« Avec Hilali on va droit dans le mur »

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L'objet du scandale © denisub90

Les événements survenus suite au match contre Fréjus Saint Raphaël ont suscité un large débat et une grande émotion. Greg, porte-parole des UB 90, a accepté de les remettre en perspective pour racingstub.com.

Les Ultra Boys 90 (UB 90), sont l'association la plus importante au sein du paysage supporter strasbourgeois, et assurent à ce titre l'animation du kop situé au sein du quart de virage nord-ouest de la Meinau. Ils se sont donc forcément trouvés en première ligne lorsque le propriétaire du Racing, Jafar Hilali, a vivement manifesté son mécontentement suite aux propos tenus à son endroit lors du match contre Fréjus Saint-Raphaël. Le week-end a été marqué par une bataille de communiqués, visiblement remportée par les ultras, tant sur la forme que sur le fond. Cette séquence a en tout cas marqué le début d'une nouvelle phase de rupture profonde et ouverte entre dirigeants et supporters. D'aucuns espèrent qu'elle servira de ferment à une mobilisation plus générale visant à sauver un Racing bien mal en point, sans pour autant que l'on puisse dessiner clairement les contours d'une alternative pour l'instant.

Nous avons considéré que la polémique ayant suivi le match de vendredi dernier ne pouvait être comprise que si l'on élargissait légèrement la focale en reconstituant les événements tels qu'ils se sont déroulés depuis la réunion houleuse du 6 octobre entre Jafar Hilali et les supporters. L'un des participants UB 90 à cette réunion, greg, a accepté de nous éclairer en nous racontant les choses telles qu'il les a vécues.

Évidemment, la rédaction de racingstub.com est parfaitement disposée à recueillir la version des faits de l'actionnaire ou de l'un de ses représentants, si tel était leur souhait.




La réunion du 6 octobre



(racingstub.com) A quand remontent les premiers contacts directs entre les UB 90 et Jafar Hilali ?

(Greg) Il n'y a pas vraiment eu de contacts entre les ultras et Jafar Hilali avant une invitation à cette fameuse réunion, deux jours avant, par l'intermédiaire de salariés du Racing. Ça a donc commencé très brusquement, après presque dix mois d'absence totale de relations.

Dans quelles conditions avez-vous obtenu cette réunion ?

Il y a eu un supporter (ndlr : Arnaud Szymanski) dont la nomination au conseil de surveillance a été brièvement évoquée. Il y a eu des relations entre ce supporter et M. Hilali, ce qui a certainement permis d'activer les choses. Le positionnement de ce supporter par rapport aux différentes composantes étant assez flou, on ne sait pas exactement comment les choses ont pu se passer, mais, quelque part, ça a sans doute permis d'initier la réunion.

Qu'attendiez-vous de cette réunion ?

Déjà, il s'agissait de se faire une idée sur la personne, l'être humain, que nous avions en face de nous. Pendant dix mois, il y a quand même eu pas mal de fantasmes qui ont été nourris. Or, on essaye déjà de se faire un opinion sur les dirigeants en tant que personnes quand on les rencontre et c'était un élément qui manquait depuis fort longtemps, surtout dans ce contexte apocalyptique. Ce que nous voulions c'était déjà le juger, nous faire notre idée propre, au-delà des fantasmes et des casseroles qui étaient trainées. La deuxième chose que nous voulions entendre, c'était un projet pour le Racing, et nous n'avons pas été déçus.

Comment se sont déroulées les présentations ?

M. Hilali est venu nous chercher à l'accueil, nous nous sommes serrés la main. Du côté des supporters, il y avait trois représentants des UB90, dont je fais partie, ainsi qu'un représentant du Kop Ciel et Blanc (KCB). Les présentations ont été cordiales, on ne partait pas sur des bases spécialement mauvaises, même si nous avions forcément nos idées sur le personnage. Nous avons rejoint une salle de réunion, nous nous sommes installés, M. Hilali a écarté les bras et nous a dit : « alors ? ». Ça posait un peu le décor, il n'avait manifestement pas grand-chose à dire. Nous avons répondu que nous étions là pour l'écouter et la discussion a commencé ainsi.

