L'autre saison en enfer

Note
0.0 / 5 (0 note)
Date
Catégorie
Bilan
Lectures
Lu 3.205 fois
Auteur(s)
Par athor
Commentaires
2 comm.
imgp0058.jpg
© athor

A l'image de sa grande soeur, l'équipe réserve du Racing a connu une saison bien difficile, conclue par une inédite relégation en CFA2.

La jeunesse au pouvoir



Quand, au début du mois de juillet, la réserve du Racing s'est remis sur les chemins de l'entraînement, François Keller n'a pas tardé à faire un constat évident: « C'est le groupe le plus jeune que l'on ait eu depuis longtemps ». Avec une équipe composée pour moitié de joueurs issus des générations 1991 voire 1992, donc d'à peine 18 ans, le coach alsacien dut davantage compter sur la fraîcheur et l'enthousiasme que sur l'expérience pour espérer accrocher le maintien en CFA, objectif immuable pour toute réserve professionnelle.

Aux joueurs formés au club s'ajoutèrent deux nouvelles têtes, celles de Morgan Ancian, 18 ans, défenseur central venu de Lyon, et d'Adel Benchenane, 18 ans lui aussi et auteur de 9 buts en DH avec Bartenheim. Pas de quoi remonter la moyenne d'âge de l'effectif. Néanmoins, après s'être vu refusé les prolongations de Jean-Philippe Dje et de Mickaël Bergueira, François Keller put se satisfaire des retours de Tommy De Jong et de Jean Moog, respectivement 22 et 21 ans, pour encadrer sa troupe.

Évidemment, ce jeunisme ne résultait pas d'une volonté du staff de lancer dans l'âpre bataille du championnat de France amateur des joueurs à peine sortis de l'adolescence, mais plutôt d'un ponction des meilleurs éléments par le groupe professionnel, considérablement affaibli en quantité après la purge menée par Gilbert Gress. Les cadres comme David Ledy, Magaye Gueye, Jérémy Abadie, mais aussi Manfred Ekwé-Ebélé, capitaine la saison précédente, et laissé libre, manquèrent ainsi cruellement à la réserve.

Des débuts hésitants



Après une série de matchs amicaux en demi teinte (2 victoires, 4 matchs nuls, 1 défaite), qui ne fait que souligner l'inexpérience du groupe, la réserve débute son championnat le 8 août, face à son homologue nancéenne. Sur le terrain de Molsheim, nouvel environnement de jeu après deux saisons passés à Geispolsheim, les hommes de Keller s'imposent sur le score de 2-0, grâce à des réalisations de Farez Brahmia et d'Alexis Peuget, deux joueurs qui font parler d'eux toute la saison. Un succès initial prometteur, mais qui n'est qu'un trompe l'oeil. Dès le match suivant, à Colmar, futur promu, et malgré le renfort de quatre éléments ayant déjà foulé les pelouses de L2 (Gasmi, Kébé, Gargorov et Zenke), l'équipe ne voit pas le jour et encaisse un lourd 3-0, grâce notamment à un Thomas Zerbini de gala. L'entraîneur déplore déjà certaines erreurs, mais philosophe: « En tant que formateur, je me dois de faire confiance à des jeunes sur des postes stratégiques. Il faut qu'ils se servent de ces expériences pour progresser. Je ne vais quand même pas fusiller un gamin qui commet une faute ». Un constat qu'il dresse à nouveau quelques semaines plus tard, après un match nul face à Marck: « Je ne suis pas content, parce qu'on s'est fait bouffer athlétiquement. Ce n'était pas suffisant individuellement, et donc le collectif en a pâti ». Malgré un succès acquis face à Sannois Saint-Gratien, le Racing pointe déjà dans la zone de relégation après la huitième journée, avec un bilan pourtant honorable de 2 victoires, 2 nuls et 3 défaites.

