l'agglomération. Le Racing a eu la grotesque idée de faire donner le coup d'envoi par celle qui ira représenter notre région au grand concours national d'élevage de pouliche de fin d'année, ce qui a le don d'émoustiller le speaker et quelques membres de l'assistance. Il fut une époque où ce type de protocole était réservé à des individus aux accomplissements plus consistants.

Le match débute sur un rythme plutôt enlevé avec des Strasbourgeois qui mettent le pied sur le ballon. Pascal Janin a en effet visiblement choisi de changer son fusil d'épaule en privilégiant un jeu court qui sollicite beaucoup les milieux offensifs dans le petit périmètre. La mue est donc nette par rapport aux rencontres face à Vannes et Brest, au cours desquelles le jeu direct avait pourtant donné un peu plus de liant au Racing. Sans doute était-il trop tôt pour envisager une telle métamorphose car, très rapidement, les bonnes intentions des Bleus se liquéfient face à une équipe de Tours qui emploie justement les armes que le Racing vient de délaisser. Dès qu'ils récupèrent le ballon, les Canaris d'un soir alertent Fatih Atik et Chahir Belghazouani, qui font souffrir les latéraux strasbourgeois sur leurs côtés respectifs. Dans le même temps, Olivier Giroud et Yannick Yenga ne se gênent pas pour multiplier les appels dans le dos d'une défense centrale qui, encore une fois, ne donne aucun gage de sérénité. Le Racing ne réagit que par quelques éclairs individuels d'Emil Gargorov et Yassine Bezzaz, ce dernier étant dans l'ensemble bien moins inspiré dans sa gestion du ballon que son compère bulgare. Les situations dangereuses pour Tours se multiplient et c'est seulement la maladresse adverse qui permet de préserver la marque de 0-0. A la 37è, Nicolas Fauvergue sauve le Racing d'un penalty en allant mettre la pression sur un arbitre assistant initialement timoré afin que celui-ci déjuge son central, qui avait vu une main volontaire de Rodrigo dans la surface. Cette tergiversation du directeur de jeu suscite la fureur des Tourangeaux qui, révoltés, font passer une douloureuse fin de première mi-temps à l'arrière-garde du RCS.

La pause était donc survenue à point et l'on se dit que Pascal Janin aura pu en profiter pour recadrer ses troupes et remettre un peu d'ordre dans un collectif qui a sombré au cours du premier acte. C'est tout le contraire qui survient. Dès la neuvième seconde de jeu, sur un mauvais dégagement de la tête de Steven Pelé et suite à un cafouillage coupable de l'ensemble de la défense, Olivier Giroud ouvre la marque avec une désespérante facilité. Au vu de ce qui a été narré précédemment, il n'est pas loisible d'avancer l'argument de l'accident. En fait, on en vient surtout à se demander si ce n'est pas la solidité défensive des derniers matches qui constitue plutôt l'exception. Toujours est-il que ce but coupe complètement les jambes des Racingmen qui ne cadreront que deux frappes – peu dangereuses – en guise de réplique. L'équipe ne réagit que par des initiatives désordonnées et vite tuées dans l'oeuf par des Tourangeaux qui, évidemment, se régalent en contre-attaque. La Meinau gronde quand l'arbitre passe outre une nouvelle main dans la surface mais c'est presque sans conviction. Quelques minutes plus tard, elle réservera ses sifflets aux siens, triste spectacle que l'on pensait éloigné suite à la belle fin de match contre Vannes. Bref, après avoir donné des signes encourageants au cours des dernières semaines, le Racing est revenu à son point de départ : le doute. Il semble parti pour s'y débattre encore un bon moment.

strohteam

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