Avez-vous pu éclaircir le déroulement, toujours confus pour le grand public, du rachat du club en décembre ?

Le rachat est arrivé très vite sur la table car M. Hilali s'est immédiatement plaint d'avoir été très mal accueilli par les différentes composantes du Racing à son arrivée. Nous lui avons d'abord fait remarquer que ce n'était pas exactement lui qui était arrivé, sans plus en parler. Nous avons ensuite contesté son affirmation en signalant que, du côté des supporters, les premières semaines n'ont pas du tout été agitées, il n'y a pas eu d'hostilité immédiate. Nous lui avons aussi fait remarquer que très vite des problèmes de compétence étaient apparus et que ce n'est qu'à ce moment là que nous étions montés au créneau.

Il a eu l'air assez surpris et nous a demandé de préciser ce que nous entendions par « problème de compétence ». Ça peut prêter à sourire, car nous nous rendions très vite compte que nous n'étions pas sur la même longueur d'ondes. Pour initier la discussion sur le fond, nous avons demandé à M. Hilali comment il était possible d'acheter un club 19ème de Ligue 2 avec déjà quelques déboires et des finances plutôt mauvaises sans garantie de passif. Ça s'est un peu animé, M. Hilali nous a expliqué qu'il avait acheté le club 1.6M d'Euros, qu'il y avait 5.4M d'euros de litiges en cours et qu'une signature de garantie de passif revenait à acheter le club 7M d'euros. Nous avons souri, car en fait cela signifie que M. Hilali valorise le club en termes de litiges. C'est d'ailleurs peut-être pour ça qu'il continue à en accumuler autant, puisqu'apparemment pour lui, c'est une valorisation financière. Forcément, nous étions un peu effarés du niveau de réponse. Nous lui avons fait remarquer que ça n'est pas étonnant qu'il ait pu acheter le club s'il le valorise à 7M d'Euros en décembre dernier. Ce point a été assez vite écarté, M. Hilali nous disant que nous n'étions pas là pour lui donner des leçons de comptabilité.

Est-ce que vous avez pu élucider la façon très progressive dont Jafar Hilali est entré en scène, après s'être caché derrière la personne d'Alain Fontenla ?

Nous ne sommes pas entrés dans les détails. Ça a brièvement été reproché mais lui s'est abrité derrière sa volonté de ne pas apparaître au grand jour, pour tirer les ficelles. Au fur et à mesure des événements, il a bien été obligé de se dévoiler. Mais demeurer dans l'ombre est quelque chose qui lui semble normal, a priori. A aucun moment nous n'avons pu créer d'échange sur ce point là.

Il y a actuellement de nombreux litiges et conflits en cours autour du club : contrat Sportfive, licenciements, relations sociales tendues. Comment Jafar Hilali s'est-t-il positionné par rapport à cela ?

C'est sur ces points que les discussions se sont cristallisées. Nous essayions, au fur et à mesure, d'amener des éléments qui nous paraissent choquants pour avoir sa version des faits, et des explications qui permettraient de dissiper les malentendus. La façon dont le contrat Sportfive a été traité - la tentative de rupture en fait - a été abordée. Nous avons pris soin de ne pas passer pour des donneurs de leçons car c'est vrai que le patron c'est lui, qu'il a mis l'argent et que nous sommes des supporters. Nous lui avons demandé comment il pensait pouvoir être crédible dans ce milieu en mettant brutalement dehors une société comme Sportive, qui est un des grands argentiers du football français et qui a un contrat de 22 ans. Là aussi, la réponse a été très claire : nous, en tant que supporters, ne comprenons rien aux négociations. C'est quelque chose qui fait partie de sa stratégie et qu'il juge parfaitement normal dans ce genre de dossier. Pour l'anecdote, M. Plessis a reconnu, lorsque les discussions se sont prolongées en dehors de la salle de réunion, que M. Hilali avait fait n'importe quoi sur ce point.

En ce qui concerne le plan de licenciements, nous avons également pointé la longueur du processus, la façon dont le personnel est traité et la volte-face suite à un mauvais calcul des coûts, ce qui est quand même abracadabrant. M. Hilali s'est positionné très simplement, en nous expliquant que c'était une démarche normale, et qu'une fois de plus c'était nous qui ne comprenions rien au déroulement d'un plan social. Selon lui, un plan social, ça consiste à commencer par mettre un maximum de personnes dehors et c'est seulement derrière qu'on essaye de voir quels emplois on peut sauver. En fait, ces dernières semaines, il sauvait des emplois, en grand humaniste.

