Der beste Mann

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Par strohteam
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Tout aurait pu être parfait s'il n'y avait eu ce bouton du haut

Aujourd'hui responsable des relations supporters à Stuttgart, Peter Reichert est toujours très populaire en Alsace. Pour racingstub.com, il revient sur son passage à Strasbourg et ses activités actuelles.

Le 19 février dernier, à la Meinau : un blondinet quadragénaire devise tranquillement avec quelques personnes dans les coursives du stade à la mi-temps du match contre Clermont, juste en dessous du kop. Les spectateurs passent et ne le reconnaissent guère alors même qu'il s'agit d'une ancienne idole des lieux. Sans doute parce que Peter Reichert a rasé sa légendaire moustache. Peut-être aussi parce qu'il est de moins en moins habituel de ce côté-ci du Rhin de voir un ancien joueur se balader en toute simplicité au milieu des travées populaires. Un monde des tribunes que l'ancien canonnier du Racing connaît très bien puisqu'il est depuis six ans le « Fan Beauftragter » du VfB Stuttgart. Contacté à cette occasion, il a bien voulu répondre à nos questions et revenir sur sa carrière, un peu plus de vingt ans après un match à Brest qui marque sa dernière apparition sous le maillot ciel et blanc.

Originaire de Bretten, à mi-chemin entre Karlsruhe et Stuttgart, Peter Reichert a fait ses classes au sein du club souabe avec lequel il a gagné ses galons d'international juniors et espoirs. A tout juste 22 ans, il forme avec Didier Six et Walter Kelsch un trio d'attaque percutant et remporte l'année suivante le titre de champion d'Allemagne, le premier pour le club depuis la création de la Bundesliga. Deux ans plus tard, il choisit, comme beaucoup de joueurs allemands à l'époque, de tenter sa chance à l'étranger. C'était le temps où les stars de l'équipe d'Allemagne – Rudi Völler, Lothar Matthaüs, Bernd Schuster, Karl-Heinz Rummennigge entre autres - évoluaient en Serie A ou en Liga, mais aussi en France, où des joueurs comme Klaus Allofs, Jürgen Klinsmann ou Karl-Heinz Förster ont laissé d'excellent souvenirs. Pour Peter Reichert, le trajet sera moins long puisqu'il choisit de rejoindre un Racing qui vient de descendre en deuxième division pour la première fois depuis dix ans. Choisi par Francis Piasecki pour remplacer les Gérard Soler ou Eric Pécout à la pointe de l'attaque du club, il parvient rapidement à tirer son épingle du jeu au milieu du marasme strasbourgeois de l'époque. Buteur pour sa première titularisation face au Red Star, la recrue gagne très vite une place indiscutable au milieu d'une triplette Six-Reichert-Kelsch un temps reformée. Hélas, le Racing n'est jamais en course pour la montée et réalise une saison catastrophique marquée par l'arrivée mouvementée à la tête du club de Daniel Hechter. La saison suivante sera bien meilleure avec notamment une ligne d'attaque de feu où l'avant-centre allemand est parfaitement servi par ses ailiers, Jean-Luc Lemonnier et Cyriaque Didaux. Le Racing termine champion de D2, remonte à l'étage supérieur et retrouve les voies de l'ambition avec, notamment, l'arrivée très médiatique du Brésilien Pita.

La saison 1988/1989 sera en fait très difficile et tristement marquée par le décès accidentel du grand espoir Vincent Sattler. Le club se bat dès l'automne pour éviter la relégation et finit barragiste à la différence de but. Opposé à une très grosse équipe de Brest où l'on retrouve les Colleter, Le Guen Cabanas mais aussi Jean-Jacques Etamé, le Racing ne parvient pas à s'imposer à domicile pour la première manche et perd la seconde sur le plus petit des écarts pour le dernier match au club de Peter Reichert, mais aussi de Pascal Janin. Prolongé peu de temps avant, le meilleur buteur de l'équipe sera tout de même envoyé à Toulouse pour faire place à ses compatriotes Thomas Allofs et Wolfgang Rolff. Il ne passe qu'une saison sur les bords de la Garonne et revient près de chez lui, à Karlsruhe. Sa fin de carrière sera perturbée par les blessures qui le poussent à arrêter, à seulement 32 ans.


(racingstub.com) Vous avez fait partie de toute une vague de footballeurs allemands qui sont allés jouer en Italie, Espagne, France à la fin des années 1980 alors que, traditionnellement, les joueurs allemands se tournent peu vers l'étranger. Y-a-t-il selon vous une raison particulière pour expliquer cette inhabituelle tendance à l'expatriation ?

Peter Reichert : Avec le VfB Stuttgart, j'avais déjà été champion d'Allemagne en 1984 et mon contrat se terminait, j'avais donc envie d'un changement d'air afin de progresser. Strasbourg est situé pas très loin de chez moi et la mentalité est également très semblable. Ainsi, je n'ai eu aucun problème d'adaptation.

Y-a-t-il une personne en particulier qui était à l'origine de votre venue à Strasbourg ?

L'entraîneur d'alors, Francis Piasecki, m'avait supervisé en amont et il avait été convaincu par mes prestations. J'ai aussi senti dès notre première rencontre qu'il avait une grande confiance en moi.