La traversée du désert



Pourtant, le sort s'acharne sur cette jeune équipe. Le capitaine, et pierre angulaire du milieu de terrain, Alexis Peuget, se blesse gravement au genou et voit sa saison s'achever brutalement. Farez Brahmia, lui, commence tout doucement à se révéler avec l'équipe première et ses apparitions en CFA se font de plus en plus rares, alors qu'il est l'une des armes offensives privilégiées par François Keller. Deux absences qui, dès lors, ajoutées à l'inexpérience et aux nombreuses erreurs individuelles qui en découlent, entraînent une série incroyable de 20 matchs sans victoire, dont 10 défaites. Près de six mois sans gagner, on n'avait jamais vu ça du côté de Strasbourg. Dès le mois de novembre, le spectre de la relégation plane sur le stadium de Molsheim, et ce malgré le renfort régulier de certains professionnels comme Milovan Sikimic, Arnaud Maire ou encore Marcos, ou la bonne tenue de certains jeunes joueurs, à l'image de Billy Ketkeophomphone et Mourad Satli.

Encore une fois, l'explication tient surtout dans la jeunesse de l'effectif, mais également dans la mauvaise gestion du centre de formation. François Keller dénonce ainsi « l'ancienne direction qui avait fait le choix de sacrifier la CFA », qui a contraint le staff « à repartir de zéro, avec des gamins moins précoces que des Gameiro ou Bellaïd et surtout, qui ne sont pas encadrés par des plus anciens ».

Fort heureusement, en avril, l'équipe parvient enfin à stopper cette série noire, grâce à un succès contre Dunkerque.

Une fin de saison contrastée



Mais, toujours bloqué en fond de cale, le Racing ne rêve même plus au maintien. Alors que l'équipe première connaît également une situation bien compliquée, sa petite soeur travaille en vase clos, sans renfort de joueurs professionnels, mais avec de plus en plus de jeunes. Cela dans le but évidente de préparer la saison suivante... en CFA2. Parmi ces jeunes, Nouha Dicko, 17 ans à peine, profite de l'aubaine pour multiplier les apparitions (18 en tout), inscrire 4 buts et s'attirer les louanges de ses formateurs.

En championnat toutefois, la formule ne paye pas, et malgré une quatrième victoire face à Raon l'Etape, la saison se conclut sur une série de 5 défaites, dont un cinglant 7-1 pris à Lille.

Un rayon de soleil perce tout de même dans la grisaille : le beau parcours en coupe d'Alsace, presque habituel ces dernières années (3 finales lors des 4 saisons précédentes). Après avoir successivement éliminé Eschbach, Steinseltz, la réserve de Colmar et Obernai, l'équipe de François Keller s'impose contre Oberlauterbach, grâce au capitaine Tommy De Jong.

Les satisfactions individuelles



Si la saison est très décevante d'un point de vue sportif, elle a tout de même permis de révéler certains talents, parmi lesquels quelques uns auront la chance d'évoluer parmi les professionnels.

En défense centrale, Mourad Satli (20 ans) a su s'imposer, et ce, malgré le turn-over constant à ses côtés (Maire, Sikimic, N'Djama, Wachter, Dreyer ...). Très présent physiquement, il se distingue aussi par son placement. En fin de contrat stagiaire, aucun contrat professionnel ne lui a été proposé.

Au milieu, on notera la bonne tenue de Cyriaque Rivieyran, baladé entre le poste de latéral droit et celui de milieu défensif. A 19 ans, il possède encore un an de contrat stagiaire et tentera de franchir le dernier pallier la saison prochaine. Un pallier qu'a su passer Alexis Peuget qui, avant sa blessure, a pu montrer tout son potentiel et son abattage impressionnant. Son premier contrat professionnel en est la juste récompense. En revanche, son compère Lucas Plautz, strasbourgeois de naissance, quitte le club à l'issu de sa formation.

En attaque, malgré le faible nombre de buts inscrits (28 en championnat), certains attaquants ont tiré leur épingle du jeu. Ainsi, les deux meilleurs buteurs, avec 4 buts chacun, Billy Ketkeophomphone et Nouha Dicko auront sans doute la possibilité de s'exprimer à l'étage supérieur. Le premier, auteur de quelques apparitions intéressantes en équipe une, a d'ores et déjà signé son premier contrat professionnel. Enfin, que dire de Farez Brahmia, qui, en une saison est passé de la CFA à la L2, et d'un contrat amateur alambiqué obtient un vrai contrat de 3 ans.

L'avenir leurs appartient ...

athor

Commentaires (2)

Flux RSS 2 messages · 1.041 lectures · Premier message par superdou · Dernier message par changele

Commenter