D'après ce qui est ressorti de vos échanges, y-a-t-il une stratégie claire de la part des décideurs pour sortir le Racing de l'ornière ?

C'est une autre chose qui est revenue comme une litanie. M. Hilali avait deux lignes de défense. La première, c'est que rien n'était de sa faute puisqu'on lui avait savonné la planche à tous les niveaux. La deuxième, c'est qu'il se vantait d'effectuer un travail de fond, notamment sur les dossiers commerciaux ou de ressources humaines et, de manière générale, tous les coûts qu'on pouvait réduire. Ce constat fait, nous lui avons quand même posé la question de l'étincelle nécessaire pour relancer une équipe paraissant alors sur la pente descendante - quinzième de National - et donner envie aux institutions, partenaires et supporters d'y croire. Quel élément déclencheur pour recréer une dynamique ? M. Hilali nous a regardé très sereinement et nous a répondu qu'il allait falloir laisser le temps à l'équipe de se faire. Fin de la relance du club.

Apparemment, la rupture de l'entretien s'est faite suite au refus de Jafar Hilali d'apporter des garanties pour l'avenir. Qu'en est-il exactement ?

Ça faisait déjà trois bons quarts d'heure que nous avions abordé les points précités et le contenu des réponses n'était pas constructif pour un sou, puisque soit c'était nous qui ne comprenions rien, soit c'était lui qui avait de bonnes explications qui, en fait, ne tenaient pas la route. Toujours est-il qu'on n'avançait pas. On en est arrivé à cette question : que va-t-il se passer si nous ne montons pas en fin de saison ? M. Hilali a parlé pendant vingt minutes, et n'a pas répondu. Nous l'avons relancé à plusieurs reprises et il s'est borné à répondre qu'il n'était pas là pour mettre de l'argent en permanence, ce qui n'est pas très satisfaisant en soi pour les supporters que nous sommes. La réunion s'est enlisée mais, à ce moment là, on discutait depuis un peu plus d'une heure sans agressivité. Le ton n'était pas franchement monté. M. Hilali était hautain et supérieur mais en aucun cas agressif, ni désagréable. Sur le fond, la réunion n'avait pas grand intérêt mais, sur la forme, ça se passait plutôt bien. Cela étant, la réponse ne venait pas et, à un moment, nous avons fait un bilan et remis la réunion en perspective en expliquant qu'elle avait consisté en 90% d'excuses, ou d'explications sans intérêt selon le côté où l'on se place, et 10% d'absence de garantie et de projets.

Il a répondu assez brutalement en rétorquant à son interlocuteur qu'il « n'avait pas à lui dire de mettre deux millions d'euros ». Nous n'avons pas trop vu le rapport entre le point soulevé et la réponse. Le ton est monté, il lui a été demandé d'avancer des arguments et non de l'énervement, et que nous n'avions pas envie de continuer sur ce ton. Le terme exact côté supporter a été : « ça me donne envie de me casser ». Ce à quoi M. Hilali a répondu : « si ça ne te plait pas, tu n'as qu'à te casser », propos assez savoureux quand on connaît le cas qui sera fait de la banderole « casse-toi » quelques jours plus tard. C'est vrai qu'à ce stade, la réunion a dérapé, les noms d'oiseau ont fusé côté supporters et la porte a été claquée.

Les banderoles et chants lors du match Racing - Fréjus Saint-Raphaël



Le match contre Fréjus Saint-Raphaël a marqué le retour des UB 90 à une forme ouverte de contestation de l'actionnariat. Comment cela a-t-il été décidé ?

A la sortie de la réunion, la discussion s'est poursuivie une heure devant les bureaux en extérieur avec M. Plessis et M. Krebs, qui étaient également présents à la réunion. Là encore, la personne du KCB était présente. M. Plessis et M. Krebs ont essayé d'amener un peu de fond mais, très vite, devant la force de nos arguments, ils ont lâché l'affaire. Ils n'ont rien reconnu mais ils n'ont plus rien dit, ce qui revient au même. Ça nous a renforcés dans notre conviction que nous nous étions peut-être énervés, mais pas trompés.