Est-ce que le fait qu'il y avait déjà un joueur allemand dans l'équipe (Walter Kelsch) a pesé dans votre décision de venir ?

Non, absolument pas. Ce qui était important c'était d'entrer dans les plans de l'entraîneur et que l'environnement convienne. Et tout s'est bien mis en place.

Sur le plan du jeu et de la tactique y-avait-il de grosses différences entre le football allemand et le football français ?

En Allemagne, on passait beaucoup plus vite de la défense à l'attaque. Ca signifie qu'on jouait beaucoup plus vite vers les joueurs en pointe qu'en France, où mon profil de joueur rapide a été un grand handicap.

Quel souvenir gardez-vous de vos deux saisons en deuxième division (1986-1988) ?

C'était très dur pour nous de monter la première saison car il y avait encore des problèmes au sein de l'équipe et du club. Quand l'équipe a compris qu'il allait falloir se battre et gagner les matches à l'envie les choses se sont améliorées.

Et de celle dans l'élite (1988-1989) ?

En dépit des nombreuses défaites, j'ai pris beaucoup plus de plaisir en Division 1. Nous avions une bonne équipe et nous ne méritions pas de descendre.

Votre dernière apparition au Racing c'était le match de barrage à Brest. En gardez-vous un souvenir particulier ? Seriez-vous resté au Racing s'il n'y avait pas eu la relégation ?

C'était très décevant de voir que nous n'avions pas réussi à rester en Division 1. Mais nous, joueurs, voulions remonter dans la foulée. Malheureusement, j'ai du quitter le club alors même que j'avais récemment prolongé mon contrat pour trois années supplémentaires. La direction du club avait engagé quatre joueurs étrangers alors qu'en deuxième division seuls deux étaient autorisés. Je suis convaincu que si je n'avais pas du partir à l'époque je serais encore aujourd'hui au Racing. Le club et la région étaient déjà devenus comme une deuxième maison pour moi.

Quel souvenir gardez-vous du public strasbourgeois ?

Le public nous a toujours soutenus. Les supporters nous ont aussi critiqués quand ils jugeaient que nos performances n'étaient pas à la hauteur mais c'est compréhensible. Ils voulaient qu'on se donne à fond pour le club pendant 90 minutes. Même si ça ne conduisait pas à la victoire, ou même si on perdait, c'était déjà ça. Le principal est que les supporters voient que les joueurs donnent tout et qu'ils respectent le club et leur métier.

Vous avez de très bonne statistiques au Racing et, en France, il y a tout un mythe à propos de l'efficacité des buteurs allemands. D'après vous, qu'est-ce que les joueurs comme vous avaient en plus par rapport aux attaquants français à l'époque ?

Je pense que les joueurs allemands avaient une forte rage de vaincre et une grande discipline.

Après la relégation du Racing vous êtes allé à Toulouse, où ça a moins bien marché pour vous. Pourquoi ?

Je ne me suis pas adapté au système de jeu de l'équipe et je me suis blessé peu avant le début de la saison. Gérald Passi et Alberto Marcico préféraient un jeu en passe courtes et donc ce fut dur pour moi de gagner ma place.

Juste après vous, il y a encore plusieurs joueurs allemands qui ont signé au Racing : Wolfgang Rolff, Thomas Allofs et Uwe Zoetzsche ? Est-ce que vous étiez en contact avec eux pour leur parler de Strasbourg ? 

Non malheureusement je n'ai pas été en contact avec eux. Je vois Wolfgang Rolff deux fois par an quand le VfB Stuttgart joue contre le Werder de Brême mais nous n'avons hélas pas trop le temps de discuter.

Comment êtes-vous devenu « Fan Beauftragter » au VfB Stuttgart ? 

Mon prédécesseur, et ancien coéquipier, Günther Schäfer m'a recommandé pour lui succéder quand il est devenu co-entraîneur de l'équipe professionnelle.

En quoi consiste exactement cet emploi ?

Mon collègue et moi nous occupons de toutes les demandes de nos fans - 350 groupes, ce qui fait environ 12 000 fans organisés - avant les matches. Nous sommes les interlocuteurs des supporters pour tous les matches à domicile et à l'extérieur et nous jouons un rôle de médiateur entre les fans, le club, le service d'ordre et la police. Je suis le représentant et directeur de l'équipe des anciens et je m'occupe de tous les projets sociaux du VfB Stuttgart.

Un mot pour les supporters du Racing

Je salue tous ceux qui me connaissent encore et je souhaite au club tout le bien possible. Que la stabilité revienne rapidement, que les finances soient assainies et que la montée en D1 soit rapidement obtenue (peut-être faudrait-il pour cela à nouveau un allemand dans l'équipe !). Le club et la région le méritent.

L'auteur remercie Peter Reichert pour sa disponibilité.


With a little help from my friends



Cet article aurait été impossible sans l'aide de vincnet, qui a traduit avec brio la majeure partie des échanges avec Peter Reichert. Il a également bénéficié des précieuses informations fournies par dudu, matteo et sedna, qui ont bien voulu partager quelques uns de leur souvenirs, et des conseils rédactionnels toujours aussi avisés de filipe, manwithnoname et zottel.

strohteam

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