Juste derrière il y a eu une réunion entre responsable ultras comme il y en a une tous les quinze jours pour décider de l'avenir du groupe. Une quinzaine de personnes étaient présentes et c'est à ce moment que les décisions ont été prises pour le match du vendredi.

Le mode d'action, y compris le contenu des banderoles, a-t-il fait débat au sein du groupe ?

Les décisions ont été prises à l'unanimité. La volonté première était de se préserver. Nous avions sorti en début d'année des banderoles bien plus trash, bien plus attaquables. Mais là, notre première réflexion a porté sur la prudence car nous savons aujourd'hui que nous avons quelqu'un de procédurier en face. Nous savons aussi qu'au Racing, il ne reste pas grand-chose, et qu'il faut donc prendre soin du groupe. Nous avons donc décidé de repasser à l'offensive mais de façon très mesurée. On a vu bien pire en termes de banderoles, à la Meinau et ailleurs.

Les autres membres du kop (KCB, indépendants) ont-ils été consultés à ce sujet ?

Nous avons d'abord décidé de faire un premier communiqué, qui a été cosigné par le KCB en tant que co-participant à la réunion. Ils nous a semblé important que la version des faits soit partagée car ça permettait de gagner en crédibilité et de partir sur une base contestataire plus large. Ce qui a été fait.

D'après le communiqué publié par Jafar Hilali, vous auriez reçu un avertissement de la part du directeur de la sécurité, Christophe Krebs. Quelle est votre version à ce sujet ?

A titre personnel, je n'ai pas eu de contact avec M. Krebs à ce sujet. Mais c'est vrai qu'il y a des contacts très réguliers avec la sécurité du club. Quand M. Hilali nous dit qu'on nous avait prévenu de ne pas déborder, j'ai envie répondre qu'on nous le dit à tous les matches. En tous cas, il n'y a pas eu de pressions particulières suite à la réunion du 6 octobre.

Contrairement aux banderoles, les chants dirigés contre Jafar Hilali étaient franchement injurieux. Était-ce planifié ?

Non, on ne descend pas à ce niveau de discussion en réunion. Mais c'est quelque chose de courant dans les stades, sans que ça soit excusable pour autant. Ça a toujours été comme ça. Sur le coup, nous n'y avons pas vu une férocité particulière ou une grande nouveauté. Ça n'a donc pas été discuté, pas débattu et ça s'est passé un peu spontanément : certains mots qui ne sont pas utilisés en famille ou au travail sont employés un peu plus couramment au stade.

La vulgarité de certaines expressions est désapprouvée par une partie du public. Comment réagissez-vous par rapport à cela ?

Je suis surpris. C'est vrai que ça n'est pas quelque chose de bien. Par contre, c'est étonnant quand on lit des réactions de gens qui disent qu'ils sont abonnés depuis quinze ans et qu'ils ne peuvent maintenant plus emmener leurs enfants au stade suite à cet événement alors que c'est comme ça depuis longtemps. J'ai du mal à saisir l'opportunité de ces critiques à cet instant.

Au cours et à la fin du match, y-a-t-il eu des réactions des dirigeants présents au stade par rapport à ce qui avait été dit et fait dans le kop ?

Nous sommes tombés un peu par hasard sur M. Plessis et M. Witzel au bas du quart de virage alors que nous rangions le matériel. Ils ont passé leur chemin en nous saluant cordialement. C'est tout.

La réaction de Jafar Hilali



Vous avez qualifié d' « injuste » la décision communiquée par Jafar Hilali de fermer le quart de virage nord-ouest, pourtant le Racing dispose, en tant qu'organisateur de spectacle, d'une large marge de manoeuvre quant aux modalités d'accueil du public...

C'est dit assez clairement dit dans notre second communiqué. Il y a des décisions qui peuvent être prises par des autorités compétentes. Si c'est le cas, nous les respecterons parce que nous ne voulons pas prendre de risque pour nous même et l'association. Par contre, nous prendrons grand soin de vérifier que les décisions prises par M. Hilali ont bien été validées dans les formes avant d'être appliquées.

Qui sont, selon vous, ces « autorités compétentes » ?

Une autorité compétente pour fermer une tribune c'est par exemple une préfecture, et pas un actionnaire de club de football. Il y a des personnes habilitées à prendre ce genre de décision, et c'est dans ce cadre là que nous souhaitons évoluer.

Envisagez-vous de contester juridiquement la décision prise et annoncé samedi dernier ?

C'est une piste envisagée. Aujourd'hui, pour nous, il s'agit davantage de nous préserver, de nous défendre sur le plan juridique plutôt que de passer à l'offensive. Mais c'est vrai que nous n'excluons aucune piste, en fonction des événements.

Craignez-vous, à moyen terme, un plan type « Leproux » qui verrait les abonnés du kop transférés aléatoirement dans d'autres tribunes, avec un placement éclaté ?

C'est une peur qu'ont tous les supporters en France. Depuis dix ans, les choses ne vont pas dans le sens des gens se tenant debout, passionnés qui s'expriment pour leur club. Mais, aujourd'hui, au vu des réactions politiques ou dans la presse suite aux événements, je ne pense pas que ça sera un catalyseur particulier dans un stade de 27 000 places avec 2 000 spectateurs, surtout quand on connaît le coût et le temps nécessaires à la mise en place d'un tel dispositif. Donc, sur ce plan, nous ne nous sentons pas menacés par M. Hilali.

Peux-tu nous expliquer exactement ce qu'est le local dont Jafar Hilali a décidé de vous retirer l'usufruit ?

C'est très simple, c'est un local qui sert à entreposer le matériel, dans l'enceinte de la Meinau. Il permet de ranger les drapeaux et le matériel qui sert à confectionner les tifos. C'est quelque chose qui nous simplifie la vie, mais ça n'est pas vital.

En quoi consistait le partenariat conclu avec le club pour fêter les vingt ans du groupe, que Jafar Hilali a décidé de dénoncer ?

Il s'agissait essentiellement d'une coopération avec la sécurité pour la mise en place du spectacle. Ça se limite à ça. En fait, c'est juste une remise en cause des bonnes relations historiques entre la sécurité et les ultras à Strasbourg. Nous savons que c'est à l'initiative de M. Hilali, et de personne d'autre. Nous accueillons cette nouvelle avec une certaine distance.

Les festivités du vingtième anniversaire sont-elles maintenues ?

Les événements futurs nous le diront. Les préparatifs continuent.

Vous avez répliqué aux attaques de Jafar Hilali par votre propre communiqué, comment celui-ci a-t-il été reçu d'après vous ?

Nous avons tous été particulièrement surpris du très bon accueil qu'a reçu ce communiqué. Nous avons été immédiatement soutenus par la presse, il y a même eu certaines réactions politiques à travers des articles de journaux. Encore ce soir (ndlr : mardi soir), je voyais que M. Roland Weller apportait son soutien aux UB90 et disait qu'il allait appeler le maire immédiatement. Jamais les ultras, avec leur image parfois contrastée au sein du public, n'ont autant fait l'unanimité dans un combat.

Avez-vous eu des échos dans le mouvement ultra en général ?

Oui, via internet, nous avons reçu beaucoup de soutiens car pas mal de groupes sont passés par là avant nous. Les Nantais ou les Parisiens, par exemple, sont assez réceptifs à ce type de problème et nous ont témoigné leur soutien.

Jafar Hilali aurait évoqué dans des échanges privés une banderole datant de 2006 (« la corde pour les assassins de mon club »), qu'il aurait interprétée comme une menace de mort à son endroit. Qu'en est-il exactement ?

M. Hilali vit sur Internet, et un internaute a posté cette banderole, sûrement parce qu'il trouvait que le fond était d'actualité, dans un sujet de discussion consacré au match. M. Hilali, qui ne se rend jamais au stade, a cru que la banderole en question datait du vendredi et s'est une fois de plus ridiculisé. Depuis, il a été informé du fait que ça ne le concernait pas.

L'avenir, et notamment le match contre Alfortville



Quelles sont à ce jour les revendications des UB 90 ?

La première, c'est que M. Hilali doit partir. La deuxième c'est que les institutions et les amoureux du Racing qui en ont les moyens doivent nous sortir de là. En ce qui concerne la deuxième partie, c'est plus un souhait qu'une revendication mais c'est vrai que la première partie n'a pas de sens s'il n'y a pas un pendant au départ de M. Hilali.

Est-ce que vous demandez la réouverture du quart de virage nord-ouest ?

Bien évidemment. Mais, aujourd'hui, aucune autorité compétente ne l'a fermé.

Peux-tu nous en dire plus sur les actions envisagées par les UB 90 ?

Nous allons continuer à lutter avec nos moyens pour le départ de M. Hilali. Ça prendra différentes formes, qu'on ne détaillera pas aujourd'hui. Ensuite, nous allons essayer de mettre en place des actions positives pour activer le deuxième plan, c'est-à-dire un projet de reprise, de reconstruction, sous une forme ou une autre pour redonner de l'espoir aux supporters du Racing.

Plus concrètement, pour le match d'Alfortville, nous appelons tous les amoureux du Racing, quels qu'ils soient, à venir au stade et remplir le quart de virage, s'il est ouvert, pour répondre à M. Hilali de la plus belle des manières.

Comment comptez-vous maintenir le lien avec l'équipe, et son entraîneur ?

Déjà, il faut savoir que les cadres de l'équipe ont été rencontrés avant le match de vendredi dernier pour leur expliquer ce qui allait se passer et qu'en aucun cas, ils puissent prendre la contestation comme étant dirigée contre eux. Le message est bien passé. Nous allons essayer de faire une réunion un peu plus large, dans un cadre plus formel, pour voir avec eux comment continuer dans ce contexte apocalyptique. Nous créons les liens en direct, en passant aux entraînements, en discutant. Malgré tout ce qu'il se passe, les relations avec les joueurs sont pour l'instant bonnes.

Comment envisagez-vous de faire le lien avec les autres supporters, qu'ils soient membres d'une association ou non ?

Nous allons continuer à travailler via la presse et internet pour faire passer des communiqués, des informations et continuer le mouvement qui s'est enclenché, peut-être plus grâce à M. Hilali que grâce à notre action de vendredi. Nous allons essayer de faire vivre ce mouvement en communiquant un maximum via tous les canaux qui sont à notre disposition.

En tout état de cause, vous excluez le recours à la violence physique ?

Évidemment puisque si nous tombons là-dedans, nous avons perdu. Nous le savons. Le communiqué de M. Hilali est provocateur et ses brimades ont pour but de faire monter la pression. Nous allons essayer d'être plus malins que lui et de ne pas entrer dans son jeu.

Est-ce que vous prévoyez un dispositif particulier pour empêcher les débordements contre Alfortville ?

Beaucoup de communication en interne, il y aura très certainement un communiqué avant ce match. Nous appellerons au calme et à la mobilisation. Dans la mesure du possible, nous allons encadrer les choses avec notre noyau de 70-80 personnes pour que ça se passe au mieux.

Le dépôt de bilan est fréquemment évoqué ces derniers temps. Dans quelle mesure s'agirait-il pour vous d'une solution préférable au statu quo ?

Avec M. Hilali, on ne peut plus rien sauver, on va dans le mur. Les événements d'aujourd'hui (ndlr : hier) le prouvent encore : M. Janin qui n'a pas de discussions pour un licenciement à l'amiable, et on parle maintenant de licenciement pour faute grave de M. Plessis. On accumule les litiges, ça n'a l'air de ne déranger personne et il y a un seul moyen de clôturer des litiges sans frais, c'est le dépôt de bilan. Pour moi, on est vraiment dans la stratégie du pire. Tout ce qui ne s'amortit pas avant le mois de juin, comme le plan de licenciements, n'est pas mis en route. C'est la preuve que M. Hilali ne travaille absolument pas sur le long terme. On est vraiment dans une stratégie consistant à clôturer l'exercice sur le déficit minimal et derrière la logique c'est le dépôt de bilan, il n'y a pas d'autre explication.

Propos recueillis pour racingstub.com par strohteam, avec le concours de filipe, manwithnoname et zottel.

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